Auteurs et textes mystiques






























































ETUDES MYSTIQUES IV

DOMINIQUE TRONC





Filiation au siècle des Lumières

Mystiques avant 1600

Carmels

Mystiques après 1600

DT Etudes

Lilian Silburn

Listes & bibliographie















DT Etudes 4 Filiation… odt

TABLE DES MATIERES



Table des matières

DT Etudes 4 Filiation… odt 4

. 15

FILIATION DES LUMIERES 15

*************************** 15

. 15

70.FRANÇOIS DE FENELON, LA TRADITION SECRETE DES MYSTIQUES OU LE GNOSTIQUE DE CLEMENT D’ALEXANDRIE [2006] 17

100. FENELON LE GNOSTIQUE LA TRADITION.doc 17

Préface 17

71.FÉNELON MYSTIQUE / UN FLORILEGE [2016] 21

101. Fénelon_mystique_14x21.6_18oct16.docx 21

Présentation 21

Avertissement 23

72.LA DIRECTION DE FÉNELON PAR MADAME GUYON [lettres reprises] 31

102.Guyon-Fénelon 14x21.6 8février15.doc [et] .pdf 31

Une relation mystique. (Murielle Tronc.) 31

Etat documentaire 34

Chronologie 36

Avertissement 37

Table 38

73.FRANÇOIS LA COMBE (1640-1715) VIE, ŒUVRES, ÉPREUVES du Père Confesseur de Madame GUYON [2016] 43

103. François Lacombe 3e édition.docx [et] .pdf 43

François Lacombe mystique et martyr 43

Table des sources 44

I. Un savoyard actif (1640 - 1687) 44

Un religieux plein d’avenir 1640-1681 44

1.18 LE P. LA COMBE -- PROMPTITUDES ET CHARITÉ  45

MADAME GUYON TEMOIGNE DE LEUR RENCONTRE ET DE LEUR ACTION COMMUNE (1681-1686) 49

74.MARIE-ANNE DE MORTEMART (1665-1750) [bio & lettres][2016] 55

104. Mortemart 18 oct 16.docx 55

Une esquisse biographique 55

Le successeur dans la filiation ? 57

Opinions de Fénelon et de Chevreuse 58

Traits relevés par Saint-Simon 58

Tome 4 ch.12 1703 pp. 213-214 La duchesse de Mortemart quitte la cour et marie un fils difficile… 58

Tome 6 ch.8 1708 pp. 154, 162-166 Mariage de la fille Mortemart & aperçus sur sa mère et des membres du cercle guyonnien. 59

Lettres des deux directeurs 60

Annexe. Liste chronologique de membres ou de sympathisants de la Voie : une équipe ? 61

Discussion 62

Table 63

75.SAINT-SIMON [concernant Fénelon, Madame Guyon et leurs proches] 67

105. Saint-Simon-révisé formaté antidoté.docx 67

Ce dossier… 67

76.ÉCOLES DU CŒUR AU SIÈCLE DES LUMIÈRES Disciples de madame Guyon & Influences [2016] 69

106. Ecoles.Lumières-avril2016.docx [et] .pdf 69

Les origines 71

Les filiations de la quiétude 71

Des Filiations européennes 73

77.D. HENDERSON, MYSTICS OF THE NORTH-EAST [Henderson 1934 réédité] 75

107. Henderson Mystics Introduction & Lettres 14x21.6.docx [et] .pdf 75

. 79

Mystiques avant 1600 79

************************ 79

. 79

78.HADEWIJCH LETTRES SPIRITUELLES & BEATRICE DE NAZARETH SEPT DEGRÉS D’AMOUR [Porion 1972 réédité] 81

108.Hadewijch Lilian & Lettres 12fév19.docx 81

Avertissement 81

78. --I Un florilège mystique relevé par Lilian Silburn -- II Hadewijch LETTRES SPIRITUELLES Béatrice de Nazareth SEPT DEGRÉS D’AMOUR – III Une brève présentation de béguines 83

109.Hadewijch choix Lilian reformaté A4 bis.docx 83

79.RUUSBROEC NOCES SPIRITUELLES [Bizet 1947 réédité] 85

110.Ruusbroec Noces spirituelles (Bizet).doc 85

Table 85

80.NUAGE D’INCONNAISSANCE [Le Nuage / The Cloud / Epitre de la Direction divine, réédités] 89

111.Nuage & Epitre 14 x 21,6 au 9 fév17.docx [et] .pdf 89

Présentation 89

202.Paul AGAESSE 93

112.Paul Agaesse intégral.doc 93

213. DADU (1544-1603) et les mystiques Bauls du Bengale. 95

113.+Dadu and Bauls (K.Sen).odt 95

LA GRANDE DAME DU PUR AMOUR SAINTE CATHERINE DE GÊNES 1447-1510 [réédition] 97

114.Cath_genes_choix global.doc 97

115.Cath_genes_impression.doc [et] .odt 97

226.HENRI HARPHIUS Théologie mystique – L’Eden 101

116.Harphius L’Eden ...docx 101

JUAN DE LA CRUZ / llama de amor viva / vive flamme / Edition bilingue 103

117.Juan de la Cruz VF interlinéaire 2017 repris 2018. 103

LLAMA DE AMOR VIVA - VIVE FLAMME D’AMOUR 104

CANCIÔN 1 - STROPHE 1 104

. 117

CARMELS 117

. 117

*********** 117

81.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628 Historia de la Vida y Virtudes del Venerable P. F. Juan de la Cruz & Études [rééditions choisies] 119

118.Quiroga_Historia & notices_révisé_accentué_antidoté éd.2.docx [et] .pdf 119

Introduction 119

82.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628, L’ORAISON & REPONSE A UN DOUTE, APOLOGIE MYSTIQUE EN DEFENSE DE LA CONTEMPLATION DIVINE [édition et rééditon] 127

119.Quiroga_Oraison & Apologie 4mars17.docx 127

Table 127

83.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628, SUBIDA DEL ALMA A DIOS QUE ASPIRA A LA DIVINA UNION (1656) SEGUNDA PARTE: DE LA ENTRADA DEL ALMA AL PARAYSO ESPIRITUAL (1659), DON QUE TUVO SANS JUAN DE LA CRUZ, REPUESTAS, APOLOGIA MISTICA EN DEFENSA DE LA CONTEMPLACION DIVINA [choix réédités] 129

120.Quiroga_SubidaI&II-Don-Repuestas-Apologia.docx 129

Table des matières 129

84.JEAN DE SAINT-SAMSON LE VRAI ESPRIT DU CARMEL [2012] 135

121.Jean de Saint-Samson Le Vrai Esprit du Carmel (D Tronc & M. de Longchamp (coll.SM c. JnX).doc (et) .pdf 135

Avant-propos 135

Jean de Saint-Samson (1571-1636) 136

Au sein des réformes 136

La vie d’un frère convers 137

Le sentier de l’amour divin 139

Les Sources 145

Table 147

85.JEAN DE SAINT-SAMSON L’œuvre à lire [choix dans le Cabinet mystique, la direction de Dominique de St Albert, les Justifications de Mme Guyon] 149

122.Saint-Samson CABINET D & ms_28déc17 14x21.6.docx 149

122.Saint-Samson Florilège.odt 149

Présentation 149

Lire Jean de Saint-Samson, un mode d’emploi. 150

Éditions modernes 151

SAINT-SAMSON Dossier 153

Liste de 1658 & catalogue des ms. de Rennes  153

Table 156

86.JEAN DE SAINT-SAMSON Florilège [choix réduit, réforme du carmel] 159

?…….. 159

Table 159

98. DOMINIQUE de St-Albert 161

123.Dominique de Saint-Albert Oeuvres […] 21juin2015.docx 161

Présentation par les Éditeurs 161

49.MAUR DE L’ENFANT-JESUS ECRITS DE LA MATURITE 1664-1689 167

(66) MAUR_MATURITE.pdf 167

Avant-propos 167

Maur de l’Enfant-Jésus, grand carme. 168

Jean de Saint-Samson maître des novices. 168

Table 177

50.Maur de l’Enfant-Jésus ENTREE A LA DIVINE SAGESSE 181

(67) Maur […] REVU!!2.doc 181

Présentation 181

Le chemin. 182

Sources. 185

Table 186

. 189

Mystiques après 1600 189

************************ 189

206. JEANNE DE CAMBRY 1581-1639 [2019] 191

124. Cambry et Vie et Boissieu 18fév20.odt [et[ .pdf 191

87.JEANNE DE CHANTAL RECUEIL DES BONNES CHOSES & EXTRAITS DE LETTRES [2015] 195

125.JdeCh Recueil etc-14x21.6 éd2e 21janvier15.doc (et) .pdf 195

Contenu de l’ouvrage 195

Madame de Chantal 196

La Mère de Chantal 197

L’esprit de la Visitation 200

Table 202

88.JEANNE DE CHANTAL, ÉCRITS RELEVÉS DANS L’ÉDITION DE 1875 205

126.JdeCh1875 [...]au 6fév15.pdf (et) .doc 205

Table 205

89.JEAN-JOSEPH SURIN LETTRES 211

127.Surin Florilège correspondance 14 x 21.6 et +.docx (et) .pdf 211

Table des lettres par principaux destinataires : 212

90.« AIME-MOI » FAITS ET DITS DE LA BONNE ARMELLE 215

128.LA_BONNE_ARMELLE_Arfuyen_20oct.doc 215

91.ARMELLE NICOLAS Témoin du Pur Amour Le Triomphe de l’Amour divin dans la vie d’une grande servante de Dieu [2011] 217

129.Armelle Nicolas Triomphe de l'Amour divin. D & M Tronc (coll.SM c. JnX 2012) .doc 217

La bonne Armelle, servante bretonne (1606-1671) 217

Un pays prospère et chrétien 218

Des directeurs mystiques 218

Une humble servante 220

La fournaise d’amour 221

Une biographie et son influence 224

Notre édition 226

Table 226

92.MARIA PETYT (1623-1677) Mystique flamande Notices & Études par Albert Deblaere 229

130.Petyt-11mars17-I-Deblaere.docx (et) .pdf 229

Présentation 229

Chronologie 230

93.MARIA PETYT (1623-1677) Mystique flamande II Textes traduits par Louis van den Bossche & Leurs contextes [2017] 235

131.Petyt-11mars17-II-Trad.Bosssche&Contexte.docx (et) .pdf 235

Table 235

95.DOM GEORGES LEFEBVRE, PRIÈRE PURE ET PURETÉ DU CŒUR 241

132.dom Lefebvre prière pure et pureté du coeur.docx (et) .pdf 241

96.Lilian SILBURN, LE VIDE, LES VOIES, LE MAITRE 243

133.Lilian Silburn Le Vide, les Voies, le Maître 21juin16.docx (et) .pdf 243

Table 243

. 246

DT ETUDES 246

************* 246

TROIS CONTRIBUTIONS À RETROUVER DANS ETUDES I ORIGINES D’UNE FILIATION : 248

(40) Une filiation…….doc 248

54.QUIETUDE ET VIE MYSTIQUE : MADAME GUYON ET LES CHARTREUX [« Transversalités » 2004] 250

134.Guyon LeMasson avril (pour rev.Transversalités 2004).doc 250

Bref résumé de « Quiétude… » : 250

Introduction. 250

I. Eléments historiques. 251

II. Accusations. 255

III. Une filiation au sein d’un réseau spirituel. 259

IV. La vie mystique. 261

Première « voie active de la méditation ». 262

Deuxième « voie passive de lumière ». (Les rivières) 263

Troisième « voie passive en foi ». (Les torrents) 263

Premier degré : amour et intériorité. 263

Deuxième et troisième degrés : course de l’âme à sa perte, dépouillement, mort. 264

« Vie nouvelle et divine ».(Quatrième degré et seconde partie des Torrents). 265

Conclusion. 266

51.JEANNE-MARIE BOUVIER DE LA MOTHE [MADAME GUYON] (1648-1717), DICTIONNAIRE DE LA SIEFAR 268

siefar.org 268

(135)….. 268

Notice 268

Oeuvres 269

Choix bibliographique 270

Choix iconographique 270

Jugements 270

68.L’EXPERIENCE « QUIETISTE » DE MADAME GUYON [« Mélanges carmélitains » 2004] 272

136.L'expérience quiétiste de Madame G (Mélanges carmélitains 2004)-modifié.doc 272

I Le vécu et son cadre. 272

Aperçu biographique. 272

Les contraintes de l’époque, causes de ces épreuves. 274

Le « Quiétisme » historique. 275

Le « Quiétisme » mystique. 275

II L’oeuvre. 277

Une excellente préservation d’écrits méconnus. 277

Trois volets : expérience, enseignement, tradition. 277

Un enseignement qui couvre trois longues périodes de la vie mystique. 278

III Un choix de textes. 279

Tableau des influences exercées sur Madame Guyon. 287

287

102.CONTEMPLATION ET VIE ORDINAIRE CHEZ M. BERTOT ET Mme GUYON [CRESC 2019] 288

137. D et M tronc contemplation et vie ordinaire au 15juin2019.odt 288

101. A MYSTICAL TRANSMISSION SCHOOL [choix traduits par S.Lewis] 294

138.A MYSTICAL TRANSMISSION 9 août18.docx (et) .pdf 294

55.ANALYSE [« Dix-septième siècle » Fr. Trémolières] 296

138b. !F Trémolières XVIIe siècle sur Guyon DSS_103_0547[1].pdf 296

138b.F Trémolières Mme GUYON revue Hist. Litt….doc 296

VOCABULAIRE MYSTIQUE 298

139.Vocabulaire….odt 298

Ajouts à reclasser 300

139b.(1)Méthode_claire_et_facile…...pdf 300

139c.!Mectilde Itinéraire & Entretiens & Recueils.docx 300

139d.CHEVREUSEdaté.docx 300

139e.OCR CF I à IX format.docx 301

139e.OCR CF X à XVIII formaté.docx 301

139f.Sentences persanes Poiret Guyon.odt 301

. 302

LILIAN SILBURN [projet pour réédition future] 302

***************************** 302

LILIAN SILBURN I VIE ET PREMIERS TRAVAUX 304

151.Lilian Silburn Tome I Vie & premiers travaux.odt 304

LILIAN SILBURN II INSTANT ET CAUSE 310

152.Lilian Silburn Tome II Instant et Cause.odt 310

LILIAN SILBURN ET SES AMIS III «  HERMÈS  » 314

153. Lilian Silburn Tome III Hermès REVU.odt (et) .pdf 314

LILIAN SILBURN IV AUX SOURCES DU BOUDDHISME 324

LILIAN SILBURN V SIVAISME 1957-1964 330

LE PARAMÂRTHASÂRA 330

VATHULANATHA sûtra 330

LE VIJÑANA BHAIRAVA 330

LA BHAKTI 330

155.Lilian Silburn tome V Sivaïsme 1-2-3-4.odt 330

LILIAN SILBURN VI SIVAISME 2 334

La MAHARTAMANJARI DE MAHESVARANANDA AVEC DES EXTRAITS DU PARIMALA 334

HYMNES DE ABHINAVAGUPTA 334

HYMNES AU KÂLI LA ROUE DES ÉNERGIES DIVINES 334

156.Lilian Silburn Tome VI Sivaïsme 5-6-7.odt 334

LILIAN SILBURN VII SIVAISME 3 338

SlVASÛTRA et VIMARSINI DE KSEMARÂJA 338

LA KUNDALINÏ ou L’ÉNERGIE DES PROFONDEURS 338

157.Lilian Silburn Tome VII Sivaïsme 8-9.odt 338

LILIAN SILBURN VIII SIVAISME 346

SPANDAKÀRIKÀ STANCES SUR LA VIBRATION DEVASUGUPTA & GLOSES 346

ABHINAVAGUPTA CHAPITRES 1 À 5 DUTANTRÂLOKA 346

158.Lilian Silburn Tome VIII Sivaïsme 10-11.odt 346

LISTES, BIBLIOGRAPHIES 352

***************************** 352

161.!Auteurs et textes mystiques allégé.docx 354

CHRONOLOGIE MYSTIQUE (AC~1350 À 2000+) 354

Chronologie mystique au XVIIe siècle 362

Classement chronologique de Figures mystiques ayant connues le XVIIe siècle (noms, dates, durées de vie, appartenances) 363

Relevé bibliographique par auteur 366

Archange Enguerrand 366

Armelle Nicolas 366

Benoît de Canfeld 366

Bernières > Jean de – 367

Bertot > Monsieur Bertot 367

Bonne Armelle > Armelle Nicolas 367

Canfeld > Benoît de - 367

Carmélites 367

Caussade > Jean-Pierre de – 367

Chantal > Jeanne de Chantal 367

Constantin de Barbanson 367

Chrysostome > Jean-Chrysostome 368

Dom Georges Lefebvre 368

Dominique de Saint-Albert 368

Dominique & Murielle Tronc 368

Franciscains 370

Enguerrand > Archange – 370

Fénelon > François de Fénelon 370

François d’Assise 370

François de Fénelon 371

François Lacombe 371

Grou > Jean-Nicolas Grou 372

Guyon > Madame G 372

Hadewijch I 372

Henderson D. 372

Jan van Ruusbroec 372

Jean-Chrysostome de Saint-Lô 372

Jean de Bernières 373

Jean de la Croix 373

Jean de Saint-Samson 373

Jean-Joseph Surin 374

Jean-Nicolas Grou 374

Jean-Pierre de Caussade 374

Jeanne de Chantal 374

Lacombe > François Lacombe 375

Lilian Silburn 375

Madame Guyon 375

Marc de la Nativité 376

Maria Petyt 377

Marie-Anne de Mortemart 377

Marie des Vallées 377

Martial d’Etampes 378

Maur de l’Enfant-Jésus 378

Mectilde > Mère M 378

Mère Mectilde 378

Monsieur Bertot 378

Nuage d’Inconnaissance 378

Pierre de Poitiers 378

Québec > 379

Quiroga (José de Jésus Maria-) 379

Ruusbroec > Jan van - 379

Saint Samson > Jean de - 379

Saint-Simon 379

Thérèse de Jésus 380

Entrée hors classement : 382

2.RENCONTRES 382

1.Rencontres.docx 382

HC. 382

fin 382







.

FILIATION DES LUMIERES

***************************

.







70.FRANÇOIS DE FENELON, LA TRADITION SECRETE DES MYSTIQUES OU LE GNOSTIQUE DE CLEMENT D’ALEXANDRIE [2006]

100. FENELON LE GNOSTIQUE LA TRADITION.doc



François de Fénelon, La Tradition secrète des mystiques ou Le Gnostique de Clément d’Alexandrie, présentation par Dominique et Murielle Tronc, « Les carnets spirituels », Paris, Arfuyen, 2006, 216 p. [Le Gnostique, précédemment publié par Dudon, revu et corrigé sur le ms. des Archives de Saint-Sulpice.]

Préface

Eté 1694 : Fénelon a quarante-trois ans, il est précepteur du Dauphin et protégé de Bossuet. Mais depuis six ans, il a fait la connaissance de madame Guyon, qui a bouleversé sa vie en l’introduisant dans la vie mystique. Le groupe dont elle assume la direction spirituelle, comprend des Grands de la Cour et des filles de Saint-Cyr1.

On les qualifie de « quiétistes » , comme le mystique Molinos, en prison à Rome. Leur influence sur le précepteur et leur indépendance intérieure inquiètent les pouvoirs royal et ecclésiastique. Madame de Maintenon et Bossuet vont remettre de l’ordre : madame Guyon est soumise à un contrôle concernant ses opinions et ses mœurs. Les examinateurs, dont Bossuet, se réunissent à Issy dès le mois de juillet.

Fénelon, fidèle à son expérience intérieure et au lien mystique qui l’unit à madame Guyon, refuse de la condamner. Ils passent l’été à chercher dans les écrits reconnus par l’Eglise la confirmation de leur expérience personnelle, dans l’espoir de « faire taire tous ceux qui osent parler sans expérience d’un don de Dieu2 ». Tout le mois d’août, ils collationnent des milliers de pages de textes, qui conduiront aux Justifications signées par madame Guyon et à deux mémoires de Fénelon, le premier sur Cassien, le second, rédigé en septembre, sur Clément d’Alexandrie.

Fénelon veut démontrer que les « nouveaux mystiques » s’inscrivent dans la tradition chrétienne, en remontant le plus loin possible dans le temps et retrouvant une tradition apostolique reliée par filiation à Jésus-Christ. En septembre, il lit le texte grec des Stromates de saint Clément d’Alexandrie et s’enthousiasme immédiatement. Il lui semble retrouver chez cet ancien Père l’expérience vécue par les « nouveaux mystiques ». Il reconnaît dans sa « gnose », aboutissement mystique suprême chez Clément, un état identique à l’état passif que décrit madame Guyon dans son Moyen Court.

Clément d’Alexandrie, né vers 150, disparu avant 215, est une figure vénérable et le premier Père dont nous puissions lire des ouvrages entiers. Grec converti, il est le maître d’Origène. Son œuvre se fait l’écho des voix chrétiennes et païennes. Le vieux maître, dans ses Stromates, transmet à son tour à ses disciples « la vraie tradition de la bienheureuse doctrine, qu’ils avaient reçue immédiatement des saints apôtres, de Pierre, de Jacques, de Jean, et de Paul, chacun comme un fils de son père3. » Il présente et défend aussi le « travail préparatoire » de la philosophie grecque, dans une vision trop rare de l’universalité du salut4. Il possède la fraîcheur et l’enthousiasme qui animaient les enfants de la première Eglise.

Ecrit dans la fièvre, le commentaire de Fénelon sur Clément dit tout son bonheur d’avoir trouvé un frère en expérience dans un passé si proche du Christ. Son exaltation est telle qu’il va livrer ingénuement toutes ses pensées pour convaincre Bossuet que l’expérience mystique est bonne, qu’elle existe identique à toute époque, et que les affirmations de madame Guyon sont vraies, puisqu’on les retrouve chez Clément. Il martelle ses convictions, multiplie les citations, s’indigne : « Selon saint Clément, ce qu’on écrit sur la gnose est, pour un grand nombre d’hommes, ce que le son de la lyre serait pour des ânes5 » ! Pour Fénelon, il ne s’agit pas de défendre des théories, mais de justifier un vécu personnel.

Nous possédons le texte tel que l’a lu Bossuet en 1694, émouvant par sa véracité, sa spontanéité, sa passion chez un prélat pourtant réputé pour sa froideur. Dans ce manifeste de la pensée guyonnienne, Fénelon retrouve sous la plume de Clément tous les thèmes chers à madame Guyon6. Le pivot en est le pur amour où l’âme se tient sans cesse sans désir autre, même de son propre salut : « Si quelqu’un, par supposition, demandait au gnostique ce qu’il choisirait, ou de la gnose de Dieu, ou du salut éternel, et que ces deux choses, qui sont la même, fussent séparées, il choisirait sans hésiter la gnose de Dieu7 », proclamait Clément bien avant le Grand Siècle. Cet amour anéantit l’âme et la met dans l’état passif, qui donne « une entière souplesse à toutes les volontés que Dieu imprime8 ».

Là, on est « consommé dans l’union inamissible et inaltérable, ayant passé au-delà des œuvres aussi bien que de toute purification. » Cette « habitude de contemplation et de charité perpétuelle » est l’état ultime du chrétien que Clément appelle « gnose ». Celle-ci implique un abandon total à Dieu : « Sa contemplation est infuse et passive, car elle attire le gnostique comme l’aimant attire le fer, ou l’ancre le vaisseau : elle le contraint, elle le violente pour de bon ; il ne l’est plus par choix mais par nécessité. » Le gnostique n’est mû que par l’Esprit Saint, sa liberté absolue est proclamée face aux « théologiens rigides » et à tous ceux qui n’ont aucune expérience mystique : « .c’est l’onction qui lui enseigne tout ; et loin de pouvoir être enseigné, il ne peut être entendu ni compris. » 9.

Bien que les mystiques partagent la vie commune des chrétiens, ils se transmettent une « tradition secrète » qui s’enseigne aux âmes choisies : « Le Seigneur a donné à ses apôtres la tradition non écrite d’une chose écrite, c’est-à-dire une explication secrète et de vive voix du sens le plus profond des Ecritures, où le mystère de la gnose se trouve renfermé10». Seul un mystique peut saisir le sens intime de l’Ecriture et transmettre ce sens à quelqu’un qu’il a choisi : la gnose « ne doit pas être ouverte ni populaire, puisqu’il ne s’agit pas d’une voie commune qu’il faille prêcher sur les toits ; il s’agit de la sagesse la plus profonde puisqu’elle n’est annoncée qu’entre les parfaits11».

En fait, Fénelon décrit là le rôle que joue madame Guyon pour lui. La passiveté entraîne un état apostolique qui permet au mystique de répandre la grâce autour de lui : « Il est dans l’état apostolique, et suppléant à l’absence des apôtres, non seulement il enseigne à ses disciples les profondeurs des Ecritures, mais encore il transporte les montagnes et aplanit les vallées du prochain ; il souffre intérieurement des tentations pour purifier ses frères12».

Toutes ces affirmations, d’expérience pour Fénelon et ses amis, étaient scandaleuses pour leurs juges. Il en avait bien conscience : « Ce Père les surpasse tous dans ce qui scandalise le plus les docteurs13». Il comptait beaucoup sur la bienveillance et l’humilité du lecteur : « Que le lecteur qui lit ces choses n’entreprenne pas de les comprendre s’il n’en a aucune expérience ; et qu’il croie humblement cette sainte tradition, dont saint Clément est un témoin si vénérable14. »

Malheureusement, Bossuet n’était pas ce lecteur de rêve : il pensait que l’expérience mystique conduisait souvent à des chimères ; il était très attaché à un christianisme traditionnel pour tous, à la prière discursive, à la recherche du salut par le mérite ; toutes ces déclarations lui paraissaient manquer de foi, d’humilité et de simple prudence. Cette liberté de ton, ces certitudes le scandalisaient. Il était atterré de voir son jeune protégé subjugué par une femme qu’il jugeait exaltée.

Les juges essayèrent de ramener Fénelon à leur point de vue et de le tirer hors de l’influence de madame Guyon. Fénelon prendra conscience des excès de son texte, notamment sur la perfection impassible du gnostique, la volonté de secret et l’orgueil de se croire au-dessus du simple chrétien, qui font redouter le sectarisme, etc. Il écrira plus tard : « Je ne prétends pas que toutes les expressions puissent être également précautionnées, dans cette multitude d’écrits si longs que j’ai faits avec tant de hâte … Mais enfin la suite de mes écrits fait voir clairement ce que j’ai toujours pensé 15». Des discussions de plusieurs années vont user Fénelon. Mais il continuera à soutenir madame Guyon avec une fidélité absolue, tandis que les membres de leur groupe resteront indéfectiblement liés.

Le Gnostique fut un premier essai d’expression par Fénelon de la mystique guyonnienne. Cet affrontement témoigne de la difficulté pour les mystiques d’exister à l’intérieur de leur Eglise : face à des juges qui n’ont pas une expérience comparable, ils peinent à trouver un langage qui rende compte de leur vécu, surtout si celui-ci doit coïncider avec une théologie. Bossuet rendra son manuscrit à Fénelon, qui ne parlera plus jamais du thème du secret. Mais il approfondira inlassablement les points qu’il jugeait essentiels : pur amour et passivité. Il tentera, de façon mesurée et réfléchie, de prouver que le vocabulaire et l’expérience des mystiques « modernes » se justifient par les écrits des autorités reconnues de l’Eglise et que l’état passif est l’essence même du christianisme. Mais sans succès.



Si orgueil il y eut, il fut laminé par l’épreuve : n’étant qu’une simple femme et laïque, madame Guyon subira des interrogatoires éprouvants, puis des années de prison, avant d’être libérée, quittant la Bastille en 1703 sur un brancard, tant elle était affaiblie. Fénelon sera préservé, nommé archevêque de Cambrai, mais ainsi éloigné de la Cour. Il se distinguera par l’exercice de la charité lors des guerres de la fin du règne de Louis XIV. Parallèlement à madame Guyon, qui voyait en lui son successeur, il assumera la direction mystique de nombreuses personnes qui les considéraient comme leur « père et mère » spirituels. Mais tout ceci s’accomplira à la fin de leur vie dans le silence et la discrétion.

§§

Il nous a semblé que le titre de Gnostique…, qui ne suggère pas le contenu de l’œuvre, risque également d’induire en erreur le lecteur d’aujourd’hui sur l’intention de son auteur, car « gnostique » a pris de nos jours un sens technique étroit, en désignant surtout des sectaires qui vivaient aux premiers siècles.

Nous fondant sur le titre du chapitre 16, « La gnose est fondée sur une tradition secrète », et en écho au titre de l’ouvrage de Bossuet qui veut apporter une réfutation doctrinale intitulée La Tradition des nouveaux mystiques16, nous avons donné un sous-titre au présent texte : La Tradition secrète des mystiques. Il attire l’attention sur deux thèmes chers à notre auteur.

Le « christianisme intérieur » n’est secret que par suite d’un voile d’aveuglement et non par suite de la volonté des mystiques : « … ceux qui ne sont pas gnostiques, voient et ne croient pas, entendent et ne comprennent pas, et lisent les mystères de la gnose avec un voile sur le cœur17 ». Mais il est offert à tous et ne dépend que de la grâce divine.

Il s’inscrit dans une tradition chrétienne sous la forme d’un courant mystique qui traverse tous les siècles. Ainsi, le carme historien Honoré de Sainte-Marie (1651-1729), un contemporain de Fénelon, mit en valeur ce courant en décrivant siècle après siècle ses principales figures : pour lui, « Jésus apparaît comme le premier des mystiques, ayant connu toutes les manières de contempler18 ». 


Dominique et Murielle Tronc.



71.FÉNELON MYSTIQUE / UN FLORILEGE [2016]

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Fénelon mystique, un florilège, par D. Tronc, lulu.com, hors-commerce pour raison de droits, 457 p. [« Une rencontre mystique », bref extraits des « Œuvres et opuscules, » large choix de « Lettres de direction » par destinataires].



FENELON MYSTIQUE, UN FLORILEGE



Fénelon a fait l’objet d’un très grand nombre d’approches. Mais dès que l’on veut connaître le vécu spirituel de l’homme, études et choix de textes deviennent rares. Le titre « Fénelon mystique, un florilège » veut faire connaître l’essentiel de ses directions qui reflètent sa nature profonde. Le Florilège que je propose est chronologique. Le récit de la rencontre mystique avec madame Guyon précède des extraits d’écrits titrés dont se détache le saint Clément. Puis d’abondants témoignages privilégient la période de maturité où, délivré de toute illusion, Fénelon touche à l’achèvement mystique.

Je tire parti de l’édition critique récemment achevée de sa Correspondance. Elle permet de mieux cerner des personnalités diverses qui, aspirant à la vie intérieure, découvrirent le meilleur directeur spirituel de leur époque.

Je m’efface derrière des séries d’extraits regroupés autour de ces destinataires. Les besoins varient suivant leurs tempéraments. Le connaisseur des âmes se révèle être un ami patient dans (presque) tous les cas. Par sa profondeur et dans son exigence, il demeure pour nous un compagnon présent.

Présentation

François de Fénelon a fait l’objet d’un très grand nombre d’études, dont un bon millier pour le seul dernier demi-siècle19. Mais dès que l’on veut approcher son vécu au plan spirituel en négligeant les controverses, choix de textes et études sont plus rares20 et notre titre « Fénelon mystique » demeure original.

On l’a dépouillé de ce qui était essentiel à ses yeux pour le réduire parfois à un « homme de lettres ». Il y a de bonnes raisons à cela. Les autorités religieuses catholiques ou protestantes se méfient de la quiétude mystique. Souvent des critiques préfèrent Bossuet, prélat à la pensée simple et facilement partagée qui occupa une large place dans le canon littéraire français au XIXe siècle. Il succéda à Fénelon dont le rayonnement européen n’est grand qu’au Siècle des Lumières précédent. Les défenseurs de l’archevêque ont caché ses relations avec madame Guyon parce qu’elles étonnent en l’absence d’une sensibilité mystique21. Enfin certains des textes essentiels n’ont été rendus disponibles que fort récemment. Il s’agit de la correspondance complète avec madame Guyon22 et de la mise en valeur des fragments de lettres assemblés par les membres du cercle mystique animé par Fénelon. Ces derniers lui ont joué un mauvais tour. Ils ont supprimés des noms et des dates pour protéger les membres des deux cercles quiétistes de Cambrai et de Blois. Cette suppression est préjudiciable à toute édition critique 23.

Le choix de « bonnes pages » par des proches24 avait en effet sauvé l’essentiel mystique, mais ‘trop tôt’ en omettant les dates et les noms des correspondants. Ceci a conduit à minorer leur importance au bénéfice de textes complets signés mais souvent d’intérêt mineur.

Car les aspects visibles et multiformes ont été mis en valeur très tôt - ils intéressaient l’histoire du temps -, mais ils ont perdu depuis leur actualité : il s’agit de multiples opuscules rédigés en défense du quiétisme, de ceux rédigés en réaction à la seconde période janséniste, de textes éducatifs et de conseils politiques qui demeurèrent inutiles à la suite du décès du duc de Bourgogne, un temps dauphin.

L’image un peu molle de l’auteur du Télémaque destiné à un prince adolescent, ou bien celle de l’archevêque ferraillant contre le jansénisme, a caché la grandeur et la fermeté chirurgicale nécessaire du grand directeur spirituel ; il nous apparaît aujourd’hui comme le plus profond des moralistes25.

La trajectoire ascendante qui transforme la vie du jeune abbé, poulain de Bossuet promis à un brillant avenir de par ses capacités intellectuelles, conduira à la grandeur de l’archevêque combattant misères personnelles et collectives sans en tirer aucun profit personnel ou familial. Cette évolution n’a pas été suffisamment soulignée car la statue figée, érigée au siècle de sa mort, ne rend pas compte de l’homme cheminant vers son accomplissement intérieur 26.

Nous privilégions donc ici les écrits mystiques datant surtout de la fin d’une vie qui se déroule dans l’ombre portée par des politiques religieuses et royales contraires. L’image d’un auteur littéraire laisse place à celle du mystique sobre et sans illusion dont l’esprit subtil n’hésite pas lorsque l’essentiel à ses yeux est mis en cause.

Le desengaño27 parfois évoqué pour rendre compte d’un « tempérament sec » délivré de toute illusion se rattache souvent aux stades mystiques avancés. Il s’agit d’une vision des phénomènes vécus par qui a dépassé le senti et des interprétations tributaires d’époques et de croyances.

Notre florilège sera chronologique pour souligner la dynamique d’une vie consacrée puis donnée à Dieu. Tout commence par une rencontre improbable où l’attirance naturelle n’a guère de part, entre une ‘Dame directrice’ 28 et le jeune abbé. Rencontre sans sublime ni amalgame, contrairement à l’expression malicieuse de Saint-Simon. Puis vient la découverte rendue avec élan et fraîcheur par une identification avec les premiers chrétiens d’Alexandrie conduits par saint Clément.

Ensuite, le pasteur compose des essais titrés et ferraille avec finesse, mais sans fautes dans les combats de la ‘querelle quiétiste’. Enfin - condamnation acceptée et silence induit obligent -, le prélat se tait. Mais il s’opposera aux désunions des chrétiens en défendant l’autorité religieuse du pape tandis que sa charge d’âmes lui a fait produire des mandements qu’il jugeait nécessaires à leur conduite.

Plus discrètement il continua à diriger de Cambrai des âmes intérieures - membres du cercle constitué autour de « notre père » - outre la carmélite Charlotte de Saint-Cyprien dont nous reproduisons en premier l’ensemble des rares lettres qui nous sont parvenues – au moment même où madame Guyon, « notre mère », retirée sur les bords de la Loire près de Blois, agissait de même auprès de ses visiteurs. Les deux amis communiquaient par l’intermédiaire de ces derniers, en particulier par le neveu de l’archevêque.

On retiendra de ces aventures d’un passé évanoui la grandeur du moraliste qui traverse les couches superficielles des égoïsmes. Il sait révéler, au sein de ces couches intermédiaires nous séparant du cœur de nous-mêmes, reconnues aujourd’hui de psychologues et de psychanalystes, tous les fils échappatoires. Il les coupe avec une lame dont la précision est illustrée par le récit de Tchoang-tseu29. Son seul but est de mener droitement à Dieu. En même temps son devoir de pasteur archevêque lui fait guerroyer en théologie et philosopher assez intelligemment sur l’existence de Dieu30. L’abondance de ces derniers textes publics a voilé l’essentiel.

Notre florilège mystique est constitué de parties qui se succèdent chronologiquement : la rencontre mystique avec madame Guyon précède des extraits d’écrits titrés dont se détache le saint Clément. Puis une abondante correspondance de direction privilégie la période de maturité où Fénelon atteint le plein achèvement mystique.

Le florilège spirituel revivifie l’image de Fénelon, mais surtout veut être utile aujourd’hui. Aussi notre contribution dans le plein texte est-elle réduite,31 car, plutôt que de paraphraser des sources il faut laisser toute la place aux témoignages personnels : seul l’individu reflète une vie mystique.

Pour la chronologie des événements, on se reportera à celles établies par J. Orcibal dans la Correspondance de Fénelon32. Ainsi qu’à un « recueil de textes d’époque, rangés dans un ordre aussi rigoureusement chronologique que possible, reliés par une brève narration » pour approcher madame Guyon33.

Le dossier à incidences mystiques que nous proposons demande une certaine patience envers des textes qui ne recherchaient aucune diffusion, mais s’adressaient à tel(le) correspondant(e) ciblé(e). Elle est encouragée par le don d’écrire du directeur.

Son lecteur va commencer l’exploration par un témoignage « brut de décoffrage » provenant de sa « dame directrice », texte de sa Vie par elle-même qui n’était destiné qu’à un confesseur, le P. Lacombe34.

Avertissement

Notre but n’est ni historique ni théorique. Nous nous adressons aux chercheurs spirituels.

Toutefois nous mêlons - localement et en corps de caractères réduit - des aspects historiques au florilège proposé, afin de souligner un comportement exemplaire rare chez les prélats du temps, mais constant chez le pasteur et directeur spirituel François de Fénelon, digne successeur de François de Sales.

Prouver le rôle de la « dame directrice » qui l’initia à la vie mystique corrige « l’oubli » de siècles où l’on a dû protéger la figure illustre de l’Archevêque en l’occultant. Après le témoignage intime forcément subjectif de 1688 porté par Mme Guyon - Fénelon n’a jamais eu à exposer par écrit à la requête d’un confesseur la manière dont il a vécu une rencontre décisive - nous proposons quelques échanges entre directrice et dirigé, produisons les questions-réponses de l’échange de mai 1710, seul survivant des relations par questions-réponses rétablies après les prisons. Ensuite des extraits de correspondance témoignent d’une parfaite fidélité fénelonienne.

Les interactions entre Fénelon et ses dirigé(e)s furent éclairées magistralement par J. Orcibal : nous reprenons ses notes en les allégeant seulement de renvois, puisque le présent ouvrage ne prétend pas à érudition. Et de même pour celles par I. Noye dont son [CF 18] a été le moteur de notre travail. Ces reprises seront utiles aux chercheurs car nous ne disposons à ce jour d’aucun outil permettant de les retrouver facilement au sein des volumes impairs des études et notes de la [CF]35 ! Il en est de même d’une utilité offerte par les Relevés de correspondances figurant en fin des sections par destinataire et concernant les volumes pairs de lettres.

Notre disposition reste chronologique, par et dans les sections propres à chaque dirigé(e). Ceci permet de suivre « à la trace » chaque évolution, souvent de longue durée, pas toujours mystique. C’est le seul moyen de s’approcher d’un vécu intérieur. Nous privilégions l’expérience vécue, donc pas de théologie ! La distribution par destinataires permet d’apprécier la finesse du commun directeur envers des « commençants » ou des « pèlerins », tous considérés comme des « amis ». Fénelon aurait succédé à Mme Guyon s’il eût vécu.

Ce florilège est issu de lectures successives sur une dizaine d’années effectuées à travers mais sans couvrir l’immensité des écrits féneloniens. Il doit tout aux travaux de Gosselin [OC], d’Orcibal et de Noye [CF], de Le Brun [OP]. Table des sigles des sources, infra.

Nous pensons que ce travail met en valeur, outre la profondeur d’une Charlotte de Saint-Cyprien, la ‘Petite Duchesse’ de Mortemart : cette cadette du ‘clan Colbert’ sut s’imposer auprès de son frère et des membres du ‘petit troupeau’ mystique. Elle en prit la direction avec Fénelon au moment des épreuves de la ‘Dame Directrice’. Adoucie par l’expérience, après la disparition de Fénelon en janvier 1715 puis de Mme Guyon en juin 1717, elle continua leur apostolat en couvrant la première moitié du XVIIIe siècle, certes aidée par d’autres membres des deux cercles de spirituels, les un « cis » français, les autres « trans » européens. Nous avons approfondi son portrait placé en tête de la section qui lui est consacrée.

Table

FÉNELON MYSTIQUE 3

UN FLORILEGE 3

Choix établi & présenté par Dominique Tronc 3

Présentation 5

Avertissement 11

Table des sources 13

Œuvres de Fénelon 13

Œuvres de Mme Guyon 13

Etudes 13


UNE RENCONTRE MYSTIQUE 17

Le témoignage de madame Guyon 17

Chronologie couvrant les deux années qui suivent la rencontre 23

Histoire et état documentaire des sources 25

Des premiers échanges 26

Fénelon défend madame Guyon 33

352. À Mme DE MAINTENON. 7 mars 1696. 35

362. AU DUC DE CHEVREUSE. À Versailles, 24 juillet 1696. 39

364. À Mme DE MAINTENON. [Septembre 1696]. 40

403. À L. A. DE NOAILLES. 8 juin 1697. 41

454. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À Cambray, 25 septembre [1697]. 44

471. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À Cambrai 8 décembre [1697] 44

523. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 23 mai [1698]. 45

524. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 30 mai [1698]. 46

542. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 6 septembre [1698]. 47

551. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 27 septembre [1698]. 47

553. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 10 octobre [1698]. 48

568. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 14 décembre [1698]. 48

569. À PIERRE CLÉMENT [Vers le 14 décembre 1698]. 48

570. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À Cambray, 19 décembre [1698]. 49

571. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 26 décembre [1698]. 49

578. À L’ABBÉ DE CHANTÉRAC. À C[ambrai], 16 janvier [1699]. 50

1121. À LA DUCHESSE DE MORTEMART. À Cambray, 9 janvier 1707. 50

Fénelon maintient secrètement le contact 53

De FÉNELON avec les réponses de Madame GUYON. 4 (?) Mai 1710. 53

De FÉNELON. fin mai 1710 ? 61


ŒUVRES & OPUSCULES SPIRITUELS 63

Réfutation du Père Malebranche 65

Mémoire sur L’État Passif 67

Le Gnostique de saint Clément 77

CHAPITRE III De la vraie Gnose. 77

CHAPITRE XI : Le gnostique est déifié. [217] 80

L’Union chez Cassien 85

Explication des Maximes (29 janvier 1697) 87

Instruction pastorale sur l’Explication des maximes (15sept1697) 93

Propositions des Maximes justifiées par de saints auteurs (15 décembre 1698) 97

Œuvres spirituelles 103

I. Lettres et opuscules spirituels 103

II. Fragments spirituels 118


LETTRES DE DIRECTION 119

« Envoi » 121

Madame de Maintenon (1635-1719) 123

174. À MADAME DE MAINTENON. [17 juin 1691] 123

259. À MADAME DE MAINTENON mai 1694 124

Relevé de Correspondance 125


Marquis de Blainville (1663-1704) 127

LSP 32.*A UN CONVERTI (O) 128

LSP 31*A UN CONVERTI (O) 131

LSP 33*A UN CONVERTI (O) 134

LSP 34.*A UN CONVERTI (O) 137

LSP 36.*A UN CONVERTI (O) 142

LSP 38.*POUR UN CONVERTI (O?) 145

43. LSP 66. Au MARQUIS DE BLAINVILLE. [Fin de 1688] 147

LSP 132.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 148

LSP 133.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 148

LSP 134.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 149

LSP 169.*AU MARQUIS DE BLAINVILLE 151

LSP 170.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 151

LSP 171.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 152

LSP 172.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 153

LSP 173.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 153

LSP 175.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE (?) [1694 ?] 153

LSP 180.*Au MARQUIS DE BLAINVILLE 154

664. Au MARQUIS DE BLAINVILLE. À Cambray [15 juin 1700] 156

LSP 84. Au MARQUIS DE BLAINVILLE [1701-1704] 156

LSP 85. Au MARQUIS DE BLAINVILLE [1701-1704] 157

Relevé de correspondance 158


Comtesse de Gramont (1640 ?-1708) 159

175. À LA COMTESSE DE GRAMONT. Samedi, 2 juin [1691]. 160

322. À LA COMTESSE DE GRAMONT. À Issy, 25 mai [1689]. 161

Relevé partiel corrigé de correspondance 163


Dom François Lamy (1636-1711) 165

696. À DOM FRANÇOIS LAMY. À C[ambrai] 13 déc[embre] 1700. 165

766. LSP 6. À DOM FRANÇOIS LAMY . À Tournay 26 octobre 1701. 166

1034. À DOM FR. LAMY. À C[ambrai] 11 février 1705. 167

1132. LSP 7. À DOM FR. LAMY. À C[ambrai] 25 mars 1707. 168

1219. À DOM FRANÇOIS LAMY. [juillet 1708]. 169

766. À DOM FRANÇOIS LAMY. À Tournay 26 octobre 1701. 171

1132. À DOM FR. LAMY. [À Cambrai] 25 mars 1707. 173

1189. À DOM FRANÇOIS LAMY. À Cambray, 4 janvier 1708. 174

1217. À DOM FRANÇOIS LAMY. À C[ambrai] 22 juin 1708. 174

1297. À DOM FRANÇOIS LAMY. [À Cambrai] 21 avril 1709. 175

Lettre au P. Lami sur la grâce et la prédestination 176

Relevé de correspondance 177


Duc (1656-1712) puis duchesse (-1752) de Chevreuse 179

433. À UN AMI [CHEVREUSE OU BEAUVILLIER]. 3 Août 1697. 180

626. AU DUC DE CHEVREUSE. 31 août 1699. 180

627. AU DUC DE CHEVREUSE [Après le 14 septembre 1699] . 181

633. AU DUC DE CHEVREUSE [vers le 4 novembre 1699]. 182

639. Au DUC DE CHEVREUSE. 30 décembre 1699. 183

642. Au DUC DE CHEVREUSE. 27 janvier 1700 185

856. AU DUC DE CHEVREUSE. À C[ambrai] 7 septembre 1702. 187

912A. LE DUC DE CHEVREUSE A FÉNELON. À Dampierre, ce 16e mai 1703. 188

1128. Au DUC DE CHEVREUSE. À C[ambrai], 24 février 1707. 188

1144 Au DUC DE CHEVREUSE. À C[ambrai] 17 mai 1707. 189

1266. Au DUC DE CHEVREUSE. À C[ambrai] 3 décembre 1708 190

LSP 148. *Au DUC DE CHEVREUSE (?) 190

1647. À LA DUCHESSE DE CHEVREUSE. À C[ambray], 20 février 1713. 193

1675. À LA DUCHESSE DE CHEVREUSE. À C[ambrai], 3 [mai] 1713. 194

Relevé de correspondance 194


Comtesse de Montberon (~1646-1720) 197

648. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Lundi 22 février [1700] 197

660. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À Mons 30 avril 198

665. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Jeudi 17 juin. 198

673. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Au Cateau, 26 juillet. 199

677. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Jeudi 5 août. 200

679. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À C[ambrai], 2 septembre. 200

688. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Dimanche au soir 7 novembre. 201

699. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Dimanche 26 déc[embre]. 203

701. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À Cambray 5 janvier 1701. 203

724. À LA COMTESSE DE MONTBERON A C[ambrai] 10 juin. 205

743. À LA COMTESSE DE MONTBERON A C[ambrai] 21 août. 206

771. À LA COMTESSE DE MONTBERON (?). [Vers le 6 novembre]. 208

817. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À C[ambrai] 17 avril 1702. 208

867. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Mardi, 10 octobre 1702. 210

926. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À Cambrai, lundi 30 juillet 1703. 216

933. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Jeudi 23 août 1703. 217

946. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Lundi soir, 3 novembre 1703. 217

1033. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Lundi 26 janvier 1705. 218

1076. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Mardi, [.] février 1706. 219

1138. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Jeudi au soir 21 avril 1707. 220

1159. À LA COMTESSE DE MONTBERON. Mercredi 10 août 1707. 221

1183. À LA COMTESSE DE MONTBERON. [À Cambrai] 9 décembre 1707. 223

1220. À LA COMTESSE DE MONTBERON. [Juillet 1708]. 224

1308. À LA COMTESSE DE MONTBERON. À C[ambrai] 7 juin 1709. 224

Relevé de correspondance 225


Duc (1648-1714) et duchesse (-1733)de Beauvillier 227

857. Au DUC DE BEAUVILLIER. À C[ambrai], 7 septembre 1702. 228

865. Au DUC DE BEAUVILLIER. Au Casteau-Cambresis, ce 5 octobre [1702 ou 1703?]. 229

1950. À LA DUCHESSE DE BEAUVILLIER. À Cambray, 28 décembre 1714. 230

Relevé de correspondance 231


À Marie-Christine de Salm (1655- ?) 233

1062. À MARIE-CHRISTINE DE SALM. À Cambray, 31 octobre 1705. 235

1133. À MARIE-CHRISTINE DE SALM. A Cambray, ler avril 1707. 236

1218. À MARIE-CHRISTINE DE SALM. À Cambray, 28 juin 1708. 237

1247. À MARIE-CHRISTINE DE SALM. À Cambrai] 30 septembre 1708. 238


A la Marquise de Risbourg ( ~~1670-1720) 239

LSP 139.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 240

LSP 140.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 240

LSP 141.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 241

LSP 142.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 242

LSP 143.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 244

LSP 144.* A LA MARQUISE DE RISBOURG (?) 244

LSP 501. À LA MARQUISE DE RISBOURG 245

LSP 502. À LA MARQUISE DE RISBOURG 245


Madame de la Maisonfort (1663-après 1717) 249

314. À Mme DE LA MAISONFORT. [Mars 1695]. 249

LSP 145* A MADAME DE LA MAISONFORT 253

LSP 206.*A MADAME DE LA MAISONFORT 254

LSP 207.* A MADAME DE LA MAISONFORT 255

LSP 208* A MADAME DE LA MAISONFORT 256

LSP 209.*A MADAME DE LA MAISONFORT [Avant mai 1697]

Vidame d’Amiens 1676-1744 259

LSP 174.*Au VIDAME D’AMIENS (?) [1706-1707] 259

1148. Au VIDAME D’AMIENS. 31 mai 1707. 260

LSP 183*. AU VIDAME D’AMIENS. [1710 ou 1711 ?] 263


Marquis de Fénelon (1688-1746) 265

1662. Au MARQUIS GABRIEL-JACQUES DE FÉNELON. Samedi 1er avril 1713. 266

1690. Au MARQUIS DE FÉNELON. Dimanche 28 mai 1713. 266


Charlotte de Saint-Cyprien (~1670-1747) 269

Choix de citations extrait de la série complète des lettres 270

Reprise de la série complète des lettres : 273

LSP 26. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN (?) [début janvier 1689] 273

LSP 17. L.37 & L.329S . À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. À Cambray, 21 août [1695 ou 1696]. 274

LSP 14. L.339. À SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. 30 novembre. 276

LSP 15. L.342. À SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. À Versailles, 10 décembre [1695]. 277

LSP 19. L.344S. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. À Cambray, 25 décembre [1695 ou 1696 ?] 278

LSP 16. L.363S. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. Mardi au soir, 7 août [1696 ?]. 289

376S. à la sœur CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. Samedi 15 décembre [1696]. 290

LSP 18. 380S. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. [août 1695 - janvier 1697]. 291

LSP 20. L.1437. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. À Cambray 17 janvier 1711. 292

LSP 22. L.1514. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. 25 décembre 1711. 293

LSP 21. L.1776. À LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN. À Cambray, ce 10 mars 1714. 295


Duchesse de Mortemart (1665-1750) 297

Une esquisse biographique 297

L’opinion de Fénelon et d’un proche 301

Choix de citations extrait de la série complète des lettres 302

La série complète des lettres 309

LSP 126.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART juin 1693 ? 309

LSP 135.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 312

LSP 130.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [1693?] 314

LSP 131*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [1693 ?] 316

LSP 129.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [?] [1695 ?] 317

LSP 137.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 318

LSP 150.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 318

LSP 164.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 319

LSP 165* A LA DUCHESSE DE MORTEMART 320

LSP 166.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART. Après juin 1708. 320

LSP 167.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 322

LSP 189.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 323

LSP 190.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 323

LSP 191.* A LA DUCHESSE DE MORTEMART ( ?) 325

LSP 192.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 325

LSP 193.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 327

LSP 198.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 329

LSP 203.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART. [1711 ?] 330

LSP 205 Au DUC DE MORTEMART (?) 332

LSP 218.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 332

LSP 219.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 334

LSP 490.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 335

1121. À LA DUCHESSE DE MORTEMART A Cambray, 9 janvier 1707. 336

1408. À LA DUCHESSE DE MORTEMART 342

1442. À LA DUCHESSE DE MORTEMART. À C[ambrai] 1 février 1711. 347

1479. À LA DUCHESSE DE MORTEMART. À Cambray, 27 juillet 1711. 348

Analyse de la correspondance. 350

Le successeur dans la filiation ? 351


À une Dame (Y) 353

LSP 89.*A UNE DAME (Y) 353

LSP 90.*A LA MÊME (Y) 353

LSP 91.*A LA MÊME (Y) 354

LSP 92.*A LA MÊME (Y) 354

LSP 93*A LA MÊME (Y) 354

LSP 94.*A LA MÊME (Y) 356

LSP 95.*A LA MÊME (Y) 357

LSP 96.*A LA MÊME (Y) 357

LSP 97.*A LA MÊME (Y) 358

LSP 98.*A LA MÊME (Y) 359

À une demoiselle (Z) 361

LSP 99.*A UNE DEMOISELLE (Z) 361

LSP 101.*A LA MÊME (Z) 362

LSP 102*.À LA MÊME (Z) 363

LSP 103*A LA MÊME (Z) 364

LSP 104.*A LA MÊME (Z) 365

LSP 105.*A LA MÊME (Z) 366

LSP 106.*A LA MÊME (Z) 367

LSP 107.*A LA MÊME (Z) 367

LSP 108.*A LA MÊME (Z) 368

LSP 109.*A LA MÊME (Z) 369

LSP 110* 369

LSP 111.*A LA MÊME (Z) 370

LSP 112.*A LA MÊME (Z) 372

LSP 113* A LA MÊME (Z) 372

LSP 114.*A LA MÊME (Z) 373

LSP 115.*A LA MÊME (Z) 374

LSP 116.*A LA MÊME (Z) 374

LSP 117.*A LA MÊME (Z) 375

LSP 118.*A LA MÊME (Z) 377

LSP 119.* A LA MÊME (Z) 377

LSP 120.*A LA MÊME (Z) 378

LSP 121.*A LA MÊME (Z) 379

LSP 122.*A LA MÊME (Z) [fin de 1713 ou de 1714 ?]. 380

LSP 123.*A LA MÊME (Z) 381

LSP 124.*A LA MÊME (Z) 382

LSP 125.*A LA MÊME (Z) 383


Au duc de Bourgogne 385

1239. AU DUC DE BOURGOGNE A Cambray le 16 septembre [1708]. 385

1972. Au DUC DE BOURGOGNE [vers 1702] 386


À des correspondants connus 389

153. À LA DUCHESSE DE NOAILLES. [Vers 1690]. 390

667. À L’ABBÉ DE LANGERON 392

668 A. De SŒUR A.-M. DES FONTAINES A FÉNELON [20 juillet 1700]. 393

761. Au MARQUIS DE LOUVILLE. À Cambray, 10 octobre 1701. 393

1027. LSP 1. À JOSEPH-CLÉMENT DE BAVIÈRE, ÉLECTEUR DE COLOGNE. À Cambray, 30 décembre 1704. 395

1261. À MICHEL CHAMILLART [20 novembre 1708]. 396

1124. À G. DE SÈVE DE ROCHECHOUART [Février 1707?]. 400

1954. Au P. LE TELLIER [6 janvier 1715]. 401


À des religieuses 403

355. LSP 23. À UNE RELIGIEUSE. [À Versailles, avant le 13 mars 1696 ?]. 403

1953. À UNE RELIGIEUSE. À Cambray, 30 décembre 1714. 404

LSP 27.*A UNE RELIGIEUSE 407

LSP 28.*A UNE RELIGIEUSE 409

1567. LSP 24. À LA MÈRE MARIE DE L’ASCENSION [M.-M. DE CHANTÉRAC]. 19 juillet 1712. 409


À des dames 413

LSP 128.*A UNE DAME 413

LSP 199.*A UNE DAME 415

LSP 160.*A UNE DAME 416

LSP 161.*A UNE DAME 417

LSP 162.*A UNE DAME 420

1975. LSP 127. À UNE DAME. 1714. 421


À des Inconnus 423

Il s’agit essentiellement de « morceaux choisis » par les disciples pour l’édition de 1718. 423

LSP 163*. À UN JEUNE HOMME 423

LSP 176.*A UNE MALADE 424

LSP 4*À UN SUPÉRIEUR DE COMMUNAUTÉ 425

LSP 37.*A UNE CONVERTIE 427

LSP 86. [Réponses] À UN SEIGNEUR DE LA COUR 429

LSP 88*. À UN MILITAIRE. 434

LSP 202.*A UN MILITAIRE 436

LSP 152*. À UNE FEMME (U) 439

LSP 177.*A UNE FEMME (U) 439

LSP 153.*A UN HOMME 439

LSP 212.*A UN DÉBUTANT 440

LSP 154.*A UN COMMENÇANT 441

LSP 158.*A UNE MÈRE DE FAMILLE 442

LSP 194.*A UN DISCIPLE 443

LSP 214.*A UN DISCIPLE 444

LSP 184.* A UN DISCIPLE 444

LSP 138*. À M. X* 445

LSP 491.*« SOYEZ SIMPLE[.] » 446

LSP 146.* « VOUS ME FAITES UN VRAI PLAISIR…» 448

LSP 147.* « J’AI VU N. » 449

LSP 149*. POUR LA PERSONNE… 450

LSP 204.*« JE PRENDS TOUJOURS GRANDE PART[.] » 451

LSP 155*. « VOUS NE SAURIEZ ME DIRE… » 452

LSP 156.*« JE NE SUIS POINT ÉTONNÉ[.] » 453

LSP 157.*« JE CROIS QUE VOUS DEVEZ ÊTRE[.] » 454

LSP 159.*« VOUS NE DEVEZ POINT[.] » 455

LSP 178.*« JE SUIS DANS UNE HONTEUSE LASSITUDE[.] » 456

LSP 181*. « C’EST À N. À SE LAISSER… » 457

LSP 182.*« N. VOUS DIRA COMBIEN [.] » 457

LSP 185.*« JE NE DOUTE POINT[.] » 458

LSP 186*« SUIVEZ LA VOIE… » 458

LSP 188.*« JE VOUS SOUHAITE[.] » 459

LSP 220.*CONSOLATION 1 459

LSP 221.*CONSOLATION 2 460

LSP 223.*CONSOLATION 4 461

1889. LSP 216. A***. 18 août 1714. 462

1903. LSP 217. A***. 16 octobre 1714. 463

« Conclusion » 465


Documents 467

Liste de proches de madame Guyon 467

Liste de proches de François de Fénelon 467

Les enfants Colbert 467

Les enfants Fouquet 468

Introduction aux lettres spirituelles (I. Noye) 469







72.LA DIRECTION DE FÉNELON PAR MADAME GUYON [lettres reprises]

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!Dominique Tronc La Direction de Fénelon par Madame Guyon.doc

La direction de Fénelon par Madame Guyon, présentée et éditée par Murielle et Dominique Tronc, lulu.com, coll. « Chemins mystiques », Série « Madame Guyon ».

Une relation mystique. (Murielle Tronc.)

La correspondance entre Madame Guyon et Fénelon est d’un exceptionnel intérêt : elle constitue à notre connaissance le seul texte relatant au jour le jour la « mise au monde » d’un mystique par une autre mystique servant de canal à la grâce. Le lecteur contemporain imprégné de psychanalyse frémira parfois devant les dérapages sentimentaux de Madame Guyon. Mais interpréter cette relation comme traduisant un érotisme frustré réduit à un connu élémentaire ce qui le dépasse visiblement, si l’on se penche sur ces textes avec respect et honnêteté : ils témoignent de la découverte expérimentale d’un au-delà du monde corporel et psychologique, qu’ils ont appelé Dieu. Il faut donc accepter d’entrer avec eux dans le territoire inconnu dont ils portent témoignage et que Madame Guyon a exploré seule sans personne pour la guider.

Elle a rencontré Fénelon peu avant le 3 octobre 1688, après qu’il lui eut été désigné par un rêve :

Après vous avoir vu en songe, je vous cherchais dans toutes les personnes que je voyais, je ne vous trouvais point : vous ayant trouvé, j’ai été remplie de joie, parce que je vois que les yeux et le cœur de Dieu sont tout appliqués sur vous. (Lettre 154 36).

Il fut le disciple préféré, avec qui elle se sentait en union mystique complète ; il se révèla le seul dont les potentialités fussent égales aux siennes, ce qui explique son immense joie, le soin extrême qu’elle prit à le suivre pas à pas et les analyses remarquables qu’elle lui adressa durant de nombreuses années (dont ne demeurent que le début de leur relation et quelques vestiges) :

Dieu ne veut faire qu’un seul et unique tout de vous et de Lui : aussi n’ai-je jamais trouvé avec personne une si entière correspondance, et je suis certaine que la conduite intérieure de Dieu sur vous sera la même qu’Il a tenue sur moi, quoique l’extérieur soit infiniment différent. (Lettre 132).

Le fondement de la relation de Madame Guyon avec ses enfants spirituels était la communication de la grâce dans le silence d’un cœur à cœur qui se poursuivait même à distance. Elle eut donc à apprendre à Fénelon à aller au-delà du langage, à préférer une conversation silencieuse :

Lorsque l’on a une fois appris ce langage [.], on apprend à être uni en tout lieu sans espèces et sans impureté, non seulement avec Dieu dans le profond et toujours éloquent silence du Verbe dans l’âme, mais même avec ceux qui sont consommés en Lui : c’est la communication des saints véritable et réelle. (L. 157).

Tout au long de ces lettres, elle tente par images d’exprimer le flux de grâce qui passe à travers elle :

Mon âme fait à présent à votre égard comme la mer qui entre dans le fleuve pour l’entraîner et comme l’inviter à se perdre en elle » (L. 276). Ou encore : « Dieu me tient incessamment devant Lui pour vous, comme une lampe qui se consume sans relâche […] Il me paraissait tantôt que je n’étais qu’un canal de communication, sans rien prendre. (L. 114).

Sa mission est souvent lourde à supporter :

Dieu m’a associée à votre égard à Sa paternité divine […] Il veut que je vous aide à y marcher [vers la destruction], que je vous porte même sur mes bras et dans mon cœur, que je me charge de vos langueurs et que j’en porte la plus forte charge. (L. 154).

Elle sait combien cela paraît extraordinaire et elle insiste souvent :

Ceci n’est point imaginaire mais très réel : il se passe dans le plus intime de mon âme, dans cette noble portion où Dieu habite seul et où rien n’est reçu que ce qu’Il porte en Lui. (L. 146).

Avec l’autorité que donne l’expérience, elle fonde ontologiquement la paternité spirituelle dans l’importante lettre 276 :

Le père en Christ ne se sert pas seulement de la force de la parole, mais de la substance de son âme, qui n’est autre que la communication centrale du Verbe.

Cette circulation de la grâce se fonde sur le « flux et reflux » qui a lieu dans la Trinité même. Elle affirme avec force : « Tout ce qui n’est point cela n’est point sainteté. »

La tâche est immense et ne souffre aucune relâche :

Je me trouve disposée à vous poursuivre partout dans tous les lieux où vous pourriez trouver refuge et, quoi qu’il m’en puisse arriver, je ne vous laisserai point que je ne vous aie conduit où je suis. (L. 220).

Elle va lui faire quitter peu à peu tous ses appuis, à commencer par le domaine de l’intellect auquel s’accroche cet homme si raisonnable et scrupuleux :

Vous raisonnez assurément trop sur les choses [.] Je vous plains, par ce que je conçois de la conduite de Dieu sur vous. Mais vous êtes à Lui, il ne faut pas reculer. (L. 128).

Il rend les armes et ironise sur lui-même :

 Je ménage ma tête, j’amuse mes sens, mon oraison va fort irrégulièrement ; et quand j’y suis, je ne fais presque que rêver [.] Enfin je deviens un pauvre homme et je le veux bien. (L. 149).

Elle lui fait abandonner toute ses habitudes d’ecclésiastique, son bréviaire (L. 231 sq.) et même la confession :

Il faut que (Dieu) soit votre seul appui et votre seule purification. Dans l’état où vous êtes, toute autre purification vous salirait. Ceci est fort. (L. 267).

Elle lui fait dépasser toute référence morale humaine :

Je vous prie donc que, sans vous arrêter à nulles lois, vous suiviez la loi du cœur et que vous fassiez bonnement là-dessus ce que le Seigneur vous inspirera. Ce n’est plus la vertu que nous devons envisager en quoi que ce soit, - cela n’est plus pour nous -,  mais la volonté de Dieu, qui est au-dessus de toutes vertus. (L. 219).

Le but est d’atteindre l’état d’enfance où Dieu seul est le maître et où nul attachement humain n’a plus cours :

C’est cet état d’enfance qui doit être votre propre caractère : c’est lui qui vous donnera toutes grâces. Vous ne sauriez être trop petit, ni trop enfant : c’est pourquoi Dieu vous a choisi une enfant pour vous tenir compagnie et vous apprendre la route des enfants. (L. 154).

Elle le ramène sans cesse à l’essentiel :

Il faut que nous cessions d’être et d’agir afin que Dieu seul soit. (L. 263).

On mesure facilement les difficultés de Fénelon : dans cette société profondément patriarcale, ce prince de l’Eglise à qui toute femme devait obéissance a dû s’incliner devant l’envoyée choisie par la grâce. Elle ne s’y trompe pas et lui dit carrément :

Il me paraît que c’est une conduite de Dieu rapetissante et humiliante pour vous qu’Il veuille me donner ce qui vous est propre. Cependant cela est et cela sera, parce qu’Il l’a ainsi voulu. (L. 124).

Plus tard, elle lui écrit avec humour et tendresse :

Recevez donc cet esprit qui est en moi pour vous, qui n’est autre que l’esprit de mon Maître qui S’est caché pour vous non sous la forme d’une colombe [.], mais sous celle d’une petite femmelette. (L. 292).

Leurs deux tempéraments étaient opposés : il était un intellectuel sec et raisonnable, un esprit analytique très fin, un ecclésiastique rempli de scrupules ; elle était passionnée, parfois un peu trop exaltée, et surtout elle ne pouvait rien contre les « mouvements » de la grâce, si prompts qu’elle agissait et écrivait sans y pouvoir rien (L. 253). Elle s’excuse souvent de ce qu’elle est :

Dieu m’a choisie telle que je suis pour vous, afin de détruire par ma folie votre sagesse, non en me faisant rien, mais en me supportant telle que je suis. (L. 171).

Mais avec tendresse et rigueur, elle le bouscule pour lui faire lâcher ses attachements personnels et le ramener à tout prix vers l’essentiel. On le voit peu à peu abandonner ses préjugés et ses peurs, il la rassure :

Rien ne me scandalise en vous et je ne suis jamais importuné de vos expressions. Je suis convaincu que Dieu vous les donne selon mes besoins. 

Et il termine en souriant sur lui-même :

Rien n’égale mon attachement froid et sec pour vous. » (L. 172).

Surtout il accède à l’essence même de la relation spirituelle :

Je ne saurais penser à vous que cette pensée ne m’enfonce davantage dans cet inconnu de Dieu, où je veux me perdre à jamais. (L. 195).

Il règne entre eux deux un rapport complexe d’autorité réciproque : bien qu’elle lui laisse son entière liberté, il sait bien que sa parole est vérité et avertissement divin (L. 220). Quand elle manque de mourir, il lui écrit, éperdu :

Si vous veniez à manquer, de qui prendrais-je avis ? Ou bien serais-je à l’avenir sans guide ? Vous savez ce que je ne sais point et les états où je puis passer.  (L. 249).

Inversement, elle le considère comme signe de Dieu pour elle et lui affirme toujours sa soumission en tout :  

Il n’y a rien au monde que je ne condamnasse au feu de ce qui m’appartient, sitôt que vous me le diriez [.] Comptez, monsieur, que je vous obéirai toujours en enfant. (L. 169).

Avec une totale confiance et une grande estime, elle se confie à lui car elle est dans un état d’enfance, d’abandon trop profond à la volonté divine pour vouloir encore réfléchir ou décider par elle-même :

Notre Seigneur m’a fait entendre que vous êtes mon père et mon fils, et qu’en ces qualités vous me devez conduire et me faire faire ce que vous jugerez à propos, à cause de mon enfance qui ne me laisse du tout rien voir, ni bien ni mal, que ce qu’on me montre dans le moment actuel. (L. 280).

Il lui répondra toujours avec une déférence et une délicatesse extrêmes : sans oser lui donner d’ordres, il lui suggère des solutions dans des problèmes délicats ou familiaux.

Si Madame Guyon a été source de souffrances purificatrices pour Fénelon, il a été pour elle le support de projections psychologiques intenses, qui elles aussi ont été détruites par la Providence. Fénelon fut précepteur du duc de Bourgogne de 1689 à 1697 et aurait pu devenir son premier ministre après la mort de Louis XIV : Madame Guyon et son entourage ont rêvé d’une France enfin gouvernée par un prince bien entouré et imprégné de spiritualité, au point que Madame Guyon s’est laissée aller à des prédictions à propos de ce prince :  

Il redressera ce qui est presque détruit [.] par le vrai esprit de la foi. » (L. 184).

On sait que le Dauphin mourut en 1712. De même, Madame Guyon vit en Fénelon son successeur après sa mort. En avril 1690, croyant mourir, elle lui confia sa charge spirituelle :

Je vous laisse l’Esprit directeur que Dieu m’a donné [.] Je vous fais l’héritier universel de ce que Dieu m’a confié. » (L. 248).

Malheureusement Fénelon est mort avant elle en janvier 1715. Si Fénelon n’a pas pu continuer après elle, il a été d’une grande aide puisqu’il a pris en charge ceux qui se trouvaient autour de lui. Petit à petit, on voit Madame Guyon lui donner des conseils pour diriger certains amis, et il expérimente à son tour la communication de la grâce cœur à cœur avec ses propres disciples :

Je me sens un très grand goût à me taire et à causer avec Ma. Il me semble que son âme entre dans la mienne et que nous ne sommes tous deux qu’un avec vous en Dieu. Nous sommes assez souvent le soir comme des petits enfants ensemble, et vous y êtes aussi quoique vous soyez loin de nous. (L. 266).

Ceci ne peut exister que dans son union avec elle, lui explique Madame Guyon :

Vous ne ferez rien sans celle qui est comme votre racine, vous enté [enraciné] en elle comme elle l’est en Jésus-Christ [.] Elle est comme la sève qui vous donne la vie. (L. 289).

Comme on le voit très clairement dans les lettres aux autres disciples, il s’est formé autour de Fénelon un cercle spirituel équivalent à celui de Madame Guyon à Blois, au point que tous les appelaient « père » et « mère ».

Tout au long de ces années, Madame Guyon s’émerveilla de leur union si totale en Dieu :

Vous ne pourriez en sortir [de Dieu] sans être désuni d’avec moi, ni être désuni d’avec moi sans sortir de Dieu. » (L. 271).

Elle célèbre la liberté absolue de cette union au-delà de l’humain « au-dessus de ce que le monde renferme de cérémonies et de lois » : 

Les enfants de l’éternité […] se sentent dégagés de tous liens bons et mauvais, leur pays est celui du parfait repos et de l’entière liberté. » (L. 271).

Même la mort ne pouvait les désunir :

Le jour qu’il tomba malade, je me sentis pénétrée, quoique assez éloignée de lui, d’une douleur profonde mais suave. Toute douleur cessa à sa mort et nous sommes tous, sans exception, trouvés plus unis à lui que pendant sa vie. (L. 385 à Poiret).

Etat documentaire

Quelques précisions peuvent être utiles au lecteur soucieux de mieux connaître les conditions dans lesquelles se déroulèrent les relations entre madame Guyon et Fénelon 37 :

L’ensemble du volume présent couvre environ le sixième de la correspondance de madame Guyon : c’est la plus importante série de lettres de directions qui nous soit parvenue ; encore avons-nous perdu la moitié des lettres échangées entre madame Guyon et Fénelon qui aurait constitué la suite de ce que l’on va lire.

On sait que le premier de quatre recueils manuscrits fut utilisé par Dutoit en 1767-1768 mais il ne nous est pas parvenu. Les lettres éditées par Dutoit furent reconnues comme authentiques et publiées en majeure partie tardivement par Masson 38. Il ouvre cette correspondance. Le second recueil, un anonyme découvert par I. Noye à la B.N.F., est édité dans notre complément de l’année 1690. L’existence de deux derniers recueils perdus a été établie 39.

Nous éditons ici cette correspondance en quatre sections :

I. La « Correspondance secrète » de l’année 1689, premier volume publié au XVIIIe siècle, reconnue authentique et publié en majeure partie par Masson en 1907, couvre les quatorze premiers mois de la rencontre (octobre 1688 à décembre 1689).

II. Le complément de l’année 1690 couvre presque la même durée (fin décembre 1689 à la fin de l’année 1690). Cet apport du recueil découvert par I. Noye a été édité pour la première fois en 2003 en ce qui concerne les lettres écrites par Madame Guyon 40.

III. Lettres écrites après 1690 reprend les rares témoignages qui nous sont parvenus de la correspondance ultérieure. Une pièce importante et révélatrice est daté de mai 1710 et a fait le voyage de Cambrai à Blois et inversement, probablement portée par le marquis de Fénelon ou par le « chevalier » Ramsay. Écrite sur deux colonnes comportant d’un côté des questions posées par l’archevêque et de l’autre les réponses de Madame Guyon, procédé assez souvent rencontré ailleurs, elle est édité de façon compréhensible en faisant suivre les réponses aux questions 41. Ce précieux témoin éclaire sur le type de relations qui perdura après 1703 jusqu’à la mort de Fénelon en janvier 1715 grâce à des lettres portées par des amis sûrs entre Blois et Cambrai (il en fut de même vers l’étranger, en particulier vers l’Écosse et la Hollande).

IV. Lettres non datées ou d’attributions incertaines.

Des lettres de datation inconnue ou d’attribution douteuse ont été en outre proposées dans le présent volume : il s’agit de notre collecte basée sur des indices ténus. Elle est faite sur l’ensemble nettoyé de toutes précisions de noms ou de dates par les disciples. Il s’agit des cinq volumes publiés au XVIIIe siècle et regroupés dans notre dernier tome de correspondance 42.

[V.] Il faudrait tenir compte de lettres qui, par l’intermédiaire du duc de Chevreuse ou de la petite duchesse de Mortemart, furent connues de Fénelon. À l’époque ce dernier ne pouvait apparaître comme destinataire : l’abbé promu bientôt archevêque devait être protégé d’attaques menées contre le cercle quiétiste animé par sa « Dame directrice ». On passe d’une conduite à fin mystique à celle de l’histoire d’un combat inégal 43. Cette cinquième partie s’écarte d’une direction mystique de Fénelon : on peut donc l’omettre entièrement.

On omet aussi un échange de poésies spirituelles d’origine douteuse 44 qui n’apporte guère de compléments utiles aux relations épistolaires en prose. On consultera deux éditions critiques pour les sources publiées ou manuscrites, les événements et les personnages, etc. 45

Outre quelques ajouts et corrections, l’ordre des lettres a parfois été déplacé depuis notre précédente édition 46. Il demeure toujours incertain.

§

L’essentiel de ce qui nous a été conservé couvre six trimestres (janvier 1689 – Juin 1690) et présente une répartition uniforme dans sa partie centrale. La moyenne relative à la correspondance totale, pour cette année et demie, atteint trente lettres par mois, soit une lettre par jour - la correspondance passive issue de Fénelon y contribuant en moyenne pour neuf lettres par mois, soit une lettre tous les trois jours.

On pense que des lettres de Madame Guyon furent adressées à Fénelon longtemps auparavant 47. On sait que la correspondance continua après 1690, indirectement relayée par le duc de Chevreuse ; elle fut interrompue par l’emprisonnement à la Bastille de Madame Guyon, pour reprendre ensuite : les courriers entre Cambrai et Blois étant assurés par le marquis neveu de Fénelon et le « chevalier » Ramsay comme déjà indiqué, mais aussi par d’autres (Écossais, Dupuy ?, …) les deux « cahiers de lettres » de ce qui suit le corpus des années 1689-1690 resterait à découvrir ?

Il est enfin éclairant de noter la distribution des lettres écrites par Fénelon à divers correspondants pendant ses deux années de premières relations avec madame Guyon :

Pour l’année 1689, les 49 lettres de Fénelon, éditées par Orcibal, sont adressées à : Madame Guyon (36), Chevalier Colbert (5), Mme de Maintenon (3), autres (4).

Pour l’année 1690, les 54 lettres de Fénelon, éditées par Orcibal, sont adressées à : Madame Guyon (19), Mme de Maintenon (7), la comtesse de Gramont (9), Seignelay (6), d’autres (13).

Plus de la moitié du total des lettres sont ainsi adressées à Madame Guyon. Madame de Maintenon vient en seconde place. Elle est suivie de près par les autres dirigé(e)s de l’abbé.

Chronologie

Il est éclairant d’évoquer les événements couvrant vingt-huit mois de correspondance intense : chronologie courte car nous avons peu de renseignements précis sur une période assez heureuse 48 :

13 septembre 1688 : Madame Guyon sort de la prison de la Visitation du Faubourg Saint-Antoine, suite aux interventions de Mme de Miramion et d’une abbesse parente de Mme de Maintenon.

« Un peu avant le 3 octobre 1688 » a lieu la rencontre décisive avec l’abbé de Fénelon au château de Beynes 49. Mme Guyon est malade durant trois mois avec un abcès à l’œil. Elle réside chez les Miramionnes. Mme de Miramion découvre les calomnies du P. la Mothe 50.

2 décembre 1688 : Fénelon écrit à Mme Guyon. Fénelon prêche successivement à des religieuses (28 novembre, 1er dimanche de l’Avent), aux Nouvelles Catholiques (12 décembre, 3e dimanche de l’Avent), à la maison professe des jésuites (1er jour de l’an 1689.)

Entre le 10 et le 14 avril 1689 a lieu une entrevue entre Fénelon et Mme Guyon, puis à partir du 22 au 30 avril 1689 Mme Guyon séjourne à la campagne 51.

20 juin 1689 : rencontre à Saint-Jacques de la Boucherie 52.

17 juillet 1689 : Fénelon écrit : « Je reviens de la campagne [Germigny ?] où j’ai demeuré cinq jours 53 ».

24 et sans doute 28 août 1689 : Rencontres.

25 août 1689 : Armand-Jacques, le fils aîné de Madame Guyon, est blessé à l’engagement de Valcourt. Il restera estropié 54.

26 août 1689 : sa fille Jeanne-Marie épouse Louis-Nicolas Fouquet, comte de Vaux.

29 août 1689 : Fénelon, prête serment devant le roi comme précepteur du duc de Bourgogne. Il commence son enseignement le 3 septembre et réside désormais à Versailles.

Début octobre 1689 : Fénelon « n’a pas assez de foi ». Crise de novembre 55.

Janvier 1690 ? : Lettre de Fénelon à Mme de Maintenon 56 « sur ses défauts. »

Février 1690 : « Pour ma santé, elle est bien détruite…57 »

L’année 1690 est très mal documentée en ce qui concerne Madame Guyon : « Ayant quitté ma fille, je pris une petite maison éloignée du monde…58 » Longue période sans événements datés de Mme Guyon.

Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, fils aîné du ministre, est assisté par Fénelon et meurt le 3 novembre 1690. (Les filles Colbert ont épousé les ducs de Beauvillier et de Chevreuse, disciples de Madame Guyon).

8 novembre 1690 : Fénelon va à Issy remettre une lettre à M. Tronson, son ancien confesseur, à la demande de Mme de Maintenon.

29 novembre 1690 : mise à l’index du Moyen court.

11 décembre 1690 : Fénelon participe à un conseil des directeurs de Saint-Cyr qui décide de la vocation de Mme de la Maisonfort.

Avertissement

Nous allégeons l’apparat critique. On le trouvera complet dans nos éditions critiques de Madame Guyon, Correspondance…, Tomes I à III, op.cit. Les numéros de ces pièces suivaient une reprise propre à chaque tome : ils sont placés ici entre crochets après la numérotation continue adoptée dans le présent ensemble.

Les lettres écrites par Fénelon bénéficient d’une mise en relief par l’usage d’italiques. On se reportera à la Correspondance de Fénelon, I à IV, Klinksieck, 1972 à 1976, pour bénéficier de précieuses notes établies par Jean Orcibal, comme souligné précédemment. Les corrections reportées en errata dans Madame Guyon, Correspondance III, 923 sq., ont été intégrées ; de nouvelles ont été introduites.



Table

PRÉSENTATION 7

Une relation mystique. 7

(Murielle Tronc.) 7

Etat documentaire 14

Chronologie 19

Avertissement 21


CORRESPONDANCE 23

Automne 1689 25

1. [1.84.] À Fénelon. Octobre 1688. 25

2. [1.85.] À Fénelon. Octobre - novembre 1688. 26

3. [1.86.] À Fénelon. Octobre-novembre 1688. 29

4. [1.87.] À Fénelon. Novembre 1688. 35

4A. [1.88.] De Fénelon. 2 décembre1688. 36

5. [1.89.] À Fénelon. Décembre 1688. 38

6. [1.90.] À Fénelon. Décembre 1688. 39

7. [1.91.] À Fénelon. Décembre 1688. 40

8. [1.92.] À Fénelon. 25 Décembre 1688. 44

9. [3.23.] À Fénelon. Fin 1688 ou début 1689. 48


Année 1689 51

10. [3.24] À Fénelon. Fécondité et communication spirituelle. 51

11. [1.93] À Fénelon. Janvier 1689 ? 54

12. [1.94.] À Fénelon. Janvier 1689. 56

13. [1.95.] À Fénelon. Janvier 1689 ? 58

13A. [1.96] De Fénelon. Janvier-Février 1689. 60

14. [1.97] À Fénelon. Février 1689. 61

15. [1.98.] À Fénelon. 21 février 1689. 63

16. [1.99.] À Fénelon. Février 1689. 66

17. [1.100] À Fénelon. Février-Mars 1689. 69

18. [1.101] À Fénelon. Février-Mars 1689. 71

19. [1.102] À Fénelon. Mars 1689. 74

20. [1.103] À Fénelon. Mars 1689. 76

21. [1.104] À Fénelon. Mars 1689. 80

22. [1.105] À Fénelon. Mars 1689. 83

23. [1.106] À Fénelon. Mars 1689. 83

24. [1.107] À Fénelon. Mars 1689. 84

25. [1.108] À Fénelon. Mars 1689. 86

26. [1.109] À Fénelon. Mars 1689. 86

27. [1.110] À Fénelon. Mars 1689. 87

28. [1.111] À Fénelon. Mars 1689. 89

29. [1.112] À Fénelon. Mars 1689. 90

29A. [1.113] De Fénelon. 12 Mars 1689. 91

30. [1.114] À Fénelon. Mars 1689. 91

31. [1.115] À Fénelon. Mars 1689. 92

32. [1.116] À Fénelon. Mars 1689. 93

32A [1.117] De Fénelon. Mars? 1689. 94

33. [1.118] À Fénelon. Mars 1689. 96

33A. [1.119] De Fénelon. 28 mars 1689. 99

34. [1.120] À Fénelon. Mars 1689. 101

35. [1.121] À Fénelon. 5 ou 6 avril 1689. 103

36. [1.122] À Fénelon. 8 ou 9 avril 1689. 104

37. [1.123] À Fénelon. 9 avril 1689. 107

38. [1.124] À Fénelon. Avril 1689. 107

38A. [1.125] De Fénelon. 16 avril 1689. 115

39. [1.126] À Fénelon. 19( ?) Avril 1689. 117

39A. [1.127] De Fénelon. 22 Avril 1689. 123

40. [1.128] À Fénelon. Entre le 25 et le 30 Avril 1689. 123

40A. [1.129] De Fénelon. 30 Avril 1689. 125

41. [1.130] À Fénelon. 1er Mai 1689. 127

42. [1.131] À Fénelon. Début mai 1689. 127

43. [1.132] À Fénelon. Début mai 1689. 129

43A. [1.133] De Fénelon. 6 mai 1689. 131

44. [1.134] À Fénelon. 7 mai 1689. 132

45. [1.135] À Fénelon. 8 mai 1689. 133

45A. [1.136] De Fénelon. 11 mai 1689. 135

46. [1.137] À Fénelon. Mai 1689. 138

46A. [1.138] De Fénelon. Vers le 15 mai 1689. 140

47. [1.139] À Fénelon. Milieu mai 1689. 142

48. [1.140] À Fénelon. 18 mai 1689. 143

48A. [1.141] De Fénelon. 25 mai 1689. 144

49. [3.22] À Fénelon. 26 mai 1689. 145

50. [1.143] À Fénelon. 28 mai 1689. 149

50A. [1.144] De Fénelon. 3 juin 1689. 151

51. [1.145] À Fénelon. 5 juin 1689. 153

52. [1.146] À Fénelon. 7 juin 1689. 155

52A. [1.147] De Fénelon. 9 juin 1689. 157

53. [1.148] À Fénelon. 10 ou 11 juin 1689. 159

53A. [1.149] De Fénelon.12 juin 1689. 162

53B. [1.150] De Fénelon. 163

54. [1.151] À Fénelon. 13 ou 14 juin 1689. 164

54A. [1.152] De Fénelon. 14 juin 1689. 165

55. [1.153] À Fénelon. 15 juin 1689. 166

56. [1.154] À Fénelon. 15 juin 1689. 167

56A. [1.155] De Fénelon. 16 juin 1689. 182

57. [1.156] À Fénelon. 16 juin 1689. 184

58. [1.157] À Fénelon. 21 juin ? 1689. 184

59. [1.158] À Fénelon. 25 juin 1689. 186

59A. [1.159] De Fénelon. 26 juin 1689. 187

60. [1.160] À Fénelon. 27 juin 1689. 188

60A. [1.161] De Fénelon. 4 juillet 1689. 190

61. [1.162] À Fénelon. 5 juillet 1689. 191

61A. [1.163] De Fénelon. 5 juillet 1689. 193

62. [1.164] À Fénelon. 7 ou 8 juillet 1689. 194

63. [1.165] À Fénelon. 8 ou 9 juillet 1689. 197

63A. [1.166] De Fénelon. 9 ou 10 juillet 1689. 198

64. [1.167] À Fénelon. 10 ou 11 juillet 1689. 200

64A [1.168] De Fénelon. 11 juillet 1689. 203

65. [1.169] À Fénelon. 12 juillet 1689. 206

65A. [1.170] De Fénelon. 17 juillet 1689. 209

66. [1.171] À Fénelon. 18 juillet 1689. 210

66A. [1.172] De Fénelon. 18 juillet 1689. 212

67. [1.173] À Fénelon. 19 juillet 1689. 213

67A. [1.174] De Fénelon. 22 juillet 1689. 215

68. [1.175] À Fénelon. 23 juillet 1689. 216

68A. [1.176] De Fénelon. 26 juillet 1689. 217

69. [1.177] À Fénelon. 27 juillet 1689. 220

70. [1.178] À Fénelon. Fin juillet ou début août 1689. 227

71. [1.179] À Fénelon. Début août 1689. 228

71A. [1.180] De Fénelon. 11 août 1689. 229

72. [1.181] À Fénelon. 12 août 1689. 239

72A. [1.182] De Fénelon. 12 août 1689. 245

73. [1.183] À Fénelon. 13 août 1689. 246

74. [1.184] À Fénelon. 18 août 1689. 248

75. [1.185] À Fénelon. 21 août 1689. 251

75A. [1.186] De Fénelon. 21 août 1689. 252

76. [1.187] À Fénelon. Fin août 1689. 253

76A. [1.188] De Fénelon. 31 août 1689. 257

76B. [1.189] De Fénelon. 12 septembre 1689. 259

77. [1.190] À Fénelon. 20 septembre 1689. 261

78. [1.191] À Fénelon. 23 septembre 1689. 262

79. [1.192] À Fénelon. 25 septembre 1689. 267

80. [1.193] De Fénelon. 1er octobre 1689. 269

81. [1.194] À Fénelon. Début octobre 1689. 271

81A. [1.195] De Fénelon. 10 octobre 1689. 275

82. [1.196] À Fénelon. Milieu d’octobre 1689. 276

82A. [1.197] De Fénelon. 16 octobre 1689. 277

83. [1.198] À Fénelon. Seconde quinzaine d’octobre 1689. 279

84. [1.199] À Fénelon. 25 octobre 1689. 282

85. [1.200] À Fénelon. Fin octobre 1689. 283

86. [1.201] À Fénelon. Novembre 1689. 284

87. [1.202] À Fénelon. Novembre 1689. 286

87A. [1.203] De Fénelon. Automne 1689. 289

88. [1.204] À Fénelon. Automne 1689. 290

89. [1.205] À Fénelon. Automne 1689. 291

90. [1.206] À Fénelon. Automne 1689. 295

91. [1.207] À Fénelon. Automne 1689. 296

92. [1.208] À Fénelon. Automne 1689. 300

93. [1.209] À Fénelon. Automne 1689. 302

94. [1.210] À Fénelon. Automne 1689. 304

95. [1.211] À Fénelon. Automne 1689. 307

96. [1.212] À Fénelon. Automne 1689. 311

97. [1.213] À Fénelon. Automne 1689. 313

98. [1.214] À Fénelon. Automne 1689. 319

99. [1.215] À Fénelon. 26 novembre 1689. 320

100. [1.216] À Fénelon. 27 novembre 1689. 321

101. [1.217] À Fénelon. 1er décembre1689. 322

101A. [1.218] De Fénelon. Vers Noël 1689. 328

102. [1.219] À Fénelon. Fin décembre 1689. 329

103. [1.220] À Fénelon. Janvier 1690. 332

104. [1.221] À Fénelon. Janvier 1690. 337

105. [1.222] À Fénelon. Janvier 1690 ? 338

106. [1.223] À Fénelon. Décembre 1689. 340

107. [1.224] À Fénelon. 26 décembre 1689. 341

108. [1.225] À Fénelon. Fin décembre 1689. 342

109. [1.226] De Fénelon. 28 décembre 1689. 343

110. [1.227] À Fénelon. Fin décembre 1689. 344


Année 1690 347

111. [1.229] À Fénelon. Entre le 12 et le 28 janvier 1690. 347

111A. [1.230 De Fénelon. 28 janvier 1690. 349

112. [1.231] À Fénelon. Début février 1690. 350

112A. [1.232] De Fénelon. Début février 1690 ? 351

113. [1.233] À Fénelon. Avant le 14 février 1690. 353

113A. [1.234] De Fénelon. 14 février 1690. 354

114. [1.235] À Fénelon entre le 14 et le 17 février 1690. 355

114A. [1.236] De Fénelon. 17 février 1690. 358

115 [1.237] À Fénelon. Fin février 1690? 358

115A. [1.238] De Fénelon. Mars 1690. 359

116. [1.239] À Fénelon. Mars 1690. 360

116A. [1.240] De Fénelon. 14 mars 1690. 362

117. [1.241] À Fénelon. 15 mars 1690. 364

117A. [1.242] De Fénelon. 16 mars 1690. 368

118. [1.243] À Fénelon. Entre les 16 et 21 mars 1690. 368

118A. [1.244] De Fénelon. 21 mars 1690. 370

119. [1.245] À Fénelon. 22 ou 24 mars1690. 370

119A. [1.246] De Fénelon. 1er avril 1690. 372

120. [1.247] À Fénelon. Entre le 1er et le 11 avril 1690. 373

121. [1.248] À Fénelon. Entre le 1er et le 11 avril 1690. 373

121A. [1.249] De Fénelon. 11 avril 1690. 375

122. [1.250] À Fénelon. Entre le 11 et le 17 avril 1690. 376

123. [1.251] À Fénelon. Entre le 11 et le 17 avril 1690. 377

123A. [1.252 De Fénelon. 17 avril 1690. 378

124. [1.253] À Fénelon. Entre le 17 et le 25 avril 1690 ? 379

125. [1.254] À Fénelon. Avril 1690. 380

126. [1.255] À Fénelon. Avril 1690. 381

127. [1.256] À Fénelon. Avril 1690. 384

128. [1.257] À Fénelon. Avril 1690. 384

129. [1.258] À Fénelon. Entre le 17 et le 25 avril 1690 ? 386

130. [1.259] À Fénelon. Entre le 17 et le 25 avril 1690 ? 387

130A. [1.260] De Fénelon. 25 avril 1690. 387

131. [1.261] À Fénelon. Vers le 26 avril 1690 ? 388

131A. [1.262] De Fénelon. Entre le 25 avril et le 15 mai 1690. 390

132. [1.263] À Fénelon. Entre le 25 avril et le 15 mai 1690. 392

132A. [1.264 De Fénelon. 15 mai 1690. 398

133. [1.265] À Fénelon. Autour du 20 mai 1690. 400

133A. [1.266] De Fénelon. 25 mai 1690. 403

134. [1.267] À Fénelon. Entre le 25 mai et le 11 juin 1690. 404

134A. [1.268) De Fénelon. 31 mai 1690. 405

135. [1.269] À Fénelon. Début juin 1690. 406

136. [1.270] À Fénelon. Début juin 1690. 407

137. [1.271] À Fénelon. 11 juin 1690. 408

138. [1.272] À Fénelon. Juin 1690. 410

139. [1.273] À Fénelon. Juin ou juillet 1690. 410

140. [1.274] À Fénelon. Juin ou juillet 1690. 411

141. [1.275] À Fénelon. Juin ou juillet 1690. 412

142. [1.276] À Fénelon. Eté 1690. 414

143. [1.277] À Fénelon. Juin ou juillet 1690. 417

143A. [1.278] De Fénelon. Septembre ? 1690. 419

144. [1.279] À Fénelon. Eté ou automne 1690. 419

145. [1.280] À Fénelon. Fin septembre ou début octobre 1690. 420

146. [1.281] À Fénelon. Début octobre 1690. 424

147. [1.282] À Fénelon. Automne 1690. 428

148. [1.283] À Fénelon. Automne 1690. 430

148A. [1.284] De Fénelon. Automne 1690. 432

149. [1.285] À Fénelon. Automne 1690. 433

150. [1.286] À Fénelon. Automne 1690. 434

151. [1.287] À Fénelon. Novembre 1690. 434

152. [1.288] À Fénelon. Fin 1690. 435

153. [1.289] À Fénelon. Fin 1690. 436

154. [1.290] À Fénelon. Fin décembre 1690 ? 437

155. [1.291] À Fénelon. 1690. 437

156. [1.292] À Fénelon. 1690. 440


Lettres écrites après 1690. 445

157. [1.293] À Fénelon ? 445

158. [1.294] À Fénelon. 448

159. [1.295] De Fénelon avec les réponses de Madame Guyon. 4 ? Mai 1710. 450

159A. [1.296] De Fénelon. fin mai 1710 ? 460


Lettres non datées ou d’attributions incertaines 461

160. [3.25-D.1.236]. À Fénelon ? Etat d’une âme à qui Dieu est tout. 461

161. [3.26 - D.2.112]. À Fénelon (?) Union de cœurs. Conduite, etc. 465

162. [3.27 - D.2.169]. À Fénelon et à … Touchant divers états. 466

163. [3.28-D.2.170]. À Fénelon ? Désappropriation. 472

164. [3.146 - D.2.27]. Je vous ai demandé à Dieu… 473

165. [3. 204 - D.3.42]. Sur le devoir de conduire et de corriger. 475

166. [3.262 - D.1.112]. Laisser faire la destruction du propre. 480

167. [3.296 - D.1.147]. Etre petit. 481

168. [3.305 - D.1.157]. Rien de soi, S’abandonner. 482

169. [3.387 - D.3.72]. Se laisser traiter et détruire à Dieu. 483

170. [3.438 - D.1.174]. Abandon dans les revers, etc. 486

171. [3.467 - D.1.207]. Obéissance et abandon enfantin. 488

172. [3.473 - D.1.216]. Union en charité, etc. 488

173. [3.475 - D.1.218]. Unions spirituelles. 490

174. [3.476 - D.1.219]. Union des âmes en Dieu. 491

175. [3.477 - D.1.220]. Unions spirituelles, etc. 493

176. [3.478 - D.1.222]. Ravissement et union en Dieu. 495

177. [3.489 - D.1.239]. Attendre les promesses en patience. 496

178. [3.538 - D.2.171]. Etat d’anéantissement. 498

179. [3.551 - D.2.185]. Dégagement de l’âme, combien sûr. 499

180. [3.552 - D.2.186]. Réunion. Souffrances. Abandon. 501

181. [3.578 -D.3.125]. Union des âmes ici et hors de cette vie. 502

182. [3.591 - D.3.141]. Ne regarder qu’à Dieu. 503

183. [3.593 -D.3.147]. Voie d’opprobre d’une âme de choix. 504

Table des matières 507

Madame Guyon, bibliographie (2000 - ) : 513



73.FRANÇOIS LA COMBE (1640-1715) VIE, ŒUVRES, ÉPREUVES du Père Confesseur de Madame GUYON [2016]

103. François Lacombe 3e édition.docx [et] .pdf



François Lacombe (1640-1715), Vie, Œuvres, Epreuves du Père Confesseur de Madame Guyon, Sources assemblées par D.Tronc, coll. « Chemins mystiques », lulu.com, 648 p.



Quatrième de Couverture

FRANÇOIS LA COMBE (1640-1715)

Vie, Œuvres, Epreuves du Père Confesseur de Madame Guyon

Sources présentées par Dominique Tronc

François La Combe ou Lacombe (1640-1715) fut le compagnon aîné confesseur de madame Guyon. Il est resté dans l’ombre lorsqu’il ne fut pas simplement et sommairement mis en cause.

Nous l’approchons sérieusement ici pour la première fois en rassemblant l’essentiel de ce qui le fait mieux connaître et apprécier. Nous disposons de nombreux documents : une Vie décrite d’après des témoignages provenant principalement de Madame Guyon, des Œuvres qui ne sont pas médiocres, des Epreuves dont témoignent d’amples lettres qu’il put faire parvenir de la prison de Lourdes.

Ce dossier est établi par recours à nos éditions des œuvres de madame Guyon (Vie, Correspondance, Années d’épreuves). Ses écrits rédigés ou traduits en Français sont réédités ici pour la première fois depuis le XVIIIe siècle.

Le confesseur dans tous les sens du terme, incluant de lourdes épreuves qui demeurent cachées et vécues sans répit jusqu’à la mort, est profondément mystique. Il est digne de l’attachement d’une dirigée devenue rapidement son inspiratrice.

François Lacombe mystique et martyr

Le barnabite François Lacombe ou La Combe (1640-1715) devint le compagnon aîné confesseur de madame Guyon (1647-1717).

Il est resté dans l’ombre lorsqu’il ne fut pas simplement, sommairement et fort bassement mis en cause. Nous voulions donc mieux le connaître. Nous disposons pour cela de nombreux documents :

Des témoignages livrés par Madame Guyon dans sa Vie par elle-même.

Près de cinquante lettres figurent dans nos éditions des écrits de madame Guyon (Vie par elle-même, Correspondance I & II, Années d’épreuves).

S’y ajoutent des écrits traduisant son expérience. Ils ne sont pas médiocres. Ils furent publiées indépendamment à trois dates : une œuvre en deux parties fut incluse dans les Opuscules spirituels, tome II édité par Pierre Poiret en 1720 pour mettre à disposition les écrits de madame Guyon qu’il jugeait essentiels; une œuvre traduite du latin fut publiée en 1795 par le groupe des fidèles suisses ; une défense demeura manuscrite jusqu’à sa publication en 1910.

Les pièces du dossier ainsi constitué sont données intégralement. Nous les distribuons en suivant l’ordre chronologique :

1. La vie du confesseur en liberté dont témoigne surtout madame Guyon.

2. Des écrits du mystique directeur rédigés peu avant son enfermement.

3. Le témoignage des prisons porté par ses lettres.

L’ensemble textuel que nous venons d’établir pour la première fois autour du Confesseur le révèle comme bon directeur mystique. Une fragilité humaine est associée à la profondeur mystique. La tâche au départ entreprise pour mieux connaître le compagnon de Madame Guyon s’est révélée fructueuse et utile pour nous-même. Aussi est-ce à juste titre qu’il fut révéré dans les cercles quiétistes européens du XVIIIe siècle comme martyr témoignant de la vie mystique en foi.

À quarant-six années d’apostolat succédèrent vingt-sept années d’enfermements, terrible sort. Contrairement à madame Guyon, qui après huit années d’emprisonnements devint de nouveau une active directrice mystique, le simple confesseur abandonné par son Ordre ne fut jamais libéré.

Table des sources

Œuvres de Mme Guyon

VG, CG, EG :

Madame Guyon, La vie par elle-même […], Honoré Champion (2001) [VG]

Madame Guyon, Correspondance I Directions spirituelles (2003), II Années de combats (2004), III Chemins mystiques (2005) Honoré Champion [CG 1 à 3].

Les années d’épreuves de Madame Guyon, Emprisonnements et interrogatoires sous le Roi Très Chrétien, Honoré Champion, 2009 [EG].

Etudes

[O.] :

«LA COMBE (François), barnabite, 1640-1715. 1. Vie. — 2. Œuvres. — 3. Spiritualité.» Contribution de Jean Orcibal au Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique, fascicules LIX-LX, col. 35, Beauchesne, Paris, 1975.

L. Cognet, Crépuscule des mystiques, Bossuet Fénelon, Desclée, 1958.

I. Un savoyard actif (1640 - 1687)

Un religieux plein d’avenir 1640-1681

Nous n’avons pas fait de recherche personnelle portant sur la biographie du Père La Combe avant sa première rencontre avec la jeune Madame Guyon. Mais Jean Orcibal expose les heureux débuts du religieux exemplaire et prometteur dans sa contribution au Dictionnaire de Spiritualité 59puis résume en fin de sa contribution les sources qui lui étaient disponibles 60. Voici ses utiles « données de base » :

Né à Thonon (Savoie) en 1640, François La Combe reçut l’habit des barnabites au collège de cette ville qui était tenu par ces religieux (1655); il fut sans doute profès le 9 juillet 1656. Sous-diacre le 17 décembre 1661, il est ordonné prêtre le 19 mai 1663 par Jean d’Arenthon d’Alex, évêque de Genève.

Au collège d’Annecy, il enseigna avec grand succès la grammaire, la rhétorique, la philosophie et la théologie (ses Disputationes sabbatinae furent particulièrement remarquées); il prêcha et collabora aux missions du Chablais.

À la fin de 1667, il fut appelé au collège Saint-Éloi de Paris avec le titre de consulteur du provincial. En 1669 et 1670, il prit une part notable aux missions du diocèse d’Autun61.

En mai-juin 1671 a lieu une première chaleureusee mais brève rencontre entre La Combe et la jeune Madame Guyon. Mais la «grande rencontre» mystique débutant leur collaboration ne se produira que dix ans plus tard, suivant de peu la mort du directeur Bertot en 1681 (Madame Guyon ne perd pas de temps lorsqu’une recherche de direction mystique s’impose).

Ce premier «croisement» se produit parce que le frère consanguin de Madame Guyon, Dominique de La Mothe était du même ordre barnabite que La Combe. Il précède de peu la rencontre mystique décisive de Madame Guyon et de Monsieur Bertot qui va la diriger jusqu’à sa mort. Cettte rencontre décisive est décrite au chapitre suivant 1.19 de la Vie par elle-même. Elle est datée du 21 septembre de la même année 1671 (ici déjà, aucune « perte de temps »).

Voici le début du chapitre relatant le «croisement» entre les futurs «associés». On note l’effet que provoque la jeune madame Guyon dont un visage lumineux rend probablement compte de sa découverte de la vie mystique très bien décrite au § 2 que nous livrons en partie pour cette raison ; nous nous écarterons parfois de ce qui intéresse directement les rapports avec La Combe si le texte peut les éclairer. Ce dernier est très sensible à une « voie des lumières » qu’il lui faudra par la suite quitter.

Nous faisons précéder tout début du texte principal d’un chapitre de la Vie par son résumé livré en petit corps62.

1.18 LE P. LA COMBE -- PROMPTITUDES ET CHARITÉ 63

1. Rencontre du P. La Combe après ‘huit ou neuf mois que j'avais eu la petite vérole’. ‘Dieu lui fit tant de grâces par ce misérable canal qu'il m'a avoué depuis qu'il s'en alla changé en un autre homme.’ 2. Oraison continuelle, alternances du goût de la présence et de la peine de l’absence. 3-5. Croix désirées mais sensibles ! 6. Promptitudes. 7. Grandes charités / pour les pauvres et malades. / 8. La vertu lui devient pesante / ‘dès la seconde année de mon mariage, Dieu éloigna … mon cœur de tous les plaisirs sensuels.’

[1.] 64 Il y avait huit ou neuf mois que j’avais eu la petite vérole 65 lorsque le père La Combe passa par le lieu de ma demeure. Il vint au logis pour m’apporter une lettre du père de la Mothe, qui me priait de le voir, et qu’il était fort de ses amis. J’hésitai beaucoup si je le verrais, parce que je craignais fort les nouvelles connaissances, cependant la crainte de fâcher le père de La Mothe me porta à le faire.

Cette conversation, qui fut courte, lui fit désirer de me voir encore une fois. Je sentis la même envie de mon côté; car je croyais ou qu’il aimait Dieu ou qu’il était tout propre à l’aimer; et je voulais que tout le monde l’aimât. Il y avait là trois religieux. Dieu s’était servi de moi pour les gagner à lui. L’empressement que le Père La Combe eut de me revoir le porta à venir à notre maison de campagne qui n’était qu’à une demi-lieue de la ville. La providence se servit d’un petit accident qui lui arriva pour me donner le moyen de lui parler : car comme mon mari, qui goûta fort son esprit, lui parlait, il se trouva mal étant allé dans le jardin. Mon mari me dit de l’aller trouver de peur qu’il ne lui fût arrivé quelque chose. J’y allai. Ce père dit qu’il avait remarqué un recueillement et une présence de Dieu sur mon visage si extraordinaire, qu’il se disait à lui-même : «Je n’ai jamais vu de femme comme celle-là», et c’est ce qui lui fit naître l’envie de me revoir. Nous nous entretînmes un peu, et vous permîtes, ô mon Dieu, que je lui disse des choses qui lui ouvrirent la voie de l’intérieur. Dieu lui fit tant de grâces par ce misérable canal, qu’il m’a avoué depuis qu’il s’en alla changé en un autre homme. Je conservai un fonds d’estime pour lui, car il me [74]66 parut qu’il serait à Dieu67, mais j’étais bien éloignée de prévoir que je dusse jamais aller à un lieu où il serait.

[2.] Mes dispositions dans ce temps étaient une oraison continuelle, comme je l’ai dit, sans la connaître. Tout ce qu’il y avait, c’est que je sentais un grand repos et grand goût de la présence de Dieu, qui me paraissait si intime qu’il était plus en moi que moi-même. Les sentiments en étaient quelquefois plus forts, et si pénétrants que je ne pouvais y résister, et l’amour m’ôtait toute liberté. D’autres fois il était si sec, que je ne ressentais que la peine de l’absence, qui m’était d’autant plus rude que la présence m’avait été plus sensible. Je croyais avoir perdu l’amour, car dans des alternatives, lorsque l’amour était présent, j’oubliais tellement mes douleurs, qu’elles ne me paraissaient que comme un songe; et dans les absences de l’amour, il me semblait qu’il ne devait jamais revenir, car il me paraissait toujours que c’était par ma faute qu’il s’était retiré de moi, et c’est ce qui me rendait inconsolable. Si j’avais pu me persuader que c’eut été un état par où il fallait passer, je n’en aurais eu aucune peine, car l’amour de la volonté de Dieu m’aurait rendu toutes choses faciles, le propre de cette oraison étant de donner un grand amour de l’ordre de Dieu, une foi sublime et une confiance si parfaite que l’on ne saurait plus rien craindre, ni périls, ni dangers, ni mort, ni vie, ni esprit, ni tonnerre; au contraire, il réjouit, il donne encore un grand délaissement de soi, de ses intérêts, de sa réputation, un oubli de toutes choses. […] 68.

Pendant dix ans la direction mystique est assurée par Monsieur Bertot69. À sa mort, sa dirigée cherche une aide spirituelle : elle entre en communication épistolaire avec le Grand Carme Maur de l’Enfant-Jésus (mais il vit éloigné à Bordeaux)70 puis de nouveau elle se rapproche du P. La Combe. Avant de le retrouver poursuivons la biographie résumée par Orcibal :

[La Combe] fut ensuite envoyé enseigner la théologie à Bologne (7 septembre 1671), où on le chargea aussi des exercices spirituels. De Bologne, La Combe passa à Rome, également en qualité de lecteur (12 septembre 1672-6 mars 1674).

Le 18 avril 1674, il fut, avec le titre de vice-provincial, chargé de la visite des collèges de Savoie, mais la maladie le contraignit à se retirer à Thonon le 27 mars 1675. Nommé supérieur de la maison d’études et du noviciat de Thonon (1677-1683), La Combe s’en absenta souvent pour prêcher, diriger des religieuses, etc. Il jouissait alors d’une excellente réputation.

Il ne semble pas [DS col.36] avoir à ce moment-là subi l’influence de Madame Guyon, dont il n’aurait reçu que deux lettres avant 1680, ou de Molinos qu’il ne rencontra jamais71. À Rome, c’était au contraire le jésuite Honoré Fabri qui le regardait comme son disciple.

Nous rattachons ici, malgré sa date postérieure à la période couverte dans le chapitre de la Vie par elle-même que nous venons de citer 72, la lettre adressée par La Combe à son vieux «maître» Fabri jésuite qui fut probablement son confesseur : c’est le seul témoignage dont nous disposons en l’absence d’une recherche de sources italienne qui reste à faire.

Elle traduit en termes heurtés l’ombre et la lumière vécues tour à tour par le sensible Lacombe. Il est animé d’un lyrisme italien d’outre-monts73.

L'année de cette lettre au père Fabry, Madame Guyon est à Thonon où elle fait retraite avec La Combe et écrit les Torrents, Vie 2.11.1-5. En juillet la sœur de Madame Guyon arrive de Sens, Vie 2.9.1-9. A l'automne commencera « la grande maladie », une crise religieuse suivi d'un état d'enfance et de la découverte du « pouvoir sur les âmes », Vie 2.12.6-7.

C'est donc une période « d'apprentissage sur le tas » et de crise spirituelle partagée par les deux mystiques que reflète la lettre suivante qui est la plus ancienne de notre dossier La Combe. Elle illustre un climat intérieur agité qui précède de peu le rétablissement de Madame Guyon comme rédactrice des Torrens.

Puis Madame Guyon exercera une influence bénéfique sur son confesseur. Elle sera interrrompue cinq années plus tard par leurs deux emprisonnements de 1687. Pour La Combe les prisons furent certainement durement éprouvées et sans autre fin qu’une mort mentale et physique attestée par le responsable gardien en 1715 :

0. Du P. LACOMBE AU P. FABRY. 12 juillet 1682.

À Rome, ce 12 juillet 1682.

Mon révérend et très cher père,

Je suis toujours le même, c’est-à-dire le plus pauvre et le plus riche du monde, le plus persécuté bien qu’invisiblement, mais le plus protégé, le plus accablé de troubles et d’angoisses, mais le plus tranquille, et le plus consolé qui soit au reste des hommes, en un mot je me vois autant que jamais le sujet du plus grand et mystérieux assemblage des deux souverains [f°1v°] contraires, le paradis et l’enfer, le tout et le néant, en telle sorte que je puis assurer que l’expérience dans laquelle je me trouve me fait toucher au [du] bout du doigt que l’âme de l’homme est un être correspondant en puissance à l’acte immense de l’amour éternel, et que, si Dieu, pendant une éternité, la voulait faire croître en amour, pendant une éternité elle croîtrait, et n’arriverait jamais à un tel point d’amour qu’elle ne restât toujours capable d’un amour infiniment [f°2] plus grand que celui dont elle se trouverait enflammée. Et c’est là justement la raison pour laquelle je ne vois point de fin aux cuisantes douleurs que me fait souffrir le combat inconcevable des deux contraires qui résident en moi, parce que l’amour qui s’augmente sans cesse dans mon cœur, ne peut recevoir d’accroissement qu’au milieu de la division que causent la grâce et le péché.

J’aurais bien des choses à vous dire sur ce sujet, mais elles conviennent plutôt à un [f°2v°] livre qu’à une lettre. Je vous dirais seulement que les progrès que je fais sont si cachés aux yeux de la raison que je ne vois pour l’ordinaire que des apparences de triomphe pour le péché, et une défaite si universelle du parti de la grâce qu’il ne reste plus en moi, je ne dirais pas, une étincelle de vigueur pour entreprendre la moindre chose contre les ennemis de mon salut, mais pas même le moindre désir de leur faire la guerre. Mais, ô Dieu, que ces [f°3] apparences sont fausses, que la réalité qu’elles couvrent est différente de l’éclat trompeur par lequel l’enfer s’efforce de me séduire, et qu’enfin il est doux de se croire perdu pour jamais et sans ressources, tandis qu’on jouit effectivement de la plus haute liberté des enfants de Dieu! Ô mon père, qu’il est doux d’aimer Dieu sans en jouir, qu’il est glorieux de préférer aux splendeurs de la gloire même, l’obscurité de la foi! Restez, restez dans les délices [f°3v°] et tabernacles sacrés, habitants fortunés de l’empyrée, soyez paisibles possesseurs des plaisirs immenses que nous cause l’extase perpétuelle de la lumière de la gloire, et que rien n’interrompe dans toute l’éternité le désir amoureux que nous fait souffrir l’ardeur inconcevable de l’amour éternel! Mais ne pensez pas, ô membre glorieux du corps mystique de mon adorable Maître, que je vous puisse céder l’avantage d’être plus heureux que moi : Non, non, [f°4] je ne vous saurais céder, et je veux me flatter, dans les privations que je souffre, d’être aussi heureux que vous. Je veux même croire que si, dans l’état où vous êtes, il vous était possible de former des désirs, vous n’en pourriez avoir d’autre que celui de vous substituer en ma place pour pouvoir au moins aimer plus que vous ne faites. Brûlons, mon cœur, brûlons, abandonnons-nous entièrement à la plus haute ambition dont tu es capable, et n’en ayons pas moins que Lucifer [f°4v°] même, conscendam et similis ero altissimo74 : je monterai et serai semblable au Très Haut.

Oui mon Dieu, puisque je ne puis Vous aimer autant que Vous m’aimez, je veux au moins en avoir le désir et souhaiter que tout ce qu’il y a de pures créatures sur la terre et dans le ciel cèdent au désir que j’ai de Vous aimer moi seul, plus qu’elles ne vous aiment toutes ensemble. Pardonnez-moi, mon père, je ne sais ce que je dis, car je parle d’aimer [f°5] Dieu sans mesure dans un temps que je ne sens pas même le moindre désir de L’aimer. Ô Majesté incompréhensible, Vous m’environnez de toutes parts, et une seule goutte de pluie dans le vaste océan y devient bien moins l’eau de la mer même que ma pauvre âme abîmée dans votre sacré sein y est changée en Vous-même, et cependant je ne Vous vois ni ne Vous sens, ne Vous connais ni ne Vous aime. Que ferai-je? Que dirai-je? Je meurs parce que je n’expire pas, et je peux dire que je ne vis plus que [f°5v°] parce que je suis plein de vie.

Il y a ici des personnes de toutes les conditions et de tout sexe, qui me donnent de l’admiration, et je ne saurais les voir sans me souvenir de ces paroles du Sauveur : novissimi erunt primi in regno Dei, et les derniers seront les premiers dans le royaume de Dieu75. En effet, il semble que dans ce siècle, et surtout dans le temps où nous vivons, l’éternelle Sagesse travaille plus que jamais à remplir les sièges des Séraphins, des Trônes, et il n’est pas [f ° 6] plus possible d’admirer la sainteté des plus grands saints des siècles passés lorsque je suis avec ces sortes de gens, qu’il est en soi difficile de voir les étoiles en plein midi.

Je ne sais comme cela se fait, car je ne vois dans ces sortes de gens ni actions héroïques, ni prodiges, ni rien de tout ce qui fait paraître les hommes saints. Ce sont des âmes qui marchent par les voies scabreuses de la vie intérieure, et sur lesquelles Dieu permet [f°6v°] à l’enfer d’exercer ces [ses] abominations, mais l’on peut dire d’elles qu’elles sont les enfants les plus délicats de la Sagesse éternelle, qui en rend ce témoignage elle-même dans le prophète Baruc, chap. 4 : Delicati mei ambulaverunt vias asperas ; ducti sunt enim ut grex direptus ab inimicis76. Ce sont des âmes qui ne vont plus chercher dans les préceptes de la loi étroite les règles de leur conduite, car elles sont si intimement unies à l’éternelle Vérité, qui est la souveraine loi, qui leur prescrit [f°7] intérieurement, et d’un ton de voix efficace, tout ce qu’il [faut] qu’elles fassent pour demeurer en Dieu, qu’elles ne sont plus en état de mettre en peine d’autre chose que de Lui obéir en tout et partout. Aussi est-ce pour cela qu’elles ne se mettent nullement en peine des violences secrètes que le démon fait à leurs puissances extérieures, animales ou sensitives, qui sont tout un, encore que le diable les manie avec tant de délicatesse, qu’elles aient sujet de croire qu’elles se portent d’elles-mêmes aux [f°7v°] transgressions et abominations qu’il leur fait commettre, et qu’elles vont contre la lumière de la raison qui est le fondement de toute la loi. Cette même lumière les rend certaines de leur innocence et du peu de part qu’elles ont dans toutes ses misères, qu’elles n’y font pas même de réflexion77.

Au contraire, il semble que parfois elles ne veuillent pas même se flatter de l’intime connaissance qu’elles ont de leur pureté, et que, pour demeurer plus perdues en Dieu, [f°8] elles se font un plaisir de sembler à elles-mêmes criminelles. Ô qu’heureux sont ceux qui marchent par ces voies, et qu’il y a de sûreté à aller contre la raison pour mieux obéir à la raison! Hic liber mandatorum Dei, et lex quæ est in aeternum. Convertere Jacob, et apprehende eam, ambula in [per] viam et [ad] splendorem eius contra lumen eius.78

§

Reprenons le fil conducteur proposé par Orcibal faisant intervenir une autre figure féminine mystique  :

Il est en revanche certain que La Combe doit beaucoup à Marie de l’Incarnation Bon, supérieure des ursulines de Saint-Marcellin en Dauphiné (1636-1680; DS, t. 1, col. 1762). Bien que La Combe dise ne l’avoir vue qu’une fois, il était déjà assez attaché aux idées mystiques d’abandon et de total délaissement à Dieu pour s’être laissé entraîner par trois religieuses à ce qu’il appellera «un coup de fanatisme» (16 juin 1680) : il assura à Arenthon d’Alex qu’il était envoyé par Dieu pour le guérir de sa «propre suffisance»79.

La Combe y perdit l’estime qu’on avait pour lui en Savoie et un religieux assura même à l’évêque que «dans six mois il serait fou». C’est cependant à La Combe qu’Arenthon d’Alex confie Mme Guyon l’année suivante lorsqu’elle vient à Gex avec le projet de fonder une maison de Nouvelles Catholiques.»

Nous étudions indépendemment la remarquable figure de la Mère Bon (1636-1680), contemplative ursuline qui témoigne de son expérience mystique80. Elle pourrait avoir été aussi influente que celle de l’évêque Ripa connu (ou probablement retrouvé par le Père La Combe) lors du séjour italien à venir du Père et de madame Guyon. Nous renvoyons en fin de volume, section « Sources associées », aux notices qui leur sont consacrées.

Abordons maintenant la «rencontre mystique» qui ouvre une collaboration de cinq années avant une séparation définitive qui voit Fénelon prendre relai :



MADAME GUYON TEMOIGNE DE LEUR RENCONTRE ET DE LEUR ACTION COMMUNE (1681-1686)

Dix ans passent depuis leur premier «croisement» raconté précédemment par madame Guyon. Ils sont remplis par la direction de monsieur Bertot. Mais il meurt en 1681 tandis que Maur de l’Enfant-Jésus vit en ermite éloigné à Bordeaux.

La Combe est devenu le supérieur de la maison d’études et du noviciat en Savoie à Thonon depuis 1677 (il le sera jusqu’en 1683).

Madame Guyon sort d’une nuit mystique et cherche un nouveau confesseur. Dans le récit de sa Vie elle évoque cette épreuve puis saisit l’occasion qui s’offre de se «recommander à ses prières.» Ce qui réussit : «il me répondit d’une manière comme s’il eût connu par une lumière surnaturelle, malgré l’effroyable portrait que je lui faisais de moi-même, que mon état était de grâce» au [§6] :



Table

FRANÇOIS LACOMBE MYSTIQUE ET MARTYR 5

Table des sources 7


I. UN SAVOYARD ACTIF (1640 - 1687) 9

UN RELIGIEUX PLEIN D’AVENIR 1640-1681 11

1.18 LE P. LA COMBE -- PROMPTITUDES ET CHARITÉ 13

MADAME GUYON TEMOIGNE DE LEUR RENCONTRE ET DE LEUR ACTION COMMUNE (1681-1686) 23

1.27 LA FIN DE LA NUIT — LE PÈRE LA COMBE 23

2.2 COMMUNICATION ET PRÉSAGES 28

2.3 ÉTAT APOSTOLIQUE —À THONON 35

2.5 COMBATS 39

2.6 REFUS DU SUPERIORAT, DÉPART DU P. LA COMBE 42

2.7 PERSÉCUTIONS. LES DEUX GOUTTES D’EAU 48

2.9 L’ÉTAT FIXE N’EXCLUT PAS DES SOUCIS 57

2.11 LES TORRENTS. UNION AU P. LA COMBE. 60

2.12 POUVOIR SUR LES ÂMES 64

2.13 LA COMMUNICATION INTÉRIEURE 67

2.14 AUX PORTES DE LA MORT 74

2.15 EN PIÉMONT 79

2.17 COMMUNICATION CONSCIENTE 86

2.22 COMMUNICATIONS ET SOUFFRANCE POUR LE P. LA COMBE 91

2.24 SÉJOUR A VERCEIL 94

2.25 TURIN, GRENOBLE 101

Ici commence la troisième partie de la Vie par elle-même : “ 3. Depuis son retour en France, jusqu’à peu d’années avant sa mort.” 105

3.1 INTRIGUES A PARIS 105

3.2 INTRIGUES, SUITE 116


PREMIERS ÉCHANGES ÉPISTOLAIRES (1683, 1685) 123


Echanges avec Madame Guyon 123

2. [DE MADAME GUYON] AU PERE LACOMBE 1683. 123

3. [DE MADAME GUYON] AU PERE LACOMBE. 28 février (?) 1683. 125

4. DU PERE LACOMBE À MADAME GUYON. 1683. 131


Echanges avec Mgr d’Aranthon d’Alex 133

36. DU P. LACOMBE À MGR D’ARANTHON D’ALEX. 3 juin 1685. 133

5. DU P. LACOMBE A MGR D’ARENTHON d’ALEX. 12 juin 1685. 134

6. DU PERE LACOMBE A D’ARENTHON d’ALEX. Juin 1685. 136

35 . DE JEAN D’ARENTHON D’ALEX A N. 29 Juin 1683. 138

II. ECRITS D’UN DIRECTEUR SPIRITUEL 141


UNE BREVE INSTRUCTION (1682 – 1687) 143

L’histoire du texte est résumée par Orcibal : 143

Nous reprenons le texte édité dans J.M.Guyon, Les Opuscules spirituels, Olms, 1978, pages 443 à 534 qui sont la reproduction anastatique de l’édition de 1720, suivant de peu le décès de madame Guyon (1647-1717). -- Autres sources: Lettre d’un serviteur de Dieu publiée séparément en 1754. Avis salutaires d’un serviteur de Dieu, etc. Pour les Maximes on peut tenir compte du ms de Lausanne TB 1136. Notre base informatisée est à la disposition des chercheurs. 143

Page de titre : 145

«Lettre d’un Serviteur de Dieu, contenant une brève instruction pour tendre sûrement à la Perfection chrétienne» 145

§ I. De la Conversion parfaite. 145

§ II. De la Donation du cœur à Dieu. 147

§ III. Excellence de cette donation. 150

§ IV. Deux règles principales de la vie spirituelle. I. Se soumettre à la volonté de Dieu. II. Faire oraison. 152

§V. Du sujet de l’oraison. 154

§ VI. Comment se doit faire l’oraison. 156

§ VII. Défauts à éviter dans l’oraison. 161

§ VIII. Aides à l’oraison. 163

§ IX. 1. Du recueillement. 163

§X. 2. De la présence de Dieu. 164

§XI. 3. De l’intention. 165

§ XII. 4. De l’attention. 167

§ XIII. 5. Des aspirations. 168

§ XIV. 6. De la fidélité. 169

§ XV. De la prière vocale. 171

§ XVI. De la prière du corps. 173

§ XVII. De l’amour de la volonté de Dieu. 175

§ XVIII. De la mortification. 178

§ XIX. De la lecture spirituelle. 182

§ XX. De l’usage du sacrement. 183

§ XXI. De la visite Jésus-Christ dans son sacrement. 184

§ XXII. De l’usage du crucifix. 185

§ XXIII. Maximes importantes, pour acquérir la perfection. 188

§ XXIV. Maximes particulières, envers Dieu. 189

§ XXV. Maximes particulières, envers le prochain. 191

§XXVI. Maximes particulières pour vous-mêmes. 192

Table des sections (omise). 196


MAXIMES SPIRITUELLES (– 1720) 197

[Maximes 1 à 20] 197

[Maximes 41 à 60] 203


PRÉFACE AU CANTIQUE DE MADAME GUYON (1683 – 1684) 207


ORATIONIS MENTALIS (1685) : DE L’ORAISON MENTALE traduit sous le titre VOIES DE LA VÉRITÉ (1795) 217

Voies de la Vérité à la Vie 219

Avis de l’éditeur au lecteur. 219

Invocation à Jésus enfant. 219

De l’oraison mentale. 221

I. Ce que c’est que l’oraison et ses trois espèces. 221

II. Cette division est légitime et fondée. 221

III. De la méditation. Qu’elle est bonne surtout pour les commençants. 222

IV. L’aspiration est préférable, surtout pour ceux qui ont fait des progrès. 222

V. La contemplation est la plus parfaite oraison. 224

VI. Toutes les autres choses doivent lui céder, comme les moyens à la fin. 225

VII. Aucune de ces espèces d’oraisons n’est à rejeter. 226

VIII. Il ne faut pas les employer indistinctement ni se tenir strictement à une espèce. 227

Neuf. Quelques conditions requises de la part de Dieu, et de la part de l’homme. 228

X. Qu’il faut suivre l’attrait de Dieu. 230

XI. Les signes de l’attrait pour la contemplation et ceux qu’il faut suivre. 231

XII. Il faut enfin écouter Dieu en silence. 233

XIII. Explication des divers noms qu’on donne à la contemplation. 234

XIV. Pourquoi on l’appelle Mystique, ou ténébreuse ou inconnue. 237

XV. De la contemplation active ou acquise, passive ou infuse; l’une et l’autre sensible ou insensible, réfléchie ou directe, aperçue ou inconnue; comment on les distingue. 240

XVI. Il y a une contemplation infuse et passive, et comment l’esprit peut y être disposé. 243

XVII. Combien Dieu est disposé à accorder cette contemplation, lorsqu’il trouve des cœurs purs, doux, simples et humbles. 245

XVIII. On prouve, par des autorités et des raisons, qu’il y a une contemplation acquise et active. 246

XIX. Continuation de la même matière. 249

XX. Il est plus facile de contempler que de méditer. 251

XXI. Cette espèce d’oraison est la meilleure pour tous, la mieux accommodée à la volonté divine et à l’état d’un chacun. 252

XXII. Précaution contre les censures injustes. 253

XXIII. Ce que l’on a dit jusqu’ici de l’oraison mentale, n’est ni une fiction, ni une nouveauté, mais la véritable et ancienne doctrine. 254

XXIV. Quelques traits remarquables sur l’une et l’autre contemplation, leurs caractères, leurs avantages. Que toutes ces choses sont fondées sur le renoncement à soi-même, sur la croix et sur l’amour. 255


III. VINGT-HUIT ANNÉES DE PRISON (1687 - 1715) 261


MADAME GUYON TÉMOIGNE DANS SA VIE PAR ELLE-MEME 263

3.3 ARRESTATION DU PÈRE LA COMBE 263

3.4 INFAMIE DU P. LA MOTHE 271

3.5 PREMIÈRE RÉCLUSION 275

3.7 LETTRES CONTREFAITES 277

3.8 COMMUNICATIONS ET MARTYRE 279

Témoignages provenant de la section « 4. Les prisons, récit autobiographique » dans notre édition de la Vie par elle-même. 283

4.3 LES PREUVES ABSENTES 283

4.5 LA FAUSSE LETTRE 287

Les interrogatoires continuent et nous livrons en entier les deux chapitre traduisant le « nadir » des épreuves -- toujours pour compenser le manque d’informations convernant directement Lacombe. 300

4.6 LA BASTILLE 300

4.7 L’ABIME 313


«Les années d’épreuves sous le Roi Très Chrétien» 329

La Combe et le procès des mœurs 329

1687 : Condamnation de Molinos et arrestation du P. La Combe 330

La séquence des pièces 332

Des lettres compromettantes 336

Première lettre du P. La Combe et du Sieur de Lasherous, 10 octobre 337

Deuxième lettre du P. La Combe et du Sieur de Lasherous, 11 novembre 338

Lettre du P. La Combe du 7 décembre, saisie tardivement 340

Lettre de Jeannette du 7 décembre (?) 342

Une enquête bien organisée 343

1er interrogatoire, fin 345

Second interrogatoire de Mme Guyon, le 19 janvier 1696 346

Résumé, suggestions et notes de La Reynie 355

Troisième interrogatoire de Mme Guyon, le 23 janvier 1696 359

Quatrième interrogatoire de Mme Guyon, le 26 janvier 1696 367

Lettre d’envoi 376

Cinquième interrogatoire de Mme Guyon, le 28 janvier 1696 379

Sixième interrogatoire de Mme Guyon, le 1er février 1696 388

Septième interrogatoire de Mme Guyon, le 1er avril 1696 396

Huitième interrogatoire de Mme Guyon, le 2 avril 1696 407

Vie, 4,5 : La fausse lettre de La Combe 414

Le procès des mœurs (revue de détail) 425

Lettre du cardinal Le Camus à l’évêque de Chartres 439


LETTRES DE PRISONS (1690 - 1695) 441

7. DU PÈRE LACOMBE AU GÉNÉRAL DES BARNABITES 1er février 1689. 442

8. DU PERE LACOMBE. 1690 (?) 447

9. DU PERE LACOMBE. 8 novembre 1690. 448

10. DU PERE LACOMBE. 28 janvier 1693. 449

11. AU PERE LACOMBE. 1693 (?) 454

12. DU PERE LACOMBE. 16 novembre 1693. 455

13. DU PERE LACOMBE Fin 1693. 458

14. DU PERE LACOMBE. 10 novembre 1694. 460

15. DU PERE LACOMBE A? Février 1695. 464

16. DU PERE LACOMBE 4 mars 1695. 465

17. DU PERE LACOMBE. Mai 1695. 466

18. DU PERE LACOMBE. 12 mai 1695. 469

19. DU PERE LACOMBE 25 mai 1695. 472

20. DU PERE LACOMBE. 3 juillet 1695. 475

21. DU PERE LACOMBE. 15 juillet 1695. 477

22. DU PERE LACOMBE 29 juillet 1695. 479

23. DU PERE LACOMBE 20 août 1695. 485

24. DU PERE LACOMBE Août? 1695. 489

25. DU PERE LACOMBE 5 septembre 1695. 491

26. DU PERE LACOMBE ET DU Sr DE LASHEROUS 496

27. DU PERE LACOMBE 20 octobre 1695. 499

28. DU PERE LACOMBE ET DU Sr DE LASHEROUS 11 novembre 1695. 502

[Lettre jointe de Lasherous :] 504

29. DU PÈRE LACOMBE ET DE JEANNETTE. 7 décembre 1695. 505

[De Jeannette :] 508

31. DU P. LA COMBE A L’ÉVÊQUE DE TARBES. 9 janvier 1698. 511


APOLOGIE du P. La Combe par lui-même 519

[Présentation par Charles Urbain] 519

Réponse à ce qui est dit du Père La Combe et d’une Dame dans la Vie de Mre Jean d’Aranton, évêque de Genève

Ire FAUSSETÉ 524

IIe FAUSSETÉ. 528

IIIe FAUSSETÉ. 529

Ve FAUSSETÉ 531

VIe FAUSSETÉ. 532

VIIe FAUSSETÉ. 532

VIIIe FAUSSETÉ. 533

IXe FAUSSETÉ. 534

Xe FAUSSETÉ. 534

XIIe FAUSSETÉ. 535

XIIIe FAUSSETÉ 535

XIVe FAUSSETÉ 537

XVe FAUSSETÉ 540

XVIe FAUSSETÉ. 541

XVIIe FAUSSETÉ. 541

XVIIIe FAUSSETÉ. -- 541

XIXe FAUSSETÉ. -- 542

XXe FAUSSETÉ. 542

XXIe FAUSSETÉ. 544

XXIIe FAUSSETÉ. 544

XXIIIe FAUSSETÉ. 545

XXIVe FAUSSETÉ. 545

XXVe FAUSSETÉ. 546

XXVIe FAUSSETÉ. 548

XXVIIe FAUSSETÉ. 549

XXVIIIe FAUSSETÉ. 551

XXIXe FAUSSETÉ. 553

XXXe FAUSSETÉ. 553

XXXIe FAUSSETÉ. 554

XXXIIe FAUSSETÉ. 555

XXXIIIe FAUSSETÉ. 556

XXXIVe FAUSSETÉ. 557

XXXVe FAUSSETÉ. 557

XXXVIe FAUSSETÉ. 558

Dernière trace 563


RAPPORT DE M. D’ARGENSON SUR LE PERE LACOMBE. 1715? 563

Madame Guyon se souvient 565

Lettre 406 . Au baron de Metternich. 565

Témoignages de Dupuy 567

32. De Dupuy au marquis de Fénelon. 8 février 1733. 567

33. De Dupuy au marquis de Fénelon. 4 mars 1733. 568


ETUDE [en cours] : 571

Choix orienté vers une lecture « spirituelle » 571


SOURCES ASSOCIEES 621

«La Combe» étudié par Jean Orcibal 623

1. Vie 623

1.1 Avant le procès. 623

1.2. Procès et prisons. 625

2. Œuvres. 627

3. Spiritualité. 629

Sources manuscrites. 632

Études. 633

Le P. Lacombe cité dans le « Supplément à la Vie de madame Guyon » 635

Un renseignement sur le sort du confesseur. 639

Un résumé (tendancieux) de la doctrine du P. Lacombe 641

Mère Bon (1636-1680) contemplative ursuline influente sur le P. Lacombe. 645

Vittorio Augustin Ripa (-1691) évêque ‘quiétiste’ 653







74.MARIE-ANNE DE MORTEMART (1665-1750) [bio & lettres][2016]

104. Mortemart 18 oct 16.docx



La « petite duchesse » en relation avec Madame Guyon, Fénelon et son neveu

Marie-Anne de Mortemart 1665-1750, La « Petite Duchesse » en relation avec Madame Guyon, Fénelon et son neveu, lulu.com, coll. « Chemins mystiques », 270 p. [Esquisse biographique, Lettres des deux directeurs : madame Guyon et Fénelon ; Lettres au marquis de Fénelon]

Une esquisse biographique

La « petite duchesse » Marie-anne de Mortemart (1665-1750), aide dévouée auprès de Madame Guyon  81 puis « secrétaire » et confidente appréciée 82, prit sa relève au sein du cercle des disciples lorsque cette dernière fut emprisonnée puis assignée à résidence à Blois. La cadette du « clan Colbert » avait un fort tempérament 83, ce qui semble avoir été prévisible et fut utile pour prendre sa juste place dans la grande famille Colbert 84. Ce tempérament lui fut par ailleurs reproché.

Après 1717, date du décès de la ‘Dame directrice’, la duchesse corrigée de défauts de (relative) jeunesse atteindra quatre-vingt-cinq ans et l’année centrale du demi-siècle des Lumières.

Elle aura ainsi peut-être 85 succédé à Madame Guyon et du moins partagé la direction des disciples lorsque « notre mère » disparut peu après la disparition prématurée de « notre père » Fénelon.

Nous explorons sa biographie dans ses grandes lignes dans ce premier texte courant en l’accompagnant d’amples notes. Celles très précieuses de l’éditeur I. Noye accompagnent et authentifie ce qui s’avère constituer la plus longue série de lettres rapportée en [CF 18] pour une même correspondante. De nature plus éditoriale que biographique elles ne sont pas toutes reprises dans le premier choix que l’on va lire, mais leurs attributions et leurs datations assurent la séquence du regroupement.

Pour notre chance ! Car l’attribution à la duchesse de Mortemart de lettres nettoyées des renseignements sur leur provenance de membres du cercle « quiétiste » afin de permettre l’édition sans risques de 1718 n’a été établie qu’assez tardivement 86 tandis que l’édition critique de la série de lettres spiritueles « LSP * » est récente 87  : la filiation mystique fut ainsi très -- trop, peut-être volontairement -- préservée.

Nous donnerons, après cette esquisse biographique et le premier choix annoncé, la série reconstituée complète des lettres dont seuls quelques passages seront omis au fil du texte principal.

Mais qui était cette « petite duchesse » ? Nous alternons ici Orcibal avec le duc de Saint-Simon, sans oublier en notes Boislisle, regroupant ainsi l’admirable écrivain observateur avec les deux plus grands érudits qui précédèrent le plus récent éditeur de lettres Irénée Noye :

« La ‘Petite Duchesse’ de Mortemart, fille du ministre Colbert et sœur cadette des dames de Chevreuse et de Beauvillier, épousa en 1679 Louis de Rochechouart88.

« Ce dernier, né en 1663, « donnait les plus grandes espérances (en 1686 il avait forcé les pirates de Tripoli à se soumettre), mais sa santé, minée par la phtisie, provoquait dès l'été 1687 de vives inquiétudes. » Il mourut jeune en 1688. En 1689 et en 1690, on voit souvent le nom de sa veuve dans les listes des invitées du Roi et du Dauphin 89. »

Cela peut avoir été facilité et facile pour une jeune veuve de vingt-trois ans dont Saint-Simon décrit un charme qu’il considère digne de « l’esprit Mortemart » 90. Le duc de Saint-Simon use ensuite de son piquant propre en rapportant une dévotion peu jusfifiée à ses yeux :

« La duchesse de Mortemart, fort jeune, assez piquante, fort au gré du monde, et qui l'aimait fort aussi, et de tout à la Cour, la quitta subitement de dépit des romancines91 de ses soeurs, et se jeta à Paris dans une solitude et dans une dévotion plus forte qu'elle, mais où pourtant elle persévéra. Le genre de dévotion de Mme Guyon l'éblouit, M. de Cambrai la charma. Elle trouva dans l'exemple de ses deux sages beaux-frères [les ducs] à se confirmer dans son goût, et dans sa liaison avec tout ce petit troupeau séparé, de saints amusements pour s'occuper…92

Nous relevons du même duc de Saint-Simon une note complémentaire du fil principal de ses Mémoires. Elle est bien informée sur l’origine et sur la permanence du « petit troupeau » après la mort de Louis XIV. Elle pose ensuite la duchesse comme « pilier femelle 93 » lorsque Mme Guyon, sortie de la Bastille, est en résidence surveillée à Blois. Nous indiquons les dates des figures car plusieurs établissent le réseau du « petit troupeau » mystique :

« Mme Guyon a trop fait de bruit, et par elle, et par ses trop illustres amis, et par le petit troupeau qu'elle s'est formé à part, qui dure encore, et qui, depuis la mort du Roi [en 1715], a repris vigueur, pour qu’il soit nécessaire de s’y étendre. Il suffira d'en dire un mot d’éclaircissement, qui ne se trouve ni dans sa vie ni dans celle de ses amis et ennemis, ni dans les ouvrages écrits pour et contre elle, où tout le reste se rencontre amplement.

« Elle ne fit que suivre les errements d'un prêtre nommé Bertaut [Jacques Bertot, 1620-1681], qui, bien des années avant elle [Jeanne Guyon, 1648-1717], faisoit des discours à l'abbaye de Montmartre, où se rassemblaient des disciples […] M. de Beauvillier [1648_1714] fut averti plus d'une fois que ces conventicules obscurs, qui se tenaient pour la plupart chez lui, étoient sus et déplaisaient ; mais sa droiture, qui ne cherchait que le bien pour le bien, et qui croyait le trouver là, ne s'en mit pas en peine. La duchesse de Béthune [1641 ?-1716], celle-là même qui allait à Montmartre avec M. de Noailles, y tenait la seconde place. Pour ce maréchal, il sentait trop d'où venait [415] le vent, et d'ailleurs il avait pris d'autres routes qui l'avaient affranchi de ce qui ne lui était pas utile. La duchesse de Mortemart [‘petite duchesse’], belle-soeur des deux ducs, qui, d'une vie très-répandue à la cour, s'était tout à coup jetée, à Paris, dans la dévotion la plus solitaire, devançait ses soeurs et ses beaux-frères de bien loin dans celle-ci, et y était, pour le moins, suivie de la jeune comtesse de Guiche, depuis maréchale de Gramont [‘la Colombe’, 1672-1748], fille de Noailles. Tels étaient les piliers mâles et femelles de cette école, quand la maîtresse [Guyon] fut éloignée d'eux et de Paris, avec une douleur, de leur part, qui ne fit que redoubler leur fascination pour elle…94. »

Par la suite,

« La duchesse vécut ensuite en liaison étroite avec ses beaux-frères, les ducs de Beauvillier et de Chevreuse. « Plusieurs lettres du P. Lami, bénédictin, nous apprennent que la duchesse faisait de fréquentes retraites au couvent de la Visitation de Saint-Denis, où l’une de ses filles avait fait profession95, et qu’elle y occupa même assez longtemps une cellule […] Elle y mourut le 13 février 1750 96».

« La duchesse de Mortemart étoit, après la duchesse de Béthune, la grande Ame du petit troupeau, et avec qui, uniquement pour cela, on avait forcé la duchesse [la comtesse] de Guiche, sa meilleure et plus ancienne amie, de rompre entièrement et tout d'un coup. La duchesse de Mortemart, franche, droite, retirée, ne gardait aucun ménagement sur son attachement pour M. de Cambrai. Elle allait à Cambrai, et y avait passé souvent plusieurs mois de suite. C'était donc une femme que Mme de Maintenon ne haïssoit guère moins que l'archevêque; ou ne le pouvait même ignorer97. »

Doit-on la considérer comme assurant suite dans la lignée mystique ?

Le successeur dans la filiation ?

Déjà dans une lettre de septembre 1697, Madame Guyon lui écrivait:

« …Cependant, lorsqu'elle veut être en silence avec vous, faites-le par petitesse et ne vous prévenez pas contre. Dieu pourrait accorder à votre petitesse ce qu'Il ne donnerait pas pour la personne. Lorsque Dieu s'est servi autrefois de moi pour ces sortes de choses, j'ai toujours cru qu'Il l'accordait à l'humilité et à la petitesse des autres plutôt qu’à moi… »

La petite duchesse pouvait donc transmettre la grâce dans un cœur à cœur silencieux.

Nous pensons que la « suppléante de Mme Guyon » lui a très probablement succédé : Fénelon meurt trop tôt. Elle intègre la « lignée » qui passe de sources franciscaines au sieur de la Forest ( ?) et au Père Chrysostome de Saint-Lô, à Jean de Bernières, à Jacques Bertot, à Jeanne Guyon.

Cette solide duchesse de Mortemart qui vécut longtemps (†1750) fut probablement secondée par les deux duchesses de Chevreuse (†1732) et de Beauvillier (†1733), par Du Puy († après 1737), par le marquis de Fénelon (†1745), par ‘la colombe’ qui désigne la duchesse de Gramont (†1748). Ensuite nous relevons des figures mystiques en Écosse dont 16th Forbes (†1761) & Deskford (†1764) ; ainsi qu’en Suisse, qu’en Hollande et dans l’Empire98.

Opinions de Fénelon et de Chevreuse

Nous avons quelques lettres à des tiers où Fénelon exprime son appréciation de la Petite Duchesse :

Au moment où le duc de Montfort leur fils des Chevreuse est grièvement blessé, Dieu « vous met sur la croix avec son Fils; je vous avoue que, malgré toute la tristesse que vous m'avez causée, j'ai senti une espèce de joie lorsque j'ai vu Mme la duchesse de Mortemart partir avec tant d'empressement et de bon naturel pour aller partager avec vous vos peines. » (L.168 à la duchesse du 7 avril 1691).

A la comtesse de Gramont : « Je suis ravi de ce que vous êtes touchée du progrès de Mad. de Mortemart (1); elle est véritablement bonne, et désire l'être de plus en plus. La vertu lui coûte autant qu'à un autre, et en cela elle est très propre à vous encourager. » (L.300 du 22 juin 1695)

A la comtesse de Montberon : « A mon retour, j'espère que nous aurons ici Mad. la d[uchesse] de Mortemart, qui viendra aux eaux. Je serai ravi que vous puissiez faire connaissance. Vous en serez bien contente, et bien édifiée. » (L. entre le 2 et le 6 juillet 1702)

Le duc de Chevreuse écrit à Fénelon :

« Je suis plus content que jamais de la B.P.D. [de Mortemart]. J'y trouve le même esprit de conduite qu'elle a reçu de vous, avec une simplicité et une lumière merveilleuse. Rien de ce qui devrait la toucher ou peiner ne semble aller à son fond. » (L.913A du 16 mai 1703).

Traits relevés par Saint-Simon

Nous trouvons dans les Mémoires de Saint-Simon deux passages qui éclairent la duchesse cadette à l’occasion de deux décisions importantes dont la première discutée. Elle les prit non sans relief et vigueur dont témoigne ces deux extraits que l’on va retrouver bintôt insérés dans leur contexte :

« La duchesse de Mortemart, fort jeune, assez piquante, fort au gré du monde, et qui l'aimait fort aussi, et de tout à la cour, la quitta subitement de dépit des romancines de ses soeurs, et se jeta à Paris dans une solitude et dans une dévotion plus forte qu'elle, mais où pourtant elle persévéra. »

« La duchesse de Mortemart, franche, droite, retirée, ne gardoit aucun ménagement sur son attachement pour M. de Cambrai. Elle alloit à Cambrai, et y avoit passé souvent plusieurs mois de suite. C'étoit donc une femme que Mme de Maintenon ne haïssoit guère moins que l'archevêque… »

Tome 4 ch.12 1703 pp. 213-214 La duchesse de Mortemart quitte la cour et marie un fils difficile…

M. de Beauvilliers qui avoit deux fils fort jeunes, et dont toutes les filles s'étaient faites religieuses à Montargis, excepté une seule, la maria tout à la fin de cette année au duc de Mortemart qui n'avoit ni les moeurs ni la conduite d'un homme à devenir son gendre. Il étoit fils de la soeur cadette des duchesses de Chevreuse et de Beauvilliers [notre « petite duchesse »]. Le désir d'éviter de mettre un étranger dans son intrinsèque entra pour beaucoup dans ce choix; mais une raison plus forte le détermina. La duchesse de Mortemart, fort jeune, assez piquante, fort au gré du monde, et qui l'aimait fort aussi, et de tout à la cour, la quitta subitement de dépit des romancines de ses soeurs, et se jeta à Paris dans une solitude et dans une dévotion plus forte qu'elle, mais où pourtant elle persévéra. Le genre de dévotion de Mme Guyon l'éblouit, M. de Cambrai la charma. Elle trouva dans l'exemple de ses deux sages beaux-frères à se confirmer dans son goût, et dans sa liaison avec tout ce petit troupeau séparé, de saints amusements pour s'occuper. Mais ce qu'elle y rencontra de plus solide fut le mariage de son fils. [oh, féroce Duc!] L'unisson des sentiments dans cet élixir à part d'une dévotion persécutée où elle figuroit sur le pied d'une grande âme, de ces âmes d'élite et de choix, imposa à l'archevêque de Cambrai, dont les conseils déterminèrent contre ce que toute la France voyoit, qui demeura surprise d'un choix si bizarre, et qui ne répondit que trop à ce que le public en prévit. Ce fut sous de tels auspices que des personnes qui ne perdoient jamais la présence de Dieu au milieu de la cour et des affaires, et qui par leurs biens et leur situation brillante avoient à choisir sur toute la France, prirent un gendre qui n'y croyoit point et qui se piqua toujours de le montrer, qui ne se contraignit, ni devant ni après, d'aucun de ses caprices ni de son obscurité, qui joua et but plus qu'il n'avoit et qu'il ne pouvoit , et qui s'étant avisé sur le tard d'un héroïsme de probité et de vertu , n'en prit que le fanatisme sans en avoir jamais eu la moindre veine en réalité. Ce fléau de sa famille et de soi-même se retrouvera ailleurs. […]

Tome 6 ch.8 1708 pp. 154, 162-166 Mariage de la fille Mortemart & aperçus sur sa mère et des membres du cercle guyonnien.

[…] Enfin les liens secrets qui attachoient ensemble Mme la duchesse de Bourgogne et les jeunes Noailles, ses dames du palais, répondoient de cette princesse pour le présent et pour le futur ; et par eux-mêmes auprès de Mgr le duc de Bourgogne ils étoient sûrs des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Ils y gagnoient encore la duchesse de Guiche, dont l'esprit, le manège et la conduite avoit tant de poids dans sa famille, chez Mme de Maintenon, et auprès du roi même, et qui imposoit tant à la cour et au monde. Je n'avois avec aucun des Noailles nulle sorte de liaison, sinon assez superficiellement avec la maréchale, qui ne m'en avoit jamais parlé. Mais je croyois voir tout là pour les Chamillart, et c'étoit ce qui m'engageoit y exhorter les filles, et ceux de leur plus intime famille qui pouvoient être consultés.

Le duc de Beauvilliers étoit ami intime de Chamillart. Il pouvoit beaucoup sur lui, mais non assez pour le ramener sur des choses qu'il estimoit capitales au bien de l'État. Il espéra vaincre cette opiniâtreté en se l'attachant de plus en plus par les liens d'une proche alliance. Je n'entreprendrai pas de justifier la justesse de la pensée, mais la pureté de l'intention, parce qu'elle m'a été parfaitement connue. Lui et la duchesse, sa femme, qui ne pensèrent jamais différemment l'un de l'autre, prirent donc le dessein de faire le mariage de la fille de la duchesse de Mortemart, qui n'avoit aucun bien, qui étoit auprès de sa mère et ne vouloit point être religieuse. Au premier mot qu'ils en touchèrent à la duchesse de Mortemart, elle bondit de colère, et sa fille y sentit tant d'aversion, que plus d'une année avant qu'il se fit, la marquise de Charost, fort initiée avec eux, lui ayant demandé sa protection en riant lorsqu'elle seroit dans la faveur, pour la sonder là-dessus: « Et moi la vôtre, lui répondit-elle, lorsque par quelque revers je serai redevenue bourgeoise de Paris. » M. et Mme de Chevreuse, quoique si intimement uns avec M. et Mme de Beauvilliers, car unis est trop peu dire, rejetèrent tellement cette idée qu'ils ne furent plus consultés. J'ai su d'eux-mêmes et de la duchesse de Mortemart, que, si sa fille l'eût voulu croire, jamais ce mariage ne se seroit fait.

De tout cela je compris que M. et Mme de Beauvilliers, résolus d'en venir à bout, gagnèrent enfin leur nièce, et que, sûrs de leur autorité sur Mme de Mortemart et sur le duc et la duchesse de Chevreuse, ils poussèrent leur pointe vers les Chamillart, qui, peu enclins aux Noailles, ne trouvant point ailleurs de quoi se satisfaire, saisirent avidement les suggestions qui leur furent faites. Une haute naissance avec des alliances si proches de gens si grandement établis flatta leur vanité. Un goût naturel d'union qu'ils voyoient si grande dans toute cette parenté les toucha fort aussi. Une raison secrète fut peut-être la plus puissante à déterminer Chamillart; en effet, elle étoit très-spécieuse à qui n'envisageoit point les contredits. Personne ne sentoit mieux que lui-même l'essentielle incompatibilité de ses deux charges et l'impossibilité de les conserver toutes deux. Il périssoit sous le faix, et avec lui toutes les affaires. Il ne vouloit ni ne pouvoit quitter celle de la guerre; mais, étant redevable du sommet de son élévation aux finances, il comprenoit mieux que personne qu'elles emporteroient avec elles toute la faveur et la confiance, et combien il lui importoit en les quittant de se faire [de son successeur] une 164 créature reconnoissante qui l'aidât, non un ennemi qui cherchât à le perdre, et qui en auroit bientôt tout le crédit. Le comble de la politique lui parut donc consister dans la justesse de ce choix, et il crut faire un chef-d'oeuvre en faisant tomber les finances sur un sujet de soi-même peu agréable au roi, et par là peu à portée de lui nuire de longtemps ; il se le lia encore par des chaînes si fortes, qu'il lui en ôta le vouloir et le pouvoir.

La personne de Desmarets lui parut faite exprès pour remplir toutes ces vues. Proscrit avec ignominie à la mort de Colbert son oncle, revenu à Paris à grande peine après vingt ans d'exil, suspect jusque par sa capacité et ses lumières, silence imposé sur lui à Pontchartrain, contrôleur général, qui n'obtint qu'à peine de s'en servir tacitement dans l'obscurité et comme sans aveu ni permission; la bouche fermée sur lui à tous ses parents en place qui l'aimoient ; poulié à force de bras et de besoins par Chamillart, mais par degrés, jusqu'à celui de directeur des finances , mal reçu même alors du roi, qui ne put s'accoutumer à lui tant qu'il fut dans cette place, redevable de tout à Chamillart, c'étoit bien l'homme tout tel que Chamillart pouvoit désirer. Restoit de l'enchaîner à lui par d'autres liens encore que ceux de la reconnoissance, si souvent trop foibles pour les hommes ; et c'est ce qu'opéroit le mariage de Mlle de Mortemart, qui rendroit encore les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers témoins et modérateurs de la conduite de Desmarets si proche de tous les trois , et si étroitement uni et attaché aux deux ducs. Tant de vues si sages et si difficiles à concilier, remplies avec tant de justesse, parurent à Chamillart un coup de maître ; mais il en falloit peser les contredits et comparer le tout ensemble.

Il ne tint pas à moi de les faire tous sentir, et je prévis aisément, par la connoissance de la cour et des personnages, le mécompte du duc de Beauvilliers et de Chamillart. Celui-ci étoit trop prévenu de soi, trop plein de ses lumières, trop attaché à son sens, trop confiant pour être capable de prendre en rien les impressions d'autrui. Je ne crus donc pas un moment que l'alliance acquit sur lui au duc de Beauvilliers le plus petit grain de déférence ni d'autorité nouvelle; je ne crus pas un instant que Mme de Maintenon, indépendamment même de son désir pour les Noailles, pût jamais s'accommoder de ce mariage. Sa haine pour M. de Cambrai étoit aussi vive que dans le fort de son affaire. Son esprit et ses appuis le faisoient tellement redouter à ceux qui l'avoient renversé, et qui possédoient Mme de Maintenon tout entière, que, dans la frayeur d'un retour, ils tenoient sans cesse sa haine en haleine. Maulevrier, aumônier du roi, perdu pour son commerce avec lui, avoit eu besoin des longs efforts du P. de La Chaise, son ami intime, pour obtenir une audience du roi, afin de s'en justifier, il n'y avoit que peu de jours. La duchesse de Mortemart étoit, après la duchesse de Béthune, la grande Ûme du petit troupeau, et avec qui, uniquement pour cela, on avoit forcé la duchesse de Guiche, sa meilleure et plus ancienne amie, de rompre entièrement et tout d'un coup. La duchesse de Mortemart, franche, droite, retirée, ne gardoit aucun ménagement sur son attachement pour M. de Cambrai. Elle alloit à Cambrai, et y avoit passé souvent plusieurs mois de suite. C'étoit donc une femme que Mme de Maintenon ne haïssoit guère moins que l'archevêque; ou ne le pouvoit même ignorer.

J'étois de plus effrayé du dépit certain qu'elle concevroit de voir Chamillart, sa créature et son favori , lui déserter pour ainsi dire, et passer du côté de ses ennemis, comme il lui échappoit quelquefois de les appeler, je veux dire, dans la famille des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers, qu'elle 166 rugissait encore en secret de n'avoir pu réussir à perdre. Je n'étois pas moins alarmé sur son intérêt que sur son goût. Elle en avoit un puissant d'avoir un des ministres au moins dans son entière dépendance, et sur le dévouement sans réserve duquel elle pût s'assurer. On voit comme elle étoit avec les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Elle n'aimoit guère mieux Torcy, et par lui-même et comme leur cousin germain, qui s'étoit toujours dextrement soustrait à sa dépendance, et ne s'en maintenoit pas moins bien avec le roi. Elle étoit tellement mal avec le chancelier dès le temps qu'il avoit les finances, qu'elle contribua, pour s'en défaire dans cette place, à lui faire donner les sceaux; et depuis qu'il les eut, ses démêlés avec M. de Chartres, et par lui avec les évêques pour leurs impressions et leurs prétentions à cet égard, avoient de plus en plus aigri Mme de Maintenon contre lui. […]



Lettres des deux directeurs

Ce qui nous permet de mieux connaître la « petite duchesse » chère à madame Guyon se réduit presque aux nombreuses lettres que « n m » et « n p »  lui adressèrent. Car elle eut la chance d’être « formée mystiquement » conjointement par madame Guyon et par Fénelon.

Madame Guyon lui écrivit de juin 1695 à mai 1698 : lorsqu’il faut protéger le duc de Chevreuse, tout passe par la « petite duchesse » qui devint la « secrétaire » bientôt chère confidente. Ce qui nous surprend le plus c’est que le flux de lettres ne fut pas interrompu par l’arrestation de Mme Guyon à la fin décembre 1695. Cette abondante correspondance couvre la plus grande partie du présent dossier. Il ne concerne qu’incidemment ce qui est personnel à la petite duchesse99.

Fénelon lui écrivit avant et après cette période critique, et même très tardivement. Ne nous sont parvenues de lui que 28 lettres mais elles portent sur la longue durée : les premières seraient de 1693, la dernière est datée de la fin juillet 1711 (totuefois la majorité de cette correspondance est non datée tandis que le nom de la destinataire fut longtemps inconnu).

Enfin dans la correspondance de madame Guyon dont les pièces autographes ou copies furent assemblées et reliées en volumes par I. Noye, le grand connaisseur et ami des membres de cercles quiétistes auquel nous devons d’avoir souvent levé l’identité de la destinataire de Fénelon, figurent d’assez nombreuses lettres échangée entre les Amis membres des cercles de Blois et de Cambrai, dont une série de 16 lettres de la large écriture très particulière à la « petite duchesse ». Elle écrit au marquis de Fénelon depuis sa blessure de 1711 mais avant la mort de Fénelon qui survint en janvier 1715.

Les lettres adressées à la petite duchesse de Mortemart furent jusqu’aujourd’hui négligées : il fallait attendre que I. Noye en rétablisse le plus grand nombre dans le volume [CF 18] et la révèle comme destinataire par de solides présomptions. Ce dernier volume de la Correspondance de Fénelon n’a été publié en 2007. Malgré un titre bien peu porteur 100, il permet enfin de révéler Fénelon comme essentiellement mystique et conforte l’attribution d’un rôle directeur à la « petite duchesse ».



Annexe. Liste chronologique de membres ou de sympathisants de la Voie : une équipe ?

Les figures très importantes sont en gras et importantes figurent en italiques.

1712 Charles-Honoré de Chevreuse 1656-1712

1714 Paul de Beauvillier 1648-1714

1715 François Lacombe 1640-1715

1715 François de Fénelon 1652-1715

1716 Duch.de Béthune-Charost [née Marie Fouquet] 1641?-1716

1717 Madame Guyon (1648-1717)

1719 Pierre Poiret (1646-1719)

1726 Le Dr. James Keith (-1726)

1726 James Garden (1645-1726)

1731 Wolf von Metternich (-1731).

1732 Duch.de Chevreuse, -1732 [née Colbert]

1733 Georges Garden (1649-1733).

1733 Duch.de Beauvillier 1655-1733 [née Colbert]

1737+Isaac Dupuy >1737

1740 Pétronille d’Echweiler (1682-1740)

1743 Le « chevalier » Ramsay (1686-1743)

1746 Marquis de Fénelon 1688-1746

1748 Marie-Christine de Noailles, duch.de Gramont ‘la colombe’ 1672-1748

1750 Marie-Anne de Mortemart -1750 [née Colbert]

1752 Jean-François Monod (1674-1752)

1761 James 16th Lord Forbes 1689-1761

1764 Lord Deskford 1690-1764

1764 James Ogilvie, Lord Deskford (1690-1764).

1769 Gerhard Tersteegen (1697-1769)

1774 Frédéric de Fleischbein (1700-1774)

1774 Klinckowström (apr.1700?-1774), gentilhomme danois.

1793 Jean-Philippe Dutoit-Membrini (1721-1793)



1710+ 7

1720+ 2

1730+ 5

1740+ 4

1750+ 2

1760+ 4

1770+ 2

1780+

1790+ 1

1800+

27 figures au total dont nous considérons 26 de 1710 à 1780 soit une densité 3.7 proche de 4 figure / décennie

Discussion

Selon Saint-Simon, « la duchesse de Mortemart [‘la petite duchesse’], belle-soeur des deux ducs, qui, d'une vie très-répandue à la cour, s'était tout à coup jetée, à Paris, dans la dévotion la plus solitaire, devançait ses soeurs et ses beaux-frères de bien loin dans celle-ci, et y était, pour le moins, suivie de la jeune comtesse de Guiche, depuis maréchale de Gramont [‘la Colombe’, 1672-1748], fille de Noailles. »

D’où une hésitation entre Mortemart et « la Colombe » car le nom de la seconde figure circule aussi auprès de disciples écossais : nous relevons in Henderson, Mystics of the Nort-East, lettre XLVIII from Dr. James Keith to lord Deskford, London, nov?. 15th, 1758, la note 11 de son éditeur : « Cf. Cherel, Fénelon au XVIIIe siècle en France, p. 163, quoting a letter which says " priez pour moi, et obtenez les prières des personnes les plus intérieures de votre connaissance, surtout celles de Madame de Guiche." It is pointed out that the Maréchale de Grammont " avait succedé à Mme Guion dans l'état apostolique," her letters to pious correspondents are mentioned, and a letter from her is transcribed. This is the same person : le duc de Guiche took the title duc de Gramont in 1720 on the death of his father. He was maréchal de France. V. Biographie universelle, xxi, pp. 626 f. » (fin de la note d’Henderson).

Il faut aussi tenir compte d’apports « parallèles » des deux duchesses veuves de Chevreuse et de Beauvillier, sans oublier le fidèle Dupuy ni le marquis de Fénelon

On a affaire à une « équipe » : Mortemart, « la Colombe », les deux veuves des Ducs, Dupuy et le marquis de Fénelon… Sans qu’une de ces cinq figures ne s’impose exclusivement.



Table

UNE ESQUISSE BIOGRAPHIQUE 5

Esquisse 5

Le successeur dans la filiation ? 9

Opinions de Fénelon et de Chevreuse 10

Traits relevés par Saint-Simon 11

Tome 4 ch.12 1703 pp. 213-214 La duchesse de Mortemart quitte la cour et marie un fils difficile… 11

Tome 6 ch.8 1708 pp. 154, 162-166 Mariage de la fille Mortemart & aperçus sur sa mère et des membres du cercle guyonnien. 12


LETTRES DES DEUX DIRECTEURS 17


DE MADAME GUYON 19

A LA « PETITE DUCHESSE » [DE MORTEMART]. Juin 1695. 21

290. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1695. 22

291. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1695. 23

292. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1695. 24

298. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1695. 24

316. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1695. 25

320. A LA PETITE DUCHESSE. Peu après le 6 août 1695. 26

321. A LA PETITE DUCHESSE. Avant le 15 Août 1695. 26

322. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1695. 27

323. A LA PETITE DUCHESSE. Avant le 20 Août 1695. 29

324. A LA PETITE DUCHESSE. Avant le 20 Août 1695. 30

325. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1695. 31

326. A LA PETITE DUCHESSE. Peu après le 16 Août 1695. 32

327. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1695. 32

338. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1695. 33

340. A LA PETITE DUCHESSE. Début septembre 1695. 34

341. A LA PETITE DUCHESSE. Début septembre 1695. 35

342. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1695. 35

343. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1695. 36

344. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1695. 37

345. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1695. 38

353. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1695. 38

354. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1695. 39

355. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1695. 40

359. A LA PETITE DUCHESSE. 27 novembre 1695. 40

362. A LA PETITE DUCHESSE (?) Décembre 1695. 45

377. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1696. 45

378. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1696. 47

381. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1696. 48

384. A LA PETITE DUCHESSE. Janvier 1697. 49

385. A LA PETITE DUCHESSE. Février 1697. 51

386. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1697. 53

387. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1697. 55

388. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1697. 57

389. A LA DUCHESSE DE BEAUVILLIER. Mars 1697. 61

390. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1697. 64

391. A LA PETITE DUCHESSE. Avril 1697. 66

392. A LA PETITE DUCHESSE. Avril 1697. 68

393. A LA PETITE DUCHESSE. Avril 1697. 70

394. A LA PETITE DUCHESSE. Avril 1697. 72

395. A LA PETITE DUCHESSE. 18 avril 1697. 73

397. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 76

398. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 79

399. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 80

400. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 82

401. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 84

402. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 86

403. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1697. 89

404. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 90

405. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 95

406. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 97

407. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 98

408. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 99

409. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 101

410. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 103

411. A LA PETITE DUCHESSE. Juin 1697. 105

412. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 107

413. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 110

414. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 113

415. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 116

416. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 118

417. A LA PETITE DUCHESSE. Juillet 1697. 121

419. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 123

420. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 124

422. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 126

423. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 127

424. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 128

425. A LA PETITE DUCHESSE. Peu après le 15 Août 1697. 129

426. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 130

427. A LA PETITE DUCHESSE. Août 1697. 132

428. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697 134

429. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 136

430. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 137

431. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 138

432. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 140

433. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 141

434. A LA PETITE DUCHESSE. Septembre 1697. 142

435. A LA PETITE DUCHESSE. 28 Septembre 1697. 143

436. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1697. 144

437. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1697. 145

438. A LA PETITE DUCHESSE. Octobre 1697. 146

439. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1697. 148

440. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1697. 151

441. A LA PETITE DUCHESSE. Novembre 1697. 154

442. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 156

443. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 157

444. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 159

445. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 159

446. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 160

447. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 162

448. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 163

449. A LA PETITE DUCHESSE. Décembre 1697. 164

452. A LA PETITE DUCHESSE. Janvier 1698. 165

453. A LA PETITE DUCHESSE. Janvier 1698. 166

454. A LA PETITE DUCHESSE. Janvier 1698. 167

455. A LA PETITE DUCHESSE. 168

456. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1698. 168

457. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1698. 171

458. A LA PETITE DUCHESSE. Mars 1698. 171

459. A M. TRONSON. Mars 1698. 172

460. A LA PETITE DUCHESSE (?) Avril 1698. 173

461. A LA PETITE DUCHESSE. Avril 1698. 174

462. A LA PETITE DUCHESSE. 3 mai 1698. 177

463. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1698. 179

464. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1698. 180

465. A LA PETITE DUCHESSE. Mai 1698. 181

352. [DE Mme Guyon] Au marquis de Fénelon. Septembre 1716 ? 183


DE FENELON 187

Choix de citations extrait de la série complète des lettres 187

Série complète des lettres 195

LSP 126.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART juin 1693 ? 195

LSP 135.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 198

LSP 136*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 199

LSP 130.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [1693?] 200

LSP 131*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [1693 ?] 202

LSP 129.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART [?] [1695 ?] 203

LSP 137.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 204

LSP 150.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 204

LSP 164.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 205

LSP 165* A LA DUCHESSE DE MORTEMART 206

LSP 166.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART. Après juin 1708. 206

LSP 167.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 208

LSP 189.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 209

LSP 190.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 209

LSP 191.* A LA DUCHESSE DE MORTEMART ( ?) 211

LSP 192.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 211

LSP 193.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART 213

LSP 198.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 215

LSP 203.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART. [1711 ?] 216

LSP 205 Au DUC DE MORTEMART (?) 218

LSP 218.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 218

LSP 219.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 220

LSP 490.*A LA DUCHESSE DE MORTEMART (?) 221

1121. À LA DUCHESSE DE MORTEMART A Cambray, 9 janvier 1707. 223

1231. À LA DUCHESSE DE MORTEMART A C[ambrai] 22 août 1708. 225

1408. À LA DUCHESSE DE MORTEMART 228

1442. À LA DUCHESSE DE MORTEMART. À C[ambrai] 1 février 1711. 234

1479. À LA DUCHESSE DE MORTEMART. À Cambray, 27 juillet 1711. 235


LETTRES DE MORTEMART AU MARQUIS DE FENELON 239

Lettre 1, pièce 7472. Comme j'étais encore à Saint-Denis quand le carrosse de notre archevêque est reparti … 241

L. 2, p. 7473 de Paris ce 13e janvier. Je suis en pleine de vous n'ayant point reçu de vos nouvelles… 242

L. 3 p. 7474 de Paris ce 31e janvier. J'entrerais de tout cœur dans vos raisons mon cher m pour rester auprès de Panta sans la nécessité que nous voyons ici… 243

L.4 p. 7475 de Paris ce 28e janvier, N'ayez donc plus d'inquiétude ni de peine mon cher marquis de l'effet que m'a fait votre première lettre… 244

L.5 p.7476 le 8 juillet. J'ai reçu votre lettre m c f du bas des montagnes… 245

L.6 p.7477. Comment vous trouvez-vous de vos bains mon cher marquis 246

L.7 p.7478 de Paris ce 22e février. Si les occasions ne m'avaient pas manqué mon cher marquis… 247

L.8 p.7479 de Vaucresson ce 22e avril. Je vous assure mon cher marquis que je ressens fort et avec peine la circonstance où je me trouve d'être éloigné de Paris pendant le petit séjour que vous y faites… 248

L.9 p.7480 de Saint-Denis ce 16e avril. Continuez mon cher marquis à me donner de vos nouvelles… 249

L.10 p.7481 De Saint-Denis ce 29e avril, Je suis inquiète mon cher marquis des suites de la brûlure… 249

L.11 p.7482 De Paris ce 26e janvier, En quel état sont les affaires de notre cher Panta… 250

L.12 p.7483 De Paris ce 24e janvier, Je suis bien peinée mon cher m d'avoir si mal entendue votre première lettre… 251

L.13 p.7484 De Saint-Denis ce 27e avril, Ce n'est point pour vous faire des reproches mon cher marquis, mais je vous dirai qu'il y a longtemps que je n'ai su quelques détails de votre plaie… 252

L.14 p.7485 De Paris ce 21e janvier, Je suis bien fâché mon cher m de vous avoir privé pendant quelques jours de la consolation de la lettre de n m 253

L.15 p.7486 De Paris ce 18e janvier, J'oubliais de mettre dans ma dernière lettre celle que je devais vous envoyer de n m 254

L.16 p.7487 De Paris ce septième janvier, Continuez à m'entretenir en droiture… 255

L.17 p.7488 Le cinq de mai, Je ne saurais laisser partir le chevalier m d f sans vous faire souvenir de moi… 255

Lettre p.7489 (autre rédactrice) Si la part que j'ai prise Monsieur à ce que vous avez souffert avait pu adoucir vos peines… 256

Annexes 259

Annexe. Liste chronologique de membres ou de sympathisants de la Voie : une équipe ? 259

Discussion 260

Annexe. Les enfants Colbert 261

Annexe. Les enfants Mortemart 263

Table des matières 265



75.SAINT-SIMON [concernant Fénelon, Madame Guyon et leurs proches]

105. Saint-Simon-révisé formaté antidoté.docx



Mémoires de Saint-Simon concernant Fénelon, Madame Guyon et leurs proches, dossier assemblé par D. Tronc, lulu.com, coll. « Chemins mystiques », 363 p. [Extraits des tome 1 à 13 des Mémoires concernant Mme Guyon, Fénelon, Chevreuse & Beauvilliers, le Dauphin & la Dauphine, Mme de Maintenon.]

Ce dossier…

Ce dossier contient les principaux extraits des Mémoires du duc de Saint-Simon relatifs aux membres des cercles animés par Madame Guyon et par Fénelon. Il donne des précisions biographiques et historiques portant sur les membres des cercles de la quiétude. Tel savoureux paragraphe sorti de la plume du duc de Saint-Simon réveillera l’attrait du lecteur sur une figure mineure.

Les Mémoires sont un admirable témoignage de la vie de Cour de la dernière décennie du Grand siècle aux trois premières du siècle des Lumières. En outre, malgré la relative jeunesse de leur auteur à l’époque de la « querelle », ils nous apparaissent bien informés et à nos yeux équilibrés : Saint-Simon était l’ami des ducs. Probablement l’intelligence la mieux située pour évoquer les longs parcours des ami(e)s de la quiétude.

Notre relevé fut établi sur l’édition Chéruel dont nous reprenons les chapitres et leurs paginations dans sa réédition récente. S’y ajoutent quelques « Additions au Journal de Dangeau » reprises de l’édition Boislisle 101 et certaines de ses notes choisies dans cette édition « définitive ». On les retrouvera facilement sur un fichier *.docx, comme attachées aux premières occurrences de noms propres (Guyon, Fénelon, Dupuy,…) ou de thèmes (quiétiste,…). Il n’a heureusement pas été nécessaire de recourir à l’édition « définitive » en 42 volumes pour accéder au plein texte de Saint-Simon, car l’édition dirigée par Chéruel 102 s’avère exacte (mais les notes ainsi que les additions propres à Boislisle restent incontournables).

Table

Ce dossier… 5

Tome 1 11

ch. 8 1694 117-127 mariage de Saint-Simon ? Avec une Beauvillier 11

ch.17 1695 283-295 Mme Guyon – Fénelon 24

ch.18 1696 299, 308-312 Mme Guyon arrêtée 40

ch.19 1696 312, 320-321 Mme de Miramion 44

ch.25 1696 392, 406 « tour unique » Mortemart 45

ch.26 1697 408-411 La Reynie 46

ch.27 1697 422-439 Lacombe Chevreuse Beauvilliers Fénelon… 47

Tome 2. 68

ch.8 1698 120-134 Fénelon Maintenon disgrâces Guyon La Reynie Béthune 68

ch.11 1698 167, 176 Seurre Fénelon Bossuet 83

ch.17 1699 263-269, 284 maximes Beauvilliers Fénelon, Grammont 83

ch.18 1699 285-286, 300 Fénelon, La Reynie 89

Tome 3. 91

ch.3 1700 33-37, 43 Beauvillier en Espagne, id. 91

ch.17 1701 328, 339 Maintenon hait Chevreuse & Mme de Beauvilliers 95

tome 4 95

ch.5 1703 102, 110 l'illustre béate sort de la Bastille 95

ch.12 1703 213-214 duchesse de Mortemart quitte la cour 96

ch.17 1704 324-327 Montfort tué 97

ch.18 1704 345, 368 duchesse de Guiche 99

tome 5 100

tome 6 100

ch.8 1708 154, 162-166 mariage fille Mortemart ? 100

ch.9 1708 183-187 Chevreuse ministre d’État 104

ch.11 1708 220-232 avec Beauvilliers sur le duc de Bourgogne 108

ch.12 1708 241, 256 comtesse de Grammont 120

ch.14 1708 277, 285-286 entrevue duc de Bourgogne à Cambrai 121

ch.19 1708 369, 375-394 campagne du duc de Bourgogne 122

ch.20 1708 394, 402-406 ibid. 141

ch.21 1708 415, 425 Mme de Noailles 146

Tome 7. 148

ch.1 1708 1, 5-6 faute de campagne du duc de Bourgogne 148

ch.7 1709 98-108 projet politique Chevreuse Beauvilliers 150

ch.8 1709 121-123 hiver terrible 161

ch.12 1709 196, 200-203, 209 intime à Dampierre, La Reynie 163

ch.13 1709 212, 222, 227 Grammont vilaine, Loire déborde 166

ch.15 1709 245-247 Beauvilliers en mission délicate disgrâce Chamillart 168

ch.17 1709 279-299 Saint-Simon Beauvilliers Chevreuse Marly 170

ch.23 1709 396, 401-402 Godet bon 188

Tome 8. 191

Tome 9. 191

ch.12 1711 268, 287-307 Fénelon coquet, après la mort de Monseigneur, retenue 191

ch.14 1711 331-359 brillante situation Beauvilliers, Saint-Simon sur Port-Royal 213

ch.15 1711 359, 366, 378 le Dauphin juste, éclairé…, Beauvilliers avec lui 239

Tome 10. 243

ch.4 1712 78-81, 93-115 la Dauphine meurt, le Dauphin meurt, son éloge 243

ch.5 1712 116 271

ch.6 1712 134, 139-140 la Dauphine empoisonnée, le Dauphin de même 272

ch.10 1712 225, 237-242 Beauvilliers tance Chevreuse qui raisonne de travers 276

Tome 11. 282

ch.11 1714 173, 185-213 tombeau Beauvilliers 282

ch.12 1714 194-213 ibid 292

ch.22 1715 434-447 tombeau Fénelon 311

tome 12 321

tome 13 321

ch.2 1715 17-22, 30 Maintenon 321

ch.3 1715 32-42 Maintenon 329

Extraits de la Table analytique du tome 20 et dernier des Mémoires 340

fin 363





76.ÉCOLES DU CŒUR AU SIÈCLE DES LUMIÈRES Disciples de madame Guyon & Influences [2016]

Mme Guyon I

106. Ecoles.Lumières-avril2016.docx [et] .pdf



D. Tronc, Ecoles du Cœur au siècle des Lumières, Disciples de madame Guyon & Influences, coll. « Chemins mystiques », lulu.com, 260 p. [Présentation, Filiations de la quiétude : Française, Ecossaise, Hollandaise, Suisse et germanique, & Influences en terres catholiques, en terres protestantes, Echos au XIXe siècle, Reconnaissance au XXe siècle, Synthèse.]


PRÉSENTATION

FILIATIONS DE LA QUIÉTUDE

FILIATION FRANÇAISE

FILIATION ÉCOSSAISE

FILIATION HOLLANDAISE

LES FILIATIONS SUISSE ET GERMANIQUE

INFLUENCES

INFLUENCES EN TERRES CATHOLIQUES

INFLUENCES EN TERRES PROTESTANTES

ÉCHOS AU XIXe SIÈCLE

RECONNAISSANCE AU XXe SIÈCLE

SYNTHÈSE



Table

ÉCOLES DU CŒUR AU SIÈCLE DES LUMIÈRES 3

Disciples de madame Guyon & Influences 3

TABLE 7


LES ORIGINES 11


LES FILIATIONS DE LA QUIÉTUDE 15

Des Filiations européennes 17


LA FILIATION EN FRANCE 21

Familles des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers 21

Isaac Dupuy 27

Homme de confiance 28

Deux précieux manuscrits 31

Relation du différent entre Bossuet et Fénelon 32

Le marquis de Fénelon (1688-1745). 43

Lettres de direction à un jeune mousquetaire (extraits) 46

La « petite duchesse » de Mortemart (1665-1740) 59

Une esquisse biographique 59

L’opinion de Fénelon et d’un proche 64

Choix de citations extrait des lettres écrites par Fénelon 65

Trois filiations de « trans » en terres protestantes 75

La circulation des pèlerins 75


LA FILIATION ÉCOSSAISE 77

Une tradition mystique, une histoire mouvementée. 77

Henry Scougal (1650-1678) 81

Le groupe guyonien 85

Le Dr. James Keith (-1726) 87

Le Dr. Georges Cheynes. 91

James Garden (1645-1726) et son frère Georges (1649-1733). 93

Le « chevalier » Ramsay (1686-1743) 97

La grande famille des Lords Forbes. 101

James Ogilvie, Lord Deskford (1690-1764). 103


LA FILIATION HOLLANDAISE 105

Pierre Poiret (1646-1719) 107

Wolf von Metternich (-1731). 113

Gerhard Tersteegen (1697-1769) 117


LES FILIATIONS SUISSE ET GERMANIQUE 119

Une brève visite de madame Guyon à Lausanne. 121

Pétronille d’Echweiler (1682-1740) 123

Jean-François Monod (1674-1752) 125

Frédéric de Fleischbein (1700-1774) 127

[Ajout Chavannes à revoir] 127

Klinckowström (apr.1700?-1774), gentilhomme danois. 165

Jean-Philippe Dutoit-Membrini (1721-1793) 169

Lettres spirituelles 176

De l’origine, des usages, des abus, des quantités et des mélanges de la raison et de la foi. (Extraits). 178

Inventaire et verbal de la saisie des livres et écrits de monsieur Dutoit. 179

Daniel Pétillet (1758-1841). 183

Charles de Langalerie (1751-1835) et la fin d’une lignée. 185

Le témoignage de Benjamin Constant (1767-1830). 187


LES INFLUENCES 193

INFLUENCES EN TERRES CATHOLIQUES 195

François-Claude Milley (1668-1720), messager de la voie d’abandon. 197

Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), et son très guyonien Abandon à la providence divine. 201

Manière courte et facile pour faire oraison en foi 205


INFLUENCES EN TERRES PROTESTANTES 215

Piétistes 217

Quakers. Robert Barclay1648-1690). 219

William Law (1686-1761). 225

John Wesley (1703-1792). 227

Karl Philipp Moritz (1756-1793). 233

ÉCHOS AU XIXe SIÈCLE 235

Pierre de Clorivière (1735-1820). 237

Maine de Biran (1766-1824). 239

Kierkegaard (1813-1855). 241

Arthur Schopenhauer (-1860). 241

Dora Greenwell (1821-1882). 241


RECONNAISSANCE AU XXe SIÈCLE 243

Vital Lehodey (1857-1948). 243

Henri Bremond (1865-1933). 243

Henri Bergson (1895-1941). 244

Jean Baruzi. 245

Louis Cognet 251

Madame Gondal 251

En conclusion de l’école du cœur. 253

Index 256

Les origines

Contrairement à l’appellation d’inventeurs malicieux de la fin du XVIIe siècle qui traitaient de ‘nouveaux mystiques’ les membres quiétistes de l’École du Cœur, leur filiation prend racine au sein d’une tradition franciscaine vénérable 103.

Le P. Jean-Chrysostome de Saint-Lô de son Tiers Ordre Régulier anime un courant mystique qui prend place au sein de l’Ermitage fondé par son dirigé monsieur de Bernières au début du siècle en Normandie à Caen104. Il s’étendra en Nouvelle-France à Québec105. Une autre dirigée d’origine lorraine, Mectilde-Catherine de Bar fonde et anime les bénédictines du Saint-Sacrement qui s’étendront jusqu’en Pologne. Un troisième courant prend place au cœur du Royaume dans puis autour du couvent de Montmartre pour s’élargir en cercles mystiques animés par madame Guyon et Fénelon.

Il s’agit d’un courant intérieur fort et abondant qui donne naissance à un “delta mystique”. Nous le représentons page suivante par un schéma de Réseaux des Amis des Ermitages et filiation spirituelles. Il conduit à un Cercle de la Quiétude animé par Madame Guyon à Blois sur lequel nous avons des informations écrites et par Fénelon devenu archevêque de Cambrai resté très discret.

Ces Réseaux précèdent les Filiations européennes dont nous allons tenter de restituer la vie intérieure en les regroupant pour la première fois, à partir d’études publiées mettant en valeur certaines figures spirituelles (figures écossaises, Poiret, Dutoit…) et de manuscrits (lettres de Fleischbein à Klinkowström…).

La page de droite résume pour le Grand Siècle une histoire de liberté qui relie religieux et laïcs dans une tradition commune et propre aux Tiers ordres franciscains. Elle se prolongera en terres catholiques et protestantes au siècle des Lumières.

Le schéma récapitule ce qui précéda le « Cercle de la Quiétude » animé par Madame Guyon et Fénelon. Il est le pendant de filiations européennes (tableau de la figure suivante). Les réseaux des Amis de deux Ermitages - l’un situé à Caen, l’autre à Québec – ainsi que d’un Cercle de la Quiétude et de bénédictines, présentent des figures fondatrices autour desquelles s’assemblèrent de nombreux spirituels en « Écoles du Cœur ».

Trois branches d’un « delta spirituel » se formèrent à partir de l’Ermitage animé par Jean de Bernières sous la direction de « notre bon père Chrysostome ». En Nouvelle France, animée par Mgr de Laval ; dans le Cercle de la Quiétude créé par Monsieur Bertot pour être repris par Madame Guyon et par Fénelon ; chez les Bénédictines du Saint-Sacrement, ordre contemplatif fondé par Mère Mectilde toujours vivant de nos jours.

Les filiations de la quiétude

Elles couvriront plusieurs pays d’Europe à partir du cercle créé à Paris par monsieur Bertot puis animé par madame Guyon. La “Dame Directrice” reprend l’esprit et des membres du cercle spirituel constitué autour du monastère des bénédictines de Montmartre par leur confesseur et poursuit sa tâche: elle s’inscrit au milieu d’une filiation qui s’étend sur au moins deux siècles.

À la fin du Grand siècle, on connaît bien les événements publics de la ‘querelle’ 106 et l’on possède des témoignages d’épreuves surmontées par l’animatrice du cercle quiétiste 107

Au Siècle des Lumières, son rayonnement se poursuit à Blois auprès de disciples ‘cis’ - français - et ‘trans’ - étrangers 108. Car après sa libération en 1703, et pendant quatorze années qui lui restent à vivre, madame Guyon prépare une renaissance spirituelle.

Ses disciples peupleront l’Europe du XVIIIe siècle après la disparition de Fénelon en 1715 et la sienne en 1717. Le courant mystique semble se tarir dans la première moitié du XIXe siècle, mais son influence demeure dans des milieux culturels variés.

La diversité des filiations de la Quiétude s’explique par le contexte culturel qui voit un affaiblissement des dépendances religieuses. Lorsque la culture religieuse cède place à la culture laïque, se produit un éclatement ou étoilement des expressions de l’expérience mystique. Le vécu mystique, dispersé dans ses expressions, sera alors facilement circonscrit à l’humain, réduction facilitée par l’approfondissement de nos approches psychologiques.

Mais l’essentiel repose sur des mystiques qui assurent de génération en génération le renouveau d’un même élan intérieur.

La page de droite résume pour le Siècle des Lumières l’extension de multiples cercles qui prennent la suite de ceux de madame Guyon à Blois et de Fénelon à Cambrai.


Des Filiations européennes





Madame Guyon & Fénelon

1647-1717 1651-1715

| | | |

« Cis » « Trans » « Trans » « Trans »

France Écosse Hollande Suisse Allemagne

| | | |

Chevreuse/s J & G Garden Poiret Pé.d’Echweiler

-1712 & -1732 -1699 & -1733 1646-1719 1682-1740

Beauvillier/s Ramsay Metternich Fleischbein

-1714 & -1733 1686-1743 -1731 1700-1774

Dupuy Forbes 16th Tersteegen Klinckow.

 >1737 1689-1761 1697-1769 -1774

Marquis de F. Deskford Dutoit

1688-1746 1690-1764 1721-1793

Mortemart Fabr. de Zelle

1665-1750 -1793

Pétillet

Langalerie

Constant -1837





Les disciples « cis » et « trans » sont distribués verticalement suivant leur chronologie, horizontalement selon quatre zones. Les relations croisées sont omises. Pour des couples ou des frères, les dates de décès sont séparées par ‘&’.


Le tableau précédent Des Filiations européennes résume un pan rare de l’histoire des spirituels et mystiques en Occident. Leur influence croît avec la distance géographique qui les sépare de leur source historique, le centre du royaume de France.

Elle est en effet réprimée politiquement et religieusement en France et donc n’exerce qu’une influence cachée sur Milley ou sur Caussade ou sur Grou, trois mystiques proches par leur Abandon à la Providence divine.

Mais les disciples catholiques « cis » se mêlèrent aux visiteurs protestants étrangers, ou influencèrent ceux qui ne pouvaient prendre le risque de venir en France, tel le pasteur Poiret, ainsi que plus tard des rénovateurs religieux anglais, tel Wesley.

Nous commençons par les « cis » qui furent des proches de madame Guyon et de Fénelon en appartenant au cercle quiétiste parisien. Les familles des deux ducs sont présentes au premier tiers du siècle des Lumières par leurs femmes. La « petite duchesse » de Mortemart, confidente aimée de madame Guyon, lui succéda très probablement spirituellement. Dupuy est l’homme de confiance qui instruira le marquis de Fénelon sur l’histoire de la ‘querelle’. Ce dernier, jeune neveu de l’archevêque blessé à la guerre en 1711, fut le « cher boiteux » aimé de madame Guyon.

Ensuite nous aborderons l’Écosse par les frères Garden, héritiers de la mystique épiscopalienne devenus disciples puis par le Chevalier Ramsay qui servit un temps de secrétaire à la « dame directrice ». Plusieurs membres de grandes familles écossaises et disciples étaient présents en juin 1717 à son agonie. Ils poursuivirent une vie intérieure profonde tout en assumant pleinement fonctions et responsabilités.

L’éditeur de l’œuvre guyonienne Pierre Poiret et son groupe exercèrent une influence déterminante sur Metternich et sur le futur théologien Tersteegen. Enfin une cohorte que nous n’avons pas pu ni voulu dissocier, l’une vaudoise de langue française, l’autre germanique, mais pratiquant l’une et l’autre langue, nous acheminera jusqu’au premier tiers du XIXe siècle.

Nous privilégions le florilège mystique à l’aide d’extraits choisis. Ils seront parfois longs : une lettre entière pourra ainsi témoigner de la forme comme du fond d’une correspondance peut-être encore manuscrite. Nous renvoyons précisément à des études par figure, afin de ne pas alourdir le flux de lecture par une multiplicité d’événements divers appartenant à l’histoire du passé.



77.D. HENDERSON, MYSTICS OF THE NORTH-EAST [Henderson 1934 réédité]

107. Henderson Mystics Introduction & Lettres 14x21.6.docx [et] .pdf



48 [2016] D. Henderson, Mystics of the North-east, coll. « Chemins mystiques », lulu.com, 390 p. [réédition de l’ouvrage « introuvable » publié en 1934 à Aberdeen. Outre le grand intérêt offert par l’Introduction et par l’exceptionnelle qualité de ce travail érudit, l’ouvrage comporte des lettres de disciples adressés à Mme Guyon et échangés entre eux]



MYSTICS OF THE NORTH-EAST Cette belle étude irremplaçable est difficile d’accès : il nous a fallu la retrouver à l'Université d'Aberdeen. Elle approche avec grande autorité et bienveillance les disciples écossais de madame Guyon dont certains l’entouraient à Blois et assistèrent à sa mort.

preface 7 contents 10 introduction. 13 i. forerunners. 13 ii. madame guyon, pierre poiret, etc. 18 iii. religious conditions in the north-east after the revolution. 26 iv. jacobite sympathies. 35 v. dr. george garden. 41 vi. lord deskford. 50 vii. alexander, 4th lord forbes of pitsligo. 57 viii. william, 14th lord forbes, and james, 16th lord forbes. 61 ix. chevalier ramsay. 68 x. james keith, m.d. 74 xi. the garden case. 81 xii. some minor characters. 86 xiii. the letters. 93 letters of james keith, m.d., and others, to lord deskford. 99 [.] correspondence between james cunningham of barns and dr. george garden. [.] index 379


INCLUDING

I. LETTERS OF JAMES KEITH, M.D., AND OTHERS TO LORD DESKFORD

II. CORRESPONDENCE BETWEEN DR. GEORGE GARDEN AND JAMES CUNNINGHAM


EDITED, WITH INTRODUCTION AND NOTES, BY G. D. HENDERSON, B.D., D.LITT.

REGIUS PROFESSOR OF CHURCH HISTORY IN THE UNIVERSITY OF ABERDEEN

ABERDEEN PRINTED FOR THE THIRD SPALDING CLUB MCMXXXIV



Table

MYSTICS OF THE NORTH-EAST 3

PREFACE 7

CONTENTS 10


INTRODUCTION. 13

I. FORERUNNERS. 13

II. MADAME GUYON, PIERRE POIRET, ETC. 18

III. RELIGIOUS CONDITIONS IN THE NORTH-EAST AFTER THE REVOLUTION. 26

IV. JACOBITE SYMPATHIES. 35

V. DR. GEORGE GARDEN. 41

VI. LORD DESKFORD. 50

VII. ALEXANDER, 4TH LORD FORBES OF PITSLIGO. 57

VIII. WILLIAM, 14TH LORD FORBES, AND JAMES, 16TH LORD FORBES. 61

IX. CHEVALIER RAMSAY. 68

X. JAMES KEITH, M.D. 74

XI. THE GARDEN CASE. 81

XII. SOME MINOR CHARACTERS. 86

XIII. THE LETTERS. 93


LETTERS OF JAMES KEITH, M.D., AND OTHERS, TO LORD DESKFORD. 99

I. FROM DR. JAMES KEITH To LORD DESKFORD. 100

II. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 103

III. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 105

IV. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 108

V. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 111

VI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 114

VII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 116

VIII. [Ma chere et respectable M[ère] je vous rends graces cordiale… ] 118

IX. [Voila, mon cher Milor, ce que NM m'a dicté pour vous. Votre droiture, candeur, et simplicité luy font grand plaisir…] 122

X. [Tres venerable et bien aimée mere. Je sens un penchant de vous appeller ainsi…] 123

XI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 128

XII. [the first few lines being from Madame Guyon and referring to the death of Fénelon, while the rest is a private note from A. M. Ramsay to Lord Deskford] 131

XIII. The first part of this letter is from A. M. Ramsay to Lord Deskford, and the second is a short note dictated by Madame Guyon. 134

XIV. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD 137

XV. Ce que j'ay prétendu, Mr. a été de vous inspirer une Oraison Libres… 141

XVI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 143

XVII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 148

XVIII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 151

XIX. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 154

XX. COPY OF LETTER FROM MADAME GUYON TO DR. JAMES KEITH 157

XXI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 160

XXII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. Includes an extract from a letter of Pierre Poiret.] 163

XXIII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 168

XXIV. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 170

XXV [Mon Cher Enfant ie ne scay si m f s qui va en vos cartiers aura la ioye de vous voir…] 172

XXVI. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 174

XXVII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 177

XXVIII. short letter from the Marquis de Fénelon to Lord Deskford. 179

XXIX. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD, with a postscript by Patrick Campbell of Monzie.] 181

XXX. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 184

XXXI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 191

XXXII. [FROM A. M. RAMSAY TO LORD DESKFORD.] 196

XXXIII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 198

XXXIV. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 201

XXXV. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD, with copy of letter from Madame Guyon to Dr. James Keith.] 204

XXXVI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 208

XXXVII. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD, including extract from letter of A. NI. Ramsay describing the death of Madame Guyon. 211

XXXVIII. [FROM MARQUIS DE FÉNELON TO LORD DESKFORD, with postscript by A. M. Ramsay 214

XXXIX. LETTER FROM A. M. RAMSAY TO LORD DESKFORD. 216

XL. [A very formal business letter from Dr. James Keith to Lord Deskford.] 217

XLI. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 219

XLII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 222

XLIII. [to Lord Deskford, the first part from A. M. Ramsay, the second from the Marquis de Fénelon] 224

XLIV. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. Includes an extract from a letter from Otto Homfeld./1 226

XLV. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 230

XLVI. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 233

XLVII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 236

XLVIII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 237

XLIX. [The first part of this letter to Lord Deskford is from A. M. Ramsay, and the second from the Marquis de Fénelon.] 241

L. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 243

LI. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 246

LII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 250

LIII. [LETTER FROM DR. GEORGE GARDEN TO LORD DESKFORD. 253

LIV. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 254

LV. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 257

LVI. FROM PATRICK CAMPBELL /7 OF MONZIE TO LORD DESKFORD. 259

LVII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 260

LVIII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 264

LIX. FROM A. M. RAMSAY TO LORD DESKFORD. 268

LX. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 270

LXI. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 272

LXII. [FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD.] 275

LXIII. FROM DR. JAMES KEITH TO LORD DESKFORD. 276


CORRESPONDENCE BETWEEN JAMES CUNNINGHAM OF BARNS AND DR. GEORGE GARDEN. 279

INTRODUCTION : THE FRENCH PROPHETS IN SCOTLAND. 279

I. FROM JAMES CUNNINGHAM OF BASINS TO DR. GEORGE GARDEN. 291

II. FROM DR. GEORGE GARDEN TO JAMES CUNNINGHAM OF BARNS. 304

III. FROM JAMES CUNNINGHAM OF BARNS TO DR. GEORGE GARDEN. 322

IV.FROM JAMES CUNNINGHAM OF BARNES TO DR. GEORGE GARDEN. 341

V. FROM DR. GEORGE GARDEN TO JAMES CUNNINGHAM OF BARNS. 344

INDEX 379

LIST OF MEMBERS LIBRARIES 387





.

Mystiques avant 1600

************************

.





78.HADEWIJCH LETTRES SPIRITUELLES & BEATRICE DE NAZARETH SEPT DEGRÉS D’AMOUR [Porion 1972 réédité]

108.Hadewijch Lilian & Lettres 12fév19.docx



!Hadewijch Lettres etc antidoté.docx

Réédition hors commerce, 2017. S’adresser au webmaster de www.cheminsmystiques.com

Traduction du moyen-néerlandais par Fr. J.-B. M. P., Claude Martingay, Genève, 1972

Avertissement

Voici l’ouvrage épuisé des Lettres d’HADEWIJCH, accompagné d’un court traité par une autre béguine et de comparaisons avec d’autres spirituels. Il s’agit d’admirables traductions et de présentations érudites par Fr. dom Porion.

L’ouvrage livre le cœur de cette mystique qui vivait au treizième siècle et fut très influente sur Ruusbroec et bien d’autres mystiques. Je ne l’ai pas retrouvé disponible sur le Net, ce qui me conduit à l’éditer en ligne hors commerce pour des amis.

La belle traduction réalisée antérieurement de Poèmes d’Hadewich par le même Fr. dom Porion s’impose aussi. Elle est très accessible à faible coût dans la collection de poche «Sagesses», mais se prête moins aisément à l’usage spirituel.

On trouvera sur le net de nombreux ouvrages relatifs à Hadewijch, moindres à mes yeux. En anglais on aura recours à Hadewijch, The complete works, “The Classics of Western spirituality”, Mother Columba Hart, préface by Paul Mommaers, Paulist press, 1980.

J’adjoins en fin d’ouvrage un relevé de lecture par Lilian Silburn et mon bref florilège extrait d’une «Chronologie mystique» en préparation.

§

Pour abréger le travail opéré sur la reconnaissance de caractères de mes photos de l’ouvrage original devenu rare, je limite sa mise en forme.

En gardant -- parfois! et pour toute la préface du traducteur dom Porion à fin de rendre possible une référence érudite -- l’en-tête et le pied de page (le titre de section et la pagination). Ensuite, pour les lettres, j’améliore la mise en forme puisqu’une lecture directe d’Hadewich est très recommandée.

En gardant -- toujours! -- les notes au fil du texte principal afin de ne pas avoir à les reporter sous Word. Elles sont formatées en petit corps ce qui permet au lecteur de les «sauter» facilement.

Il en est de même pour les études de dom Porion, remarquables d’un point de vue érudit, mais décevant spirituellement car tel n’était pas leur objet. Parfois j’ajoute entre crochets au fil du texte des Lettres, un «résumé de note» lorsqu’il permet de mieux apprécier le texte (c’est le cas de quelques «mots à mots» donnés par le traducteur).

La mise en forme des Études de dom Porion et de ses notes est moins affinée -- mises en italiques incomplètes, etc. -- puisque le but de cette réédition hors commerce est de faire lire… Hadewijch.

Table

Avertissement 5

Introduction 7


LETTRES SPIRITUELLES 51

Lettre I Vivre dans la clarté de Dieu 51

Lettre II S’en remettre de toute chose à l’amour 54

Lettre III L’amour du prochain atteint le Cœur de Dieu 60

Lettre IV Les égarements de la raison 62

Lettre V Consolation 66

Lettre VI L’amour vrai est sans souci de retour. Imitation du Christ 68

Lettre VII L’amour ne se se rend qu’à l’amour 79

Lettre VIII La double crainte 79

Lettre IX L’union parfaite 83

Lettre X Valeur des Vertus 84

Lettre XI Qui aime Dieu comme je l’aime? 88

Lettre XII Le précepte suprême 90

Lettre XIII L’amour est inapaisable 98

Lettre XIV Comme on sert sagement l’Amour 101

Lettre XV Les règles du pèlerinage 103

Lettre XVI Aimer Dieu de son propre amour 107

Lettre XVII Agir avec les Personnes et reposer dans l’Unité 110

Lettre XVIII La nature de l’âme et son repos divin 115

Lettre XIX La guérison de l’homme 122

Lettre XX Les douze heures mystérieuses 126

Lettre XXI Comment l’Amour se gagne et se possède 132

Lettre XXII Les paradoxes de la nature divine 134

Lettre XXIII C’est en étant vrai qu’on imite Dieu 148

Lettre XXIV Dieu seul suffit 149

Lettre XXV L’Amour est tout 153

Lettre XXVI La plus belle œuvre 155

Lettre XXVII Raisons d’être humble 157

Lettre XXVIII Fruition de la Trinité dans l’Unité 159

Lettre XXX L’appel réciproque de l’Amour 170

Lettre XXXI Toute-puissance de l’abandon 177


BÉATRICE DE NAZARETH SEPT DEGRÉS D’AMOUR 179

ANNEXES 193

ANNEXE A LIEUX DE COMPARAISON CHEZ RUUSBROEC ET CHEZ MAÎTRE ECKHART 193

1. VIE DANS LE CHRIST ET SOMMATION DE L’ESPRIT-SAINT 193

2. L’AMOUR EN LUI-MÊME 194

3. REDEVENIR CE QUE NOUS SOMMES EN DIEU 194

4. LE JEU DE L’AMOUR 195

5. C’EST DANS LE REPOS QUE L’ÂME EST ENGENDRÉE ÉTERNELLEMENT 196

6. CORRESPONDANCE ENTRE LA VIE DE L’ÂME ET CELLE DE DIEU : TRINITÉ ET UNITÉ 196

7. LE LOISIR DIVIN. 197

8. CE QUE DIEU EST POUR L’ŒIL SIMPLE 198

9. SANS AMOUR 200

10. LA VIE COMMUNE 200

12. Hoc est praeceptum meum (Jean, 15,12). AMOUR 203

DE L’AMOUR. 203

13. Adolescens, tibi dico surge (Luc 7,11) DES PERSONNES A L’ESSENCE 204

14. Intravit Jesus in quoddam castellum (Luc 10,38). AU-DELA DES FACULTÉS. 204

15. Dum medium silentium tenerent omnia. (Sap. 18, 14). 206

16. (Fragment édité par Jostes, cité dans D W. I, 123-124). 206

17. Videns Jesus turbas ascendit in monteur. (Mat. 5, 1). LES CRÉATURES EN DIEU ET DANS L’ESPRIT SIMPLE. 207

18. VON ABEGESCHEIDENHEIT (Du détachement), 209


ANNEXES

ANNEXE B RÉFÉRENCES A LA LITTÉRATURE THÉOLOGIQUE DE LANGUE LATINE 213

ANNEXE C LE MOUVEMENT EXTATIQUE CHEZ LES JUIFS CONTEMPORAINS 216

Liste des principaux ouvrages et publications 224

UN RELEVE MYSTIQUE 225

UN FLORILÈGE 227

~1250 & ~1280 Hadewijch I & II 227

TABLE 238




78. --I Un florilège mystique relevé par Lilian Silburn -- II Hadewijch LETTRES SPIRITUELLES Béatrice de Nazareth SEPT DEGRÉS D’AMOUR – III Une brève présentation de béguines

109.Hadewijch choix Lilian reformaté A4 bis.docx



Avertissement 5

I 7

UN FLORILEGE MYSTIQUE RELEVE PAR LILIAN SILBURN 8

Six passages relevés 9

1. « Quiétude, oisiveté point d’opération Eckhart » 9

2. « Le loisir divin Ruysbroeck » 9

3. « Etat de repos » 10

4. « Le fond de Dieu Hadewijch » 10

5. « Les 12 heures de l’Amour – Ses degrés / Très bon » 11

Lettre XX Les douze heures mystérieuses 11

6. « Nature de l’âme et son repos divin » 15

Lettre XVIII La nature de l’âme et son repos divin 15

II 21

Hadewijch 21

LETTRES SPIRITUELLES 21

Béatrice de Nazareth 21

SEPT DEGRÉS D’AMOUR 21

Introduction [de dom Porion] 23

LETTRES SPIRITUELLES 67

Lettre I Vivre dans la clarté de Dieu 67

Lettre II S’en remettre de toute chose à l’amour 69

Lettre III L’amour du prochain atteint le Cœur de Dieu 75

Lettre IV Les égarements de la raison 77

Lettre V Consolation 81

Lettre VI L’amour vrai est sans souci de retour. Imitation du Christ 83

Lettre VII L’amour ne se se rend qu’à l’amour 94

Lettre VIII La double crainte 94

Lettre IX L’union parfaite 98

Lettre X Valeur des Vertus 99

Lettre XI Qui aime Dieu comme je l’aime? 103

Lettre XII Le précepte suprême 105

Lettre XIII L’amour est inapaisable 113

Lettre XIV Comme on sert sagement l’Amour 116

Lettre XV Les règles du pèlerinage 118

Lettre XVI Aimer Dieu de son propre amour 122

Lettre XVII Agir avec les Personnes et reposer dans l’Unité 125

Lettre XVIII La nature de l’âme et son repos divin 130

Lettre XIX La guérison de l’homme 137

Lettre XX Les douze heures mystérieuses 141

Lettre XXI Comment l’Amour se gagne et se possède 147

Lettre XXII Les paradoxes de la nature divine 149

Lettre XXIII C’est en étant vrai qu’on imite Dieu 163

Lettre XXIV Dieu seul suffit 164

Lettre XXV L’Amour est tout 168

Lettre XXVI La plus belle œuvre 170

Lettre XXVII Raisons d’être humble 172

Lettre XXVIII Fruition de la Trinité dans l’Unité 174

Lettre XXX L’appel réciproque de l’Amour 185

Lettre XXXI Toute-puissance de l’abandon 192

BÉATRICE DE NAZARETH SEPT DEGRÉS D’AMOUR 195

ANNEXES 209

ANNEXE A LIEUX DE COMPARAISON CHEZ RUUSBROEC ET CHEZ MAÎTRE ECKHART 209

1. VIE DANS LE CHRIST ET SOMMATION DE L’ESPRIT-SAINT 209

2. L’AMOUR EN LUI-MÊME 210

3. REDEVENIR CE QUE NOUS SOMMES EN DIEU 210

4. LE JEU DE L’AMOUR 211

5. C’EST DANS LE REPOS QUE L’ÂME EST ENGENDRÉE ÉTERNELLEMENT 212

6. CORRESPONDANCE ENTRE LA VIE DE L’ÂME ET CELLE DE DIEU : TRINITÉ ET UNITÉ 212

7. LE LOISIR DIVIN. 213

8. CE QUE DIEU EST POUR L’ŒIL SIMPLE 214

9. SANS AMOUR 215

10. LA VIE COMMUNE 216

12. Hoc est praeceptum meum (Jean, 15,12). AMOUR 219

DE L’AMOUR. 219

13. Adolescens, tibi dico surge (Luc 7,11) DES PERSONNES A L’ESSENCE 220

14. Intravit Jesus in quoddam castellum (Luc 10,38). AU-DELA DES FACULTÉS. 220

15. Dum medium silentium tenerent omnia. (Sap. 18, 14). 222

16. (Fragment édité par Jostes, cité dans D W. I, 123-124). 222

17. Videns Jesus turbas ascendit in monteur. (Mat. 5, 1). LES CRÉATURES EN DIEU ET DANS L’ESPRIT SIMPLE. 223

18. VON ABEGESCHEIDENHEIT (Du détachement), 225

ANNEXE B RÉFÉRENCES A LA LITTÉRATURE THÉOLOGIQUE DE LANGUE LATINE 229

ANNEXE C LE MOUVEMENT EXTATIQUE CHEZ LES JUIFS CONTEMPORAINS 232

Liste des principaux ouvrages et publications 240

III 241

Béguines et Moniales 241

(Dominique Tronc) 241

Un nouveau mode de vie 241

BEGUINES HADEWIJCH I & II 245

Marguerite Porete 254

TABLE 259

79.RUUSBROEC NOCES SPIRITUELLES [Bizet 1947 réédité]

(repris mais partiellement dans Mystiques du monde)



110.Ruusbroec Noces spirituelles (Bizet).doc

Table

[les titres sont du traducteur Bizet]

LES NOCES SPIRITUELLES 1

* 1

PRÉFACE : DES NOCES SPIRITUELLES ENTRE DIEU ET NOTRE NATURE 1

* 2


LIVRE PREMIER : LA VIE ACTIVE 2


PREMIÈRE PARTIE : “VOYEZ.” DES TROIS CONDITIONS REQUISES POUR VOIR 2

A. DE LA VUE PAR LES YEUX DU CORPS 2

B. COMMENCEMENT DE LA VIE ACTIVE MOYENNANT UNE VISION SURNATURELLE 2

a. COMMENT LA GRACE DE DIEU EST OFFERTE A TOUS LES HOMMES EN COMMUN 2

b. COMMENT DIEU AGIT EN TOUS LES HOMMES MOYENNANT LA GRACE PRÉVENANTE 3

c. DE LA GRACE QUI NOUS REND AGRÉABLE A DIEU ET NOUS UNIT A LUI 4

* 4


DEUXIÈME PARTIE : “L'ÉPOUX VIENT”. LES TROIS MANIÈRES SELON LESQUELLES NOUS DEVONS CONSIDÉRER L'AVÈNEMENT DU CHRIST 4

A. LE PREMIER AVÈNEMENT DANS L'INCARNATION 5

a. POURQUOI DIEU A FAIT TOUTES SES OEUVRES 5

b. COMMENT NOUS DEVONS CONSIDÉRER DANS LE CHRIST TROIS SORTES DE VERTUS 5

1. LE PREMIER MODE C'EST L'HUMILITÉ SELON LA DIVINITÉ ET SELON L'HUMANITÉ 6

2. LE SECOND MODE EST LA CHARITÉ ORNÉE DE TOUTES LES VERTUS 6

3. LE TROISIÈME MODE CONCERNE LA PATIENCE DANS LES SOUFFRANCES ENDURÉES JUSQU'A LA MORT 7

B. LE SECOND AVÈNEMENT PAR LEQUEL DIEU VIENT EN NOUS CHAQUE JOUR AVEC DE NOUVELLES GRACES 8

a. LES RAISONS, LA MANIÈRE ET LES EFFETS DE CET AVÈNEMENT, ILLUSTRÉS PAR L’IMAGE DU SOLEIL DANS LA VALLÉE 8

b. CONFIRMATION ET STABILISATION DES MÊMES EFFETS PAR L'AVÈNEMENT DANS LES SACREMENTS 8

C. DU TROISIÈME AVÈNEMENT DE NOTRE SEIGNEUR DANS LE JUGEMENT 9

a. LES RAISONS DE CET AVÈNEMENT 9

b. COMMENT LE CHRIST PROCÉDERA AU JUGEMENT 9

c. DES CINQ CATÉGORIES D'HOMMES QUI DOIVENT COMPARAÎTRE AU JUGEMENT 9

* 10


TROISIÉME PARTIE : “SORTEZ” D'UNE SORTIE SPIRITUELLE EN TOUTES LES VERTUS 10

A. L'HUMILITE BASE ET MÈRE DE TOUTES LES VERTUS 11

a. L'HUMILITÉ ENGENDRE L'OBÉISSANCE 11

b. L'OBÉISSANCE ENGENDRE L'ABANDON 12

c. L'ABANDON ENGENDRE LA PATIENCE 12

d. LA PATIENCE ENGENDRE LA DOUCEUR 12

e. LA DOUCEUR ENGENDRE LA BONTÉ 13

f. LA BONTÉ ENGENDRE LA COMPASSION 13

g. LA COMPASSION ENGENDRE LA LIBÉRALITÉ 14

h. LA LIBÉRALITÉ ENGENDRE LE ZÈLE POUR LA VERTU 14

i. LE ZÈLE POUR LA VERTU ENGENDRE LA MODÉRATION ET LA SOBRIÉTÉ 15

j. LA SOBRIÉTÉ ENGENDRE LA PURETÉ 16

B. LA JUSTICE, UNE ARME DANS LA PRATIQUE DE LA VERTU 16

C. COMMENT GOUVERNER LE ROYAUME DE L'AME 17

* 18


QUATRIÈME PARTIE : “A SA RENCONTRE”. D'UNE RENCONTRE SPIRITUELLE ENTRE DIEU ET NOUS 18

A. PREMIÈRE VOIE : LA PURETÉ D'INTENTION EN TOUT CE QUI CONCERNE LA BEATITUDE 18

B. SECONDE VOIE : DE L'EXCLUSION DE TOUTE INTENTION OU AFFECTION RELATIVE A LA CRÉATURE A COTÉ DE DIEU OU AU-DESSUS DE LUI 19

C. TROISIÈME VOIE : DU REPOS EN DIEU AU-DESSUS DE TOUTES LES CRÉATURES, DE TOUTES LES VERTUS, DES CONSOLATIONS SENSIBLES OU SPIRITUELLES 19

D. DU DÉSIR DE CONNAITRE L'ÉPOUX DANS SA NATURE 20

* 21


DEUXIÈME LIVRE : LA VIE DANS LE DÉSIR DE DIEU 21


PREMIÈRE PARTIE : “VOYEZ”. LES FONDEMENTS DE LA VIE DANS LE DÉSIR DE DIEU 21

A. DE TROIS CONDITIONS REQUISES POUR VOIR 21

B. D'UNE TRIPLE UNITÉ QUI EST EN NOUS PAR NATURE 22

a. LES TROIS UNITÉS, COMMENT ON LES POSSÈDE SELON LA NATURE 22

b. DES TROIS UNITÉS ET DE LEUR POSSESSION SURNATURELLE DANS LA VIE ACTIVE 22

c. LA PRÉPARATION A LA POSSESSION SURNATURELLE DANS LA VIE QU'ANIME LE DÉSIR DE DIEU . 23

C. L'ILLUMINATION DANS L'UNITÉ SUPÉRIEURE 23

D. LES CONDITIONS REQUISES POUR OBTENIR L'ILLUMINATION 24

* 24


DEUXIÈME ET TROISIÈME PARTIE : “L'ÉPOUX VIENT, SORTEZ”. DU TRIPLE AVÈNEMENT DU CHRIST ET DE LA MANIÈRE D'Y RÉPONDRE 24

A. LE PREMIER AVÈNEMENT LEQUEL SE FAIT DANS LE COEUR 25

a. L’IMAGE DU SOLEIL SUR LES HAUTES TERRES. 25

b. DEUXIÈME MODE. SURABONDANCE DES CONSOLATIONS 28

c. TROISIÈME MODE. PUISSANT ATTRAIT VERS DIEU 29

d. QUATRIEME MODE. DE LA DÉRÉLICTION 33

B. LE SECOND AVENEMENT DANS LES PUISSANCES SUPÉRIEURES L'IMAGE DE LA SOURCE ET DES TROIS RUISSEAUX 38

PREMIER RUISSEAU : COMMENT IL FAIT L'ORNEMENT DE LA MÉMOIRE 39

DEUXIÈME RUISSEAU : COMMENT IL ÉCLAIRE L'ENTENDEMENT 39

TROISIÈME RUISSEAU : COMMENT IL CONFIRME LA VOLONTÉ EN TOUTE PERFECTION 41

C. TROISIÈME AVÈNEMENT LA TOUCHE RESSENTIE DANS L'UNITÉ DE L'ESPRIT. COMMENT DIEU DE PAR SON UNITÉ AMÈNE L'AME A L'UNITÉ. DE L'UNITÉ DE LA NATURE DIVINE DANS LA TRINITÉ DES PERSONNES 46

COMMENT L’HOMME DOIT ÊTRE ORNÉ POUR ACCÉDER AUX EXERCICES LES PLUS INTIMES 47

DU TROISIÈME AVÈNEMENT DU CHRIST QUI NOUS CONDUIT A LA PERFECTION DANS LES EXERCICES INTIMES 47

D'UNE SORTIE DE L'ESPRIT EN SON FOND INTIME SOUS L'ACTION DE LA DIVINE TOUCHE 48

QUATRIÈME PARTIE : « A SA RENCONTRE » COMMENT NOUS DEVONS RENCONTRER DIEU EN ESPRIT, AVEC INTERMÉDIAIRE ET SANS INTERMÉDIAIRE 50

A. LA BASE DE TOUTE UNION AVEC DIEU 50

a. D'UNE RENCONTRE ESSENTiELLE DE Dieu SELON LA SEULE NATURE ET SANS INTERMÉDIAIRE 50

b. DE LA RESSEMBLANCE QU'ON POSSÈDE AVEC DIEU PAR LA GRÂCE ET QU’ON PERD PAR LE PÉCHÉ MORTEL 51

c. COMMENT ON POSSÈDE DIEU PAR LE REPOS DANS L'UNITÉ, AU-DESSUS DE TOUTE RESSEMBLANCE DE GRACE 52

d. COMMENT NOUS AVONS BESOIN DE LA GRACE DE DIEU QUI NOUS CONFÈRE LA RESSEMBLANCE ET SANS INTERMÉDIAIRE NOUS CONDUIT A DIEU 52

DE LA VISITATION DE DIEU ET DE NOTRE ESPRIT , DANS L'UNITÉ ET LA RESSEMBLANCE 53

B. L'UNION AVEC INTERMÉDIAIRE 53

a. COMMENT NOUS DEVONS RENCONTRER Dieu DANS TOUTES NOS OEUVRES 53

b. COMMENT s'ORDONNENT TOUTES LES VERTUS AUX SEPT DONS DU SAINT-ESPRIT . 54

______manquent pp 316-317_________ 55

C. L'UNION « SANS INTERMÉDIAIRE » ET SES TROIS MODES 59

a. LE PREMIER DES TROIS MODES 60

b. LE SECOND MODE, D'UN DEGRÉ PLUS ÉLEVÉ 60

c. LE TROISIÈME MODE, QUI CONDUIT L'HOMME A LA PERFECTION DE LA JUSTICE 61

d. COMMENT D'AUCUNS MÈNENT UNE VIE CONTRAIRE A CES TROIS MODES 62

D'AUTRES HOMMES QUI CONDUISENT LEUR ACTIVITÉ EN OPPOSITION AVEC LE DEUXIÈME MODE . 63

D'AUTRES ENCORE QUI MENENT UNE VIE CONTRAIRE AUX TROIS MODES ET A TOUTE VERTU 64

D'UNE DERNIÈRE SORTE D'HOMMES PERVERS 65

* 67

TROISIÈME LIVRE : LA VIE DANS LA CONTEMPLATION DE DIEU 67

________manque fin p350 et p.351_______________ 68

PREMIERE PARTIE : “VOYEZ” . LES CONDITIONS REQUISES POUR VOIR 68

COMMENT ON PARVIENT A VIVRE DANS LA CONTEMPLATION DIVINE MOYENNANT TROIS CONDITIONS 68

DEUXIÈME PARTIE : “L'EPOUX VIENT” . COMMENT LA GÉNÉRATION DIVINE SE RENOUVELLE SANS CESSE EN LA PARTIE NOBLE DE L'ESPRIT 69

TROISIEME PARTIE : “SORTEZ”. COMMENT NOTRE ESPRIT EST SOLLICITÉ DE SORTIR DANS LA CONTEMPLATION ET LA JOUISSANCE 69

COMMENT IL NOUS EST DONNÉ DE SORTIR ÉTERNELLEMENT DANS LA GÉNÉRATION DU FILS 70

QUATRIEME PARTIE : « A SA RENCONTRE » D'UNE RENCONTRE DIVINE QUI SE PRÉSENTE DANS LE SECRET DE NOTRE ESPRIT 71





80.NUAGE D’INCONNAISSANCE [Le Nuage / The Cloud / Epitre de la Direction divine, réédités]

111.Nuage & Epitre 14 x 21,6 au 9 fév17.docx [et] .pdf



Dossier assemblé par D. Tronc, lulu.com, coll. « Chemins mystiques » [« Florilège de poche » : reprise du Nuage en traduction par A. Guerne et en éd. anglais modernisée par E.Undrehill, ainsi que de l’Epitre de la direction intime par D.M. Noetinger]

Le Nuage d’Inconnaissance / The Cloud of Unknowing & Epitre de la Direction divine, dossier

Présentation

Je propose, à l’usage d’amis en édition Hors Commerce, ces écrits du quatorzième siècle.

Quelques pages par Lilian Silburn109 ouvrent à la lecture de « l'un des plus profonds [textes] de la mystique chrétienne ».

Suit la belle version de ce Nuage d’Inconnaissance par Armel Guerne110.

Elle est complétée par le Cloud of Unknowing dans l’anglais moderne proposé par Evelyn Underhill111.

L’ensemble s’achève sur la « mise en pratique » offerte dans l’Epître de la direction intime. Cette dernière fut traduite par dom Noetinger112.

L’auteur de ces textes serait peut-être Adam Horsley de la chartreuse de Beauvale dans le South Nottinghamshire. On ne sait rien de plus113. Son œuvre comporte cinq titres : The Cloud of Unknowing, le plus célèbre et le plus long; The Epistle of prayer, admirable Épître de la direction intime ; Dionysius mystical Teaching; Benjamen, une traduction libre de Richard de Saint Victor; The Epistle of Discretion in the Stirrings of the Soul ; The Treatise of the discerning of Spirits114

Le titre du Nuage d’Inconnaissance est tiré du début du texte : « Here bygynnith a book of contemplacyon, the whiche is clepyd the clowde of unknowyng, in the whiche a soule is onyd with god ». Rien n’est à faire, sinon par élan ! On ne saurait surestimer l’importance de ce texte qui forme, avec les Noces de Ruusbroec et les chefs-d’œuvre de Jean de la Croix (Cantique A, Vive flamme…), une trilogie à laquelle se réfèrent les mystiques d’Occident.

Table

Présentation 5

« Sur le Nuage d'Inconnaissance » par Lilian Silburn 7


« Le Nuage d’Inconnaissance » traduit par Armel Guerne 13

Commence ici un livre de Contemplation nommé LE NUAGE D'INCONNAISSANCE en lequel l'Ame est unie à Dieu 14

COMMENCE ICI LA PRIÈRE DU PROLOGUE 14

COMMENCE ICI LE PROLOGUE 14

CHAPITRE PREMIER 17

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DEUXIÈME 18

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TROISIÈME 19

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUATRIÈME 20

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUIÈME 27

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SIXIÈME 28

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SEPTIÈME 29

COMMENCE ICI LE CHAPITRE HUITIÈME 31

COMMENCE ICI LE CHAPITRE NEUVIÈME 35

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DIXIÈME 37

COMMENCE ICI LE CHAPITRE ONZIÈME 40

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DOUZIEME 40

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TREIZIÈME 42

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUATORZIÈME 43

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUINZIÈME 45

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SEIZIÈME 46

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DIX-SEPTIÈME 49

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DIX-HUITIÈME 50

COMMENCE ICI LE CHAPITRE DIX-NEUVIÈME 51

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGTIÈME 53

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET UNIÈME 54

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET DEUXIÈME 57

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET TROISIÈME 58

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET QUATRIÈME 59

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET CINQUIÈME 61

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET SIXIÈME 63

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET HUITIÈME 65

COMMENCE ICI LE CHAPITRE VINGT ET NEUVIÈME 66

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTIÈME 67

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME 67

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET DEUXIÈME 68

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET TROISIÈME 69

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET QUATRIÈME 70

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET CINQUIÈME 73

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET SIXIÈME 75

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET SEPTIÈME 76

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET HUITIÈME 77

COMMENCE ICI LE CHAPITRE TRENTE ET NEUVIÈME 78

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTIÈME 80

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME 82

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET DEUXIÈME 83

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET TROISIÈME 84

COMMENCE ICI LE CHAPITREQUARANTE ET QUATRIÈME 85

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET CINQUIÈME 87

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET SIXIÈME 89

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET SEPTIÈME 90

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET HUITIÈME 93

COMMENCE ICI LE CHAPITRE QUARANTE ET NEUVIÈME 95

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTIÈME 96

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET UNIÈME 97

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET DEUXIÈME 99

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET TROISIÈME 100

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET QUATRIÈME 103

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET SIXIÈME 107

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET SEPTIÈME 108

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET HUITIÈME 110

COMMENCE ICI LE CHAPITRE CINQUANTE ET NEUVIÈME 112

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTIÈME 114

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET UNIÈME 115

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET DEUXIÈME 117

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET TROISIÈME 119

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET QUATRIÈME 120

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET CINQUIÈME 121

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET SIXIÈME 122

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET SEPTIÈME 123

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET HUITIÈME 125

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET NEUVIÈME 126

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET DIXIÈME 127

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET ONZIÈME 129

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET DOUZIÈME 131

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET TREIZIÈME 132

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET QUATORZIÈME 133

COMMENCE ICI LE CHAPITRE SOIXANTE ET QUINZIÈME 135



A book of Contemplation the which is called the Cloud of unknowing, in the which a soul is oned with God 139

HERE BEGINNETH THE FIRST CHAPTER 139

HERE BEGINNETH THE SECOND CHAPTER 141

HERE BEGINNETH THE THIRD CHAPTER 142

HERE BEGINNETH THE FOURTH CHAPTER 143

HERE BEGINNETH THE FIFTH CHAPTER 148

HERE BEGINNETH THE SIXTH CHAPTER 149

HERE BEGINNETH THE SEVENTH CHAPTER 150

HERE BEGINNETH THE EIGHTH CHAPTER 152

HERE BEGINNETH THE NINTH CHAPTER 156

HERE BEGINNETH THE TENTH CHAPTER 157

HERE BEGINNETH THE ELEVENTH CHAPTER 159

HERE BEGINNETH THE TWELFTH CHAPTER 160

HERE BEGINNETH THE THIRTEENTH CHAPTER 161

HERE BEGINNETH THE FOURTEENTH CHAPTER 162

HERE BEGINNETH THE FIFTEENTH CHAPTER 164

HERE BEGINNETH THE SIXTEENTH CHAPTER 165

HERE BEGINNETH THE SEVENTEENTH CHAPTER 167

HERE BEGINNETH THE EIGHTEENTH CHAPTER 168

HERE BEGINNETH THE NINETEENTH CHAPTER 169

HERE BEGINNETH THE TWENTIETH CHAPTER 171

HERE BEGINNETH THE ONE AND TWENTIETH CHAPTER 172

HERE BEGINNETH THE TWO AND TWENTIETH CHAPTER 174

HERE BEGINNETH THE THREE AND TWENTIETH CHAPTER 175

HERE BEGINNETH THE FOUR AND TWENTIETH CHAPTER 177

HERE BEGINNETH THE FIVE AND TWENTIETH CHAPTER 178

HERE BEGINNETH THE SIX AND TWENTIETH CHAPTER 179

HERE BEGINNETH THE SEVEN AND TWENTIETH CHAPTER 181

HERE BEGINNETH THE EIGHT AND TWENTIETH CHAPTER 181

HERE BEGINNETH THE NINE AND TWENTIETH CHAPTER 182

HERE BEGINNETH THE THIRTIETH CHAPTER 183

HERE BEGINNETH THE ONE AND THIRTIETH CHAPTER 184

HERE BEGINNETH THE TWO AND THIRTIETH CHAPTER 184

HERE BEGINNETH THE THREE AND THIRTIETH CHAPTER 185

HERE BEGINNETH THE FOUR AND THIRTIETH CHAPTER 186

HERE BEGINNETH THE FIVE AND THIRTIETH CHAPTER 188

HERE BEGINNETH THE SIX AND THIRTIETH CHAPTER 190

HERE BEGINNETH THE SEVEN AND THIRTIETH CHAPTER 191

HERE BEGINNETH THE EIGHT AND THIRTIETH CHAPTER 192

HERE BEGINNETH THE NINE AND THIRTIETH CHAPTER 193

HERE BEGINNETH THE FORTIETH CHAPTER 195

HERE BEGINNETH THE ONE AND FORTIETH CHAPTER 196

HERE BEGINNETH THE TWO AND FORTIETH CHAPTER 197

HERE BEGINNETH THE THREE AND FORTIETH CHAPTER 198

HERE BEGINNETH THE FOUR AND FORTIETH CHAPTER 199

HERE BEGINNETH THE FIVE AND FORTIETH CHAPTER 201

HERE BEGINNETH THE SIX AND FORTIETH CHAPTER 202

HERE BEGINNETH THE SEVEN AND FORTIETH CHAPTER 203

HERE BEGINNETH THE EIGHT AND FORTIETH CHAPTER 205

HERE BEGINNETH THE NINE AND FORTIETH CHAPTER 207

HERE BEGINNETH THE FIFTIETH CHAPTER 208

HERE BEGINNETH THE ONE AND FIFTIETH CHAPTER 209

HERE BEGINNETH THE TWO AND FIFTIETH CHAPTER 211

HERE BEGINNETH THE THREE AND FIFTIETH CHAPTER 212

HERE BEGINNETH THE FOUR AND FIFTIETH CHAPTER 214

HERE BEGINNETH THE FIVE AND FIFTIETH CHAPTER 215

HERE BEGINNETH THE SIX AND FIFTIETH CHAPTER 217

HERE BEGINNETH THE SEVEN AND FIFTIETH CHAPTER 218

HERE BEGINNETH THE EIGHT AND FIFTIETH CHAPTER 219

HERE BEGINNETH THE NINE AND FIFTIETH CHAPTER 222

HERE BEGINNETH THE SIXTIETH CHAPTER 224

HERE BEGINNETH THE ONE AND SIXTIETH CHAPTER 225

HERE BEGINNETH THE TWO AND SIXTIETH CHAPTER 226

HERE BEGINNETH THE THREE AND SIXTIETH CHAPTER 227

HERE BEGINNETH THE FOUR AND SIXTIETH CHAPTER 228

HERE BEGINNETH THE FIVE AND SIXTIETH CHAPTER 229

HERE BEGINNETH THE SIX AND SIXTIETH CHAPTER 230

HERE BEGINNETH THE SEVEN AND SIXTIETH CHAPTER 231

HERE BEGINNETH THE EIGHT AND SIXTIETH CHAPTER 232

HERE BEGINNETH THE NINE AND SIXTIETH CHAPTER 233

HERE BEGINNETH THE SEVENTIETH CHAPTER 235

HERE BEGINNETH THE ONE AND SEVENTIETH CHAPTER 236

HERE BEGINNETH THE TWO AND SEVENTIETH CHAPTER 238

HERE BEGINNETH THE THREE AND SEVENTIETH CHAPTER 238

HERE BEGINNETH THE FOUR AND SEVENTIETH CHAPTER 240

HERE BEGINNETH THE FIVE AND SEVENTIETH CHAPTER 241


« Epître de la direction intime » traduite par D.M. Noetinger 245

PROLOGUE 246

CHAPITRE I 247

CHAPITRE II 252

CHAPITRE III 254

CHAPITRE IV 258

CHAPITRE V 260

CHAPITRE VI 266

CHAPITRE VII 270

CHAPITRE VIII 275

CHAPITRE IX 278

CHAPITRE X 281

CHAPITRE XI 286

CHAPITRE XII 289

CHAPITRE XIII 293

Table 296




202.Paul AGAESSE

112.Paul Agaesse intégral.doc



Paul Agaësse. 2

L’âme image de Dieu… 3

Introduction au Commentaire de la Première épitre de Jean par Augustin. 4

L’anthropologie chrétienne selon saint Augustin. 26

Introduction et notes à la Trinité d’Augustin. 136

Le désir de Dieu. 192

La « fruitio » Augustinienne. 193

La gratuité. 198

Liberté, libération, expérience des mystiques. 209

La vie mystique chrétienne. 222

La grâce du moment présent. 261









213. DADU (1544-1603) et les mystiques Bauls du Bengale.

113.+Dadu and Bauls (K.Sen).odt

Extraits de :

Kshitimohan Sen, Medieval Mysticism of India, Munshiram Manoharlal, New-Delhi, 1974. Authorized Translation From the Bengali by Manomohan Ghosh.

Nous donnons les sections traitant de Dadu (1544-1603) et de son école, soit un extrait biographique du texte principal, suivi des quatre annexes situées en fin de volume. Paradoxalement elles présentent un intérêt supérieur au texte principal, car elles traduisent l’attachement intime de K. Sen pour les mystiques Bauls.









LA GRANDE DAME DU PUR AMOUR SAINTE CATHERINE DE GÊNES 1447-1510 [réédition]

114.Cath_genes_choix global.doc

115.Cath_genes_impression.doc [et] .odt



VIE ET DOCTRINE ET TRAITÉ DU PURGATOIRE

Introduction, traduction et notes de PIERRE DEBONGNIE, C. SS. R.



LES ÉTUDES CARMÉLITAINES CHEZ DESCLÉE DE BROUWERLA GRANDE DAME DU PUR AMOUR 1

INTRODUCTION 5

I Sources 5

II Vie 7

III. Doctrine 10

IV. Influence 13

V. La Présente Traduction 14

VI. Vocabulaire Mystique 15



LIVRE DE LA VIE ADMIRABLE ET DOCTRINE SAINTE 17

DE LA BIENHEUREUSE CATHERINE DE GÊNES 17

AUX PIEUX LECTEURS 17

CHAPITRE PREMIER QUI FURENT LES PÈRE ET MÈRE DE LA BIENHEUREUSE CATHERINE, COMMENT DÉS SES HUIT ANS ELLE SE MIT À FAIRE PÉNITENCE, COMMENT ELLE REÇUT LE DON D'ORAISON, COMMENT ELLE VOULUT ENTRER EN RELIGION ET FUT MARIÉE CONTRE SA VOLONTÉ. 18

CHAPITRE II DE LA BLESSURE D'AMOUR QUI LUI FUT DONNÉE TANDIS QU'ELLE SE TENAIT EN PRÉSENCE DU CONFESSEUR, ET DE CERTAINES LUMIÈRES SUR L'AMOUR DE DIEU ET SES OFFENSES PERSONNELLES ; COMMENT LE SEIGNEUR LUI APPARUT AVEC LA CROIX SUR L'ÉPAULE, ET COMMENT ELLE FUT ÉLEVÉE PAR TROIS DEGRÉS JUSQU'À LA DIVINITÉ. 20

CHAPITRE III COMMENT LUI FUT DONNÉ LE DÉSIR DE LA SAINTE COMMUNION, ET DES EFFETS D'AMOUR QUE LE SACREMENT PRODUISAIT EN ELLE ; COMBIEN ELLE SOUFFRAIT D'ÊTRE EMPÊCHÉE DE COMMUNIER, ET COMMENT IL LUI SEMBLAIT AVOIR PERDU LA FOI ET CHEMINER PAR ÉVIDENCE. 22

CHAPITRE IV COMMENT ELLE PERDIT LE MANGER AUX TEMPS DE CARÊME ET D'AVENT, SE SUSTENTANT ALORS PAR LA SEULE EUCHARISTIE. 24

CHAPITRE V DE SES GRANDES PÉNITENCES ET MORTIFICATIONS 26

CHAPITRE VI COMMENT ELLE ÉTAIT RAVIE HORS DE SES SENS EN DIEU, ET DE TROIS RÈGLES QUE LE SEIGNEUR LUI DONNA, ET DES PAROLES À CHOISIR DANS LE PATER, DANS L’AVE MARIA ET DANS TOUTE L'ÉCRITURE. 27

CHAPITRE VII COMMENT IL APPARAISSAIT QUE SON HUMANITÉ RESSENTAIT ELLE AUSSI LA SUAVITÉ DE L'AMOUR, ET COMMENT PAR SUITE DU FEU SI PUISSANT QUI LA BRÛLAIT, ELLE DÉSIRAIT LA MORT ET SE RÉJOUISSAIT D'ENTENDRE DES MESSES, DES GLAS ET DES OFFICES FUNÈBRES. 30

CHAPITRE VIII COMMENT ELLE SE DÉVOUA AUX BONNES OEUVRES ET COMMENT ELLE SE MIT AU SERVICE DE L'HÔPITAL. 31

CHAPITRE IX COMMENT ELLE AVAIT UNE MERVEILLEUSE CONNAISSANCE DE DIEU ET D'ELLE-MÊME. 33

CHAPITRE X COMMENT LA VAINE GLOIRE NE POUVAIT ENTRER EN SON ESPRIT, DE LA LUMIÈRE QUE LUI DONNAIT LA IHAINE D'ELLE-MÊME, ET CE QUE VALENT NOS OEUVRES. 35

CHAPITRE XI COMMENT ELLE COMPRENAIT LA PURETÉ DE LA CONSCIENCE, ET DE L'OPPOSITION DU PÉCHÉ À DIEU. 37

CHAPITRE XII DU SOIN ASSIDU ET DU GRAND SOUCI QUE DIEU DÉPLOIE DE DIVERSES MANIÈRES POUR ATTIRER L'ÂME, TELLEMENT QU'IL SEMBLERAIT ÊTRE NOTRE ESCLAVE, ET DE L'AVEUGLEMENT DE L'HOMME ET DE COMBIEN DE MANIÈRES NOUS TROMPE NOTRE PROPRE VOLONTÉ. 39

CHAPITRE XIII COMMENT ELLE VOYAIT EN DIEU LA SOURCE DE LA BONTÉ, ET COMMENT DIEU LA COMMMUNIQUE À SES CRÉATURES. 41

CHAPITRE XIV COMMENT ELLE ÉTAIT TOUTE TRANSFORMÉE EN DIEU ET DÉTESTAIT DE DIRE MOI OU MIEN ; CE QUE C'EST QUE L'ORGUEIL, ET DE L'ERREUR DES HOMMES QUI CHERCHENT LE BIEN ET LA GRANDEUR SUR CETTE TERRE OÙ CELA NE SE PEUT TROUVER, ET QUEL MALHEUR D'ÊTRE PRIVÉ D'AMOUR. 42

CHAPITRE XV À QUEL POINT LA MOINDRE IMPERFECTION EST CONTRAIRE À L'AMOUR ; DE LA MULTITUDE DES MOYENS DE SALUT QUE DIEU NOUS FOURNIT ; ET, À LA MORT, QU'EST-CE QU'ON TIENDRA POUR PLUS IMPORTANT : LA RÉSISTANCE FAITE AUX INSPIRATIONS DIVINES, OU L'ENFER ? 46

CHAPITRE XVI COMMENT ELLE AVAIT CONSCIENCE DE SON PROPRE NÉANT ET PAR SUITE NE VOULAIT SE NOMMER. DE SA GRANDE FOI EN DIEU ; COMMENT ELLE AVAIT OPPOSITION À SON MOI PROPRE ET LE HAÏSSAIT, ET QU'IL EST NÉCESSAIRE QUE NOUS LE REMETTIONS TOUT À DIEU. 48

CHAPITRE XVII DE QUELLE MANIÈRE DIEU DISPOSE L'ÂME QUAND ELLE LUI RÉPOND, ET COMMENT ELLE DÉTESTAIT LES GOÛTS SPIRITUELS, ET COMMENT DIEU LUI JETA UN BOUT DU LIEN DU PUR AMOUR. 51

CHAPITRE XVIII COMMENT ELLE NE VOULAIT PAS D'UN AMOUR POUR DIEU OU EN DIEU NI INTERMÉDIAIRE ENTRE ELLE ET DIEU ; ELLE NE VOYAIT PAS COMMENT L'AMOUR POURRAIT CROÎTRE EN ELLE. DE LA DOUCEUR QU'ÉPROUVE UNE ÂME TRANSFORMÉE EN DIEU. 53

CHAPITRE XIX D'UNE RÉPONSE ENFLAMMÉE QU'ELLE FIT À UN RELIGIEUX QUI PRÉTENDAIT ÊTRE PLUS QU'ELLE APTE À L'AMOUR ; RIEN NE PEUT ENTRAVER L'AMOUR PUR, IL NE PEUT ÊTRE TROMPÉ, ET DE SES NOMBREUSES QUALITÉS. 55

CHAPITRE XX COMMENT DIEU NE VEUT GAGNER L'HOMME PAR SA PROPRIÉTÉ NI PAR CRAINTE, MAIS PAR FOI ET PAR AMOUR ET À CETTE FIN L'ATTIRE PAR DES MOYENS DE DOUCEUR. ELLE NE VOULAIT NI FAVEUR NI MISÉRICORDE, MAIS LA JUSTICE ; L'AMOUR PUR NE CRAINT QUE L'OFFENSE SI MINIME QU'ELLE SOIT. 56

CHAPITRE XXI DU NET ET PUR AMOUR QUI SE RÉPAND DANS L'ÊTRE. 59

CHAPITRE XXII COMME ELLE ÉTAIT RASSASIÉE ET TOUTE SUBMERGÉE DANS SON AMOUR, AYANT PERDU LA FOI, ET RENDUE ÉTRANGÈRE AUX CHOSES TERRESTRES. 61

CHAPITRE XXIII COMMENT ELLE ÉTAIT EN RÈGLE AVEC DIEU ET AVEC LE PROCHAIN ; ET CE QUE C'EST QUE L'AMOUR PUR ET SIMPLE. 61

CHAPITRE XXIV DE SA VOCATION À LA MANIÈRE DE SAINT PAUL. DANS SON GRAND AMOUR ELLE TENAIT POUR RIEN LA SOUFFRANCE. COMBIEN REDOUTABLE L'ÉTAT D'UN HOMME HORS DE LA GRÂCE. COMBIEN IMPORTE LA SEULE OMBRE D'UN TOUT PETIT DÉFAUT, ET COMBIEN PLUS LE PÉCHÉ LUI-MÊME. 63

CHAPITRE XXV DE L'AMOUR-PROPRE ET DE L'AMOUR DIVIN ET DE LEUR NATURE. 64

CHAPITRE XXVI DE TROIS VOIES QUE DIEU EMPLOIE POUR PURGER LA CRÉATURE. 66

CHAPITRE XXVII COMMENT ET À QUEL POINT LUI ÉTAIT HORRIBLE LA VUE DU PÉCHÉ, ELLE EST PLUS INTOLÉRABLE À QUI AIME DE PUR AMOUR QUE L'ENFER DE LUCIFER. ELLE ÉTAIT SOIGNÉE COMME POUR UNE MALADIE CORPORELLE ET SON MAL ÉTAIT FEU DE L'ESPRIT. ET D'AUTRES PHÉNOMÈNES QUI SE PRODUISAIENT EN ELLE. 67

CHAPITRE XXVIII COMMENT ELLE ÉTAIT ADMIRAELEMENT UNIE À DIEU ; DE TROIS CHOSES À QUOI ELLE NE POUVAIT CONSENTIR NI ACCEPTER DE NE PAS RÉSISTER. 69

CHAPITRE XXIX DE LA DOUCEUR DES PRÉCEPTES DIVINS, DE L'UTILITÉ DES ADVERSITÉS TEMPORELLES. QU'ELLE ÉTAIT TOUT ABIMÉE DANS L'AMOUR, AVEC UNE TELLE CONFIANCE QU'IL LUI ÉTAIT DIT : COMMANDE. SI LA MER ÉTAIT L'ALIMENT DE L'AMOUR, ETC... DE NOMBREUSES QUALITÉS DE L'AMOUR. 70

CHAPITRE XXX DE L'ANÉANTISSEMENT EN DIEU, QUE NOUS DEVRIONS ÊTRE CONSENTANTS ET SATISFAITS DANS LES DISPOSITIONS DIVINES ; DU CÔTÉ DE DIEU LES PORTES DU PARADIS SONT OUVERTES. 72

CHAPITRE XXXI COMMENT SON VOULOIR ÉTAIT CELUI DE DIEU, ET COMMENT ELLE NE VOULAIT AUTRE CHOSE QUE CE QUI SE PRÉSENTAIT D'INSTANT EN INSTANT. DE L'ANÉANTISSEMENT DE LA VOLONTÉ ET DE LA MANIÈRE D'ÊTRE DE L'ENTENDEMENT ET DE LA MÉMOIRE. 74

CHAPITRE XXXII COMME ELLE EXPLIQUE PAR LA COMPARAISON DU PAIN MANGÉ COMMENT SE FAIT L'ANÉANTISSEMENT DE L'HOMME EN DIEU. 77

CHAPITRE XXXIII COMMENT SON INTÉRIEUR NE POUVAIT ÊTRE CONNU. DE SON ALIÉNATION INTÉRIEURE ET EXTÉRIEURE ET DE SES MANIÈRES D'ÊTRE. CELUI QUI PEUT ENCORE DÉSIGNER UN DEGRÉ QUELCONQUE DE PERFECTION N'EST PAS ENCORE BIEN ANÉANTI. 80

CHAPITRE XXXIV DE LA VUE QU'ELLE AVAIT DU LIBRE ARBITRE. 82

CHAPITRE XXXV COMMENT L'ESPRIT PURIFIÉ PAR DIEU NE TROUVE D'AUTRE DEMEURE QUE DIEU ; ET DE QUELLE MANIÈRE IL FAUT SE PURIFIER. 83

CHAPITRE XXXVI COMMENT ELLE DISAIT QUE SI UNE GOUTTE DE SON AMOUR ENFLAMMÉ TOMBAIT DANS L'ENFER, CELUI-CI DEVIENDRAIT VIE ÉTERNELLE. ELLE VOYAIT L'AMOUR SI COURTOIS QU'ELLE NE POUVAIT RIEN LUI DEMANDER. LE VRAI AMOUR N'A CURE DE PROFIT NI DE DOMMAGE. 84

CHAPITRE XXXVII COMMENT ELLE ÉTAIT ÉTRANGÈRE AUX CHOSES EXTÉRIEURES ; ELLE FUYAIT LES CONSOLATIONS SPIRITUELLES ET À MESURE CELLES-CI SURABONDAIENT. ÉLEVÉE EN EXTASE ELLE AVAIT LA FACE D'UN CHÉRUBIN, ET DE BEAUCOUP D'INCENDIES D'AMOUR QUI LUI SURVENAIENT. 86

CHAPITRE XXXVIII COMMENT ELLE EUT UNE INQUIÉTUDE DE CONSCIENCE POUR AVOIR DÉSIRÉ LA MORT, ET QUE TOUT DÉSIR MANQUE DE PERFECTION. COMMENT ELLE RACONTA SA CONVERSION À UN DE SES FILS SPIRITUELS. 87

CHAPITRE XXXIX QUELLE EST LA GRAVITÉ DU PÉCHÉ : SI DIEU POUVAIT SOUFFRIR, IL SOUFFRIRAIT PLUS QUE L'ÂME DE LA SÉPARATION DU PÉCHÉ ; L'AME, QUAND ELLE EST ÉCLAIRÉE, DÉSESPÈRE PRESQUE DE POUVOIR RÉPARER, FÛT-CE AVEC UN OCÉAN DE LARMES DE SANG. ET DE TROIS DEGRÉS QUI SONT DANS LA DROITE VOIE DE L'AMOUR. 88

CHAPITRE XL DE DEUX VUES QUI LUI FURENT MONTRÉES, L'UNE DE L'AMOUR ET DE LA BONTÉ DE DIEU ET COMBIEN OPÉRAIT EN ELLE CET AMOUR, L'AUTRE DE L'ÊTRE MAUVAIS DE L'HOMME. 90

CHAPITRE XLI COMMENT ELLE ABANDONNA TOUT SOIN D'ELLE-MÊME À L'AMOUR, ET COMBIEN CET AMOUR TRAVAILLAIT CONTRE LE MOI À PURGER LES IMPERFECTIONS. 92

CHAPITRE XLII COMME ELLE ÉTAIT BIEN ORDONNÉE. DE L'OPPOSITION DE L'ESPRIT À L'HUMANITÉ, ET COMMENT IL L'ASSIÉGEAIT. ET DE SON AMOUR NET. 96

CHAPITRE XLIII COMMENT UN MAUVAIS ESPRIT QUI ÉTAIT DANS UNE DE SES FILLES SPIRITUELLES, Y ÉTANT CONTRAINT, L'APPELA CATHERINE LE SÉRAPHIN. QUEL EXTRÊME MALHEUR C'EST D'ÊTRE SÉPARÉ DE L'AMOUR, ET PAR SUITE ELLE INVECTIVE CONTRE L'AVEUGLEMENT DES HOMMES. 98

CHAPITRE XLIV COMMENT DIEU LUI DONNA DANS SON EXTRÊME NÉCESSITÉ UN CONFESSEUR QUI LA COMPRENAIT ET LUI ÉTAIT D'UN GRAND RÉCONFORT. 99

CHAPITRE XLV COMMENT ELLE FUT TRAITÉE PAR SON MARI, ET COMMENT ELLE OBTINT DE DIEU SON ÂME ; ET DE SOEUR THOMASA FIESCA, SA COMPAGNE 1. 104

CHAPITRE XLVI COMMENT GRÂCE À SA PRIÈRE FUT CONVERTI UN MALADE PRESQUE AU DÉSESPOIR 1. 106

CHAPITRE XLVII ON RACONTE BRIÈVEMENT SON MIRACULEUX GENRE DE VIE ET CE QUI SE FIT D'ÉTONNANT EN ELLE PEU AVANT QU'ELLE MOURÛT. 108

CHAPITRE XLVIII COMMENT LUI FUT MONTRÉ EN ESPRIT LE MARTYRE QU'ELLE AURAIT À SUBIR ET DE LA TERREUR QU'EN RESSENTIT SON HUMANITÉ. VOYANT UNE IMAGE DE LA SAMARITAINE, ELLE DEMANDA À DIEU DE CETTE EAU. D'UNE OPPOSITION QU'ELLE VIT ENTRE L'ESPRIT ET L'HUMANITÉ ET D'AUTRES CHOSES ADMIRABLES 1. 112

CHAPITRE XLIX COMMENT L'ESPRIT LA PRIVA DE SON CONFESSEUR ET COMMENT ALORS QU'ELLE S'ÉTAIT ENFERMÉE, SON CONFESSEUR, S'ÉTANT CACHÉ, L'ÉCOUTAIT. PARMI TANT DE MARTYRES ELLE SE TENAIT SATISFAITE DANS LA DISPOSITION DE DIEU. ELLE EUT DES VISIONS D'ANGES. DES EXPÉRIENCES FAITES SUR ELLE PAR LES MÉDECINS. D'UN MÉDECIN VENU D'ANGLETERRE. ET D'AUTRES ÉTONNANTES OPÉRATIONS DIVINES. 117

CHAPITRE L DES VISIONS NOMBREUSES ET MERVEILLEUSES QU'ELLE EUT DANS SES DERNIERS JOURS. DE LA GRANDEUR DE SON MARTYRE. EN DEHORS DU SAINT-SACREMENT, ELLE NE POUVAIT NI MANGER NI BOIRE. ELLE SOUFFRAIT EN ELLE LES PEINES DE LA PASSION DU SEIGNEUR. DIX MÉDECINS RÉUNIS DE NOUVEAU, CONCLUENT QUE SON INFIRMITÉ ÉTAIT SURNATURELLE, ET D'AUTRES CHOSES MERVEILLEUSES. 123

CHAPITRE LI QUAND ET COMMENT ELLE PASSA DE CETTE VIE AU SEIGNEUR. PLUSIEURS PERSONNES DE DIFFÉRENTES FAÇONS ET SOUS DIFFÉRENTES FORMES VIRENT CETTE ÂME BIENHEUREUSE S'UNIR À SON DIEU. ET CE QUI ARRIVA À SON CONFESSEUR PENDANT QU'IL CÉLÉBRAIT LA MESSE DES MARTYRS. 132

CHAPITRE LII DE SA SÉPULTURE ET COMMENT LE CORPS S'EST CONSERVÉ DANS BEAUCOUP D'HUMIDITÉ ET DE CORRUPTION ; BEAUCOUP FURENT EXAUCÉS ET UNE DAME FUT GUÉRIE ; ELLE AVAIT ORDONNÉ QU'ON LUI OUVRIT LE CŒUR ET CE NE FUT PAS FAIT. 134

TRAITÉ DU PURGATOIRE 136

COMMENT, PAR COMPARAISON AVEC LE FEU DIVIN QU'ELLE RESSENTAIT AU-DEDANS D'ELLE-MÊME, ELLE COMPRENAIT CE QU'ÉTAIT LE PURGATOIRE, ET COMMENT LES ÂMES S'Y TROUVENT CONTENTES ET SOUFFRANTES



226.HENRI HARPHIUS Théologie mystique – L’Eden

116.Harphius L’Eden ...docx

​ Introduction



Henri van Herp (Harphius)(1400-1477), « héraut de Ruusbroec » réside chez les frères de la Vie commune à Delft en 1445. On lui offre une maison à Gouda dont il devient le premier recteur, organisant avec succès des conférences spirituelles et faisant bâtir quelques cellules pour les frères et les hôtes. En 1450, frappé par le renouveau franciscain lors d’un voyage à Rome, il se fait frère mineur et sera actif à Malines, près de Bruxelles, et à Anvers : la province s’accroît de plusieurs nouveaux couvents. Il meurt gardien du couvent de Malines.

Le Miroir [Spieghel] de la Perfection, fut traduite du moyen néerlandais en latin par un chartreux de Cologne en 1536 et récemment en italien 1. La Theologia mystica est un recueil d’œuvres rassemblées par ses disciples.

Sa troisième partie, Eden ou « Jardin des contemplatifs », traite magnifiquement de l’amour de conformation :

[656] La flamme de la charité ne veut laisser aucun entre-deux entre soi et l’aimé. [683] Le conformé donc imitant jalousement son conformant, s’approfondit en Dieu par chacun moment, et étant fait un avec Dieu, habite toujours en unité. ...

Il semble néanmoins à quelques-uns ... qu’ils n’aiment point Dieu, et ne se reposent en Lui : mais l’amour est cause de cette apparence ; car quand ils désirent aimer plus intensivement, qu’il ne leur est permis par leurs propres forces, et qu’ils viennent à défaillir à leur amour, ils se plaignent de ne point aimer. Secondement [ensuite] par l’envoi des rayons de ce don [d’amour], notre esprit est illuminé intellectuellement et nous enseigne à considérer notre noblesse ...

[685] Dieu opère en nous premièrement devant tous autres dons, et toutefois, est le dernier de tous, connu et senti de nous en sa propre nature. Car après être devenus simples d’esprit, chômant d’action, dénués de toutes images, immobiles, libres, morts à nous-mêmes, vivants à Dieu, nous avons ainsi cherché Dieu ... nous sentons la descente des grâces ... en ce renouvellement d’attouchement, l’esprit humain tombe en famine…

L’affection amoureuse est plus importante que l’entendement. L’accès à la vie mystique est préparé par l’oraison aspirative, prière courte et intense, selon quatre pas : s’offrir à Dieu totalement, requérir la volonté divine de se manifester afin que l’âme se connaisse, se conformer lorsque le feu de l’amour s’allume dans le cœur et consume les défectuosités, s’unir à la volonté divine en y déversant la sienne2.

Harphius évoque avec lyrisme l’union mystique, traite De la très heureuse déification de l’âme amoureuse et parcours huit échelons de l’échelle d’amour :

[715] l’esprit et l’âme ne sont qu’une même substance ... l’esprit humain est quelquefois tant soustrait du corps, et de l’âme […] qu’il oublie tout ce qui est extérieur et pareillement ignore ce qui se fait ... par mémoire ou entendement…

[720] Amy, montez plus haut. Le monter est le progrès en l’amour divin, qui est un abîme sans borne…

L’influence du « Héraut de Ruusbroec » fut très large. Elle s’exerce par l’intermédiaire de La Perle évangélique (~1520). En Espagne il influence Osuña, franciscain comme lui, lu par Thérèse d’Avila. Au XVIIe siècle, il est apprécié par Constantin de Barbanson et par Benoît de Canfield, par des chartreux et des capucins, par le Grand carme Jean de Saint-Samson ; plus tard le pasteur Poiret fait connaître Herp par sa Bibliotheca mysticorum (1708) qui eut une grande influence sur des Écossais et des piétistes allemands, et déclare : « Personne n’a pénétré comme lui dans la profondeur des états intérieurs d’une âme abandonnée à Dieu. » 3.

Nous reproduisons de façon lisible l’Eden ou « Jardin des contemplatifs » dans la belle traduction française du début du XVIIe siècle4.

Introduction 3

Préface de Dom Henri Harphius 9

Théologie mystique de Dom Henry Harphius de l'ordre des mineurs. Livre troisième, intitulée Eden c'est-à-dire Paradis des Contemplatifs. 17

Partie première. 17

Chapitre 1. Comment diverses personnes sont appelées de Dieu par diverses façons et moyens, et en quelque sorte aucuns résistent à la vocation divine. 17

Chapitre II. Comme divers combats et difficultés se présentent à ceux qui commencent à servir Dieu, et par quel moyen je sais chacun serviteur de Dieu doit persévérer fidèle à nous Dieu son Seigneur. 27

Chapitre III. Quelles choses empêchent chacun qu'il n'atteigne au degré de perfection. 37

Chapitre IV. De la préparation de la vie active, et morale. 47

Chapitre V. De l'ornement de la vie active par les vertus morales. 57

Chapitre VI. De l'élévation à Dieu entre la vie active et morale ; et des trois sortes d'intentions. 67

Chapitre VII. Comment chacun doit profiter en la vie active, par l'amour de Dieu, et de diverses sortes d'amour. 77

Chapitre VIII. Des deux moyens de parvenir à la vie spéculative, et spirituelle ; et de deux sortes de contemplations. 87

Deuxième partie du troisième livre de la Théologie mystique de dom Henri Harphius. 97

Chapitre IX. De la préparation à la vie spéculative et spirituelle ; et de cinq sortes d'affections. 97

Chapitre 10. De l'ornement de la vie spéculative et spirituelle, par les dons du Saint Esprit, principalement de la crainte, de la piété, de la science, et de la force. 107

Chapitre 11. De l'ornement de la vie spirituelle, et spéculative par les dons du Saint Esprit, savoir du conseil, d'intellect, et de sapience. 115

Chapitre 12. De l'élévation de la vie spéculative et spirituelle, selon la partie inférieure de l'homme. 125

Table 126

[… les deux premiers livres sont ici omis.

Au 6 janvier 15: pages 616-620, 622-687…sur 848] soit 70 sur 232 ou 30% Il reste du travail !



JUAN DE LA CRUZ / llama de amor viva / vive flamme / Edition bilingue

117.Juan de la Cruz VF interlinéaire 2017 repris 2018.



PRESENTATION Dominique Tronc

Une prise en main rapide de l’espagnol de Jean de la Croix est possible en s’aidant d’une édition bilingue de sa Vive flamme d’amour. Le début proposé est interlinéaire puis alternent ensuite blocs de textes et traductions.

L’espagnol 115 reprend la version « B » de Llama de amor viva.

Le mot à mot est basé sur les « premiers sens » fournis en entrée du dictionnaire moderne le plus courant 116. L’abord pas à pas direct de l’espagnol de Jean de la Croix s’avère aisé car son beau classicisme s’appuie sur un vocabulaire assez limité en vue d’être accessible par ses dirigé(e)s 117.

Sous la transcription interlinéaire, puis par la suite en notes attachées aux blocs de texte, figurent les entrées des mots dont l’accès ou le sens ne sont pas évidents. Une attention particulière porte sur les variations propres aux formes verbales qui interdisent la remontée facile du texte vers une entrée.

La mise en forme reprend la traduction du P. Max de Longchamp118 pour le premier chant, puis (à faire) l’adaptation de la carmélite Marie du Saint-Sacrement119 pour les suivants.

LLAMA DE AMOR VIVA - VIVE FLAMME D’AMOUR



CANCIONES QUE HACE EL ALMA EN LA ULTIMA

CHANSON QUE FAIT L’AME EN L’ULTIME

UNIÔN CON DIOS

UNION AVEC DIEU.

CANCIÔN 1 - STROPHE 1

O ! llama de amor viva, / que tiernamente hieres /de mi alma

O flamme d’amour vive, / qui tendrement blesse /- mon âme

hieres >herir = blesser (en musique : jouer, pincer) [modèle 27 sentir]

de = de , à , - (préposition obligatoire après certains verbes)

en el mas profundo centro ! / Pues ya no eres esquiva, /

en le plus profond centre ! / Puisque déjà tu n’est pas revêche, /

en = préposition aux traductions diverses : en, dans, de, dès que…

pues =conjonction : puisque, parce que, donc, eh bien…

eres > ser = être, notion d’existence X estar : être, n. d’état, de situation

esquivo = revêche

O vivante flamme d’amour, / qui blesse tendrement / le centre le plus profond de mon âme, / puisque tu n’es plus cruelle,

acaba ya si quieres ; / ! rompe la tela de este dulce encuentro !

achève déjà si tu veux ; ! romps la toile de cette douce rencontre-choc !

quieres > querer = vouloir, aimer [67]

encuentro = rencontre, choc

/ achève maintenant, si tu le veux ; / déchire la toile de cette douce rencontre.

DECLARACIÔN - DECLARATION

Sintiéndose ya el alma toda inflamada en la divina uniôn, ya su

Se sentant déjà l’ âme toute enflammée dans la divine union, déjà son

sintiendose > sentir [27]

paladar todo bañado en gloria y amor, y que hasta lo intimo

de palais tout baigné en gloire et amour, et que jusqu’à l’intime de

paladar = palais, goût , saveur

L’âme se sentant toute embrasée en l’union divine, et sentant son palais tout baigné en gloire et amour, sentant que jusqu’à l’intime de

su sustancia est revertiendo no menos que rîos de gloria,

sa substance est retournant non moins que rivières de gloire,

revertiendo > revertir = retourner, revenir

abundando en deleites,

abondantes en délices,

sa substance, elle reverse pas moins que des fleuves de gloire et abonde en délices,

sintiendo correr de su vientre los rîos de agua viva que dijo el

sentant courir de son ventre les rivières d’eau vive que dis le

dijo > decir [57]

Hijo de Dios (Jn.7, 38) que saldrîan en semejantes almas,

Fils de Dieu ( Jn.7, 38) qui sortent en semblables âmes,

saldrîan > salir [71] = sortir

semejantes = semblable, pareil, ce cette

sentant se répandre de ses entrailles les fleuves d’eau vive dont le Fils de Dieu (Jn 7, 38) dit qu’ils jailliraient de ces âmes,

parécele que, pues con tanta fuerza es transformada en Dios

y paraît à lui que puisque avec tant de force est transformée en Dieu et

parécele > parecer [30]= paraître sembler

il lui semble que, puisqu’elle est transformée en Dieu avec tant de force,

tan altamente de él poseîda, y con tan ricas riquezas de dones

si hautement de lui possédée, et avec tant riches richesses de dons

poseîda > poseer [50] = posséder

y virtudes arreada, que est à tan cerca de la bienaventuranza,

et vertus ornée, qui est si proche de la béatitude,

arreada > arrear = exciter harnacher, parer orner, - aller, marcher vite.

et si profondément possédée par lui, et dotée de telles richesses et de tels dons qu’elle est si proche de la béatitude,

que no la divide sino en una leve tela.

que ne la divise sinon en une légère toile.

Dividir = diviser, partager

que rien ne l’en sépare, sinon une toile légère.

Y como ve que aquella llama delicada de amor que en ella

Et comme voit que cette flamme délicate d’amour qui en elle

ve > ver [76] = voir

arde, cada vez que la est embistiendo, la est como glorificando

brûle, chaque fois qu’elle est assaillie, là est comme

arde > arder  = brûler - fig être dévoré

vez = fois

embistiendo > embestir  = assaillir, attaquer [26]

glorificando > glorificar = glorifier [10]

Et comme elle voit que cette flamme délicate d’amour qui brûle en elle, chaque fois qu’elle l’investit, se met comme à la glorifier

con suave y fuerte gloria, tanto que, cada vez que la absorbe

avec suave et forte gloire, tant que, chaque fois qu’elle l’absorbe

d’une gloire suave et forte, au point qu’à chaque fois qu’elle l’absorbe

y embiste, le parece que le va a dar la vida eterna, y que va

et l’attaque, lui paraît que lui va à donner la vie éternelle, et que va

embiste > i.p. embestir [26] = assaillir, attaquer

parece > parecer [30] = paraître, sembler

a romper la tela de la vida mortal, y que falta muy poco,

rompre la toile de la vie mortelle, et qu’il manque très peu,

faltar = manquer (cf. falta = faute)

et l’investit, il lui semble qu’elle va lui donner la vie éternelle et déchirer la toile de la vie mortelle, et qu’il s’en faut de fort peu,

y que por eso poco no acaba de ser glorificada esencialmente,

et que pour cela peu n’achève d’être glorifié essentiellement,

acabar  = finir, achever, consommer

et que pour ce peu elle n’achève pas d’être glorifiée essentiellement,

dice con gran deseo a la llama, que es el Espîritu Santo, que

dit avec grand désir à la flamme, qui est le Saint Esprit, que

dice > i.p. decir [57]

elle déclare avec un grand désir à la flamme, qui est l’Esprit-Saint,

rompa ya la vida mortal por aquel dulce encuentro, en que

rompre la toile de la vie mortelle, et qu’il manque très peu, et que

romper = casser, briser, - rompre - déchirer …

de rompre maintenant la vie mortelle par cette douce rencontre,

de veras la acabe de comunicar lo que cada vez parece

de vrai la finisse de lui communiquer ce que chaque fois il semble

acabar  = finir, achever, terminer parecer [30] =paraître, sembler

ce en quoi véritablement elle achèvera de lui communiquer ce qu’à chaque fois il semble

que la va a dar y cuando la encuentra, que es glorificarla

qu’elle va donner et quand [elle] la rencontre, qui est la glorifier

entera y perfectamente. Y asî, dice: Oh llama de amor viva!

entière et parfaitement. Et ainsi, dit : O flamme d’amour vive!

entero, ra = entier – fig. robuste, vigoureux – fort dice > i.p. decir [57]

qu’elle va lui donner lorsqu’elle la rencontre, ce qui est de la glorifier complètement et parfaitement. Et ainsi dit-elle : Ô vivante flamme d’amour !

§ 2.

Para encarecer el alma el sentimiento y aprecio con que habla

Pour louer l’âme le sentiment et l’appréciation avec qui elle parle

encarecer [30] = élever le prix de – fig. louer, faire valoir hablar = parler

en estas cuatro canciones, pone en todas ellas estos términos:

en ces quatre chants, met en toutes elles ces conclusions :

PONER : mettre [65] TERMINO : terme, fin – terme (parole) – but

"Oh!" y "cuan" que significan encarecimiento afectuoso ;

« Oh! » et « combien » qui signifient recommandation affectueuse ;

ENCARECIMIENTO : enrichissement – recommandation

Pour faire valoir le sentiment et l’estime avec lesquels elle parle en ces quatre strophes, l’âme use de ces termes en chacune d’elles : « ô ! » et « comme ! », qui signifient une affectueuse insistance.

los cuales, cada vez que se dicen, dan a entender del interior

lesquelles, chaque fois que se disent, donnent à entendre de l’intérieur

DECIR : dire [57] DAR : donner

mâs de lo que se dice por la lengua.

plus de ce que se dit par la langue.

Ces mots, toutes les fois qu’on les dit, donnent à entendre à propos de l’intérieur, plus que ce qui se dit par la langue.


Y sirve el "Oh!" para mucho desear y para mucho rogar

Et sert le “Oh” pour beaucoup désirer et pour beaucoup prier

SERVIR : servir [26] ROGAR : prier

persuadiendo, y para entrambos efectos usa el alma de él

persuadant, et pour les deux effets utilise l’âme de lui

ENTRAMBOS, BAS : les deux USAR : utiliser, employer

en esta canciôn, porque en ella encarece e intima el gran deseo,

en ce chant, parce qu’en elle fait valoir et intime le grand désir,

INTIMAR : intimer, sommer – nouer une amitié

persuadiendo al amor que la desate.

persuadant à l’amour qu’il la détache.

DESATAR : détacher, défaire

Le « ô » sert à dire que l’on désire beaucoup, et que l’on prie beaucoup et en voulant persuader ; et l’âme l’utilise pour ces deux effets en cette strophe, car elle fait valoir en elle et vante [?] un grand désir, persuadant à l’amour qu’il la détache.

§ 3.

Esta llama de amor es el espîritu de su Esposo,

que es el Espîritu Santo, el cual siente ya el alma en sî, no sôlo,

CUAL : précédé d’un article lequel, laquelle…sans art comme, tel que…

SENTIR : sentir [27] >siente : sent

SΠ: pron pers lui, elle – soi… conjonction si… adv oui

como fuego que la tiene consumida y transformada en suave amor,

TENER : avoir [72] > la tiene : la possède

Cette flamme d’amour est l’esprit de son Époux, qui est l’Esprit Saint, lequel/laquelle sent déjà l’âme en lui/elle, non seulement, comme feu qui la tient consûmée et transformée en suave amour,

sino como fuego que, demás de eso, arde en ella y echa llama,

DEMÂS : adv  du reste, au reste, d’ailleurs adj & pron indef autre

ARDER : brûler ECHAR : multiples sens jeter, expulser, pousser…+

mais comme feu qui, au reste de cela, brûle en elle et fait flamme,

como dije; y aquella llama baña al alma en gloria

{DECIR : dire [57]+ >dije : je dis

y la refresca en temple de vida divina.

TEMPLE : fx ami ! multiples sens trempe, ordre du Temple, humeur…

comme je dis ; et cette flamme baigne l’âme en gloire et la rafraîchit en temple/humeur de vie divine.

Y ésta es la operaciôn del Espîritu Santo en el alma transformada en amor, que los actos que hace interiores es llamear, que son inflamaciones de amor,

Et cela est l’opération du Saint Esprit en l’âme transformée en amour, que les actes qu’elle fait intérieurs est flamber, qui sont des inflammations d’amour,

en que unida la voluntad del alma, ama subidîsimamente,

UNIR : unir, réunir, relier SUBIDA : montée, ascension - adj fig vif, vive

hecha120 un amor con aquella llama.

HECHO, CHA : p p de Hacer fait

en qui unie la volonté de l’âme, aime ascension très élevée, faite un amour avec cette flamme.

Y asî, estos actos de amor del alma son preciosîsimos,

y merece mâs en uno y vale mâs que cuanto haber hecho

CUANTO, TA : combien

toda su vida sin esta transformaciôn, por mâs que ello fuese, etc.

ELLO : cela

Et ainsi, ces actes d’amour de l’âme sont très précieux, et méritent plus en un et vaut plus que quand avoir fait toute sa vie sans cette transformation, pour plus que cela soit, etc.

Y la diferencia que hay entre el habito y el acto,

hay entre la transformaciôn en amor y la llama de amor,

Et la différence qu’il y a entre l’habitude et l’acte, il y a entre la transformation en amour et la flamme de amour,

que es la que hay entre el madero inflamado y la llama de él : que la llama es efecto del fuego que allî est.

qui est celle qu’il y a entre le bois enflammé et la flamme de lui : que la flamme est effet du feu qui là est.121

§ 4.

4. De donde, el alma que est en estado de transformaciôn de amor, podemos decir que su ordinario habito es como el madero que siempre est embestido en fuego ;

EMBESTIR [26] : assaillir, attaquer

D’où, l’âme qui est en état de transformation d’amour, nous pouvons dire que son ordinaire habit est comme le bois qui toujours est assailli en feu ;

y los actos de esta alma son la llama que nace del fuego de amor, que tan vehemente sale cuanto es mâs intenso el fuego de la unión :

et les actes de cette âme sont la flamme qui naît du feu d’amour, qui si véhément sort quand est plus intense le feu de l’union :

en la cual llama se unen y suben los actos de la voluntad arrebatada y absorta en la llama del Espîritu Santo, que es como el angel que subiô a Dios en la llama del sacrificio de Manué (Jc. 13, 20).

ARREBATADO, DA : emporté, impérieux, violent

et les actes de cette âme sont la flamme qui naît du feu d’amour, qui si véhément sort quand est plus intense le feu de l’union : en laquelle la flamme s’unit et montent les actes de la volonté impérieuse et s’absorbe en la flamme de l’Esprit Saint, qui est comme l’ange qui montait vers Dieu dans la flamme du sacrifice de Manué (Jc. 13, 20).

Y asî, en este estado no puede el alma hacer actos, que el Espîritu Santo la mueve a ellos;

Et ainsi, en cet état ne peut l’âme faire actes, sinon que le Saint Esprit la meut à eux ;

y por eso, todos los actos de ella son divinos, pues es hecha y movida por Dios.

et pour cela, tous les actes d’elle sont divins, car est faite et mûe par Dieu.

De donde al alma le parece que cada vez que llamea esta llama, haciéndola amar con sabor y temple divino, la est dando vida eterna, pues la levanta a operaciôn de Dios en Dios.

D’où à l’âme lui paraît que chaque fois que enflamme cette flamme, la faisant aimer avec saveur et trempe/humeur divine, lui est donnée vie éternelle, qui la lève à opération de Dieu en Dieu.

§ 5.

5. Y éste es el lenguaje y palabras que trata Dios en las almas purgadas y limpias, todas encendidas como dijo David (Sal. 118, 140): Tu palabra es encendida vehementemente; y el profeta (Jr. 23, 29): Por ventura mis palabras no son como fuego?

Et ce sont là le langage et les paroles dont Dieu ]…[ traite dans les âmes purgées et nettes, paroles tout enflammées, comme disait David (Ps 118, 140) : « Ta parole est violemment enflammée » ; et le prophète : « Mes paroles ne sont-elles pas comme un feu ? »

Las cuales palabras, como él mismo dice por san Juan (6, 64) son espîritu y vida; la cual sienten las almas que tienen oîdos para oîrla,

Ces paroles, comme lui-même le dit par saint Jean (Jn 6, 64), sont esprit et vie. Cette parole est entendue par les âmes qui ont des oreilles pour l’entendre, à savoir,

que, como digo, son las almas limpias y enamoradas; que los que no tienen el paladar sano, sino que gustan otras cosas, no pueden gustar el espîritu y vida de ellas, antes les hacen sinsabor.

comme je dis, les âmes nettes et amoureuses, et celles dont le palais n’est pas sain, mais qui goûtent d’autres choses, ne peuvent en goûter l’esprit et la vie. Au contraire, elles leur semblent inisipides.

Y por eso, cuanto mâs altas palabras decîa el Hijo de Dios, tanto mâs algunos se desabrîan por su impureza, como fue cuando predicô aquella sabrosa y amorosa doctrina de la Sagrada Eucaristîa, que muchos de ellos volvieron atras (Jn. 6, 60-61, 67).

C’est pourquoi, plus les paroles dites par le Fils de Dieu étaient hautes, plus elles semblaient désagréables à certains du fait de leur impureté, par exemple lorsqu’il prêchait cette doctrine savoureuse et pleine d’amour de la Sainte Eucharistie, et que beaucoup d’entre eux se retirèrent. (Jn 6, 60-61 ; 67)

§ 6.

Y no porque los tales no gusten este lenguaje de Dios, que habla de dentro, han de pensar que no le gustan otros, como aquî se dice,

Et ce n’est pas parce qu’ils ne goûtent pas ce langage de Dieu qui parle de l’intérieur, que ceux-là doivent penser que d’autres ne le goûtent pas, comme l’on dit ici,

como las gustô san Pedro (Jn. 6, 69) en el alma cuando dijo a Cristo: Dônde iremos, Señor, que tienes palabras de vida eterna? Y la Samaritana olvidô el agua y el cntaro por la dulzura de las palabras de Dios (Jn. 4, 28).

comme saint Pierre l’a goûté (Jn 6, 69) en son âme lorsqu’il a déclaré au Christ : « Où irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! » Et la Samaritaine oublia l’eau et la cruche à cause de la douceur des paroles de Dieu. (Jn 4, 28)

Y asî, estando esta alma tan cerca de Dios, que est transformada en llama de amor, en que se le comunica el Padre, Hijo y Espîritu Santo,

Ainsi, cette âme étant si proche de Dieu qu’elle se trouve transformée en flamme d’amour, ce en quoi lui est communiqué le Père, le Fils et l’Esprit-Saint,

qué increible cosa se dice que guste un rastro de vida eterna, aunque no perfectamente, porque no lo lleva la condiciôn de esta vida?

serait-il incroyable de dire qu’elle goûte une esquisse de vie éternelle, quoique non parfaitement, parce que la condition de cette vie ne le supporte pas ?

Mas es tan subido el deleite que aquel llamear del Espîritu Santo hace en ella, que la hace saber a qué sabe la vida eterna.

Mais les délices que produit en elle ce flamboiement de l’Esprit-Saint sont si relevés, qu’ils lui font savourer la saveur de la vie éternelle.

Que por eso llama a la llama "viva"; no porque no sea siempre viva, sino porque le hace tal efecto, que la hace vivir en Dios espiritualmente y sentir vida de Dios, al modo que dice David (Sal. 83, 3): Mi corazôn y mi carne se gozaron en Dios vivo.

C’est pourquoi elle appelle la flamme « vivante », non qu’elle soit toujours vivante, mais parce qu’elle produit un tel effet qu’elle la fait vivre en Dieu spirituellement, et sentir la vie de Dieu de la façon dont parle David (Ps 83, 3) : « Mon coeur et ma chair se réjouissent dans le Dieu vivant. »

No porque sea menester decir que sea vivo, pues siempre lo est, sino para dar a entender que el espîritu y sentido vivamente gustaban a Dios, hechos en Dios, lo cual es gustar a Dios vivo, esto es, vida de Dios y vida eterna.

Ce n’est pas qu’il soit nécessaire de dire qu’il est vivant, car il l’est toujours, mais c’est pour donner à comprendre que l’esprit et le sens goûtaient Dieu de façon vivante, rendus en Dieu, ce qui est goûter le Dieu vivant, c’est-à-dire la vie de Dieu et la vie éternelle.

Ni dijera David allî: "Dios vivo", sino porque vivamente le gustaba, aunque no perfectamente, sino como un viso de vida eterna.

Dans ce passage, David n’aurait pas dit « Dieu vivant », s’il ne le goûtait pas de façon vivante, quoique non parfaitement, mais comme une vue de vie éternelle.

Y asî, en esta llama siente el alma tan vivamente a Dios, que le gusta con tanto sabor y suavidad, que dice: Oh llama de amor viva! que tiernamente hieres.

Et ainsi, en cette flamme l’âme sent Dieu de façon si vivante, qu’elle le goûte si savoureusement et si suavement, qu’elle dit : « Ô vivante flamme d’amour ! » Qui blesses tendrement.

§ 7.

Esto es: que con tu ardor tiernamente me tocas. Que, por cuanto esta llama es llama de vida divina, hiere al alma con ternura de vida de Dios;

C’est-à-dire : qui me touches si tendrement par ton amour. En effet, pour autant que cette flamme est flamme de vie divine, elle blesse l’âme avec la tendresse de la vie de Dieu ;

y tanto y tan entrañablemente la hiere y enternece, que la derrite en amor, porque se cumpla en ella lo que en la Esposa en los Cantares (5, 6), que se enterneciô tanto, que se derritiô,

et elle la blesse et l’attendrit tellement et si profondément, qu’elle la consume en amour, pour que s’accomplisse en elle la même chose qu’en l’Épouse des Cantiques (Cant 5, 6), laquelle s’est attendrie au point de se consumer,

y asî dice ella allî: Luego que el Esposo hablô, se derritiô mi alma; porque el habla de Dios es el efecto que hace en el alma.

et elle le dit ainsi dans ce passage : « Lorsque l’Époux a parlé, mon âme s’est consumée » ; parce que la parole de Dieu est l’effet qu’il produit en l’âme.

§ 8.

Mas cômo se puede decir que la hiere, pues en el alma no hay ya cosa por herir, estando ya el alma toda cauterizada con el fuego de amor?

Mais comment peut-on dire qu’elle la blesse, vu qu’il n’y a plus rien à blesser en l’âme, puisqu’elle est maintenant tout entière cautérisée par le feu d’amour ?

Es cosa maravillosa que, como el amor nunca est ocioso, sino en continuo movimiento, como la llama, est echando siempre llamaradas ac y all;

Chose merveilleuse que l’amour flamboie toujours de ci de là, ne restant jamais en repos, mais en mouvement continuel, comme la flamme ;

y el amor, cuyo oficio es herir para enamorar y deleitar, como en la tal alma est en viva llama, estle arrojando sus heridas como llamaradas ternîsimas de delicado amor, ejercitando jocunda y festivalmente las artes y juegos del amor, como en el palacio de sus bodas,







[…………….]



et l’amour, dont l’office est de blesser pour produire amour et délices, étant flamme vivante en cette âme, lui décoche ses traits comme des flamboiements très tendres d’amour délicat, exerçant gaiement les arts et les jeux de l’amour en fête, comme dans le palais de ses noces,

como Asuero con la esposa Ester (Est. 2, 17 ss.), mostrando allî sus gracias, descubriéndola sus riquezas y la gloria de su grandeza,

tel Assuérus avec son épouse Esther (Est 2, 17 ss), montrant là ses grâces, lui découvrant ses richesses et la gloire de sa majesté,

porque se cumpla en esta alma lo que él dijo en los Proverbios (8, 30-31), diciendo: Deleitbame yo por todos los dîas, jugando delante de él todo el tiempo, jugando en la redondez de las tierras, y mis deleites estar con los hijos de los hombres, es a saber, dândoselos a ellos.

pour que s’accomplisse en cette âme ce qu’il dit dans les Proverbes (8, 30-31) par ces mots : « Mes délices tous les jours étaient de jouer tout le temps devant lui, de jouer à la surface du globe, et mes délices étaient d’être avec les enfants des hommes », à savoir, en se donnant à eux.

Por lo cual estas heridas, que son sus juegos, son llamaradas de tiernos toques que al alma tocan por momentos de parte del fuego de amor, que no est ocioso. Los cuales, dice, acaecen y hieren, de mi alma en el mâs profundo centro.

C’est pourquoi ces traits, qui sont ses jeux, sont des flamboiements de tendres attouchements qui touchent par moment l’âme et qui viennent du feu d’amour qui ne reste pas au repos. L’âme dit que ces attouchements se produisent et qu’ils blessent le centre le plus profond de mon âme.



§ 9

Porque en la sustancia del alma, donde ni el centro del sentido ni el demonio puede llegar, pasa esta fiesta del Espîritu Santo;

En effet, c’est en la substance de l’âme que se passe cette fête de l’Esprit-Saint, où ni le centre du sens, ni le démon ne peuvent arriver ;

y, por tanto, tanto mâs segura, sustancial y deleitable, cuanto mâs interior ella es; porque cuanto mâs interior es, es mâs pura; y cuanto hay mâs de pureza, tanto mâs abundante y frecuente y generalmente se comunica Dios.

et pour autant, elle est d’autant plus sûre, subtantielle et pleine de délices qu’elle est plus intérieure, car plus elle est intérieure, plus elle est pure, et plus il y a de pureté, plus Dieu se communique abondamment, fréquemment et généralement.

Y asî, es tanto mâs el deleite y el gozar del alma y del espîritu porque es Dios el obrero de todo, sin que el alma haga de suyo nada.

Et ainsi, les délices et la jouissance de l’âme et de l’esprit sont d’autant plus grands que Dieu est celui qui opère tout, sans que l’âme fasse rien d’elle-même.

Que, por cuanto el alma no puede obrar de suyo nada si no es por el sentido corporal, ayudada de él, del cual en este caso est ella muy libre y muy lejos, su negocio es ya sôlo recibir de Dios, el cual solo puede en el fondo del alma, sin ayuda de los sentidos, hacer obra y mover al alma en ella.

En effet, pour autant que l’âme ne peut rien opérer d’elle-même si ce n’est par le sens corporel et aidée par lui, ce dont ici elle se trouve très libre et très éloignée, son affaire est alors seulement de recevoir de Dieu, lequel seul peut agir dans le fond de l’âme sans l’aide des sens, et y mouvoir l’âme.

Y asî, todos los movimientos de la tal alma son divinos; y aunque son suyos, de ella lo son, porque los hace Dios en ella con ella, que da su voluntad y consentimiento. Y, porque decir hiere en el mâs profundo centro de su alma da a entender que tiene el alma otros centros no tan profundos, conviene advertir cômo sea esto.

Et ainsi, tous les mouvements de cette âme sont divins ; et quoiqu’ils soient de Dieu, ils sont d’elle aussi, parce qu’Il les produit en elle avec elle, qui donne sa volonté et son consentement. Et parce que dire qu’Il blesse le centre le plus profond de son âme donne à entendre qu’elle a d’autres centres moins profonds, il nous faut faire attention à la façon dont cela est.

§ 10.

Y, cuanto a lo primero, es de saber que el alma, en cuanto espîritu, no tiene alto ni bajo, ni mâs profundo, ni menos profundo en su ser, como tienen los cuerpos cuantitativos;

Quant au premier, il faut savoir que l’âme, en tant qu’esprit, n’a ni haut, ni bas ]…[ plus profond ni moins profond en son être, comme en ont les corps quantifiables ;

que, pues en ella no hay partes, no tiene mâs diferencia dentro que fuera, que toda ella es de una manera y no tiene centro de hondo y menos hondo cuantitativo;

et puisqu’en elle il n’y a pas de parties, elle n’a pas non plus de différence entre l’intérieur et l’extérieur, elle n’a pas de centre plus ou moins profond quantitativement.

porque no puede estar en una parte mâs ilustrada que en otra, como los cuerpos fîsicos, sino toda en una manera, en mâs o en menos, como el aire que todo est de una manera ilustrado y no ilustrado en mâs o en menos.

En effet, elle ne peut être plus illuminée en une partie qu’en une autre, comme le sont les corps physiques, mais elle l’est tout d’une même manière, sans plus ni moins, comme l’air est tout entier illuminé ou non illuminé d’une même manière, sans plus ni moins.

§ 11.

En las cosas, aquello llamamos centro mâs profundo que es a lo que mâs puede llegar su ser y virtud y la fuerza de su operaciôn y movimiento, y no puede pasar de allî;

Dans les choses, nous appelons centre le plus profond le point auquel peut arriver leur être et leur énergie, et la force de leur opération et de leur mouvement, sans pouvoir passer au-delà.

asî como el fuego o la piedra que tiene virtud y movimiento natural y fuerza para llegar al centro de su esfera, y no pueden pasar de allî ni dejar de llegar ni estar allî, si no es por algùn impedimento contrario y violento.

Par exemple, le feu ou la pierre ont énergie et mouvement naturels ]…[ pour arriver au centre de leur sphère, et ils ne peuvent passer au-delà, ni laisser d’y arriver et de s’y tenir, sinon par quelque empêchement contraire et violent.

Segùn esto, diremos que la piedra, cuando en alguna manera est dentro de la tierra, aunque no sea en lo mâs profundo de ella, est en su centro en alguna manera, porque est dentro de la esfera de su centro y actividad y movimiento;

À partir de cela, nous dirons que la pierre, lorsqu’elle se trouve en quelque manière dans la terre, quoiqu’elle ne soit pas en son plus profond, se trouve en quelque manière en son centre, puisqu’elle se trouve à l’intérieur de la sphère de son centre, de son activité et de son mouvement

pero no diremos que est en el mâs profundo de ella, que es el medio de la tierra; y asî siempre le queda virtud y fuerza e inclinaciôn para bajar y llegar hasta este mâs ùltimo y profundo centro, si se le quita el impedimento de delante;

cependant, nous ne dirons pas qu’elle se trouve pas en son plus profond, qui est le centre de la terre, et ainsi toujours il lui reste de l’énergie, de la force et de l’inclination pour descendre et arriver jusqu’à ce centre ultime et le plus profond, si on lui ôte l’empêchement qui la retient 

y, cuando llegare y no tuviere de suyo mâs virtud e inclinaciôn para mâs movimiento, diremos que est en el mâs profundo centro suyo.

et quand elle y sera arrivée et ne trouvera plus d’énergie et d’inclination en elle-même pour davantage de mouvement, nous dirons qu’elle se trouve en son centre le plus profond.

[………….]



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CARMELS

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81.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628 Historia de la Vida y Virtudes del Venerable P. F. Juan de la Cruz & Études [rééditions choisies]

118.Quiroga_Historia & notices_révisé_accentué_antidoté éd.2.docx [et] .pdf



José de Jésus Maria Quiroga 1562-1628, Historia de la Vida y Virtudes del Venerable P. F. Juan de la Cruz & Etudes, dossier assemblé par D. Tronc, lulu.com, coll. « Chemins mystiques », 338 p. [Sections françaises sur les épreuves à Tolède et en fin de vie avec leurs originaux espagnols augmentés d’un choix de chapitres, notices et études sur Quiroga.]

Introduction

José de Jésus Maria Quiroga (1562-1628), carme, est un des disciples de la première génération qui succède à celle de Jean de la Croix (1542-1591). Il fut nommé dès 1597 premier archiviste “historiador” de l’Ordre naissant des Déchaussés. Chargé d’écrire une relation de la vie de leur fondateur, il débute rapidement son enquête.

Lorsqu’il publie sans autorisation en 1628 son grand travail, une Vida y virtudes del Venerable P.F. Juan de la Cruz achevée depuis quelques années, mais qui met en cause le renom de l’Ordre, Quiroga est destitué. “Exilé” à Cuenca122, il meurt la même année. Des confrères carmes seront chargés à leur tour de rendre compte à nouveau de la vie de San Juan de la Cruz.

Quiroga quant à lui se veut véridique, visite les lieux d’épreuves, enquête, n’omet aucun des faits vécus par son héros. Formé lui-même par des novices eux-même formés par Jean de la Croix, il eut accès à tous ces témoins et à toutes les carmélites, au-delà de leurs dépositions signées. Il les utilise généralement deux par deux pour confirmer leur force.

Enfin l’historien passionné illustre et défend l’approche mystique de son Maître. Mais elle ne pouvait être partagée par la majorité des membres de communautés carmes élargies et diverses123.

Au mieux, des dirigeants carmes s’abstenaient à juste raison d’imposer les conditions permettant d’épanouir une vocation mystique. Au pire ils s’y opposaient. Lorsque le Père Jean de la Croix entra en résistance, ils diligentèrent une enquête sur lui. Il reçut en même temps l’ordre, établi par décision collective, de quitter l’Espagne pour le Mexique. Mais il entreprit un voyage rendant son éloignement plus certain.

Quiroga se gardera de condamner ceux-là mêmes qui l’auront fait tant fait souffrir. En milieu de vie, il s’agissait des étrangers à la Réforme des Déchaussés, les carmes de l’Observance ancienne qui s'emparèrent de lui et l’enfermèrent dans la prison conventuelle de leur couvent à Tolède en Castille124. Ensuite il s’agit de plus proches et précisément de deux carmes de la Réforme des Déchaussés : un jeune enquêteur furent diligenté en Andalousie et devint la terreur des carmélites tandis que le prieur d’Úbeda fut de son côté un homme sans pitié assurant une vengeance personnelle. Mais ces deux méchants ne pouvaient agir sans l’aval des autorités125.

Toute cette histoire confirme le bien-fondé du silence comme la condition indispensable à “l’exercice” de l’homme intérieur car aucune protection des incompréhensions et jalousies des hommes “extérieurs” n’est acquise au sein d’institutions larges régies par les seules Règles. Le jeune Jean de Yepes songeait bien à se faire ermite chez les chartreux, mais il fut convaincu par Teresa (1515-1582) d’étendre la réforme des femmes aux hommes.

Il s’y consacra sans répit et lui succédera auprès de ses filles récalcitrantes au contrôle de l’Ordre des Déchaussés assuré par le biais de confesseurs imposés. C’est la source de ses épreuves les plus lourdes.

Quiroga en rend compte avec précision et “là où ça fait mal”, respectant la pleine vérité. Sa Vida y virtudes tranche sur celles qui suivront par le soin méticuleux avec lequel il rend compte d’épreuves très concrètes vécues héroïquement. Mais toute vérité n’est pas bonne à dire lorsqu’elle rend évidente une faiblesse collective, même si l’historien évite la mise en cause du plus haut gardien de son Ordre.

Et il publie sa rédaction sans l’autorisation requise par ses supérieurs, en 1628 en Flandre espagnole à Bruxelles. On avance qu’elle était achevée depuis plusieurs années. Des exemplaires envoyés en Espagne par une carmélite, peut-être responsable et certainement très satisfaite de ce travail, mettent le doigt sur une plaie ouverte (entre Quiroga et une autorisationglnon obtenue, entre ces carmélites de Bruxelles et les carmes d’Espagne qui voulaient sûrement en assurer la direction126) S’ensuit le feu aux poudres, la colère en Espagne et une brutale disgrâce : Quiroga meurt “exilé” à Cuenca à la fin de sa même année.

On trouvera de rares études le concernant en dernière partie du présent volume127. Car une omerta semble avoir été pratiquée jusqu’à l’intervention au siècle dernier de dom Chevallier128 suivi d’autres ni n’étaient ni carmes ni Espagnols129.

Certains étrangers oeuvraient déjà au XVIIe siècle en contradiction avec les supérieurs espagnols qui avaient ordonné la rédaction de deux autres Vidas. Ces dernières demeurèrent espagnoles mais les traducteurs français et italiens choisirent à juste titre la source primitive par Quiroga.

La “Vida y virtudes” ainsi lue au XVIIe siècle en français fait apparaître tout le vécu des épreuves. Cette traduction française mériterait une pleine réédition qui n’eut jamais lieu.

Je me limite ici à deux “zooms” centrés sur Tolède (1578) puis sur Úbeda (1591), deux sections comportant chacune une dizaine de chapitres respectant et leur succession et leur intégralité. On y trouvera des enquêtes menées avec le plus grands soin et clarté, citant des témoins, incluant tous détails utiles. Ils sont indispensables pour expliquer sans les excuser comment prirent place deux grandes “méchancetés” qui semblent à première vue incompréhensibles.

Quiroga nous expose clairement et froidement deux enchaînements catastrophiques. En homme contemporain de tueries religieuses européennes ou esclavagistes hispano-américaines, il accepte sans difficulté l’ordre établi de prisons religieuses (épisode de 1578). Ensuite il expose dans les détails les plus corporels les effets et le règne d’une souffrance incontournable à l’époque où un érysipèle d’origine bactérienne conduit souvent à la mort par gangrène lorsqu’il n’est pas traité par un antibiotique (automne 1591).

Au-delà de précisions qui nous font partager les angoisses portées par un prisonnier silencieux dans le noir ; puis dix ans plus tard en une terrible fin de vie, nous comprenons non seulement le comment, mais surtout le pourquoi d’oppositions. Peut-être Jean de la Croix dans son élan et sa jeunesse n’était-il guère sensible aux effets d’une règle du jeu propre à l’exercice mystique appliquée à tous, donc souvent insupportable à ceux qui n’y sont pas appelés sinon par touches espacées.

Cette histoire menée passionnément, mais sans haine explique celle de non-mystiques (à la vie irréprochable) qui se retrouvent enfermés derrière les murailles de couvents lorsque leur nature se retrouve brimée par des Règles. Il n’en est heureusement pas plus de même : l’on admet aujourd’hui que l’on puisse vivre comme laïcs une profonde vie mystique en échappant à de telles contraintes.

Trois parties à mon dossier :

Sections françaises consacrées aux épreuves, rééditées pour la première fois,

Leurs originaux espagnols augmentés d’un choix de chapitres issus de l’imprimé (ici imprimé en petit corps),

enfin les notices et des études sur l’historien Quiroga. Son oeuvre écrite est importante et méconnue, car l’orientation prise par les carmes espagnols sous l’influence de Thomas de Jésus s’écarteront, dans une voie de méditation matinée d’ascèse, de la voie contemplative que Jean de la Croix enseignait pour conduire à une vie mystique 130. Au sein de larges structures l’élan des fondateurs est converti en règle.

À défaut d’avoir pour le moment recours à des manuscrits qui demeurent toujours inexploités131, j’assemble des sources accessibles, dont celles qui ont été imprimées au XVIIe siècle.

Quelques informations situant la première des nombreuses “Vies” de Jean de la Croix composée par l’historien de l’Ordre naissant:

Elle fut éditée (sauvée?) en 1628 en Flandre espagnole? Peut-être grâce à une intervention de la carmélite qui succéda à Anne de Jésus (1545-1621), mystique dédicataire du Cantico qui connaissait bien la Cour de Bruxelles (alors capitale de la Flandre espagnole). Peut-être par suite d’un auteur qui ne veut pas laisser perdre la défense de son saint maître et prend tous les risques en se croyant protégé par cette Cour.

La Vida y virtudes […] con declaracion de los grados de la vida contemplativa por don de N.S. le levanto a una rara perfecion en estado de destierro. Y del singular don que tuvo para enseñar la sabiduria divina que transforma las almas en Dios, présente le grand intérêt de mêler les faits biographiques à l’évolution intérieure mystique. Ce ne sera plus le cas des très nombreuses biographies qui séparent cette première présentation de 1628 de l’excellente biographie offerte par Crisogono vers ~1938, rééditée en 1974, traduite en français en 1998.

De taille très importante, la Vida y Virtudes ne peut être entièrement reprise ici. J’ai choisi de reproduire les ensembles très précis décrivant deux grandes épreuves vécues par Jean de la Croix. Deux blocs de textes livrent les informations les plus précises sur la prison puis la mort de Jean de la Croix : Libro segundo, capitulos 1 - 10 sur l’emprisonnement à Tolède (suivi du cap. 14) ; Libro tercero, cap. 15 – 23 sur la mort, (précédé du cap. 3 expliquant pourquoi un si mauvais traitement fut réservé au saint). Soit : 21 chapitres sur 131 de l’ouvrage complet (auquel on ajoutera 14 chapitres dans la section espagnole).

Pour souligner combien il faudrait recourir aux manuscrits, je livre les fragments publiés anciennement en bilingue dans la revue Études carmélitaines par Ph. Chevallier, moine de Solesmes, section réservée à des « Textes anciens ».

Ce premier dossier laisse de côté, réservé à deux autres dossiers toujours assemblés à partir des imprimés, en espérant un gros travail sur les manuscrits :

La “Subida del alma a Dios que aspira a la divina Union…” qui couvre deux tomes. Cette oeuvre centrale du point de vue mystique est reprise ici. Dans sa seconde partie qui traite de l’Union, De la entrada del alma al Parayso Espiritual, Quiroga complémente ce qui nous est parvenu de Jean de la Croix (on sait que de nombreux écrits de son Maître ont disparu : son oeuvre nous est livrée tronquée et sa correspondance fut détruite).Un Don que tuvo san Juan de la Cruz para guiar las almas a Dios fut publié en complément à l’une des éditions intégrales de l’oeuvre de Juan de la Cruz en 1914 132. Elle fut adaptée par la traductrice carmélite Marie du Saint-Sacrement 133.

L’Apologia mística en defensa de la Contemplación divina constitue une vigoureuse défense de la vie intérieure. Aussi elle a été traduite deux fois. L’apport du plus fidèle des disciples de Jean de la Croix sur le plan du vécu mystique s’impose à tous.

§

On devine l’intention globale de Quiroga : donner aux novices des réponses aux difficultés rencontrées. Il constate que ses confrères s’écartent de la vie mystique en mettant en avant la méditation, ce qui deviendra le vécu de la majorité des carmes par la suite 134.

Aussi n’a t-il pas hésité à donner à sa Subida del alma un titre rappelant la Subida del monte de son Maître. C’est un exposé organisé de la vie mystique « vue de l’intérieur » : il faut aider les jeunes carmes à passer rapidement de la méditation (un à trois mois suffiraient) à la contemplation. Il faut sauter le pas!

§

Avant de fermer le dossier au risque d’oublier les implications de son contenu, voici une appréciation personnelle rédigée sans précaution. Elle est née du travail de lecture lente, à fin de reconnaissance vocale, des deux traductions de « crises vécues ». Deux épreuves subies par Jean de la Croix, mystique chrétien universellement reconnu, car s’appuyant sur un Rien commun à tous, tiennent en moins de cent pages.

Le lecteur sera récompensé à tous niveaux  :

Il s’agit d’un concentré excellemment rédigé par l’enquêteur-historien chargé du travail et qui s’est rendu sur place pour mesurer dimensions et fenêtre ; attentif et précis à situer un modèle utilisable par tous, de l’isolement à la fin de vie.

Il s’agit d’un exposé mystique « par l’exemple » et non par les mots : sans échafaudage ni appui connexe joint à la Grâce. Un seul exemple parallèle est offert : la vie et l’épreuve du Seigneur.

Il s’agit d’établir sur la foi nue une vie mystique véritable extrêmement sobre. Elle s’oppose à des détracteurs de bonne foi, mais attachés aux croyances.

Quiroga ne nous livre pas seulement le comment par son exposé des faits bruts, mais aussi le pourquoi.

Sans y mêler de condamnation, sinon celle d’une perversité propre aux deux bourreaux qu’il suppose -- ou veut nous faire supposer – des isolés. L’historien de l’Ordre -- il l‘est encore au moment de sa rédaction – accepte des conditions admises à l’époque, tel l’enfermement des récalcitrants en prisons privées au sein de tous Ordres religieux135.

Clairement, le Père fondateur Jean de la Croix est devenu inacceptable dans son Ordre maintenant normalisé, peuplé par de « braves types » non mystiques, même si certains d’entre eux ont connu (certains connaissent toujours aujourd’hui) l’« instant » qui les a fait choisir une voie abrupte. Mais on ne doit ni ne peut raisonnablement maintenir derrière des murs de jeunes hommes actifs qui pensent, avec pleine raison aux yeux du monde, avoir mieux à faire que de s’isoler « égoïstement », par exemple en convertissant par la parole de sermons et retraites et en assurant le rôle de confesseur, tous moyens humains développés dans une culture religieuse.

Or, contrainte inacceptable aux yeux de Définiteurs qui se réunissent en tant que responsables élus pour prendre des décisions relatives aux orientations de l’Ordre nouveau (à défendre contre l’Ordre ancien non réformé et en compétition avec bien d’autres associations religieuses), Jean de la Croix leur retire un monde féminin nombreux et soumis. Teresa voulait laisser le libre choix du confesseur aux carmélites ? Elles choisissent « notre vénérable Père » Jean de la Croix au moment même où l’on veut se débarrasser d’une influence devenue hors saison !

Les Carmes Déchaussés n’ont plus aucune fonction reconnue si on leur retire celle d’être les confesseurs de leurs sœurs. C’est la clé, là se situe le noeud de l’affrontement136, le choix des Religieuses de prendre Jean de la Croix comme leur directeur général sans en référer aux responsables carmes Déchaussés. Elles sont intéressées par la vie mystique, « planche de salut » des femmes à toutes époques, depuis l’époque des béguines au XIIIe siècle, alors que les hommes ont plein d’occupations possibles : prêcher, convertir ,étudier…

Aussi il est compréhensible que l’on envoie Jean le fondateur fonder au Mexique. Cela ne va peut-être pas suffire s’il guérit de son érysipèle137. D’où l’enquête menée pendant sa maladie. Le décès prévisible compte tenu d’une triste santé règle au mieux la situation. Quiroga essaie bien de préserver à nos yeux le grand responsable de l’Ordre (le fameux Doria), mais sa défense en mettant tout sur le dos d’un jeune enquêteur (certes ignoble) ne paraît pas concluante. Surtout son exposé met à nu une médiocrité humaine allant jusqu’à la perversité que l’on ne peut mettre sur le compte du Diable.

Sa rédaction qu’on lui avait confiée est terminée depuis probablement 1626, mais ne doit pas être éditée et exposer à tous des turpitudes. Quiroga vieillissant franchit enfin le Rubicon : en 1628 il se croit peut-être à l’abri comme un protégé par la cour de Bruxelles animée par la sœur du puissant Charles-Quint. Les carmélites -- nos sœurs, toujours elles -- envoient quelques exemplaires en Espagne. Chiffons rouges! L’auteur qui n’a respecté la Règle est aussitôt cassé et expédié au fin fond de la province : à Cuenca qui est une belle cité perchée à mille mètres et bien loin de Madrid (deux cents kilomètres d’aujourd’hui), à mi-route de Valence, accessible par de fort mauvais chemins venteux. Il y neige en ce moment même de ma très libre rédaction de novembre 2016). Le vieil historien prend peut-être froid et y meurt (décembre 1628).

La « folie » de son héros, qui l’aveugle si l’on se place du point de vue des défenseurs de la Réforma, est d’avoir voulu construire un Ordre des mystiques. On n’a pas le droit d’imposer à la majorité un comportement adapté à quelques-uns. Tout au plus peut-on fédérer de modestes groupes ne comportant chacun guère plus de douze personnes.



Table


Historia de la Vida y Virtudes del Venerable P. F. Juan de la Cruz 3

& Études 3

Dossier assemblé par Dominique Tronc 3

Introduction 5


Première partie : La Vie du Bienheureux Père Iean de la Croix 15

La Vie du Bienheureux Père Iean de la Croix, premier religieux Déchaussé de la Réforme de Nostre Dame du Mont-Carmel, & coadjuteur de Ste Therese 16

Avec une déclaration des degrez de la vie contemplative, par lesquels N. Seigneur l’éleva à une rare perfection; et du singulier don qu’il eût pour enseigner la divine Sagesse qui transforme les âmes en Dieu. 16


Livre second, chapitres 1-10 sur l’emprisonnement à Tolède 17

Chapitre premier de quelque succès advenu en ce temps entre les deux congrégations de l’ordre de Notre-Dame du mont Carmel, lesquels menaçaient notre bon Père. 17

Chapitre II. D’une assemblée que firent les Pères Carmes Déchaussez en ce temps, pour obvier au dommage qui les menaçait; et y traitèrent encore d’autres choses qui concernaient le bien de l’Ordre. 20

Chapitre III. Comme les Pères de l’Observance emprisonnèrent notre bon Père à Avila, pour l’amener à Tolède. 24

Chapitre IV. Les diligences que l’on fit à Tolède vers notre bienheureux Père Jean de la Croix afin qu’il prît l’habit des mitigés, et comme ils l’emprisonnèrent et le tourmentèrent pour n’avoir voulu acquiescer à leur volonté. 27

Chapitre V. De quelques travaux qu’il souffrit en la prison, et avec quelle patience il les supportait. 30

Chapitre VI. Comme notre Seigneur fortifia sa patience ès travaux de la prison par quelques consolations spirituelles des plus extraordinaires. 35

Chapitre VII. De quelques visites très favorables et autres grâces singulières que notre Seigneur et la Sainte Vierge lui firent en la prison. 39

Chapitre VIII. Comme il commença ses livres mystiques en la prison, suivant la connaissance expérimentale qu’il tirait des effets que Dieu opérait en son âme. 43

Chapitre IX. Comme la très Sainte Vierge commanda au bienheureux Père Jean de la Croix de sortir de la prison, et lui en enseigna le moyen. 46

Chapitre X. De la sortie de prison de notre bienheureux Père Jean de la Croix, et combien elle fut miraculeuse. 49

Chapitre XI. Des choses les plus remarquables qui lui advinrent à Tolède, depuis sa sortie, jusqu’à son arrivée au couvent d’Almodovar.

53

Livre troisième, chapitres 15 à 23 sur la maladie et l’agonie 57

Chapitre XV. D’une persécution domestique qui s’éleva contre notre bienheureux Père, comme il tomba malade dans ce désert, et fut menée à Ubede pour y être pansé. 57

Chapitre XVI. Comme son mal s’accrut à Ubede, et la grande joie, et patience héroïque dont il le supportait. 61

Chapitre XVII. Auquel sont déduits d’autres grands travaux que notre bienheureux Père souffrit de la part de celui qui gouvernait le couvent. 64

Chapitre XVIII. De l’aimable providence dont notre Seigneur secourut notre bienheureux Père en sa maladie, et en ses travaux. 68

Chapitre XIX. Comme le diable enflamma de nouveau la persécution domestique entre notre bienheureux Père, procurant d’obscurcir l’éclat de ses vertus. 72

Chapitre XX. En qu’elle affliction et détresse cette persécution réduisit ceux qui était affectionné à notre bienheureux Père, et la joyeuse patience dont il la supportait. 77

Chapitre XXI. Comme cette persécution contre notre bienheureux Père prit fin, et comme l’auteur d’icelle fut puni. 80

Chapitre XXII. Comme il eut révélation du jour et de l’heure de sa mort, et comme notre Seigneur lui fit part du calice de sa passion, pour comble des grâces qui lui avaient faites. 83

Chapitre XXIII. De la précieuse mort de notre bienheureux Père Jean de la Croix, et comme il s’y disposa heureusement. 85

Deuxième partie : Historia de la Vida y Virtudes del Venerable P. F. Juan de la Cruz 91

Fortunado Antolin présente la Vida y Virtudes 93


II. LA VIDA DE SAN JUAN DE LA CRUZ 93

La obra 93


Un choix de chapitres du Libro primero 103

Cap. 4. Como fue a estudiar al colegio de su Orden de Salamanca, cuán ejemplar fue allí su vida y cuán frecuente su oración. 103

[…] 105

Cap. 9. De la fundación del Monasterio de Duruelo, principio de los Descalzos de Nuestra Señora del Carmen, cuyo primer habitador fue el padre Fray juan de la Cruz. 105

Cap. 10. Donde se describe el edificio y adorno del monasterio de Duruelo, planta fundamental del Carmelo renovado. 108

[…] 111

Cap. 12. Cómo iba Nuestro Señor perfeccionando el espiritu de nuestro Venerahle Padre, y despojándole de las ropas del hombre viejo para vestirle de sus resplandores. 111

[…] 113

Cap. 15. Como le comunicó el Espiritu Santo el don de maestro de la sabidurfa del cielo y con qué aprovechamiento la ensefiaba a sus discípulos. 113

[…] 117

Cap. 17. De la fundación de religiosos de Pastrana, y traslación de la de Duruelo a Mancera, y jornada del Padre Fray Juan de la Cruz a Pastrana a dar forma primitiva a aquel noviciado. 117

[…] 119

Cap. 25. De las heroicas virtudes del padre Fray juan de la Cruz y cuán ilustrada tuvo la fe. 119

[…] 122

Cap. 30. Que la caridad luminosa de nuestro Venerable Padre era tan intensa en el espíritu que comunicaba algunas veces su resplandor al cuerpo. 122

Cap. 31. De su caridad iluminativa con que a modo de serafin iluminaba y encendia a otros en el fuego en que él ardía 125

[…] 128

Cap. 33. Cuán gran maestro fue de la vida espiritual y cuán acertado conocimiento tuvo de los caminos de ella, para guiar las almas a su perfección. 128

Cap. 34. Del don particular que tuvo de Dios para despenar almas muy trabajadas con dificultades de espíritu o de conciencia. 130

[…] 133

Cap. 36. Que en el gobierno de las almas contemplativas huía de dos extremos con que algunos maestros espirituales abren la puerta a engaños del demonio. 133

[…] 137

Cap. 46. Del gran amor que tuvo a la virtud de la humildad y cómo la ejercitaba en los afectos más dificultosos y contrarios a ella. 137

[…] 139

Cap. 48. de la ilustrada prudencia de nuestro Venerable Padre y cuán provechosamente la exercitaba. 139


Libro segundo, capitulos 1 - 10 sur l’emprisonnement à Tolède (suivi du cap. 14) 143

LIBRO SEGUNDO DE LA HISTORIA DEL VENERABLE PADRE FR. JUAN DE LA CRUZ 143

Cap. 1. De algunos sucesos que hubo en este tiempo entre las dos Congregaciones de Calzados y Descalzos de nuestra Orden que amenazaban a nuestro V. Padre. 143

Cap. 2. De una junta que se hizo de Descalzos en este tiempo para remedio de los daños que los amenazaban, y tratar de otras cosas convenientes a su congregación 146

Cap.3 De la prisión de nuestro venerable Padre Fray Juan de la Cruz por los Padres Calzados en Avila para llevarle a Toledo. 150

Cap. 4. De las diligencias que se hicieron en Toledo con el Padre Fray Juan de la Cruz, para que volviese a calzarse, y por resistirlo le encárcelaron y afligieron. 152

Cap. 5. De algunos de los trabajos que el Venerable Padre padeció en la cárcel, y de la paciencia con que los llevaba. 155

Cap. 6. Cómo esforzó nuestro Señor su tolerancia en los trabajos de la cárcel con algunos consuelos espirituales de los muy extraordinarios. 159

Cap. 7. De algunas visitas muy favorables y otras qrandes mercedes que Cristo nuestro y la Vigen su Madre le hicieron en la cárcel. 163

Cap. 8. Que en la cárcel dio principio a sus tratados místicos según el conocimiento experimental, que sacaba de los efectos que obraba Dios en su alma. 167

Cap. 9. Cómo la Virgen nuestra Señora mandó al Padre Fray Juan de la Cruz. que se saliese de la cárcel, y le dio traza para la salida. 170

Cap. 10. De la salida de la cárcel del Venerable Padre Fray Juan de la Cruz, y cuán milagrosa fue. 172

[…] 176

Cap. 14 Que en este tiempo trabajó algunos de los tratados misticos que dejó escritos, y renovó el ejercicio de la contemplación divina, entonces tan poco usada. 176

Libro tercero, cap. 15 – 23 sur la mort, (précédé du cap. 3) 183

Cap. 3. Cómo le hicieron Vicario Provincial de la Andalucia, las cosas de reformación que introdujo en ella, y los peligros de que le libró la Virgen contra el demonio. 183

[…] 187

Cap. 15. De una persecución doméstica que se levantó al Venerable Padre, la enfermedad que le dio en la Peñuela, y como le llevaron a curar a Ubeda. 187

Cap. 15. De una persecución doméstica que se levantó al Venerable Padre, la enfermedad que le dio en la Peñuela, y como le llevaron a curar a Ubeda. 188

Cap. 16. Como se le agravó mucho en Ubeda la enfermedad, y la gran paciencia y alegría con que la llevaba. 191

Cap. 17. De otros grandes trabajos que en esta enfermedad padeció de parte del Prelado que gobernaba el Convento. 194

Cap. 18. De la amable providencia con que soccorió nuestro Señor en su enfermedad y trabajo al venerable Padre. 198

Cap. 19. Como encendió más el demonio la persecución doméstica contra el Venerable procurando oscurecer el resplandor de sus virtudes. 201

Cap. 20. En cuánta aflicción y angustia paso esta persecución a los aficionados del Venerable Padre, y la alegre tolerancia con que él la llevaba. 206

Cap. 21. Del fin que tuvo esta persecución contra nuestro Venerable Padre, y como fue castigado quien la había movido. 209

Cap. 22. Como tuvo revelación del dia y hora de su muerte, y le comunicó nuestro Señor el cáliz de su pasión para colmo de las mercedes que le había hecho. 211

Cap. 23. De la dichosa muerte de nuestro Venerable Padre Fray Juan de la Cruz, y cuán felizmente se dispuso para ella. 214


Edition partielle bilingue de deux chapitres manuscrits (dom Chevallier) 219

«LA PAUVRETÉ DE L’AME QUI CHANTE LE CANTIQUE SPIRITUEL» 219

[Présentation par dom Chevallier] 219

228 220

Capit 18. Como yva nro Senor perfiçionando el espiritu de nro venerable Padre con un fuerte despojo de las ropas del hombre viejo para vestirle de sus divinos resplandores. 220

Capit. 19. Que con este despojo de la ropa imperfecta le yvan vistiendo a la perfecto y el caminando de la vida natural a la sobrenatural. 229

Capit. 20. De las heridas de amor con que nro Seinor, le llago en este tiempo y renovo su espiritu a lo divino para unirle consigo. 236


Troisième partie : Notices et Études 241


FORTUNATO DE JESUS SACRAMENTADO OCD 243

Notice del diccionario Juan de la Cruz 243

José de Jesùs Maria, Quiroga, OCD (1562-1628) 243

Début de l’introduction à l’édition de “Vida y virtudes…” . 247



I. EL P. JOSÉ DE JESÚS MARIA. DATOS BIOGRÁFICOS 247

Superior 250

Procurador en el proceso teresiano 250

El Escritor 251

Obras impresas 252

Obras inéditas 254


Notice du Dictionnaire de spiritualité 257

11. JOSEPH DE JÉSUS-MARIE (QUIROGA), carme Déchaux, vers 1562-1628. 257

1. Vie. 257

2. Œuvres. 257

3. Doctrine. 260


JEAN KRYNEN 265

La mystique baroque dans le Carmel de la Réforme 265

CHAPITRE III La mystique baroque dans le Carmel de la Réforme 265

APPENDICE III La postérité de la doctrine de Quiroga en Espagne 311


Max HUOT DE LONGCHAMP 313

Introduction à l’Apologie mystique 313

I - José de Jesùs Maria (1562-1628)/1 313

Il — L’Apologie mystique 316

Circonstances, destinataires, rédaction 316

Quiroga, directeur spirituel 318

III - Notre édition 323

Annexe : choix d’éditions de Quiroga disponibles aujourd’hui sur le net & en impression papier 327

Fin d’ouvrage 334

Données de mise en forme 334





82.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628, L’ORAISON & REPONSE A UN DOUTE, APOLOGIE MYSTIQUE EN DEFENSE DE LA CONTEMPLATION DIVINE [édition et rééditon]

119.Quiroga_Oraison & Apologie 4mars17.docx



José de Jésus Maria [Quiroga] 1562-1628, L’Oraison (adaptation par la Mère Marie du Saint-Sacrement) & Réponse à un doute, Apologie mystique en défense de la Contemplation divine (traductions par le Père Max de Longchamp), coll. « Chemins mystiques », 440 p.

Table

L’ORAISON 5


PRÉFACE par la Mère Marie du Saint-Sacrement. 7

DONNEES BIOGRAPHIQUES SUR LE P. DE QUIROGA 19

L’ ORAISON SELON SAINT JEAN DE LA CROIX, SAINT THOMAS D’AQUIN ET SAINT DENIS. 21

CHAPITRE I. Saint Jean de la Croix maître dans la science mystique. 21

CHAPITRE II. Trois dispositions nécessaires pour arriver à la contemplation. 23

CHAPITRE III. Les trois parties de l’oraison. 27

CHAPITRE IV. Nécessité des Vertus pour parvenir à la contemplation. 32

CHAPITRE V. La Contemplation de Dieu par une notion de foi simple et amoureuse, but de la méditation. 36

CHAPITRE VI. Des Maîtres Spirituels qui entravent la marche des âmes contemplatives. 39

CHAPITRE VII. Du moment où les âmes doivent laisser de côté les actes discursifs des commençants. 43

CHAPITRE VIII. De la nécessité pour les contemplatifs de purifier leur entendement des images sensibles. 51

CHAPITRE IX. Comment les âmes arrivées à la contemplation doivent éviter les actes particuliers. 54

CHAPITRE X. Des actes produits sous la motion divine, qui accompagnent l’attention générale et simple. 60

CHAPITRE XI. Purité et Simplicité oú l’ âme doit se trouver pour recevoir la lumière divine. 62

Chapitre XII. Comment Dieu communique à l’âme la divine lumière. 66

CHAPITRE XIII. De certains contemplatifs qui ne savent pas se dégager entièrement de la raison. 73

CHAPITRE XIV. Des Affections simples et enflammés. 78

CHAPITRE XV. Difficultés qu’éprouvent les nouveaux contemplatifs à persévérer dans l’acte pur de la contemplation. 81

CHAPITRE XVI. Comment, pour être mûe hautement et divinement, l’âme doit réduire au repos ses opérations naturelles. 86

CHAPITRE XVII. Où l’on insiste sur la paix et la sérénité indispensables à la réception des influences divines. 89

CHAPITRE XVIII. De trois connaissances de Dieu. 91

CHAPITRE XIX. Comment dans la contemplation l’âme n’est point oisive. 97

CHAPITRE XX. Comment l’âme dans la contenplation exerce une opération plus parfaite. 101

Chapitre XXI. De la meilleure disposition pour goûter Dieu dans la contemplation. 103

Chapitre XXII. 107

Chapitre XXIII. Erreur des nouveaux contemplatifs qui se figurent rester oisifs. 110

Chapitre XXIV. Eloges donnés par les Saints à la contemplation simple. Conseils aux nouveaux contemplatifs. 113

Chapitre XXV. Réponse à ceux qui se plaignent que notre bienheureux Père semble condamner la méditation discursive. 118

Chapitre XXVI. Réponse à ceux qui avancent que la contemplation simple est contraire à la saine philosophie. 120

Chapitre XXVII. Réponse à deux autres objections contre la contemplation exerçée en négation des formes sensibles et intellectuelles. 124

Table des matières 131


Réponse à un doute 135

(Max de Longchamp) 135

Introduction 137

(Max Huot de Longchamp) 137

Réponse à un doute concernant la doctrine de notre saint Père Frère Jean de la Croix en matière d'oraison 141


Apologie mystique en défense de la Contemplation divine 147

(Max de Longchamp) 147

Prologue au lecteur 149

ICI COMMENCE L'APOLOGIE MYSTIQUE EN DéFENSE DE LA CONTEMPLATION 156

Chapitre 1 Que les auteurs modernes, auxquels s'opposent certains scolastiques, n'ont pas enseigné une doctrine nouvelle sur la contemplation divine, mais à bien exercer celle que Dieu a enseignée à ses véritables amis 156

Chapitre 2 Comme il y a deux manières de contemplation divine, l'une plus élevée que l'autre ; laquelle des deux nous recommandent les saints 167

Chapitre 3 Sur la fausse contemplation des Alumbrados, et sur les grands égarements et erreurs dont le démon les a convaincus par elle 177

Chapitre 4 Où l'on expose l'acte propre de la véritable contemplation, et quelques unes des perfections par lesquelles les saints ont fait son éloge 187

Chapitre 5 Que cet acte de contemplation s'accompagne inséparablement de la quiétude simple et vigilante en laquelle Dieu se communique aux véritables contemplatifs 203

Chapitre 6 Où l'on expose plus à fond cette quiétude de la contemplation, et combien rares sont ceux qui la conservent comme les saints le recommandent 217

Chapitre 7 Que l'effort de la volonté en quiétude de l'entendement aide aux effets de la contemplation, et comment il faut s'y employer en elle 228

Chapitre 8 A quel moment et en quelles circonstances il faut aider l'effort de la volonté dans l'oraison pour qu'il soit profitable 242

Chapitre 9 Que dans l'acte universel et simple de la contemplation, l'âme est tout entière employée en Dieu et en exercice de toutes les vertus 254

Chapitre 10 Où l'on répond à quelques objections opposées à cette contemplation, les réfutant par la doctrine de saint Denys provenant des Apôtres, et où l'on traite des visions sensibles 264

Chapitre 11 De la sécurité et de l'excellence des visions intellectuelles qui élèvent l'homme à la véritable connaissance de Dieu et à la véritable participation à sa sainteté 274

Chapitre 12 Du concept super-substantiel par lequel l'entendement doit avancer vers Dieu dans la contemplation pour que l'âme participe à ses perfections divines 289

Chapitre 13 Qu'en la contemplation quiète que les mystiques appellent "passive", l'âme a une opération propre, en l'entendement comme en la volonté 298

Chapitre 14 Combien les saints ont conseillé la continuité ininterrompue de l'acte simple de la contemplation pour en recevoir les effets 307

Chapitre 15 Comme il convient de varier l'oraison avec profit, et sans empêcher les principaux effets de l'illumination divine 314

Chapitre 16 Comment il convient de mettre en oeuvre les notices de l'humanité du Christ, Notre-Seigneur, dans la contemplation, sans en troubler les principaux effets 328

Chapitre 17 Qu'en créant l'homme, Dieu lui a communiqué la contemplation intellectuelle simple pour qu'il le contemple et le vénère à la manière d'un ange viateur 341

Chapitre 18 Que Dieu a concédé la même contemplation à d'autres saints patriarches dans la Loi de Nature, avec des faveurs particulières 353

Chapitre 19 Que le Seigneur a aussi concédé cette contemplation divine à Moïse quand il lui a donné la Loi Ecrite, et à Elie quand il lui a donné la forme de la vie parfaite 359

Chapitre 20 Comment, en d'autres temps de la Loi Ecrite, le Seigneur nous a donné des connaissances accréditées par ses prophètes au sujet de cette contemplation où il se communique à nous 372

Chapitre 21 Que le temps de la Loi de la Grâce étant arrivé, Dieu a enseigné par sa bouche cette contemplation qu'il avait enseignée auparavant par la bouche de ses prophètes 378

Chapitre 22 Comment les Apôtres ont enseigné à leurs disciples la contemplation qu'ils avaient reçue du Christ Notre-Seigneur pour qu'ils la communiquent à toute l'Eglise 385

Chapitre 23 Des effets de la contemplation divine, et comment se reçoit en elle l'opération de Dieu en vue des biens surnaturels qui rendent l'homme semblable à lui 397

Chapitre 24Des deux manières dont Dieu meut l'âme dans l'oraison, l'une commune et l'autre extraordinaire, et comment il faut se comporter en la commune pour ne pas y mettre obstacle 405

Chapitre 25 Des motions de secours particuliers que Dieu opère en l'âme contemplative, parfois de façon suave, parfois de façon pénible pour la purifier 416

Chapitre 26 Que dans la fournaise de la tribulation, Dieu dépouille l'âme de ses imperfections, et d'abord des habitus vicieux acquis dans la partie spirituelle 427

Chapitre 27 Comment, dans cette fournaise purgative, Dieu dépouille l'âme des imperfections naturelles du vieil homme pour la revêtir de ses splendeurs 440

Chapitre 28 Qu'après avoir été purifiée des imperfections acquises et naturelles, l'âme est revêtue sur un mode divin pour être unie à Dieu 451

Chapitre 29 De l'union transformée en Dieu, où l'âme est rendue au paradis intérieur d'où Adam fut chassé par le péché 459





83.JOSE DE JESUS MARIA [QUIROGA] 1562-1628, SUBIDA DEL ALMA A DIOS QUE ASPIRA A LA DIVINA UNION (1656) SEGUNDA PARTE: DE LA ENTRADA DEL ALMA AL PARAYSO ESPIRITUAL (1659), DON QUE TUVO SANS JUAN DE LA CRUZ, REPUESTAS, APOLOGIA MISTICA EN DEFENSA DE LA CONTEMPLACION DIVINA [choix réédités]

120.Quiroga_SubidaI&II-Don-Repuestas-Apologia.docx



José de Jésus Maria [Quiroga] 1562-1628, Subida del alma a Dios que aspira a la divina Union (1656) Segunda parte: De la entrada del alma al Parayso Espiritual (1659), Don que tuvo sans Juan de la Cruz, Repuestas, Apología mística en defensa de la Contemplación divina, 2016, transcriptions des éditions primitives par D.Tronc, coll. « Chemins mystiques », 604 p.

Table des matières

Subida del alma a Dios que aspira a la divina Union (1656)

Segunda parte: De la entrada del alma al Parayso Espiritual (1659)

Don que tuvo sans Juan de la Cruz

Repuestas

Apología mística en defensa de la Contemplación divina



Table détaillée

Subida del alma a Dios que aspira a la divina Union (1656) 3

[titre] 4

[début d’ouvrage] 4

PROLOGO. 4


Libro primero 6

Capitulo Prinero. De tres movimientos con que camina el alma en la oracion al conocimiento y amor de Dios. 6

CAPITULO II. Del primer movimiento del alma en la oracion, y como es propio de los principiantes. 7

CAPITULO III. Como en este primer movimiento del alma se exercita la meditacion imaginaria. 8

CAPITULO IV. Que para sacar provecho de la meditacion, se ha de quietar el alma en la ponderacion de lo meditado. 9

CAPITULO V Como despues que el alma ha hecho ponderacion de los misterios meditados, se ha de disponer para que la luz divina imprima ma en ella otra mayor ponderecion dellos. 11

CAPITULO VI. Que los misterios de la vida y Passion de Christo nuestro Señor han de ser los medios mas ordinarios de nuestra meditacion. 13

CAPITULO VII. Quanto tiempo han de estar en estado de meditacion, y como conoceran que pueden passar a contemplacion. 15

CAPITULO VIII. De la especulacion afirmativa de Dios, que es propria deste primer movimiento del alma. 18

CAPITULO IX. Como se ha de aver el contemplativo en la especulacion afirmativa, para sacar provecho della. 22

CAPITULO X. Como se ha de encaminar la especulacion de Dios, para ser ilustrada el alma con sus dones. 25

CAPITULO XI. Como se ha de usar de la leccion devota, para ayudar a la oracion, y no estorbarla. 29

CAPITULO XII. Del exercicio de la mortification, para moderar las passiones con las virtudes morales. 30

CAPITULO XIII. Del segundo movimiento del alma, y a que personas mas principalmente toca. 32

CAPITULO XIV. De tres caminos per donde el alma puede subir al conocimiento de Dios en la oracion, y mejorarse en ella. 34

CAPITULO XV. Con que circunstancias ha de exercitar el alma los actos particulares en este segundo movimiento. 37

CAPITULO XVI. Que se ha de desembaraçar presto el alma de las noticias particulares, aunque sean sobrenaturalmente comunicadas, para bolverse al acto de noticia universal. 40

CAPITULO XVII.Como se han de exercitar en la oracion los actos particulares a modo intelectual, para que sean mas provechosos. 42

CAPITULO XVIII. Del movimiento del alma tercero, en que se exercita la contemplacion perfecta. 44

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[…] 46


[Libro secundo] 46

[…] 46

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Libro tercero de la subida del alma a Dios 46

CAPITULO PRIMERO Como purifica Dios a las almas contemplativas, unas vezes a lo suave, y otras a lo penoso, y quan util es la purgacion penosa. 46

CAPITULO II. De la sustancia desta purgacion, quanto a la Parte sensible del alma. 49

CAPITULO III. Desta misma purgacion, quanto a la parte intelectual, y de diversas aflicciones que causa en el alla, con que la van purificando. 51

CAPITULO IV. De alguna señales desta purgacion, y como no es de una manera en todos los que son purgados. 53

CAPITULO V. Como se ha de aver el contemplativo en esta purgacion, para sacar provecho de ella, sin fatiga del alma. 54

CAPITULO VI. Como ha de resistir el alma en este tiempo a las baterias del demonio, sin daño de la salud. 56

CAPITULO VII. Que para ser perfecta la vida contemplativa, se ha do mezclar con la activa, que toca a nuestra propria reformacion. 58

CAPITULO VIII. De dos medios desta reformación propria: uno de las virtudes morales, y otro de las infusas; y como disieren entre si. 59

CAPITULO IX. Que para alcançar estas virtudes en la oracion, se han de azer diferentemente los que comiençan, y los que ya van aprovechando. 60

CAPITULO X. Que con la contemplacion quieta y abstraida se perficiona mas el alma en la mortificacion y reformacion propria, que con ningunotro exercicio. 63

CAPITULO XI. A quanto mas alta reformación es levantada el alma por el aumento de las virtudes infusas que recibe en la contemplación, que por el exercicio de las virtudes morales en la vida activa. 67

CAPITULO XII. Quanto mas prompta esta el alma para bien obrar con la virtud infusa que alcança en la contemplacion, que con la adquirida por su exercicio. 69

CAPITULO XIII. Como dentro del acto de contemplación se puede mezclar el exercicio particular de virtudes, sin impedir los efectos infusos de la misma contemplacion. 70

CAPITULO XIV. De la presencia de Dios fuera de la oracion, con que se mezcla la vida activa, que toca a la utilidad de otros, con la contemplativa. 74

CAPITULO XV. Que esta presoncia de Dios no ha de ser una misma en los principiantes, y en los aprovachados. 76

CAPITULO XVI. Con que moderacion se ha de user de la presencia de Dios imaginaria, para evitar los daños de cuerpo y espiritu que puede causar. 76

CAPITULO XVII. Quan imperfecta es la presencia de Dios imaginaria, hasta que llega a ser intelectual. 78

CAPITULO XVIII. Que este exercicio de la presencia de Dios, aunque es dificultuoso a los imperfectos, se va falicitando con la mejoria del alma en la propia reformacion. 80

CAPITULO XIX. Que por humilidad se sube a la contemplacion, y que no ay otro camino para llegar a ella. 81

CAPITULO XX. Como han de caminar a alcançar esta humildad, assi los principiantes, como los aprovechados. 82

CAPITULO XXI. De algunos efectos de humildad que tocan a los contemplativos. 85

CAPITULO XXII. En que se cifra toda la perfeccion de un verdadero contemplativo. 87


Segunda parte de la Subida del alma a Dios : De la entrada del alma al Parayso Espiritual (1659) 94

[Brève présentation] 94


Libro primero, de la entrada del Alma al Parayso Espiritual 96

CAPITULO I. De las comunicaciones sobrenaturales a que suelen serlebantados algunas almas en la contemplacion Divina muy ilustrada. 96

CAPITULO II. De la primera elevación de la parte sensible, que es recogimiento infuso. 98

CAPITULO III. Que los recogimientos infusos de la parte sensible, son llamamientos de Dios a la contemplación intelectual. 101

CAPITULO IV. Como se ha de obedecer a los llamamiento a de Dios en estos recogimientos, y acomodarlos a nuestra seguridad. 103

CAPITULO V. De otra comunicación infusa, mas copiosa en el apetito sensitivo, que llaman oración de quietud. 107

CAPITULO VI. De muchas maneras de quietud, que puede aver en la oración, y como disiere la verdadera de la falsa. 110

CAPITULO VII. De las circumstancias, que ha de tener la quietud en la Oración mental, para la contemplación y comunicación de Dios. 116

CAPITULO VIII. De los efectos desta oración de quietud infusa, con que se comiença a perficionar el alma en la vida espiritual. 119

CAPITULO IX. De otro recogimiento muy durable del apetito sensible entre los exereicios de la vida activa, y como se ha de ordenar para que sea mérito io. 123

CAPITULO X. De otra elevación mayor de la parte sensible, que llaman embriaguez espiritual. 127

CAPITULO XI. Como se han de moderar los exercicios en estas comunicaciones suaves de la parte sensible, para no dañar a la salud. 130

CAPITULO XII. De la gula espiritual de los que en la oración van à gustos sensibles, y no a desnudez de espíritu. 133

CAPITULO XIII. De algunas sequedades de los contemplativos, que proceden de no conocer el movimiento de las potencias, y lo que Dios obra en ellas. 136

CAPITULO XIV. De dos maneras de devoción, y que la principal se exercita aun entre las sequedades. 141

CAPITULO XV. De algunos favores que en el estado imperfecto haze nuestro Señor a algunos contemplativos, para acercarlos mas a si, y esforçarlos mucho. 145

CAPITULO XVI Del peligro que tienen almas imperfectas, favorecidas en la oración, y como se han de vaer para caminar seguras. 150

CAPITULO XVII De dos estreñios, entrambos peligrosos, que se hallan en algunos Maestros, que goviernan almas de oración, y del medio mas seguro entre estos dos peligros. 154

CAPITULO XVIII. De las primeras ansias de Amor de Dios de las almas contemplativas en estado aun no perfecto. 158

CAPITULO XIX. De otras ansias de amor do Dios mas espirituales en los contemplativos, que van aprovechando. 161

CAPITULO XX. De la contemplación ya mas ilustrada de las almas que han passado por la primera purgación del espíritu. 164

CAPITULO XXI. De la contemplación de mystica Teología, ilustrada a lo sobrenatural. 168

CAPITULO XXII. De otra contemplación deste mismo genero, muy sutil, y poco percebida : y como se ha de aver el alma en ella para lograr sus efectos. 173

CAPITULO XXIII. De otro grado de contemplación de mystica Teología, mas copiosamente ilustrado. 178

CAPITULO XXIV. De otra comunicación muy copiosa de Sabiduría mystica, que llaman embriaguez espiritual los Mysticos. 182

CAPITULO XXV. Que para las comunicaciones Divinas sobrenaturales, se ha de disponer el contemplativo con humildad y pureza de Alma. 186

CAPITULO XXVI. De los aprietos y tribulationes que padece el alma en el crisol espiritual, donde la purifican para la union Divina. 192

CAPITULO XXVII. De otros trabajos y aflicciones que en esta purificación padece el alma, assi de parte del Demonio, como de la influencia Divina. 197

CAPITULO XXVIII. De las ansias de amor inflamado, en que se purifica el alma para la union Divina, y comiença a participar della. 201

CAPITULO XXIX. De los toques Divinos de conocimiento y amor de Dios en el alma contemplativa, como disposiciones ultimas para la Divina union. 206

CAPITULO XXX. Como entendieron los Santos este modo de tocar Dios a las almas puras para despertarlas a su conocimiento y amor, unirlas consigo. 211


Libro secundo de la entrada del Alma al Parayso Espiritual 216

CAPITULO I. De los primeros actos de union Divina, que son como prendas del Desposorio Espiritual del Alma con Dios. 216

CAPITULO II. De algunas calidades desta union Divina, y quan rara es la verdadera disposición para ella. 219

CAPITULO III. De quan mejorada queda el alma con esta Divina union, y de algunos de sus efectos. 222

CAPITULO IV. De una union de nuestra voluntad con la de Dios, a que pueden llegar activos y contemplativos. 226

CAPITULO V. De las joyas Divinas con que en el estado de union hermosea Dios al alma para los desposorios espirituales. 229

CAPITULO VI. De la fragua intensa de los Serafines, donde acendran mas el amor del alma contemplativa para los Divinos desposorios. 233

CAPITULO VII. De la nobleza deste fuego, en que cauterizan al alma los Serafines, y quan inclinada la dexan a Dios en el olvido de si mesma. 237

CAPITULO VIII. De la union que causa rapto, donde lebantan al alma al sublime estado de Esposa del Verbo Divino. 239

CAPITULO IX. Donde se declaran algunas dificultades destos raptos, y dos maneras de comunicaciones que ay en ellas. 244

CAPITULO X. De otro rapto mas elevado, y nuevas joyas, que en él conceden al alma contemplativa. 248

CAPITULO XI. Como en estos raptos tan elevados llega el alma contemplativa en el destierro a participar la vida de la Patria. 251

CAPITULO XII. De otro rapto al cielo Empíreo, en participacion de música Celestial. 255

CAPITULO XIII. Como en el estado de union ordena la voluntad con el amor de Dios todas las operaciones del alma. 259

CAPITULO XIV. De las visiones intelectuales indistintas, en el estado de union suele hazer Dios al alma. 264

CAPITULO XV De otra vision intelectual distinta de Christo nuestro Señor, y de su gran excelencia, que toca a este lugar. 267

CAPITULO XVI. De una participación de Bienaventurança en perfección de virtudes, de que goza el alma en estado de union. 271

CAPITULO XVII. De unas ansias de amor muy espirituales, è intensas, que disponen al alma para la union habitual. 274

CAPITULO XVIII. Que algunas almas contemplativas llegan a ser felizmente informadas a semejanza de la Suprema Ierarquia del Cielo. 279


Libro tercero de la entrada en el Parayao Espiritual : donde se trata de la union habitual, y Espiritual matrimonio. 284

CAPITULO I. Del estado de union habitual, donde el alma es admitida al Parayso interior, que està dentro della. 284

CAPITULO II. Como entendieron los Santos y Maestros sabios esta union habitual del alma con Dios. 287

CAPITULO III. Como en este estado de union habitual es introducida el alma en el parayso espiritual, donde Dios reside en ella. 292

CAPITULO IV. Quando concurren juntas la union actual, y la habitual, y la diferencia que ay entre assistir a Dios las potencias, o estar unidas con èl. 297

CAPITULO V. De la celebración misteriosa del matrimonio espiritual, con personal asistencía del Esposo Divino. 299

CAPITULO VI Quan lebantada, è intima comunicación da Divinas influencias recibe al alma da Dios en el estado de union habitual. 303

CAPITULO VII. Como on este estado es el alma movida de Dios, especialmente en todas sus operaciones. 306

CAPITULO VIII. Como las almas transformadas en Dios pueden exercitar en un mismo tiempo las dos vias activas y contemplativas, sin que la una impida a la otra. 310

CAPITULO IX. Como en este estado de union habitual cessan los arrobamientos y éxtasis, que enagenan. 313

CAPITULO X. Que en este estado dá Dios al alma transformada altissimas noticias de los misterios de su Encarnación, con dulces sentimientos dallos. 318

CAPITULO XI. Que en el estado de transformación de amor Divino goza el alma desde el destierro una feliz participación de la vida de la Patria. 321

CAPITULO XII. Del Reyno de Dios, que el alma transformado en èl goza dentro de si misma con gozo y paz de Bienaventurança començada. 324

CAPITULO XIII. De una eminentissima contemplación, que los transformados en Dios exercitan en participación de vida celestial. 328


Don que tuvo san Juan de la Cruz para guiar las almas a Dios 332

Source 332

Apendice III, Don que tuvo San Juan de la Cruz para guiar las almas a Dios, Por el Padre Fray José de Jesús María (Quiroga), Carmelita Descalzo, Primer Historiador General de la Reforma. 333

A guisa de Prologo [Présentation de l’éditeur] 333

DON QUE TUVO SAN JUAN DE LA CRUZ PARA GUIAR LAS ALMAS A DiOS 338

Capítulo primero. Dios ilustró a San Juan de la Cruz con sabiduría celestial para que fuese guía de las almas. Propósito del autor en esta obra. 338

Capitulo II Respóndese por qué no trató el Santo en sus Libros de la meditación ordinaria, y se dice cómo señala tres cualidades que ha de tener el alma para poder llegar a la contemplación. 341

Capítulo III. Enseñaba el Santo prácticamente a sus discípulos las tres partes da la oración, a saber: la representación de los misterios, la ponderación y la aleación amorosa a Dios, Inculcándoles se detuviesen más en esta última. 344

Capítulo IV. Enseñaba a sus discípulos que para llegar a la contemplación era necesario adquirir las virtudes y desarraigar los afectos desordenados. 348

Capítulo V. Decláranse dos cosas que el Místico Doctor proponía para subir a la contemplación, a saber: recoger todas las fuarzas del alma para ser ilustradas de Dios, y no hacer pie en revelaciones. 351

Capítulo VI. Sentía mucho el Santo que algunos maestros espirituales, por no entender !as vías del espíritu, atasen las almas contemplativas a lo sensible, impidiendo con esto la obra del Espíritu Santo en ellas. 354

Capítulo VII. Explica el autor con doctrina del Santo cómo se adquiere el hábito de la meditación y dice que las almas que han llegado a contemplación no deben ejercitarse en actos discursivos como los principiantes. 357

Capítulo VIII. Pruébase que la Orden Carmelitana siempre ha tenido por fin principal la contemplación, y que a éste encaminaba San Juan de la Cruz a sus discípulos. 363

Capítulo IX. Demuestra el autor que los medios porque el Santo conducía a sus dirigidos a la contemplación los sacaba de los fundamentos de la Orden Carmelitana. 366

Capítulo X. Que para la contemplación es necesario purificar el entendimiento de las imágenes y semejanzas de las cosas corpóreas. Dice también el autor que hay dos especies de contemplación. 370

Capítulo XI. Defiéndese con autoridad de gravísimos autores lo que enseña el Santo, de que las almas entradas ya en la contemplación deben cesar en actos particulares y quedarse en una advertencia general amorosa y sencilla. 372

Capítulo XII. Defiende otro pasaje del Místico Doctor, y prueba con su doctrina que para la contemplación debe el alma estar en gran puraza y sencillez, y vestida de la luz de la fe. 378

Capítulo XIII. Pruébase cómo al punto que el alma está dispuesta, sin hacer nada de suyo Dios la comunica la luz divina de la contemplación. 382

Capítulo XIV. Explicase en qué consiste la ADVERTENCIA AMOROSA que enseña San Juan de la Cruz, y se deshacen varios engaños de los que no han comprendido esta doctrina. 386

Capítulo XV. En la contemplación se debe ocupar el alma en sencillos y encendidos afectos. 390

Capítulo XVI. Se explica y defiende lo que dice el Santo que para ser movida el alma alta y divinamente han de quedar antes adormidos sus movimientos naturales. 396

Capítulo XVII. Pruébase que la paz y serenidad con que el contemplativo ha de recibir las influencias divinas es perturbada por la representación de las imágenes del discurso y por el movimiento activo y solícito del alma. 398

Capítulo XVIII. Explícase cómo en la contemplación no está ociosa el alma y cómo en ella se imprimen las virtudes. 404

Capítulo XIX. Pruébase que los términos ACTIVO y PASIVO que usa el Santo Padre son admitidos, no sólo en la Teología Mística, sino también en la Escolástica. 407

Capítulo XX. La mejor disposición para conseguir la devoción y gustar la dulzura y suavidad que Dios comunica en la contemplación es la sencillez y paz del alma. 409

Capítulo XXI. Declárase más la doctrina del capítulo anterior. 412

Capítulo XXII. Se refiere cómo San Juan de la Cruz hizo gran fruto en la Descalzez con su doctrina sobre la contemplación. Tráense a este propósito dos pasajes de Nuestra Madre Santa Teresa. 420


TITRES DE CHAPITRES ADAPTES PAR MERE MARIE DU SAINT SACREMENT: 426

Repuesta a algunas razones contrarias a la contemplacion afectiva y oscura 429

Respuesta a una duda de la doctrina 438

Respuesta a una duda de la doctrina de N'ro. Santo P.e fr. Juan de la Cruz en materia de Oracion. 438

Apología mística en defensa de la Contemplación divina 447

Prólogo al lector 447

(f° VII) TABLA DE LOS CAPíTULOS DE LA APOLOGíA MíSTICA 448

(f° 1) COMIENZA LA APOLOGíA MíSTICA EN DEFENSA DE LA CONTEMPLACIóN 451

Capítulo 1 Que los autores modernos a quien algunos escolásticos se oponen, no enseñaron doctrina nueva de contemplación divina, sino a ejercitar bien la que Dios había enseñado a sus verdaderos amadores 451

Capítulo 2 Cómo hay dos maneras de contemplación divina, una más elevada que otra, y cual de ellas nos persuadieron los santos 456

Capítulo 3 De la falsa contemplación de los Alumbrados y de los grandes desatinos y errores que el demonio les persuadía en ella 460

Capítulo 4 Donde se declara el acto propio de la verdadera contemplación y algunas de las excelencias con que los santos lo engrandecen 465

Capítulo 5 Que a este acto de contemplación hace inseparable compañía la quietud sencilla y veladora donde Dios se comunica a los verdaderos contemplativos 472

Capítulo 6 Donde se declara más esta quietud de la contemplación, y cuan pocos son los contemplativos que la guardan como los santos la aconsejan 479

Capítulo 7 Que el esfuerzo de la voluntad en quietud del entendimiento ayuda a los efectos de la contemplación, y cómo se ha de procurar en ella 484

Capítulo 8 En qué tiempo y con qué circunstancias se ha de ayudar al esfuerzo de la voluntad en la oración para que sea provechoso 491

Capítulo 9 Que en el acto universal y sencillo de la contemplación está el alma toda empleada en Dios y en ejercicio de todas las virtudes 497

Capítulo 10 Donde se responde a algunas objeciones opuestas a esta contemplación deshaciéndolas con la doctrina de San Dionisio emanada de los Apóstoles, y se trata de las visiones sensibles 501

Capítulo 11 De la seguridad y excelencia de las visiones intelectuales que levantan al alma a verdadero conocimiento de Dios y participación de su santidad 506

Capítulo 12 Del concepto supersustancial con que ha de caminar el entendimiento a Dios en la contemplación para participar el alma de sus divinas perfecciones 513

Capítulo 13 Que en la contemplación quieta que llaman los místicos "pasiva", tiene el alma propia operación así en el entendimiento como en la voluntad 517

Capítulo 14 Cuan aconsejada fue de los santos la continuación no interrumpida del acto sencillo de la contemplación para recibir los efectos de ella 521

Capítulo 16 Cómo se han de ejercitar las memorias de la humanidad de Cristo Nuestro Señor dentro de la contemplación sin estorbar los principales efectos de ella 531

Capítulo 17 Que en criando Dios al hombre le comunicó la contemplación intelectual sencilla para que a modo de ángel viador le contemplase y venerase 538

Capítulo18 Que la misma contemplación concedió el Señor en la Ley de Naturaleza a otros santos Padres con particulares favores 543

Capítulo 19 Que cuando dio el Señor a Moisés la Ley Escrita y a Elías la forma de vida perfecta, les comunicó también esta contemplación divina 546

Cómo en otros tiempos de la Ley Escrita nos dio el Señor noticia acreditada por sus profetas de esta contemplación donde él se nos comunica 552

Capítulo 21 Que llegado el tiempo de la Ley de Gracia, enseñó Dios por su boca esta contemplación que antes había enseñado por boca de sus profetas 555

Capítulo 22 Cómo enseñaban los Apóstoles a sus discípulos la contemplación que habían recibido de Cristo Nuestro Señor para que la comunicasen a toda la Iglesia 559

Capítulo 23 De los efectos de la contemplación divina y cómo en ella se recibe la operación de Dios para los bienes sobrenaturales que hacen semejante a él al hombre 565

Capítulo 24 De dos maneras de mover Dios al alma en la oración, una común y otra extraordinaria, y cómo se han de haber en la común para no estorbarla 569

Capítulo 25 De las mociones de auxilios particulares que hace Dios al alma contemplativa, unas veces a lo suave y otras a lo penoso para purificarla 575

Capítulo 26 Que en la fragua de la tribulación va Dios despojando al alma de sus imperfecciones, y primero de los hábitos viciosos adquiridos en la parte espiritual 580

Capítulo 27 Cómo en esta fragua purgativa despoja Dios al alma de las imperfecciones naturales del hombre viejo para vestirla de sus resplandores 586

Capítulo 28 Que después de purificada el alma de las imperfecciones adquiridas y naturales, la visten a lo divino para unirla con Dios 591

Capítulo 29 De la unión transformada en Dios, donde restituyen al alma en el paraíso interior de que fue desterrado Adán por el pecado 595

Fin d’ouvrage 610

Données de mise en forme 610

Observation 610



84.JEAN DE SAINT-SAMSON LE VRAI ESPRIT DU CARMEL [2012]

121.Jean de Saint-Samson Le Vrai Esprit du Carmel (D Tronc & M. de Longchamp (coll.SM c. JnX).doc (et) .pdf


Œuvre spirituelle et mystique assemblée par le Père Donatien de Saint-Nicolas.
Sources manuscrites. Édition critique présentée par Dominique Tronc. Avec une étude par le Père Max Huot de Longchamp.

D. Tronc, « Un mystique réformateur des carmes, Jean de SaintSamson (1571-1636) », Carmel, n°112, juin 2004, 71-83. [Florilège]. [repris dans «  le Vrai esprit du Carmel :]

Jean de Saint-Samson, Le vrai esprit du Carmel, Œuvre assemblée par le P. Donatien de S. Nicolas. Sources manuscrites, Edition critique présentée par D. Tronc avec une étude par Max Huot de Longchamp, Ed. du Centre Saint-Jean-de-la-Croix, coll. « Sources mystiques », 2012, 607 p.

Avant-propos

Jean de Saint-Samson (1571-1636) anima la réforme des Grands Carmes en France. Il eut de nombreux dirigés, dont Maur de l’Enfant-Jésus, déjà édité dans la présente collection Sources Mystiques. Très grand spirituel, Jean a fait l’objet de belles études et quelques ouvrages issus de ses dictées — il devint aveugle dès la prime enfance — ont été édités. Cependant il demeure révéré plutôt que lu, par suite de la difficulté de lecture des sources brutes, inégales copies de saisies d’élans inspirés du maître des novices.

Nous présentons en première partie un texte sobre mais dont le titre ambitieux recouvre l’orientation toute mystique chère à Jean de Saint-Samson, qui la défendra vaillamment : Le Vrai Esprit du Carmel. C’est le portique d’entrée composé par le P. Donatien de Saint-Nicolas et placé en tête de ses deux in-folio reprenant les œuvres de Jean, édités à Rennes138. Donatien conclut ainsi près d’une décennie de son travail d’édition des œuvres de son maître139.  Ce Vrai Esprit résume l’essentiel du corpus qui est présenté ensuite, en évoluant du général (livre I du Vrai Esprit et livre II du Cabinet mystique) au particulier, abordant alors des sujets dont la majorité sont imposés par la vie conventuelle de l’époque (livres III à XVI, suivi de quelques poèmes qui concluent le second in-folio).

En seconde partie du volume, nous présentons des transcriptions de dictées manuscrites qui servirent de sources à Donatien. Ce sont des « pièces colorées » à l’origine du tableau que ce dernier construisit en demi-teintes. Un peu plus de vingt pièces du puzzle, retrouvées dans huit manuscrits du vaste fonds manuscrit d’archives préservé à Rennes, sont ainsi proposées pour apprécier l’inspiration directe du mystique aveugle. L’un des manuscrits est très largement utilisé, ce qui incite à le lire de façon continue, rétablissant ainsi le fil du discours ; les autres ne sont repris que ponctuellement.

Il est aisé d’aller et de revenir du Vrai Esprit (première partie) à ses sources manuscrites (seconde partie), grâce aux indications des folios de ces manuscrits. Nous les avons reportées entre crochets au fil des textes dans les deux parties. Ce procédé tient lieu d’une commune pagination et permet une lecture alternée. Une table des correspondances (édition vers manuscrits et inversement)  décrit l’état du puzzle.

Donatien de Saint-Nicolas était imprégné de l’esprit de Jean de Saint-Samson grâce à sa fréquentation de membres du cercle qui entourèrent ce dernier. Il respecte selon nous le sens profond mystique sans trop le gauchir par prudence ou par incompréhension, affaiblissant toutefois l’élan lié à l’oralité de dictées.

Donatien pouvait se permettre de regrouper et d’adapter largement ses sources selon un usage très couramment pratiqué en son siècle. Si l’usage n’avait souvent pas de réelle justification chez d’autres auteurs, il n’était ici pas possible pour ce disciple de reproduire telles quelles des dictées très incertaines140. Donatien a donc usé de cette liberté permise à l’époque — et nous lui en savons gré !

Si la claire construction de Donatien rend ainsi Jean lisible, c’est cependant au prix d’une grande souplesse prise vis-à-vis des sources : il en modifie allègrement l’ordre et il les résume souvent au sécateur ; il retouche le style au risque de perdre l’expression directe et variée du vécu mystique. Se reporter aux dictées nous transforme en auditeurs de cet aveugle qui parle vrai et prend fréquemment des risques lorsqu’il est saisi par l’inspiration mystique. Le couplage est une solution qui assure au mieux un accès à l’œuvre de Jean de Saint-Samson ainsi « étalonnée » par recours aux manuscrits.

L’ensemble livre une perspective ascendante propre au chemin de foi nue. Notre contribution présente Jean, décrit les sources et suggère quelques thèmes à l’aide d’un court florilège. Elle est suivie d’une présentation approfondie de l’enseignement propre au Vrai Esprit, par le Père Max Huot de Longchamp. Ce dernier a précédemment œuvré à nous faire connaître Jean de Saint-Samson141 ; il souligne ici la continuité que Jean maintient avec la tradition spirituelle remontant jusques au grand Ruusbroec (vers 1293-1381). Nous remercions le Père Bruno, o.s.b., qui a participé à la saisie du texte. Le travail d’édition a été mené en collaboration étroite avec notre épouse Murielle.

Un volume à venir sera consacré au Cabinet mystique, dont la première partie constitue l’achèvement du Vrai Esprit, ainsi qu’à un choix privilégiant une remarquable correspondance de direction.

Jean de Saint-Samson (1571-1636)

Au sein des réformes

En France, à la sortie des guerres de religion, la plupart des couvents ont une fois de plus besoin d'être réformés. En ce qui concerne les carmels, deux réformes font suite aux nombreuses rénovations qui ponctuent leur histoire142. Elles sont simultanées, l’une se détache de l’ancien ordre du Carmel ce qui facilitera son essor, l’autre demeure en son sein ce qui limitera ultérieurement son influence.

La première réforme est féminine. Elle est mise en place sous l’impulsion de Madame Acarie (Marie de l’Incarnation, 1566-1618). Par l’intermédiaire d’Anne de Saint-Barthélémy (1549-1626), la sœur converse qui accompagnait Teresa dans ses voyages, par celui d’Anne de Jésus (1545-1621), la dédicataire du Cantique spirituel de Jean de la Croix, qui veille au respect de la règle élaborée par Teresa, par celui de quatre compagnes espagnoles, cette réforme prend son essor dans le royaume de France alors ennemi. Le séjour des étrangères sera bref, sauf dans le cas d’Isabelle des Anges, mais étonnamment fructueux. Car la vie intérieure ne dépend guère de la langue parlée et ne connaît pas de frontière. Le relais est assuré par l’élan de la première génération française, à laquelle appartiennent Madeleine de Saint-Joseph (1578-1637) — maîtresse profondément intérieure de novices qui assurèrent de nombreuses fondations —, Marie de Bréauté son amie, etc.

La seconde réforme est masculine. Elle naît en Bretagne, où Philippe Thibault réforme dans un esprit ascétique le couvent de Rennes, rattaché à la province qui lui donne son nom : « réforme de Touraine ». Le renouveau s’étendra mais ne se séparera pas de l’ancien ordre malgré des tensions que l’on relève à Angers, à Ploërmel, etc. Cette réforme des « grands carmes » est indépendante de celle des carmes « déchaussés », même si une influence de ces derniers est prouvée en ce qui concerne des pratiques143.

L’actif Philippe Thibault fait venir en Bretagne la future « âme de la réforme de Touraine », le contemplatif Jean de Saint-Samson (1571-1636). Ce dernier associe une intense vie mystique à l’ascèse régnante (qui restera apparente dans son œuvre : peut-être est-elle imposée par les conditions locales de grande pauvreté). Il forme les novices (et scribes auxquels nous devons l’œuvre du maître aveugle). Ces derniers continueront son œuvre toute intérieure, dans certains couvents carmes ou en ermitage dans le cas de Maur de l’Enfant-Jésus. Jean de Saint-Samson apparaît comme le symétrique masculin presque exactement contemporain de Madeleine de Saint-Joseph.

Puis on oublie ce maître spirituel, pour plusieurs raisons : dès les années 1640 naît une méfiance qui provoquera le « crépuscule des mystiques144 » à la fin du XVIIe siècle, l’in-action mystique perdant son sens originel et les mystiques étant très souvent soupçonnés de quiétisme. Un affadissement de l’élan intérieur accompagne alors la fusion de la réforme dans le corps des « grands carmes », qui disparaît de France à la fin du dix-huitième siècle.

Par chance, de très nombreux manuscrits, copies des dictées de l’aveugle à ses novices, ont survécu. La renaissance de l’intérêt pour la mystique d’expression française depuis Bremond145 s’est accompagnée plus récemment de la redécouverte, puis d’un début de l’édition de l’important corpus de « dictées » de Jean à ses disciples.

Ce que Jean a dicté n’est pas d’une lecture très facile mais « le plus profond des mystiques français146 » mérite l’effort requis. Sa découverte est possible aujourd’hui parce que notre pratique des formes modernes d’écriture, s’écartant de la belle langue telle qu’elle fut pratiquée sinon imposée depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, facilite l’abord direct des textes.

La vie d’un frère convers

Nous n’avons pas besoin de reprendre ce qui a été fort bien exposé dans le travail fondateur de S. Bouchereaux147, conforté par celui de H. Blommestijn148. Leur source principale est d’ailleurs un travail de notre P. Donatien149 qui exploite un ensemble de documents d’une manière comparable à celle qui aboutira au Vrai Esprit. Une brève évocation suffira ici :

Jean du Moulin, fils d’un contrôleur des tailles, fut baptisé le 30 décembre 1571. Une intervention malheureuse causa sa cécité, suite à la maladie de la variole contractée à l’âge de trois ans. Aussi :

on lui fit apprendre la musique et le jeu des instruments en perfection, spécialement celui de l'orgue, qu'il touchait fort adroitement dès l'âge de douze ans. Il fit quelques années cet office en l'église de saint-Dominique de Sens et était toujours appelé aux concerts de musique qui se faisaient aux solennités extraordinaires.150

Quittant Sens pour Paris, en 1593 ou 1594, il alla demeurer chez son frère marié Jean-Baptiste pendant quatre ou cinq ans, près de Saint-Eustache. Mais après la mort de ses proches vint la misère :

Le serviteur de Dieu demeurait cependant dans une église toujours à genoux, et en oraison devant le très Saint Sacrement de l'autel, et souffrait beaucoup de faim, de soif et autres incommodités.151

On dispose d’une abondance de faits très vivants illustrant la dureté de la vie de l’infirme, que nous ne pouvons rapporter ici152.

L’église de Saint-Eustache était attachée au grand couvent des carmes de la place Maubert : un certain jour, en la fête de sainte Agnès de l’année 1604, Jean demanda la permission au jeune frère Mathieu Pinault « de toucher l’orgue » à la grand-messe. Cette rencontre fut le début d’une amitié profonde et durable.

Depuis je le conviais de venir à l’orgue avec moi toutes les fois que je jouais de l’orgue. En devisant avec moi il me demandait si j’avais des livres spirituels, et lui ayant dit qu’entre autres j’avais les œuvres de Nervèze, il me persuada de les quitter et m’en rendit d’autres comme Arias, Grenade153, et me pria de lui donner quelque temps pour lui lire des livres qu’il m’apportait, comme les divines institutions de Tauler, la Théologie mystique de Harphius, Ruusbroec, La Perle évangélique, le Jardin spirituel des contemplatifs de Mr. Deschamps.154

La lecture journalière était devenue très vite une rencontre de prière et de méditation et un cercle spirituel se constitua au couvent de la place Maubert. Jean

exhorta lors pareillement le Père Philippe Thibault, religieux de la même province à se mettre de la partie [en vue d’établir la réforme] ; l'assurant qu'il y pouvait beaucoup. […] Il lui dit ces paroles avec tant d'énergie et d'efficace, qu'elles frappèrent au cœur du Père Thibault comme un coup de foudre, et y demeurèrent désormais très profondément gravées, comme il a depuis souvent avisé au Père Mathieu [Pinault]155.

Finalement, en 1606, alors que Jean parlait avec Mathieu Pinault des desseins de celui‑ci, il lui dit au dépourvu : « Dieu m’appelle efficacement pour être religieux en votre convent de Dol 156. » Le jeune frère Mathieu n’y voyait que toutes sortes de difficultés, mais ce couvent l’accepta quoique âgé de trente-cinq ans et malgré sa cécité, mais dans la situation la plus humble de frère lai.

Les épreuves furent abondantes dans la vie du nouveau carme. Jean était souvent malade. Le bâtiment était fort misérable et délabré, il n’y avait pas d’infirmerie, les cloisons des cellules du dortoir n’étaient faites que « d’ais fort mal assemblez, où les vents entraient de toutes parts. » Jean préférait la solitude et le recueillement de la prière : « Dans l’hiver on l’a vu souvent à l’abri de quelque muraille, et aux rayons du soleil, trembler sa fièvre assis sur un buis du jardin157. » Jean de Saint-Samson avait appris une prière pour guérir les fiévreux. Cette pratique le mit en relation avec l’évêque de Dol qui, après une enquête, fut acquis à la cause du frère et le fréquenta régulièrement jusques à la fin de sa vie. Un événement nous révèle la pleine grandeur du frère :

La ville de Dol et le couvent des carmes furent atteints de la peste. Un carme mourut en peu de jours et un novice fut atteint par la contagion. Pris de panique, la communauté entière et le prieur s’enfuirent hors du couvent. Le soin du malade fut confié au jeune frère Olivier et à un séculier. Jean de Saint-Samson s’était déterminé à tenir ferme et à s’engager, pour si peu que cela lui serait possible. Malgré son infirmité et son peu d’expérience, il se mit à leur service pour soigner le malade. Un jour, celui‑ci fut atteint d’un accès de folie furieuse et voulut se précipiter par la fenêtre du dortoir. Alerté par un pressentiment, ou par une lumière divine selon l’interprétation du Père Donatien, Jean «  sort à même temps de sa chambre, va directement vers ce frénétique au lieu du précipice, le saisit et l’empêche de se jeter. Le tenant, il appelle les deux autres, qui pour la crainte du mal s’écartaient au bas du jardin, fit remettre ce pauvre malade en son lit, et demeura toujours auprès de lui, sans aucune appréhension de la maladie, priant Dieu qu’il lui rendît son bon sens, afin de pouvoir mourir dans les dispositions de sa grâce. Notre-Seigneur octroya 1’un et l’autre à ses prières. Car au même instant l’usage de la raison lui revint… » Jean de Saint-Samson finit par contracter lui-même la maladie à laquelle il s’était exposé volontairement pour l’amour de ses frères malades et agonisants. Les conséquences en demeurèrent limitées, quoiqu’il ait été transféré pendant quelque temps « au champ Saint-Jammes, lieu destiné pour la retraite et pour le défairement des pestiférés. » Jean y continuait sans relâche ses œuvres charitables. Ces expériences pénibles face à un mal impitoyable, à la défaillance totale de la médecine et à la peur obsédante de la contagion, l’amenèrent à un dépouillement entier de son intérêt propre et à une disponibilité sans réserve158.

Jean de Saint-Samson fit profession, âgé de plus de trente-cinq ans, le 26 juin 1607. Philippe Thibault et Mathieu Pinault, les deux réformateurs, dès leur arrivée définitive à Rennes en novembre 1608, essayèrent d’obtenir du Père provincial le transfert du frère Jean à leur couvent, mais il leur fallut attendre quatre années, la communauté de Dol s’y opposant. Puis :

les supérieurs de Rennes159 s’efforcèrent d’inventer de rudes épreuves pour mesurer la trempe de son âme et découvrir le fond de son cœur. […] Jean ne pouvait littéralement plus suivre les prescriptions de la méditation méthodique. […] Philippe l’invita à exposer par écrit son exercice d’entière élévation d’esprit. […] Etant donné que le contenu de ces quelques pages, de l’avis de tous, était bon et admirable, les chefs de file de la réforme n’hésitèrent plus à destiner le simple frère au rôle important de maître spirituel de plusieurs générations de jeunes carmes.

[…] Mathieu Pinault, le maître des novices, qui devait, après tout, sa formation spirituelle aux entretiens quotidiens avec Jean, prit l’initiative quelque peu curieuse d’envoyer chez lui les jeunes gens les plus doués pour une courte visite.160

Jean donnait probablement un « enseignement » par la prière (comme il en avait été de même par exemple pour les proches d’un Philippe de Néri). De la sorte, Jean devenait le maître spirituel de la réforme …sans méditation méthodique. Jean demeura alors à Rennes (à l’exception d’une année passée à Dol) jusques à sa mort, qui arriva alors qu’il avait atteint un âge assez avancé, près de soixante-cinq ans :

Pendant ces longues années, il n’aimait guère franchir le seuil du couvent, à moins que ce ne fût pour rendre visite à une personne malade ou agonisante… A la fin de sa vie, il demanda même son transfert […] pour y être en solitude totale. Il tenait pourtant sa fenêtre grande ouverte pour les oiseaux qui passaient la nuit dans sa chambre.

Il mourut le dimanche 14 septembre 1636

en la fête de l’Exaltation de la Croix, jour anniversaire de la mort de Catherine de Gênes, la mystique italienne fort estimée de Jean de Saint-Samson à cause de la ressemblance de leur expérience mystique161.

Le sentier de l’amour divin

Il faut en premier lieu aller à la recherche du trésor mystique. Le titre d’une œuvre connue de Jean de Saint-Samson162 souligne le caractère imprévisible et contraignant du chemin mystique, dont le parcours dure de nombreuses années, la vie étant donnée pour cela. Trouver l’entrée du sentier, puis le suivre, suppose en premier lieu de perdre ses certitudes pour se laisser conduire. Mais l’homme

ne se sert de sa raison que pour les choses sensibles. […] S’il monte plus haut que les sens, il ne veut concevoir les choses divines que par voie d’entendement, et croit que toute sa sainteté doit consister en la forte élévation et dans le lustre de son entendement illuminé de Dieu pour le connaître et le goûter. […] Il ne veut point aller là où il ne sait pas, ni s’exposer à se perdre et s’abandonner à la conduite de Dieu163.

Jean appelle donc à une vie surnaturelle, seule capable de franchir le pas :

Voyez donc derechef, mon frère, si vous voulez être profane ou divin, puisque cela est en votre libre pouvoir et vouloir. Ce n'est pas assez que d'avoir quelque lumière et connaissance naturelle de Dieu et des choses qui lui appartiennent, mais il faut être soi-même surnaturel, en ses habitudes, en sa vie, en ses connaissances, en ses continuelles actions, en ses paroles, et cela tant dehors que dedans. Et ce qui en trompe plusieurs, c'est qu'ils se contentent des connaissances et des touches divines acquises par spéculation ou autrement et en nature […].

Elle suppose une adhésion ou conformité dont

le chemin le plus court pour vous est le dedans de l'esprit, […] activité amoureuse par laquelle, comme le poisson se plonge et replonge en l’eau coulante, son propre élément, centre et repos, vous vous plairez uniquement de fluer et d’adhérer continuellement à Dieu […]164.

Mais quand à vous, il faut que vous vous résolviez de devenir éternel, tant en vérité pratique qu'en vue et science expérimentale de l'éternité en la même éternité. Or, pour parvenir là, il faut fluer activement sans cesse de toute l'action de vos puissances, par lesquelles vous soyez tiré et ravi totalement après elle en cette étendue éternelle en laquelle vous soyez rendu simple et immobile sans réflexion ni division quelconque […]165.

Cette conformité suppose un amour pur de toute contamination :

Il faut, et il veut, que nous soyons perdus, et totalement transfus en toute son étendue éternelle pour demeurer morts ainsi à nous-mêmes, […] vous excitant […] à un tout raisonnable amour, qui doit être raisonnablement exercé de vous par-dessus toute raison, appréhension et discrétion[…]166.

Je dis que où il y a de la raison en amour pour aimer, l'amour n'est point ; d'autant qu'amour est suffisant de soi et par soi-même de tirer et de ravir tout le sujet qu'il anime et qui l’agite, de le tirer totalement en unité d'esprit sans le concours et l'aide de raison réflexe […]167.

Le chemin est pénible parce que la nature cherche toujours un objet :

Si on lui ôte un objet sensible, elle [la nature] a recours à un objet de l’esprit. Si on lui ôte ceux de l’esprit, elle cherchera sa propre satisfaction en Dieu même […]168.

Tour à tour sont éprouvés amour divin :

Combien de fois, ô mon amour, ai-je eu sujet dans l'abondance de vos communications divines, de vous prier de vous enfuir hâtivement de moi si vous ne vouliez me voir mourir de joie et d'amour, présentement à vos yeux ?169

…ou cheminement obscur :

« Notre-Seigneur lui voulant faire goûter l'amertume de sa croix, le priva de toutes ces grâces sensibles. Et afin d'éprouver, épurer et affermir sa vertu et sa fidélité, le mit en un état très nu, très délaissé, très obscur et très misérable selon le sens, qui lui dura même plusieurs années sans autre consolation. De sorte qu'il lui semblait pendant tout ce temps-là être abandonné et réprouvé de Dieu170. »

Ces états sont éprouvés tour à tour et cassent le rigide amour-propre. Enfin « nos voies doivent être si perdues que personne n’en voient ni trace ni sentier171 ».

Seul est nécessaire l’élan de tout l’être pour atteindre un état d’union simple. L’appétit, le désir, l’élan, exprimés par « Tout ou rien ! », par un souhait, « Que tout le vieil homme meure en nous », sont essentiels dans la voie mystique. C’est le grand message de Jean, ce qui le rend spécifique parmi ses pairs à la lecture. Aussi n’avait-il souvent rien autre chose à dire en confession, sinon « qu’il n’avait pas tendu à Dieu à l’infini et de toutes ses forces en son attention », donnant pour précision :

L’infini […] c’est l’arrêt et fermeté de toutes les puissances recueillies, fondues, réduites et entièrement perdues en l’unité divine, par dessus tout esprit et fond172.

La « religion » prend alors le nouveau sens dynamique d’une « totale perte de soi-même et des choses créées, par une entière transfusion et résolution de tout soi en Dieu173. »

L’action divine à travers l’homme peut alors prendre place : « Aimer sans amour, aimer au-dessus de l’amour [sensible]174 ! » Avant d’y atteindre, par une continuelle et attentive mort de lui-même, le mystique aspirant plonge de plus en plus en son fond, « sans grand effort du sens », seulement du plus profond du cœur et du plus intime de l’esprit175. Qu’il ne se satisfasse point d’un désir de posséder Dieu ! En fait, plus le sujet « s’abîme et se perd au total de son infinie vastité176, tant moins il s’aperçoit de cette opération simple et cachée177. » Il ne lui reste qu’à

s’armer de force de patience et de constance pour ne varier jamais ni à droite ni à gauche […], se sentir toute vide et destituée de lui [l’Époux] et totalement insipide en ses sentiments. C’est en ceci que consiste la fidélité […] et non dans les grandes connaissances, réplétions, goûts, dilatations, simplifications, révélations, visions et ravissements de l’entendement humain. […] Cela [se sentir vide] n’arrive qu’afin que les âmes ne se satisfassent point elles-mêmes d’un désir glouton et affamé de posséder Dieu plus pour elles que pour Lui-même178

Voilà comment on monte l’escalier d’amour divin, car « celui qui a tout reçu doit toujours tout, à chaque moment179. » Ses voies sont la solitude, la totale impuissance, mais aussi satisfaire pleinement à Dieu avec joie, en abhorrant la tristesse.

Tout cela est aisé à dire, malaisé à faire, difficile à endurer, très difficile à surmonter. Car il faut demeurer stable, ferme et immobile au dedans de l’esprit, en simple repos, par dessus l’action et l’intention. Par dessus le flux sensible présent et essentiel de l’Époux ; et cela éternellement, parce que l’on croit ne devoir jamais vivre autrement et que cet aimable Époux ne doit jamais retourner… C’est ici que l’industrie humaine est épuisée180

Pour un abandon véritable, nous devons être « totalement reçus et fondus181 » :

Être enseveli comme mort, c’est encore un tout autre état, et puis être pourri et corrompu, et de la pourriture être rédigé182 en cendre, ce sont encore d’autres états plus proches du rien. Mais le même rien n’est rien. Il faut que le mystique avise soigneusement lequel de tous ces états lui convient, afin que sans s’arrêter, il tende toujours à plus, non selon la pure spéculation, ce qui serait tôt fait, mais en véritable pratique dans les occasions, qui ne lui manqueront jamais, et avec ordre et discrétion. C’est un183 œuvre d’un siècle, à dire la vérité184.

Soyons « circonspects à ne se point chercher finement, en faisant sa proie de la mort du sens. [L’âme] doit vivre là toute perdue à elle-même, sans science ni vue de ce que nous sommes185. »

Or les excellents mystiques nous disent ce qui est vrai, à savoir que trois choses conviennent à l'homme mort : on l'ensevelit, on l'inhume, et puis on marche dessus jusques au jour du jugement. On [ne] saurait mieux exprimer l'insensibilité des morts que par semblable chose. Si bien que on verra si nous sommes morts entièrement en la nature, si toutes ces choses se trouvent pleinement et de tout point véritables186.

Aussi pour le mystique,

son plaisir en son infini amour, est que Dieu soit ce qu'il est, qu'il ait ce qu'il a, et qu'il se bienheure [qu’il soit bienheureux] présentement soi-même en sa présente éternité, qui n'est autre que lui-même ; c'est cela qui réjouit les anges en la gloire, et les hommes en la voie, en quelque condition prospère ou adverse qui se puisse rencontrer. C'est ainsi que le bonheur de Dieu et la félicité de Dieu dans les hommes en leur félicité en la terre, et que le paradis de Dieu, est dans ces hommes-là. Toutefois, comme l'homme est composé de plusieurs parties en soi-même, il se peut faire qu'il puisse pleurer en demeurant joyeux au dedans187.

Toutefois la « subtile et perdue théorie et pratique des mystiques est inconnue à tout autre qu’à eux-mêmes et cependant ils voient tout, du fond de leur abîme188 » :

Pour arriver heureusement à cette transfusion en Dieu, il faut que toute la créature soit perdue à son vivre, à son sentir, à son savoir, à son pouvoir et à son mourir. […] Il n'y a plus en cet état d'acte de réflexion, et […] l'âme est hors de puissance de le faire. Toutefois le franc-arbitre demeure en sa pleine et entière vigueur. En ceci il y a infiniment de quoi s'émerveiller et admirer la force de l'amoureuse activité de Dieu à fondre et convertir totalement en soi ceux qui lui ont voulu sans réserve répondre de tout soi, tant en la vie qu'en la mort189.

Au reste dans cet abîme on ne voit ni fond ni déité : tout y est englouti sans ressource et il ravit incessamment tout l’homme sans distinction ni différence. C’est ici qu’il n’y a ni amour, ni vertu, ni charité. Et toutefois c’est d’ici que la charité, l’amour et les vertus sortent à leurs effets quand et autant qu’il le faut, sans perception ni distinction. Ce qui n’est point ne peut avoir de nom ; non par privation d’être, mais parce qu’on est englouti dans l’unique et suréminent être qui va remplissant tout être du sien190

Les vertus ne doivent jamais être distinguées ni séparées de l’amour, sinon dans leur action qui sort et paraît aux hommes. Il s’agit de parvenir au feu de l’amour divin, lequel les dévorera et les engloutira, pour les transformer en soi :

L’amour et l’humilité leur ôtent [aux mystiques] toute réflexion, les occupant et les perdant toujours de plus en plus en Dieu, où ils sont et vivent sans distinction ni discernement de ce qu’ils font ou ne font pas. Ainsi ils vaquent incessamment au devoir de l’amour réciproque, sans croire ni penser qu’ils y satisfassent, sinon de fort loin et chétivement191.

Le divin Soleil de justice ne manque point de produire les effets de son amour dans les hommes, aux uns plus tard et aux autres plus tôt et en un différent degré, selon qu’il trouve la terre de leur cœur diversement disposé à cela par la grâce ; la saveur et l’expérience que nous avons de cette vérité nous est très délicieuse ; en cette manière nous pénétrons tous les effets de cet amour produit dans les hommes, leur découvrant sa beauté et ses vives splendeurs afin de les rendre parfaitement amoureux de lui-même192.

[…] Élevé de la terre et de vous par-dessus vous, entièrement perdu par plongement vigoureux et amoureux en l'immense mer et son infinie divinité, où tous les esprits créés, se surpassant soi-même, se sont perdus, et où ils se sont consommés en amour comme dedans un très vif brasier qui les rend jouissant de l'infini amour, et des infinis délices de Dieu même, le voyant être ce qu'il est digne de son seul amour, pour être pleinement bienheuré, et bienheureux par soi-même193.

Ainsi le seul amour demeurera maître de la place194 :

Cet état consiste en une élévation d’esprit par-dessus tout objet sensible et créé, par laquelle on est fixement arrêté au dedans de soi, regardant stablement Dieu, qui tire l’âme en simple unité et nudité d’esprit […] La constitution de celui qui est en cet état, est simple, nue, obscure et sans science de Dieu même […] Car là, tout ce qui est sensible, spécifique, et créé est fondu en unité d’esprit, ou plutôt en simplicité […] Alors les puissances sont fixement arrêtées au-dedans, toutes attentives à fixement regarder Dieu […] Et plus cela est ignoré du patient, tant mieux pour la profondeur et l’excellence de cet état. […] ni créé ni créature, ni science ni ignorance, ni tout ni rien, ni terme ni nom […] ni différence de temps […] tout cela est perdu et fondu en cet obscur brouillard, lequel Dieu fait lui-même, se complaisant ainsi dans les âmes […] Là elle doit continuellement être attentive à ne se point laisser occuper des objets naturels et spirituels, qui sourdent presque continuellement, quoique très simplement, de la puissance raisonnable, et à n’écouter point la nature, qui la sollicite continuellement à connaître et à sentir son état et à réfléchir sur ce qu’elle voit et ce qu’elle est. Car la nature veut toujours secrètement avoir quelque objet à quoi elle s’attache […] qu’elle réponde uniquement et toujours […] par la simple et totale attention, en l’essence abyssale de Dieu195. »

Mais on ne voit ni terme ni nom pour répondre à ce dont on se sent et on se voit tout embrasé, aussi on se réduit et on s’exprime comme on peut196 ! Celui qui à force de mourir et fluer continuellement en Dieu est devenu simple, demeure comme impuissant à réfléchir. Il demeure stable et arrêté en son repos, ne désirant sortir de là sinon lorsque Dieu l’en tire. Et lors il sort sans sortir, pratiquant ce qu’il doit faire, libre et sans empêchement, afin de rentrer selon son total au plus profond de son désert solitaire.

Ces personnes sont vues comme fleuve regorgeant d’amour, de lumière, de saveur et de délices ineffables197. Mais les formes et le vocable même d’amour s’anéantissent. Car alors le sujet se trouve heureusement transformé au feu de Dieu198. Rien de ceci ne rejaillit plus dans les sens ; et il est de nécessité que l’âme soit établie et confirmée en une très grande et très simple force d’esprit, qui l’arrête et constitue fermement et « immobilement » en son objet ; afin que Dieu vive en elle comme sans elle199.

Alors l’amour n’a plus d’être, de vie, ni d’opération comme pour elle, mais désormais son infini objet qui est Dieu, vit, agit, et pâtit en elle en tout sens et manière, et en tous événements. L’âme dis-je, en cet état ne vit que de la vie, et en la propre vie de Dieu. Elle a atteint sa similitude avec Dieu par-dessus la même similitude ; elle a atteint son image et son exemplaire en son propre fond originaire, et elle est entièrement transfuse en son immense amplitude, par dessus toute démonstration possible. […] Pour donc faire vivre Dieu en nous, il faut que nous mourions totalement ; et comme cela ne doit et ne peut être naturellement devant le temps de notre dissolution, il faut que nous mourions en la foi et la créance du rien de toutes choses, et de nous-mêmes au respect de Dieu200. […] Celui donc qui affecte seulement les formes et intelligences du haut et du profond, si mystique qu’il puisse être, n’est pas capable de notre présent flux et écoulement et ne sait ce que nous disons201.

« Ni haut ni profond » : aucune progression linéaire dont on puisse saisir des étapes. Jean pratique un mouvement circulaire, déterminé et finalement aspiré par le puissant Attracteur divin :

Si bien qu'à mesure qu'on reçoit les splendeurs divines en ses divins et profonds attouchements, qui font et contiennent diverses manifestations de plusieurs et divines notions, tant en la grandeur et la beauté de Dieu, en sa largeur et profondeur, qu’en la connaissance en science expérimentale de son rien, l'âme se trouve plus désireuse, plus enflammée, plus active sans labeur, et plus intérieure que jamais, se sentant et voyant perdue, fondue et réduite dedans l'immensité de ce divin feu tout dévorant, savoir le créé, pour, là-dedans surpassée et perdue d'elle-même en son éminente élévation et constitution, ne vivre plus d'autre vie que de la vie de Dieu, qui l'anime et l'agite de son enflammé esprit202.

L'homme qui voit et goûte Dieu par son flux lumineux, voit aussi, par même moyen et sens, quant et quant la vérité de son rien. Si qu’il ne peut assez s'étonner de voir un amour si excessif et démesuré de la majesté de Dieu en son endroit. En la vue et sentiment de quoi, il s'étonne infiniment de se voir si abondamment et si libéralement prévenu de l'amour merveilleux de sa Majesté, lui qui voyant en cette immense lumière la laideur du péché. […] Et de vrai, si sa Majesté ne le préservait de mourir en cette vue, il mourrait à l’instant203.

Or c’est par l’amour en soi-même, que l’âme touchée vivement d’amour, désire se conjoindre étroitement à l’amour même incréé, qui est Dieu, et c'est ce que nous entendons par la concision et réduction de l'aspiration enflammée sous peu de paroles et de forme, qui n'est quasi que le vocal d'amour. […] C'est là que l'âme jouit des ineffables embrassements à pur et à plein, de la grandeur, de la beauté et des secrets ineffables du même Dieu d'amour, qui l'entraîne en son abîme par cette fidèle activité de la créature à lui répondre selon son total. 204.

…Ils portent partout leur solitude d'esprit, comme ayant atteint par la pureté de cœur le doux et secret silence en le repos intérieur de l'esprit, diligemment attentifs et actifs qu'ils sont au continuel culte de leur fond, qu'ils ne laissent dépeindre d’aucune espèce, image ou figure. Ceux-ci ne pensent ni à sainteté ni à pureté, de quoi néanmoins faisant continuellement de mieux en mieux les exercices, d’une continuelle et entière tendue de tout eux-mêmes en Dieu, ils acquièrent très excellemment par cela même, la pureté et la sainteté dont ils sont revêtus comme d'un très précieux ornement au plaisir et à la gloire de Dieu, […] ils ne savent réfléchir ni sur les autres ni sur leurs œuvres.205.

Mais qu'il avise bien de ne se faire ni rendre propriétaire d'aucun exercice d'esprit quand Dieu le tirera ailleurs et autrement. Et encore qu'il doive grandement chérir la solitude, si se doit-il bien garder de s'en rendre propriétaire, pour ce que nous devons suivre Dieu, non pas nous-mêmes. C'est pourquoi il faut laisser Dieu pour Dieu, spécialement quand on voit fort expressément ce que Dieu veut de nous206.

Et vivant à Dieu et en Dieu de toutes tes forces et de tout ton appétit, tu es bienheureux en ta misère. Car observant continuellement toi-même en sa présence, nature n'a ni effet ni pouvoir dessus toi, encore même que tu ressentes ses importunités, d'autant que lui faisant bonne et due guerre à la faveur de Dieu et de sa gloire en toi, si tu es faible et infirme en toi-même, tu es d'autant plus fort en Dieu, en qui ta fidèle renonciation d'esprit et de sens te fait mourir et te perd irrécupérablement. Vois donc que ta pauvreté est pour ta richesse, et pour tout dire, que ta misère universelle est pour ta pleine félicité, non en toi pour cette heure, mais en Dieu infini, en l'immensité duquel tu te perds de plus en plus nûment. En l'abîme duquel tu es jouissant de lui en sa continuelle vue et contemplation. Et tant moins tu as de science et sentiment de cela, tant plus et tant mieux. Tu es cette mer même où ta jouissance et contemplation est ineffable au plus profond de la solitude de ton désert207.

Nous achevons ce collier de beaux extraits par celui d’un manuscrit qui ne fait pas double emploi avec les textes du Vrai Esprit :

Le flux de la créature en Dieu procède de son industrie pure plus ou moins vivement touchée de Dieu, pour pouvoir appréhender Dieu petit à petit et le connaître en ses effets, tant en la créature que dehors d’elle aux autres. […] La créature se sent outrée et ponctuée des vifs attraits de Dieu, à la suite desquels elle sort par divers degrés et par diverse succession d’ordre et de temps d’elle-même et des choses créées et entre par amour et dépouillement de soi plus ou moins avant en Dieu. […] Mais il est tout au contraire de ceux qui tirent Dieu à eux à la manière des écoliers, lesquels par efforts de spéculation naturelle l’accommodent à leurs sens et leurs goûts, duquel se sentant sensiblement et naturellement délectés, il leur semble par cela s’approcher grandement de Lui, et avoir sous grande connaissance et grand goût de lui, ce qui n’est qu’affection et sentiment purement naturel. Lesquels se trouvant doctes par la science acquise, ils étendent le discours et leurs voies en cela le plus largement et le plus loin qu’ils peuvent, de sorte que leur ponctuation n’est que pure théologie d’école, étudiée, plus ou moins facilement digérée par spéculation, purement humaine. Et comme ils ont lu quelques mystiques, ils en mêlent quelquefois des mots en leur digestion ; si qu’à cette occasion on peut dire que leurs discours en délivre plus ou moins appuyée, mélangée et ornée de quelques petits filets d’or, ou si on veut, frotté d’un peu de miel. […]

[Au contraire] la sapience est infuse de Dieu dans les cœurs simples qui s’occupent simplement en des sujets affectueux, laquelle les unit et les recueille en vérité par-dessus toutes multiplicités de recherches d’école, les pénétrant d’une saveur divine qui ne convient qu’à Dieu, qui la verse expressément pour rendre semblables [les] âmes amoureuses de lui par l’infusion de ses lumières et de ses goûts. À quoi l’âme étant fidèle, elle continue de poursuivre Dieu par son attrayant rayon délicieux par-dessus tout ce qui se peut penser, quoique cela se fasse par diversités de voies, en toutes lesquelles Dieu tient nécessairement cet ordre. Ce que se continuant ainsi, les âmes font progrès en la connaissance de Dieu, d’elles-mêmes, […] elles en deviennent doctes en l’art de la science d’aimer Dieu, auquel le très saint Esprit les instruit d’une ineffable manière pour étendre, pour pénétrer et pour surpasser toutes choses créées en elles-mêmes. Tels sont les vrais et solides effets de la divine sapience abondamment infuse aux âmes assez saintes. C’est pourquoi toutes leurs études et leurs soins n’est que de se rendre de plus en plus simples et uniques en leur occupation continuelle autour de Dieu208.

Là le vide est tout plein209.

Les Sources

Sources manuscrites

Archives d’Ille-et-Vilaine à Rennes, description en fin du présent volume, annexe, section « Les manuscrits de Rennes ». Les boites 9H6 à 9H47 contiennent d'une part des traités, hymnes et poésies du mystique aveugle (9H39 à 9H44, près de quatre mille pages) ainsi que des lettres et sa biographie, et d'autre part des textes relatifs aux disciples ainsi qu’une correspondance nourrie avec les maisons de la province de Touraine au moment de la réforme (les autres boites). Il existe d’autres archives d’importance secondaire210.

Editions par Donatien

[1651] La Vie, les Maximes et partie des œuvres du très excellent contemplatif, le vénérable Fr. Ian de S. Samson, aveugle dès le berceau, et religieux laïc de l’Ordre des Carmes réformés, par le R.P. Donatien de S. Nicolas, Religieux du même ordre, Paris, Denys Thierry, 1651, Ière Partie, 1-198, suivie de IIe Partie, « Règles et Maximes spirituelles […] », 201-357, suivie de IIIe Partie, « Contenant trois traités » (Le Miroir et les Flammes de l’Amour divin…, De l’amour aspiratif…, De la souveraine consommation d’amour), 363-532.

[1654] Les Contemplations et les divins soliloques du vénérable F. Iean de S. Samson religieux laïc de l’Ordre des Carmes réformés, livre très propre et très utile pour les âmes plus touchées de Dieu, qui veulent faire des retraites spirituelles ou exercices des dix jours, (pas de référence à Saint-Samson), Paris, Denys Thierry, 1654, Au lecteur, Préface, permissions et approbations, Table, (38 Contemplations), 1-453, « Soliloques » 454-569, « L’Épithalame… », 570-600.

[1655] Le Cabinet mystique, contenant les règles de la conduite des âmes religieuses, divisé en deux parties… par le vénérable Fr. Ian de S. Samson…, Rennes, veuve Yvon, 1655, Avis… Table, « Première partie contenant la conduite des Novices », 1-384, « Seconde partie adressée aux directeurs plus illuminés… », Rennes, veuve Yvon, 1655, 1-274.

[1655] Méditations pour les retraites ou exercices de dix jours par le V.F. Ian de S. Samson…, Rennes, veuve Yvon, 1655, Avis etc., suivi de Les Pieux Sentimens et sentences spirituelles… 1-229.

[1655] Le Vray Esprit du Carmel, réduit en forme d’exercice pour les âmes qui tendent à la perfection chrétienne et religieuse, Par le Ven. F. Jean… Avec un recueil de ses lettres spirituelles, Rennes, Jean Durand, 1655, Frontispice (l’œil droit spirituel ouvert, l’œil gauche terrestre de l’aveugle fermé !), Aux vrais chrétiens…, Aux âmes religieuses, Table, Le Vray esprit, 1-360, Recueil de plusieurs lettres…, 1-180.

[1656] La Vie … du même ordre (reprise exacte du titre de 1651), Paris, Denis Thierry, 1656, Épitre à Monseigneur Messire Henry de Bourg-Neuf…, Préface, Table, (même contenu et pagination qu’en 1651).

[1657] La Mort des saincts précieuse devant Dieu ou l’art de pâtir et mourir… par le V. Frère Jean de S. Samson, Paris, Anthoine Pas-de-Loup, 1657, en deux parties, 1-188, 1-284.

[1658-1659] Les Œuvres spirituelles et mystiques du divin contemplatif F. Jean de S. Samson, religieux carme de la réforme et observance de Rennes, en la province de Touraine. Divisées en deux tomes. Avec un abrégé de sa vie. Recueilly et composé par le P. Donatien de S. Nicolas, religieux de la même province. A Rennes, Par Pierre Coupard, 1658 t. I et 1659 t. II. Tome I comprend : Titre, « À Jésus-Christ crucifié", 2 p., Abrégé de la vie… par Donatien, p. 1-60, Eloges et approbations, p. 61-66, Table des titres tome I, p. 67-70, Avis au lecteur, p. 71-72, Les Œuvres du Vénérable F. Jean de S. Samson, livre I, Le vrai esprit du Carmel…, p. 1-133, Livre II, Le Cabinet mystique adressé aux âmes plus illuminées, p. 134-224, Livre III Contenant les règles de conscience et de conversation extérieure, p. 224-301, Livre IV, Le Miroir et les flammes de l’amour divin…, p. 302-336, Livre V, Soliloques…, p. 337-384, Livre VI, Les Contemplations sur les mystérieux effets de l’Amour divin, p. 385-528, Livre VII, Méditations pour les retraites…, p. 529-586, Livre VIII, Lumières et règles de discrétion pour les supérieurs, p. 587-616. Tome II comprend : Titre identique au tome I, Table des titres du tome II, 2 p., Livre IX, Recueil de plusieurs lettres spirituelles [80 lettres], p. 617-680, Livre X, De la simplicité divine, p. 681-744, Livre XI De l’effusion de l’homme hors de Dieu et de sa refusion en Dieu…, p. 745-781, Livre XII, La mort des SS…, p. 782-846, Livre XIV [manque un livre XIII !], Observations sur la Règle…, p. 847-891, Livre XV, La conduite des novices, p. 892-968, Livre XVI, Divers traités, p. 969-1044, Poésies mystiques, p. 1-16.

Nous nous appuyons sur cette édition « définitive ». Elle diffère quelque peu des précédentes. On observe que le Vrai Esprit repris dans le présent volume couvre 133 pages sur un total de 1060 pages, soit le huitième du corpus. Et les autres textes bénéficiant de rééditions modernes suivantes sont encore plus réduits comparés au corpus.

Rééditions modernes :

Jérôme de la Mère de Dieu, La Doctrine du Vénérable Frère Jean de Saint-Samson, Éd. de la Vie spirituelle, Saint-Maximin, 1925211.

Directions pour la vie intérieure, par Jean de Saint-Samson, choix établi et présenté par S. M. Bouchereaux, La Vigne du Carmel, Seuil, 1947212.

Jean de Saint-Samson, Œuvres mystiques, texte établi et présenté par H. Blommestijn et M. Huot de Longchamp, Paris, Ô.E.I.L., 1984213.

H. Blommestijn, Jean de Saint-Samson. L’éguillon, les flammes, les flèches et le miroir de l’amour de Dieu, propres pour enamourer l’âme de Dieu en Dieu même, édition du manuscrit de Rennes, Introduction et commentaire, Doctorat, Pontificiae Universitatis Gregorianae, Rome, 1987214.

Jean de Saint-Samson, La Pratique essentielle de l’amour, Coll. « Sagesses chrétiennes », Cerf, 1989 (texte établi et présenté par H. Blommestijn et M. Huot de Longchamp)215.

Jean de Saint-Samson, Œuvres complètes 1, L’Aiguillon, FAC, 1992, Œuvres complètes 2, Méditations et Soliloques 1, FAC, 1993, Œuvres complètes 3, Méditations et Soliloques 2, FAC, 2000216.

Choix d’études :

[1950] S.-M. Bouchereaux, La Réforme des carmes en France et Jean de Saint-Samson, Vrin, 1950.

[1963] C. Janssen, Les Origines de la réforme des carmes en France au XVIIe siècle, Martinus Nijhoff, s’Gravenhage, 1963.

[1987] H. Blommestijn, Jean de Saint-Samson, L’éguillon, les flammes, les flèches et le miroir de l’amour de Dieu…, Pontificiae Universitatis Gregorianae, Rome, 1987.

La présente édition

Le Vrai Esprit du Carmel est le portique d’entrée composé par le P. Donatien de Saint-Nicolas et placé en tête des deux in-folios reprenant les œuvres du maître, « édition définitive » de 1658-1659217

Nous livrons cet état final du travail de Donatien suivi de la transcription de manuscrits qui, découpés et distribués, servirent à composer l’ouvrage.

Il est aisé d’aller et de revenir du Vrai Esprit à ses Sources manuscrites regroupées dans la seconde partie du volume, grâce aux indications de leurs folios, reportées identiquement de part et d’autre entre crochets au fil des deux textes. Cela tient lieu d’une commune pagination.

La table des correspondances (édition vers manuscrits et inversement) qui suit immédiatement décrit l’état actuel d’un puzzle partiellement reconstitué. Des explications techniques complémentaires figurent dans l’Avertissement qui suit l’étude du P. de Longchamp et qui précède notre édition du Vrai Esprit. Rappelons enfin que le fonds manuscrit de Rennes est décrit en annexe en fin de volume.

Table

Le Vrai Esprit du Carmel 1

Œuvre spirituelle et mystique assemblée par le Père Donatien de Saint-Nicolas. Sources manuscrites. 1

Édition critique présentée par Dominique Tronc 1

Avec une étude par le Père Max Huot de Longchamp 1

Avant-propos 3


Jean de Saint-Samson (1571-1636) 5

Au sein des réformes 5

La vie d’un frère convers 6

Le sentier de l’amour divin 10

Les Sources 17

La présente édition 19

. 21

Correspondance entre le manuscrit de Rennes et le Vrai Esprit de Donatien 21

L’enseignement du Vrai Esprit du Carmel 22

1. Un manuel de vie religieuse 24

2. Le cadre d’une vie spirituelle 27

3. Le pédagogue de la vie spirituelle 33

4. Lire Jean de Saint-Samson 39

. 41

[Première page de l’édition de 1658 du Vrai Esprit du Carmel] 41

Avertissement 42


Le Vrai Esprit du Carmel 44

[Textes mystiques du Fr. Jean de Saint-Samson assemblés par le P. Donatien de S. Nicolas] 44

Chapitre premier. Où par manière de préface est montrée l’importance et la nécessité que tout religieux a d’être spirituel 45

Chapitre 2. Ce que c’est que religion, et être religieux 49

Chapitre 3. Ce que c’est que d’être vrai et parfait religieux 55

Chapitre 4. De la mortification 64

Chapitre 5. La nécessité des vertus ; et comme elles sont le moyen et la preuve de l’Amour divin 67

Chapitre 6. Du principal moyen d’acquérir les vertus 71

Chapitre 7. De la connaissance de soi-même, et de l’humilité, premier fondement de la vie spirituelle 76

Chapitre 8. Du même sujet de la vertu d'humilité 84

Chapitre 9. Traité plus ample de l'humilité 91

Chapitre 10. Des vertus d'obéissance, patience, bénignité, abstinence et sobriété ; et de la solitude tant de corps que d'esprit 123

Chapitre 11. De l'abnégation ou renonciation 136

Chapitre 12. Ce que c'est que mourir à soi ; et des diverses morts, tant du sens que de l'esprit 144

Chapitre 13. Des morts plus subtiles et plus spirituelles que l'âme doit souffrir constamment en ces voies mystiques 151

Chapitre 14. Du fond de l'âme et de l'excellent état de ceux qui sont parvenus 155

Chapitre 15. De l'amour de Dieu et de ses divers effets et degrés 159

Chapitre 16. De l'Amour pur, et de son excellence au plus haut point de son état actif 163

Chapitre 17. Les industries de l'âme, et la conduite que Dieu tient sur elle pour l'élever à l'état d'amour pur 167

Chapitre 18. Divers avis et renseignements pour s'avancer et se conserver dans le vrai amour de Dieu 183

Chapitre 19. Quelques autres lumières sur les divers mouvements de la nature et de la grâce 196

Chapitre 20. Des œuvres extérieures 203

Chapitre 21. Conduite des actions de la journée, et des quelques autres occupations importantes de la vie religieuse, comme d'étudier, mendier, prêcher, confesser, etc. 206

Comment les religieux doivent exercer dans l'Esprit de Dieu la pauvreté ou mendicité, lorsque pour ce sujet ils sont envoyés à la campagne 212

Avis pour la direction d'un bon confesseur 221

Chapitre 22. De l'amour unitif et de l’oraison par voie mystique. Et comme cette voie est opposée à la scolastique 229

Chapitre 23. De l'amour divin, son commencement et son progrès, par ordre et par degrés 238

. 247


[Première page du ms. 43n2 source de la p. 1 du Vrai Esprit du Carmel] 247

[placer ici “ms.début Vrai esprit.jpg”] 247


Sources manuscrites 248

Avis pour la direction d'un bon confesseur [chap. 21] 249

(ms. 40n4 = Vrai Esprit, chap. 21, add. « Avis… ») 249

Traité de l'état de l'amour pur [chap. 16] 253

[ms. 40n11-1 = Vrai Esprit, chap.16] 253

Comme on connaît les diverses amours, le vrai et divin, et le naturel [chap.18] 258

(ms. 40n11-1 = Vrai Esprit, chap.18) 258

Premier avis 258

Second avis 259

Troisième avis 260

Quatrième avis 261

Cinquième avis 261

Sixième avis 262

Septième avis 263

Huitième avis 264

Neuvième avis 265

Dixième avis 266

Onzième avis 267

Douzième avis 267

Treizième avis 268

Quatorzième avis 268

Quinzième avis 269

Seizième avis 270

Dix-septième avis 271

Dix-huitième avis 272

Dix-neuvième avis 273

Vingtième avis 273

Que c’est que religion et religieux [chap. 3] 275

(Ms. 40n11-2 = Vrai Esprit, chap. 3) 275

Que c’est que religion, et que d'être religieux [chap. 2] 284

(Ms. 41n1 = Vrai Esprit, chap.2) 284

Autre traité de la différence des deux voies, mystique et commune [chap. 22] 291

(ms. 42n5 = Vrai Esprit, chap. 22) 291

Exercice monstrant le port de nostre Religion [chap. 1, 4-8, 10, 12-15, 19, 20] 295

(ms. 43n2 = Vrai Esprit, chap. 1, 4-8, 10, 12-15, 19, 20) 295

Exercice monstrant le port de nostre Religion, en faveur de ses plus saints Enfans. 295

La nécessité que le Carme a d'être spirituel Contenant neuf chapitres Chapitre premier [chap. 1] 296

Chapitre 2. De la mortification [chap. 4] 299

Chapitre 3. De la connaissance de soi-même [chap. 7] 303

Chapitre 4. Des divers degrés de méditation [chap. 7] 307

Chapitre 5. Des œuvres extérieures [chap. 20] 310

Chapitre 6. De la nécessité des vertus au spirituel [chap. 6] 315

Chapitre 7. De la nécessité des vertus au spirituel. De l'humilité [chap. 8] 320

Chapitre 8. Des vertus filles d'humilité [chap. 10, 19] 334

Abrégé et réduction de tout cet exercice [chap. 5, 15, 12 à 14] 353

Pratique essentielle de l’amour de divine théorie en lui-même [chap. 23]. 372

(ms. 43n5 = Vrai Esprit, chap. 23) 372

Annexe : les manuscrits de Rennes 382

85.JEAN DE SAINT-SAMSON L’œuvre à lire [choix dans le Cabinet mystique, la direction de Dominique de St Albert, les Justifications de Mme Guyon]



122.Saint-Samson CABINET D & ms_28déc17 14x21.6.docx

122.Saint-Samson Florilège.odt



Lire Jean de Saint-Samson, un mode d’emploi

Le Cabinet mystique & extrait de l’Œuvre assemblée par le Père Donatien de Saint Nicolas. Sources manuscrites.

Textes choisis.

La direction de Dominique de Saint-Albert

Une autorité pour Madame Guyon



!Saint-Samson Dossier antidoté

Présentation



Cet ouvrage prend la suite du Vrai Esprit du Carmel réduit en forme d’exercice pour les âmes qui tendent à la Perfection. édité en 2012 dans la collection «Sources mystiques» du Centre Saint-Jean-de-la-Croix.

Il poursuit ma restitution de l’assemblage établi par le Père Donatien de Saint-Nicolas et paru en 1658. Le Vrai Esprit couvrait de la première page des œuvres 218 à la page 133, suivi d’un Cabinet mystique adressé aux âmes plus illuminées qui couvrait les pages suivantes jusqu’à 224. Donatien poursuit ensuite un assemblage qui couvrira plus d’un millier de grandes pages 219.

Je prolonge une restitution très partielle en me limitant à la première partie du Cabinet mystique, des pages 134 à 192, décrivant un «plateau mystique» atteint après une rude montée.

Comme pour le Vrai Esprit j’ai retrouvé en partie les sources manuscrites qui sont présentées et corrélées à la suite du texte de Donatien. Il revoit et simplifie au détriment d’un souffle qui traverse les dictées du grand carme aveugle. À la décharge de Donatien, il s’agissait de faire apprécier un maquis de dictées plus ou moins fidèles à l’exposé oral.

J’ai complété largement ce bref texte par un florilège privilégiant des lettres adressées surtout au disciple bien-aimé et autre mystique accompli, Dominique de Saint-Albert, disposant cette fois d’une édition établie par S. Bouchereau et parue dans une revue difficilement accessible.

Puis au-delà du présent travail, que faire? Depuis 1950, l’année de parution du travail majeur de S. Bouchereaux, peu d’entre nous ont pris le relais. À ma connaissance trois ont commis des études fournies220 : mon ami Max de Longchamp, le grand carme Hein Blommestijn et moi-même. Une édition intégrale des meilleurs manuscrits, ceux du fond de Rennes, nous livre trois volumes totalisant déjà presque 800 pages (mais seulement un petit quart des 4000 pages manuscrites), mais n’a pu être poursuivie. Le fallait-il? Qui entreprendrait la lecture d’un tel corpus inégal?

Max de Longchamp propose une approche introduisant un choix de cinq traités abordant les «questions essentielles auxquelles se confrontent les âmes d’oraison». Je reconnais son souci pastoral. Il présente lumineusement ces pages. Pour aller plus loin, on lira les études érudites de Bouchereaux suivi par Blommestijn.

J’ai photographié les manuscrits de Rennes en distribuant les milliers de photographies établies sur banc par doubles pages en suivant l’inventaire établi par les archives d’Ille-et-Vilaine avec contribution de S. Bouchereau qui recommande d’éviter tout mélange! Ainsi de génération en génération un souci de préserver et de transmettre se transmet.

Je recommande donc d’oublier l’idée d’une reconstitution hasardeuse et déformante d’une œuvre qui ne fut que dictée à l’aventure d’un transcripteur souvent novice puis futur spirituel disciple de Jean. On a aujourd’hui tout ce qu’il faut pour ouvrir le dossier Saint-Samson. Dans ce but je propose un fil conducteur et je suggère une approche progressive.

Il s’agit certes d’un gros dossier requérant effort, mais il s’agit surtout de retrouver le plus grand des mystiques français. Je l’égale à l’autre Jean (de la Croix) dont l’œuvre fut mutilée. Notre second Jean n’a pu être reconnu comme nous venons d’en exposer les raisons concrètes : dictées au sort aventureux, imprimés infidèles.

Voici donc en ouverture à ce travail poursuivi de restitution partielle d’un couronnement au Vrai Esprit par la première partie du Cabinet mystique un mode d’emploi (ouvrant sur quelque rappel de que nous venons de souligner).

Il est bâti sur un état des lieux aujourd’hui devenu favorable : plusieurs ouvrages publiés depuis la grande thèse publiée chez Vrin en 1950 et leur mise à disposition en photos doubles pages sur notre base «JEAN DE SAINT-SAMSON»; de même pour le principal fond manuscrit, œuvre d’un bon copiste qui ne requiert guère qu’une heure pour se familiariser avec ses rares abréviations.

Lire Jean de Saint-Samson, un mode d’emploi.

Jean de Saint-Samson est l’auteur mystique français le plus important du dix-septième siècle, mais méconnu, car le plus problématique vu de ses sources textuelles.

L’aveugle a dicté aux novices qu’il a ainsi formé. On possède des sources manuscrites fiables à Rennes et des imprimés d’époque. La dernière édition par Donatien en deux volumes in-folio publiés à Rennes en 1658 s’est imposée.

II est préférable de recourir aux sources manuscrites, car Donatien a fortement adapté et protégé son maître. Cependant les quatre mille pages qui nous sont parvenues sont issues de nombreuses dictées de qualité variables, le sens mystique profond dépendant de la compréhension de tel auditeur-transcripteur. L’oralité du maître entraîne fréquentes répétitions et absence d’une organisation suivie dans l’exposé.

L’«Œuvre» de l’aveugle ne peut être reconstituée (et ne serait guère complète : certains manuscrits attestés ont disparu) tandis que la compilation de ce qui reste — les quatre mille pages pour Rennes seul -- serait indigeste. Ceci justifie partiellement le travail à la serpe commis par Donatien en conformité avec l’esprit du temps.

On dispose aujourd’hui de quoi? Trois premiers tomes d’un projet d’édition intégrale en dix tomes des seuls manuscrits de Rennes. S’y ajoutent des textes bien choisis par Max de Longchamp. Puis notre édition du Vrai Esprit du Carmel associe l’ouverture construite par Donatien pour son grand œuvre publié en 1658 à une partie retrouvée de sources manuscrites. On y vérifie la liberté, l’adoucissement et certaines précautions prises par le disciple-éditeur221.

Je propose de préférence à toute entreprise éditoriale majeure le recours à un vaste dossier associant l’in-folio de 1658 aux archives de Rennes et aux éditions modernes, soit l’essentiel ici assemblé et harmonisé. Son fil conducteur est fourni par la table de 1658 associée au descriptif détaillé des archives de Rennes avec renvois aux éditions modernes. L’ensemble informatique est autonome. C’est probablement une direction inhabituelle, mais elle prépare le bon accord avec une évolution technique en cours où la linéarité du récit classique ou «livre» est sacrifiée par la facilité d’établir des liens entre sources images et textes voire sur un même écran.

L’ensemble informatique que je présente est autonome. C’est probablement la direction adaptée à une évolution qui menace à terme le support linéaire du livre tel qu’il s’est établi depuis cinq siècles.

Le fil conducteur reprend successivement les éditions modernes disponibles, la table de Donatien de 1658, le relevé des archives départementales d’Ille-et-Vilaine, lettre H boîtes 39 à 43, dossiers d’origine par boîte.

Éditions, table et relevé sont associés par soulignement des dossiers lorsqu’ils peuvent être remplacés au moins partiellement par une édition moderne.

Éditions modernes

La bibliographie récente comporte les principaux ouvrages qui suivent :

La Réforme des Carmes en France et Jean de Saint-Samson par Suzanne-Marie Bouchereaux, Paris, Vrin, 1950. (490 pages)

O.E.I.L. :

Jean de Saint-Samson, Œuvres mystiques, Texte établi et présenté par Hein Blommestijn, O. Carm et Max Huot de Longchamp, «Sagesse chrétienne», O.E.I.L., Paris, 1984. (157 pages) [L’Aiguillon, les flammes. & L’Epithalame]

Jean de Saint-Samson (1571-1636) L’Eguillon, les flammes, les flèches et le miroir de l’Amour de Dieu, propres pour enamourer l’âme de Dieu et dieu mesme, Edition du manuscrit de Rennes, Introduction et commentaire, Auctore Hein Blommestijn, Pontificiae Universitatis Gregorianae, Romae, 1987. (397 pages)

F.A.C. (3 vol.) :

Jean de Saint-Samson, Œuvres complètes 1 L’aiguillon, L’éguillon, les flammes, les flèches, e tle miroir de l’amour de Dieu, propres pour enamourer l’âme de Dieu en Dieu mesme, Edition critique par Hein Blommestijn, O. Carm., Institutum Carmelitanum — Rome & FAC-éditions – Paris, 1992. (136 pages).

Jean de Saint-Samson, Œuvres complètes 2 Méditations et Soliloques 1, Edition critique par Hein Blommestijn, O. Carm., Institutum Carmelitanum — Rome & FAC-éditions – Paris, 1993. (371 pages)

Jean de Saint-Samson, Œuvres complètes 3 Méditations et Soliloques 2, Edition critique publiée par Hanneke Hooft, Edizioni Carmelitane — Rome & FAC-éditions — Paris, 1999. (289 pages).

S.C. :

Jean de Saint-Samson, La pratique essentielle de l’Amour, Textes établis et présentés par Max Huot de Longchamp et Hein Blommestijn, «Sagesses chrétiennes», Ed. du Cerf, 1989. (206 pages. Disponible) [cinq textes présentés individuellement : La pratique essentielle de l’amour, Exercices de l’Amour suprême, Le retour de l’épouse à son Epoux, Exercice de l’amour simple, Résumé de la vraie liberté]

VE :

Jean de Saint-Samson, Le Vrai Esprit du Carmel, Œuvre assemblée par le Père Donatien de Saint-Nicolas – Sources manuscrites, édition critique présentée par Dominique Tronc avec une étude par le Père Max Huot de Longchamp, «Sources mystiques», Centre Saint-Jean-de-la-Croix, 2012. (607 pages. Disponible).

CM:

Cabinet mystique associé à un florilège dont des lettres & Lire Jean de Saint-Samson, mode d’emploi, le présent volume, 2018.

On est reporté à certaines de ces éditions par soulignements dans la liste des Œuvres spirituelles et mystiques de 1658 ou dans le catalogue des manuscrits de Rennes (selon que l’édition privilégie la source imprimée de Donatien ou qu’elle est une transcription de manuscrits).

Je suggère l’approche du grand mystique suivant la progression suivante :

(1) S.C. pour ses lumineuses présentations et les textes adaptés à la lecture moderne,

(2) VE précédé d’une présentation de Jean de St-Samson; permet de comparer pas à pas Donatien à quelques-unes de ses sources,

(3) CM élargi par l’adjonction d’un florilège et proposant une approche sur dossier qui met en relation les publications et les manuscrits sources,

(4) O.E.I.L. pour L’éguillon et l’épithalame,

(5) F.A.C. respectant rigoureusement les ms de Rennes,

[6) [ou mieux en (1)!] recours à ma base «JEAN DE SAINT-SAMSON» permettant le recours direct aux manuscrits de Rennes ainsi qu’aux études dont et depuis Bouchereaux. Ses photographies en haute résolution222 sont distribuées sous des répertoires respectant le catalogue détaillé infra. L’arborescence de ~160 dossiers soit ~7000 fichiers couvre ~6 Go.

On aura ainsi l’accès facilité au moins matériellement à Jean de Saint-Samson, le mystique cité le plus abondamment (en compagnie de l’autre Jean et de Catherine de Gênes) par madame Guyon, dernière très grande figure mystique du même siècle.

Jean de Saint-Samson a été occulté pour des raisons très matérielles, mais les saisies multiformes (parfois informes) de ses dictées n’ont pas été largement détruites comme ce fut malheureusement le cas d’écrits de Jean de la Croix223.



SAINT-SAMSON Dossier

Il s’agit des manuscrits de Rennes et des éditions recueillies chez les grands carmes près de Borddeaux > base photos

Liste de 1658 & catalogue des ms. de Rennes 

Voici en corps réduit la liste de l’édition 1658 suivie du catalogue des manuscrits de Rennes224. Elle n’est à ce jour que très partiellement soulignée.

Reprise de l’Introduction établie par Blommestijn, page 90 et suivantes :

. Je donne seulement cet advis aux mistiques consommez, affin que s’ils les desirent voir en leur pureté et vérité, ils aient recours aux originaux, lesquels ils trouveront bien plus amples en beaucoup d’endroits. Ledit père en aiant beaucoup retranché, et en plusieurs endroits des livres qu’il a faict imprimer, lesquels i'ay veüe et confrontez. C’est pourquoy les souverainement mystiques seront bien plus satisfaicts des originaux ou des coppies faictes sur iceux, pourveu qu’elles soient si bien corrigées qu’elles soient du tout semblables aux originaux. Le R.P. Boniface confenne bien mon sentiment sur cela dans la relation qu’il a faict.8

Malgré le désir du P. Joseph d’une édition plus adaptée au caractère propre de la mystique de Jean de Saint-Samson et aux mistiques consommez, rien n’en a été fait depuis lors. Jusqu’à nos jours, les impressions de 1651-1659 restent en fait l’unique voie d’accès praticable aux écrits de Jean de Saint-Samson.

C’est donc pour nous un devoir de donner un aperçu du contenu des Œuvres spirituelles et mystiques de 1658-1659, dont les titres sont généralement cités :

Liste de 1658.

L. 1 : Le Vray Esprit du Carmel, 23 chapitres, 1-133 = VE

L. 2 : Le Cabinet Mystique adressé aux âmes plus illuminées, 17 chapitres en deux parties, 134-224 = CM (première partie)

L.3 : Règles de Conscience et de Conversation extérieure.

Traité 1 : Miroir de Conscience pour les personnes spirituelles, 224-242.

Traité 2 : Un autre Miroir des Consciences, 242-280.

Traité 3 : Règles de Conversation pour les personnes spirituelles, 280-301.

L. 4 : Le Miroir et les Flammes de l’amour divine, disposant l’âme à aymer Dieu en luy-mesme, 8 chapitres, 302-336.

L. 5 : Soliloques ou Entretiens intérieurs, affectifs et familiers, de l’Ame avec Dieu, 9 soliloques, 337-384.

L. 6 : Les Contemplations sur les mystérieux effets de l’amour divin, 38 contemplations, 385-528.

L. 7 : Méditations pour les Retraites ou Exercices de dix iours, Première Partie. Des méditations appartenant à la Vie purgative, 30 méditations, 529-586.

L. 8 : Lumières et Règles de discrétion pour les supérieurs, 587-616.

L. 9 : Recueil de plusieurs lettres spirituelles, 80 lettres, 617-680 = CM partie lettres dont reprise Bouchereau pour Dominique de Saint-Albert

L. 10 : De la Simplicité divine, 5 traités, 681-744.

L. 11 : De l’Effusion de l’homme hors de Dieu, et de sa Refusion en Dieu par voye mystique, 3 traités, 745-781.

L. 12 : La Mort des saincts précieuse devant Dieu, ou les moyens de pâtir et mourir saintement, et dans l’esprit de Dieu, 9 chapitres, 782-846.

L. 13 : Observations sur la Règle des Carmes, 14 chapitres, 847-892.

L. 14 : La Conduite des Novices, 19 chapitres, 892-968.

L. 15 : Divers Traitez.

Traité 1 : De la perfection et décadence de la Vie Religieuse, 969-979.

Traité 2 : En quels cas on peut refuser, ou quitter la charge de Supérieur, 980-988.

Traité 3 : Lumières pour l’establissement et maintien des Réformes, 988-998.

Traité 4 : De la Sainte Communion, 998-1002.

Traité 5 : Des Possessions diaboliques, adressé à un Exorciste, 1002-1010.

Traité 6 : De l’Excellence et très-haute Dignité du Sacerdoce, 8 chapitres, 1010-1032.

Traité 7 : De la Force Chrestienne, 1032-1044.

Poésies Mystiques, 9 cantiques spirituels, annexe 1-16.

Les manuscrits originaux dont Joseph de Jésus parlait, 9 ne sont plus conservés, sauf un petit nombre de lettres. Les copies faites sur ces originaux sont conservées à Rennes, aux Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine : les liasses 39 à 44 du fonds Grands Carmes de Rennes.



Catalogue des ms.

Le catalogue de ces manuscrits nous donne un aperçu plus précis des écrits spirituels et mystiques de Jean de Saint-Samson. Il est donc utile de le reproduire ici, à côté de la table des matières des Œuvres imprimées :

Liasse 9 h 39 :

n. 1 : Exercice d’elevation d’esprit à Dieu, ff. lr-3r = présent vol., Cabinet mystique, source manuscrite225.

n. 2 : Stances et Sonnets et autres Cantiques tres mistiques, sur divers suiets en forme de vifs aiguillons de l’amour de Dieu, du mes-pris de soy mesure, et autres suiets, 127 cantiques spirituels, ff. 5r-147r.

n. 3 : Lettres de f. Jean de S. Samson, 39 pièces de papier.

n. 4 : Vie de f. Jean de S. Samson, collection établie par le P. Joseph de Jésus, ff. lr-195r.

Liasse 9 h 40 :

n. 1 : De la douloureuse agonie de nostre Seigneur au jardin. Exercice 6mc, ff. I r-7v.

n. 2 : La vie de nostre Seigneur en general, ff. 9r-21r.

Comme nostre Seigneur lava les pieds de ses Apostres, ff. 21r-25v. L’Exercice 5me de l’institution du tres saint Sacrement, ff. 25v-28v.

n. 3 : Traité de la fréquente Communion, fi. 29r-37v.

n. 4 : Advis pour la direction d’un bon confesseur, If. 39r-48r.

n. 5 : Lumieres et verités mistiques dans le flux et l’ordre de la divine Sapience, plusieurs desquelles monstrent evidemment la plus perdüe misticité du total de son simple obiect. Ce flux est large, simple, haut, secret et perdu, sans art, passant d’une verite à l’autre en sa naifve simplicité. Le tout tiré et deduit en deux volumes pour supreme plaisir du perdu mistiques, ff. 49r-139v.

n. 6 : Sommaire de la vraie liberté des plus perduz en l’Esprit, ff. 141r-148r. = S.C.

n. 7 : Regle de discretion pour discerner les bons et mauvais esprits, ff. 149r-152r.

Des mouvements des Diables et des bons Espritz, ff. 152v-154r. Collections de l’autheur, quelqu’uns desquelles il a simplifiées : Lumieres et verités touchant la discretion des Espritz. Le plus haut Estat de Sapience. Poursuitte du titre premiere. Autres Regles touchant la discretion des Esprits. Annotation 9e sur la conferance septiesme. Il y a d’autres Regles que l’on appelle de discretion des Espris, comme de S. Ignace et du Pere Jan de Jesus-Maria. Règles pour discerner les Esprits du B.H.P. Ignace de Loyola de la Compagnie de Jesus, ff. 154r-164v.

n.8 : Difference de la vraie simplicité de la seule nature, ff. 164r-176v.

n.9 : Le Retour et arrestée fruition de l’Epousc en son Époux en la vie vitalle de la mesme Épouse en jcelui, ff. 177r-198v. = S.C.

n.10 : Exercice de l’amour simple, profond et unique, digere pour les vrais amoureux de Dieu en soi meme, tant pour y entrer, le commencer de l’acquerir, que pour le poursuivre et le finir heureusement à sa tres grande gloire, ff. 199r-228v. = S.C.

n. 11 : Des exercices de l’amour unique, de l’Espouse à son Espoux. = S.C.

Conversation familiere de lame amoureuse avec Dieu. Que c’est qu’aspiration et ses effets. Traité de l’estat de l’amour pur. De lame blessée, outrée, et languissante d’amour, If. 229r-252v. Comme on cognoist les divers amours, le vray et divin, et le naturel, 6 advis, ff. 253r-270v.

L’Epithalame de l’Époux divin et incarné et de l’Épouse divine, en l’union conjugalle de son Époux, ff. 271r-290r. = F.A.C. 2 (335-360fin) & O.E.I.L. (127-155)

Que c’est que Religion et religieux (cf. 9 h 41, n. 1), ff. 291r-298v.

n. 12 : L’Eguillon et le miroir des vrais Carmes de notre observance, vrais Enfans de S. Elie, contenant et montrant le vray Esprit de notre Regle et sa vive Pratique, Premiere Partie, 14 chapitres; 2e Partie : Des œuvres de surerogation qui nous sont libres par notre Regle, Chap. quinziesme; Supplement de cet œuvre conte. nant diverses verités touchant les matieres de l’ordre dicclui appartenant aux superieurs, chap. 16e; Continuation de ce discours; Autre discours deduit en faveur des superieurs, ff. 299r-457r.

Traité de la correction deduit dans les concepts des Su peres. En conséquence de mon traité sur la Reigle, ff. 457r-477v.

Autre genre de desordre appartenant aux superieurs majeurs, If. 478r-480v.

Autres verités et lumieres, ff. 481r-482r.

Autres verités concernantes les superieurs, ff. 482r-513r.

Autres verités, ff. 513r-518v.

Liasse 9 h 41 :

n.1 : Le cabinet mystique des directeurs plus illuminés, 58 reigles, ff. lr-65r.

Que c’est que Religion et que d’estre religieux (cf. 9 h 40, n. 11), ff. 65r-69v.

n.2 : Plusieurs belles sentences des Peres que de Seneque, dont il a parafrazé les unes, meslé de son esprit en d’autres, et tourné en trançois les autres, ff. 71r-158r.

Beau discours de la vraie solitude, ff. 158r-160r.

n. 3 : Du bien jnfinj de la tribulation dedans les hommes en la merveilleuse gloire de Dieu, et en l’extreme bien d’eux mesmes et specialement en ce quj doit estre sainct, ff. 161r-176v.

n. 4 : De l’jnfinie Excellence de Dieu, et de l’jnfinie estime que les hommes en doivent avoir, ff. 177r-185v.

n. 5 : Exercices ordonnés pour la Recolection des dix jours, 30 méditations, ff. 187r-282v. = F.A.C. 2 (15-186)

Liasse 9 h 42 :

n. 1 : La chaine de toutes verités simplement fluées et reflués de la divine sapience : L’extreme difference des esprits, tant selon science que selon simple, profonde et perdiie sapience, et mesme dans les commencens à servir Dieu; Partie seconde : D’innombrables verités de sapience toutes enchaisnées les unes aux autres; Autres diverses verités mistiques propres aux directeurs; Autres verités mistiques tant pour les parfaits que pour ceux qui s’advancent; Des faux oysifs et de l’eminent repos dedans le mesme suplement de cest exercice; 3e Partie : De l’effusion des hommes hors de Dieu et la reffusion de certains d’eux en Dieu selon leur total; Compendieuse conduitte propre pour adresser une âme judicieuse; Que c’est que la discretion et de ces effets; Les causes de la ruine des hommes et comme on peut connoitre le commancement de sa réformation, ff. lr-148r.

n. 2 : Exercice journalier pour un seculier commençant. «tout ou rien, Tout ou rien, tout ou rien. Deus meus et omnia, tout ou rien»; Poursuitte de cet exercice; Advis touchant cet exercice, ff. 149r-170v.

Que c’est que abstinence, fi. 171r-178r.

n. 3 : Traitté pour les Superieurs de la discretion des esprits, 179r-268v.

n. 4 : La difference des premiers Religieux d’avec ceux de ce temps, ff. 269r-283v.

n. 5 : Autre traité de la differance des deux voies, mistique et commune, ff. 285r-316r.

De l’excellence de la pauvreté religieuse et la maniere de l’exercer deument en bien questant et de son contraire en ceux qui l’exercent mal, tant en mal questant que par tout ailleurs, ff. 317r-332r.

Discours de la vieillesse, ses divers effets dedans les hommes et combien ils la doivent craindre, ff. 333r-338v.

n. 6 : L’eguillon, les flammes, les fleches, et le miroir de l’amour de Dieu, propres pour enamourer l’âme de Dieu en Dieu mesme, ff. 339r-405v. F. A.C. 1 complet & O.E.I.L. (31-125) & Thèse Blommestijn

n. 7 : Bref et compendieux Confessionnaire, montrant à ceux qui tendent vivement à la perfection les fautes et pechés dont ils se doivent accuser, au moins tous les huict jours une fois, ff. 407r-462r.

Liasse 9 h 43 :

n. 1 : L’exercice des esprits amoureux, solitaires en leurs solitudes, digeré en forme de soliloque, tant pour les plus parfaits, que pour les moins parfaits, montrant l’excellence de l’amour Essentiel aux Hommes amoureux, et l’excellence de l’amour aux Hommes moins parfaits et de moindre vol, tres utile tant aux uns qu’aux autres, 30 contemplations, fi. lr-192r. = F.A.C. 3 complet

n. 2 : Exercice monstrant le port de nostre Religion, en faveur de ses plus saints Enfans, 8 chapitres, ff. 193r-248v.

n. 3 : Exercice actuel pour darder aux mourans les dards plus propres et plus convenables, qui soit possible de rencontrer et digerer en ce temps; Preparation actuelle a la mort accommodee au commun des hommes, ff. 249r-256v.

n. 4 : Pratique amoureuse deduite dans les plus profonds excèz de l’amour en l’obiect universel du mesme amour, dedans les profonds abysmes de sa passion, qui montre les Effets du mesme amour extatique, tant dehors que dedans, ft. 257r-289v. = F.A.C. 2 (263-384)

n. 5 : Pratique Essentielle de l’amour en soi mesme, dont la theorie est divine; Récapitulation de tout ce fond, ff. 289v-300v. = S.C.

n. 6 : Contemplation des merveilles du tres sainct Sacrement, tant en soy qu’en ses Effets, ff. 301r-310r. = F.A.C. 2 (214-251)

n. 7 : Exercice merveilleux sur la passion du fils de Dieu en la crea-turc et de la creature en luj, ff. 311r-318r. = F.A.C. 2 (214-251)

n. 8 : Exercice pour entrer en la vie sureminente pour la commencer, pour s’y advancer et pour l’aschever, 10 chapitres, ff. 319r-326v.

n. 9 : Occupations tres mistiques et tres simples de l’âme avec Dieu tres propres pour la rendre souverainement amoureuse de luy, ff. 327r-330v.

n. 10 : Exercice servant d’adresse pour les âmes, qui commencent à passer de la vie active a la contemplative, ff. 331r-334v.

n. 11 : Directoire pour assister les malades et les consoler a la mort, 12 discours; Sommaire et Suplément de ce petit traite de la tribulation, fl. 335r-432v.

n. 12 : L’Exercice des amoureux de Dieu, ordonné pour une personne sacrifiee a Dieu volontairement en la calamite publique, ff. 432v-438v.

n. 13 : Exposition sur le chap. 12 de l’Ecclesiaste. De panser a Dieu des la jeunesse et n’attandre le temps de l’affliction, ff. 438v-452v.

n. 14 : Exercice d’aspirations amoureuses, simple et unique en l’amour même, contenant les flammes amoureuses de l’amour en soi même, propre a estre tous fours fidellement pratiqué de rame veritablement devenüe amour à force d’aymer, et plus specia-lement dessus la Croix, tant en la vie qu’en la mort, ff. 453r-461r.

n. 15 : Advis d’importance aux Directeurs, ff. 461r-462v.

Liasse 9 h 44 :

n. 1 : Documents : 25 pièces, 1 registre (129 f).

n. 2 : Lettres originales (1624-1636), 10 pièces, adressées à : Valentin de Saint-Armel (6), M. Douet (3), et Donatien de Saint-Nicolas (1).

n. 3 : Diverses lettres qu’il a escrites a differentes personnes, tant religieux, religieuses, que seculiers et d’eminente condition, 93 lettres, ff. 1r-129r.





Table


Livre second. Le cabinet mystique adressé aux âmes plus illuminées. 25

Première partie contenant divers traités ou exercices, proportionnés aux différents états de la vie contemplative. 25

Chapitre Premier. Des attraits qui disposent plus prochement l'âme à la vie contemplative. Et de l'amour nu et essentiel. 26

Chapitre 2. Des rigueurs de l'amour, de la caliginosité divine ; et de la suressence des mystiques. 35

Chapitre 3. De l'amour brûlant et consommant. 39

Chapitre 4. De la hauteur, longueur, largeur, et profondeur des mystiques ; et quelques enseignements pour leur conduite. 50

Chapitre 5. De la transfusion de l'âme en l'unité suréminente de Dieu. 67

Chapitre 6. Es mort pénible de l'amour consommant, du gibet pénible d'amour, et du regard divin. 76

Chapitre 7. De la vraie liberté des esprits plus perdus en Dieu. 84

Chapitre 8. De la vraie vie en unité sans différence. 95

Chapitre 9. La consommation du sujet en son divin objet, ou la souveraine consommation de l'âme en Dieu par amour. 101

Chapitre 10. Suite du précédent sujet, en forme de supplément ou d'appendice 123

Correspondances mss. de Rennes au Cabinet mystique de Donatien 153

Sources manuscrites 157

43n10 Exercice servant d’adresse f°331-334 (Cabinet ch. 1) 159

40n9 Le retour… chap. 3 & 4 (Cabinet…chap. 3 & 4 – La pratique essentielle de l’Amour, 89 sv.) 171

43n8 Exercice . vie suréminente f°319-326 (Cabinet chap. 6) 175

40n6 Sommaire . vraie liberté f° 141r-148r (Cabinet chap. 7 – Pratique essentielle de l’amour, 188-201) 185

43n8 De l’essence . en union sans différence f°319-326 (Cabinet chap. 8) 187

39n1 Exercice d’élévation. 1r°-3v° (Cabinet chap. 10 §1-2) 189




Textes choisis dans l’oeuvre 193

Deuxième partie du Cabinet mystique 193

Chapitre 6. De la fin et des moyens de la sainteté et ce que c'est que suprême et suressentielle discrétion. 193

Traité Miroir de conscience 224 [.] 197

Le miroir et les flammes de l’amour divin, disposant l’âme à aimer Dieu en lui-même. 302. 199

Chapitre II : de la présence de Dieu. 200

Chapitre 5. De la vie mystique. 201

Chapitres 8. Exercice spirituel adressé à un vénérable recteur en l'évêché de Dol. 204

Livre Sixième. Les Contemplations sur les mystérieux effets de l’Amour divin. 385. 207

Relevé au Tome II 209

La sapience des simples comparés à la science des doctes. Traité IV. De la souveraine liberté des âmes simples et perdues en Dieu. 209

De l'effusion de l'homme hors de Dieu et de sa refusion en Dieu. Traité II. 210

Livre Onzième. De l’effusion de l’homme hors de Dieu et de sa refusion en Dieu. Traité 3. Diverses lumières appartenantes à la vie contemplative. 212


Quelques lettres 213

Lettre 6. 213

Lettre 8. 213

Lettre 12. 214

Lettre 16. 214

Lettre 18. 215

Lettre 25. 216


La direction de Dominique de Saint-Albert 217

Présentation de la Correspondance (S. Bouchereaux) 217

I Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 219

II Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 221

III Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 222

IV Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 223

V Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 224

VI JEAN DE SAINT-SAMSON A DOMINIQUE DE SAINT-ALBERT 225

VII Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 226

VIII JEAN DE SAINT-SAMSON A DOMINIQUE DE SAINT-ALBERT, 228

IX Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson ». 229

X Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 230

XI JEAN DE SAINT-SAMSON A DOMINIQUE DE SAINT-ALBERT 231

XII JEAN DE SAINT-SAMSON A DOMINIQUE DE SAINT-ALBERT 233

XIII Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 235

XIV Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 236

XV Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 237

XVI Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 238

XVII Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 239

XVIII Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson 240

XIX Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 241

XX JEAN DE SAINT-SAMSON A DOMINIQUE DE SAINT-ALBERT 243

XXI Dominique de Saint-Albert à Jean de Saint-Samson. 246


Une « Autorité » pour Madame Guyon 249

Présentation des « Justifications », Florilège mystique assemblé par madame Guyon et Fénelon 249

Jean de Saint-Sasmon comme « Autorité » en clé I et suivantes 251

Autorité en clés XIII et suivantes 266

Autorité en clés XXVI et suivantes 282

Autorité en clés L et suivantes 306

fin 354





86.JEAN DE SAINT-SAMSON Florilège [choix réduit, réforme du carmel]

?……..

Le cabinet mystique adressé aux âmes plus illuminées. (Première partie contenant Divers traités ou exercices proportionnés aux différents états de la vie contemplative.) suivi d’ Extraits du Vrai Esprit du Carmel incluant Une présentation de Jean de Saint-Samson (1571-1636), Florilège assemblé par Dominique Tronc, HC, 158 p.

Table

«Le cabinet mystique adressé aux âmes plus illuminées.» 5

Pages choisies dans sa «Première partie contenant divers traités ou exercices, proportionnés aux différents états de la vie contemplative.» 5

Chapitre Premier. Des attraits qui disposent plus prochement l’âme à la vie contemplative. Et de l’amour nu et essentiel. 7

Chapitre 2. Des rigueurs de l’amour, de la caliginosité divine; et de la suressence des mystiques. 13

Chapitre 3. De l’amour brûlant et consommant. 17

Chapitre 4. De la hauteur, longueur, largeur, et profondeur des mystiques; et quelques enseignements pour leur conduite. 25

Chapitre 6. Et mort pénible de l’amour consommant, du gibet pénible d’amour, et du regard divin. 37

Chapitre 7. De la vraie liberté des esprits plus perdus en Dieu. 41

Chapitre 8. De la vraie vie en unité sans différence. 43

Chapitre 9. La consommation du sujet en son divin objet, ou la souveraine consommation de l’âme en Dieu par amour. 49

Chapitre 10. Suite du précédent sujet, en forme de supplément ou d’appendice 61

Extraits du Vrai Esprit du Carmel 81

Chapitre 3. De la connaissance de soi-même [chap. 7] 83

Chapitre 17. Les industries de l’âme, et la conduite que Dieu tient sur elle pour l’élever à l’état d’amour pur 89

Chapitre 22. De l’amour unitif et de l’oraison par voie mystique. Et comme cette voie est opposée à la scolastique. 105

Chapitre 23. De l’amour divin, son commencement et son progrès, par ordre et par degrés 121

Pratique essentielle de l’amour de divine théorie en lui-même [chap. 23]. (ms. n5 = Vrai Esprit, chap. 23) 135

La Réforme du carmel français par Jean de Saint-Samson (1571-1636) et ses disciples 151

Multiples réformes. 151

La vie d’un frère convers aveugle. 153

Les «dits» de l’amour divin. 159

Disciples et Directoire spirituel. 167

Dominique de Saint-Albert (1596-1634) 171

Maur de l’Enfant-Jésus (1617/8 -1690) 179

Michel de Saint-Augustin (1621-1684) 187

Maria Petyt (1623-1677) 189

Pour aller plus loin! 191

fin 195



98. DOMINIQUE de St-Albert

123.Dominique de Saint-Albert Oeuvres […] 21juin2015.docx

Présentation par les Éditeurs

voici des éléments qui restent à compléter par fr. Klaus et par D.Tronc :

Le carme le plus proche de l’esprit qui animait Jean de Saint-Samson (1571-1636) fut son disciple bien-aimé Dominique de Saint-Albert (1596-1634), malheureusement disparu précocement à l’âge de trente-sept ans. Brûlant d’amour, il définissait les mystiques comme ceux « qui sentent en eux un incendie d’amour éternel qui ne s’éteint ni jour ni nuit ».

Dominique a été maître des novices à Angers, lecteur en théologie, régent d’études, vicaire provincial et prieur à Nantes.

§

En ouverture à ce volume assez dense, nous incitons le lecteur à pénétrer plus avant en lui proposant un choix de beaux « dits » mystiques extraits des écrits de Dominique rassemblés ici sous le titre d’Œuvres mystiques.

La correspondance entre Dominique et son maître souligne l’intensité qui animait le jeune carme. Il semble avoir eu au début quelques difficultés liées à un intellect très actif, puis la grâce le combla au point qu’il se plaignait de sa force :

Lettre 1. Il me semble que je suis un homme double, tout à la spéculation et tout hors d’icelle, tout hors quant à l’affection, et tout dedans quant à l’obédience qui m’y applique. Je ne sais quelquefois si jamais j’ai fait oraison, d’autant que je me trouve tout absorbé en questions et spéculations ; mais là-dessous je demeure stable et tranquille, faisant qu’au fond tout cela ne m’est rien. Je ne puis quasi retourner à moi-même, car je suis tellement hors de moi que je ne sais, quant au sens, s’il y a un Dieu […] Pour moi, je pense être lors que je ne suis plus ; même souvent, quand je me retrouve encore avoir de l’existence, je me sens crier à notre Seigneur : « Hé quoi, mon Dieu, suis-je encore ? » Je reconnais que nous ne jouissons pas encore à pleine voile de cette divine face, en ce que nous ne pouvons nous manifester les uns aux autres tels que nous sommes. Je désirerais me manifester à vous [Jean de Saint-Samson] tout tel que je suis. Vous savez que jamais je ne vous ai rien celé de ce qui se passait en moi ; je crois que notre Seigneur, si c’est pour mon bien, vous fera plus clairement connaître ce qui est de l’état de mon intérieur et de ma pauvre misère. Mon frère, je suis délaissé pour maintenant, quoi que quelquefois notre Seigneur me donne des assurances de ma stabilité en Lui, par-dessus toutes mes spéculations et occupations. […]

Lettre 4. […] De vous dire les grâces que notre Seigneur me fait et la façon dont Il me traite, les paroles n’en peuvent rien exprimer ; une chose me fait trembler, c’est le peu de fidélité que je porte à y correspondre ; car notre Seigneur vient à moi, ce me semble, avec toute sa divinité. […] Mon âme ne désire être sinon un miroir transparent par lequel le soleil éternel passe de part en part, se retrouvant toujours dedans Soi-même. Je ne veux que rien de Lui demeure en moi, et qu’Il ait son perpétuel flux et reflux sans me rien laisser. Mon frère, vous goûtez ce que c’est. Infidèle que je suis, si notre Seigneur n’a pitié de moi ! Je vous prie de prier sa divine Majesté ou de ne plus venir si fort, ou qu’il me donne la grâce de le suivre, ou pour le moins de me laisser traverser de part en part à Lui. Hélas ! En cette divine lumière, je vois dans moi tant d’ordures ! […] Pour vous, vous allez rapidement comme un gros fleuve vous rendre dans cet abîme d’amour ; mais moi je vais tardivement et petitement ; encore faut-il pourtant amare amorem aeternaliter nos amantem [aimer l’amour qui nous aime éternellement]. Dieu nous en fasse la grâce. C’est ce que je désire. Votre pauvre frère Dominique. Ce 31 décembre 1625. D’Angers.

Lettre 5. […] Nous nous connaissons mieux l’un l’autre en l’unité d’esprit en laquelle nous nous rencontrons à l’embouchure de cet océan infini d’amour que non pas quand nous sommes séparés de la source d’où nous fluons et où nous refluons. […] Je vous écris d’autant plus librement que le Père prieur est capable de nos sentiments. […] Ce 24 juin 1626. De Ploërmel.

Lettre 8. [De Jean de Saint Samson :] J’ai grande pitié de vous, votre science vous coûte cher ; mais Dieu en qui vous mourez d’une mort si vive et si mortelle l’a prévue sans vous, et l’ordonne et le fait en lui et en vous, comme sans vous. […] Mais si nous croyons que Dieu fait cela, comme il le faut croire, il le faut soutenir avec allégresse et patience, autant que faire se pourra, en attendant que sa Majesté en dispose autrement par quelque autre événement. […] De Rennes, 20 novembre 1629.

Lettre 9. […] Je ne désire pas connaître et savoir, mais aimer à l’infini. […] Ce 6 février 1630.

Lettre 11. [De Jean de Saint Samson :] […] C’est cela qui vous approfondit tant mieux et tant plus en son infinie suressentielle vastité, sans que vous en ayez la perception autrement que par la très simple et très nue foi qui, vous étant une très simple lumière, vous montre et vous dit par elle-même que cela est ainsi. […] Rennes, ce 26 mars 1630.

Lettre 12. [De Jean de Saint Samson :] Je me réjouis grandement en notre Seigneur de ce que vous ne théologisiez plus spéculativement ni scolastiquement, mais mystiquement, simplement et largement, conformément à la simplicité et à la suréminence de votre simple fond. […] Faites donc votre mieux en tous sens et manière, pour vous conserver en pleine santé, afin que vous soyez l’instrument vif de Dieu, pour éternellement faire de vous et en vous à son bon plaisir, tant en vous que dans les créatures. […] Rennes, ce 14 mai 1630.

Lettre 13. […] Mon frère, que c’est d’aimer, je ne sais que c’est et ne désire autre chose. Nous nous voyons en notre centre, où nous nous reposons et agissons en des manières que nous ne pouvons expliquer par paroles. […] Mon frère, si j’avais quelque désir en ce monde, ce serait de la solitude, mais je trouve aussi bien la mort en l’occupation que dans le silence. Nous sommes à Dieu qui est en nous et nous en Lui, par-dessus les vicissitudes. […] Ce 26 mars 1631.

Lettre 14. […] Mon cher frère, nous nous entrevoyons tous les jours en notre Seigneur. Vous m’avez encore mieux connu, comme je crois, à cette dernière vue l’un de l’autre à Rennes. […] C’est pitié de tendre à l’infini et ne pouvoir comprendre [citation latine], autant insatiable à désirer que Dieu est infini à se communiquer. Mon frère je me recommande à vos prières, vous savez quomodo unum sumus [comment nous sommes un] : cette unité peut être goûtée, mais non pas expliquée. C’est à l’embouchure de l’océan où nous nous rencontrons tous les jours et nous perdons, et notre bien gît à être englouti de cet amour abyssal qui perpétuellement nous dévore sans nous consommer, car vous savez comment nous sommes ceux desquels il est dit : mors depascet eos [Ps. 48,14 : la mort les dévorera] , enfin amare amorem nos aeternaliter amantem. C’est tout le désir de/votre pauvre frère Dominique. Ce 26 avril 1631.

Lettre 18. […] Je ne saurais dire combien la charge où je suis m’est dure, après avoir goûté quelques jours les douceurs de la solitude en laquelle, quoiqu’il y ait des croix, elles sont comme prévenues, et on les attend comme de pied coi [calme, tranquille] ; mais en charge on est en continuelle tempête et bourrasque […] Ce 6 avril 1633.

Lettre 19. […] J’aimerais mieux, s’il était en mon option, épouser une prison perpétuelle que d’être supérieur. Si nous n’avons point de charité, ne ressentirons pas les fautes contre Dieu comme nous faisons ; mais aimant Dieu, tout ce qui le touche nous touche […] Sous tout cela, je demeure comme l’enclume sous le marteau, non sans grande angoisse. Mon frère, qui a quelque degré d’amour meurt misérablement dans une charge. […] Ce 5 août 1633.

Lettre 21. […] La mort corporelle n’est rien, mais la continuation des poignantes douleurs226 demande une étendue d’esprit indéficiente pour demeurer en une égalité avec sérénité de visage. C’est être supérieur aux douleurs que de les souffrir avec joie, et sentant un enfer au-dedans, vivre au-dehors plein d’allégresse […] Je ne crois pas que la volonté de souffrir puisse égaler la souffrance réelle ; un acte d’amour ne contient pas la perfection de ceux qu’on fait toute la vie, ni la volonté de souffrir les souffrances qui demandent le redoublement d’autant d’actes qu’il y a de moments en la durée des grandes douleurs. Je vous laisse à penser ce que c’est de souffrir nu comme sans réfléchir sur chose aucune ; de sorte que si l’amour prévaut en nous, pour nous faire soutenir patiemment, voir joyeusement, cela ne diminue point la douleur. […] Ce 9 novembre 1633.

Dominique meurt le 24 janvier 1634.

Citons son chef d’œuvre, le Traicté tres exquis et mistique. Nous le livrerons sous les deux formes qui nous sont parvenues, auxquelles s’ajoutent une composition comportant de très beux parallèles en notes, constituée par le fr. Johannes Brenninger, o.c. :

Dès qu’on commence à faire oraison, il est très important de voir clairement l’objectif d’un exercice aussi saint. Il ne faut pas le pratiquer simplement comme les autres exercices qui visent la mort à soi-même et l’acquisition des vertus, ni comme un moyen d’être agréable à Dieu. Mais il faut l’entreprendre comme le tout de notre vie […] l’exercice de sa présence en nous. […] En effet, celui qui ne désire pas faire de l’oraison le tout de sa vie, mais seulement l’utiliser comme un simple moyen pour mieux servir Dieu et agir plus parfaitement, ne parviendra jamais au but de l’oraison véritable. Ce but est l’union intime et continuelle avec l’esprit incréé, car nous n’existons, ne subsistons, ne vivons que pour acquérir cette union par les actes intérieurs de connaissance et d’amour. Cette action intérieure doit être notre activité principale, et tout ce que nous faisons d’autre doit s’y référer227.

[…] vous devez commencer à courir après Dieu. […]Vous percevrez uniquement par la foi qu’il réside en tout et qu’il est plus intime à vous-même que vous-même. Ainsi, vous ne penserez pas que vous êtes dans le ciel plutôt que sur la terre, mais que vous êtes en vous plus proche [de lui] que vous ne l’êtes de vous-même. […]

Dieu nous regarde avec attention comme si nous étions la seule personne au monde à devoir être écoutée et entourée, et ce même Dieu désire passionnément demeurer toujours avec nous, nous aimer et nous appeler. Son bonheur est de se communiquer à nous, de faire sentir intérieurement à une personne qui le recherche sa douceur et sa suavité. Quand vous aurez profondément imprimé cette vérité dans votre cœur, l’oraison consistera à vous animer d’un amour réciproque […]

L’âme] doit peu à peu s’abandonner à Dieu et supprimer même les paroles essentielles qu’elle s’efforçait de proférer, et rester dans la nudité du désir de Dieu.

L’amour et le désir de Dieu sont si directs qu’il ne s’agit pas de la vision de Dieu, mais de Dieu en lui-même et pour lui-même […] ayant investi notre désir, c’est lui qui le meut, l’étend, le dilate, l’enfonce en lui-même, et à mesure qu’il le comble, le rend plus capable et ainsi, le rend plus pauvre. Dans cette situation, l’intelligence n’agit que par la foi nue. Celle-ci a montré à la volonté que Dieu est incompréhensible, qu’il dépasse tout sentiment et toute intelligence. […] comme c’est un esprit pur, qu’on ne voit pas et qu’on ne sent pas, mais en qui l’on croit seulement, il faut, pour être vraiment uni à lui, emprunter un moyen inconnu et ineffable et que nous le connaissions non par des moyens discursifs, mais seulement de manière directe228.

Il faut bien comprendre que Dieu s’unit à quelqu’un beaucoup mieux et plus intimement quand l’âme est passive sous son action et ne fait rien229.

Nous devons surtout rechercher la science des saints qui produit l’amour en nos cœurs, et nous ne devons désirer prêcher, étudier, etc., que pour nous unir davantage à Dieu par amour. […] Continuons à penser que nous devons faire des études pour aimer Dieu davantage et non pour acquérir plus de connaissances sur lui […] En étant ainsi contraint de meubler son intelligence par de multiples images créées, c’est bien l’enfer le plus dur que peut souffrir un cœur amoureux qui cherche le visage de Dieu dans la nudité et la simplicité […]230

Cassien rapporte une sentence d’Antoine231 : si quelqu’un, après l’oraison, se souvient de ce qu’il a prié, son oraison n’est pas parfaite. Celui qui est en train de méditer sait ce qu’il a fait, de même celui qui pratique les colloques, les paroles familières et les conversations amoureuses, peut savoir ce qu’il a dit à Dieu, de même celui qui aspire à lui par des conversations essentielles. On peut donc penser que saint Antoine trouvait que, pour faire une oraison parfaite, il fallait être uni à Dieu et adhérer à lui d’une manière inconnue, par-delà des paroles bien composées et construites et tout autre moyen créé par l’action de Dieu. C’est lui qui nous inspire et continue à agir en nous, et nous collaborons avec lui non seulement vitalement, mais librement et d’une façon digne d’éloges. […]

Est-ce que ce n’est pas une extase continuelle de ne pas agir selon notre nature, mais d’être revêtu d’une action toute divine et surnaturelle qui n’est autre qu’une participation de l’amour incréé dont Dieu s’aime lui-même, grâce à laquelle nous vivons de la vie même de Dieu ? 232

fr. Klaus & D.Tronc

Présentation par les Éditeurs 5

Présentation par Kilian John Healy, o. c. 13

Présentation par S.-M. Bouchereaux 14

La Vie par le P. Nicolas de Saint Donatien 27

Présentation de la source (S. Bouchereaux) 27

CHAPITRE I. L’ESTAT DE L’OBSERVANCE DES CARMES DE RENNES LORSQUE LE PERE DOMINIQUE Y FUT RECEU NOVICE. 29

CHAPITRE II. FRERE JAN DE SAINT SAMSON EST APPELLE AU CONVENT DE RENNES ; ET PEU APRES LE PERE DOMINIQUE Y EST RECEU NOVICE. LA NAISSANCE, L’EDUCATION, ET LES PREMIERES DISPOSITIONS A L’ESTAT RELIGIEUX DU PERE DOMINIQUE DE SAINT ALBERT. 56

CHAPITRE III. LA VOCATION DU PERE DOMINIQUE DE SAINT ALBERT A L’ORDRE ET A L’OBSERVANCE DES CARMES DE LA PROVINCE DE TOURAINE. 65

CHAPITRE IV. SA RECEPTION AU NOVICIAT, LE PERILO QU’IL ENCOURUT D’Y PERDRE SA VOCATION, ET LA GRACE EXTRAORDINAIRE QU’IL RECEUT SUR CE SUJET 72

CHAPITRE V. IL EST ADMIS A LA PROFESSION ET S’AVANCE EXTRAORDINAIREMENT DANS LES PRATTIQUES DE LA PENITENCE ET DE LA MORTIFICATION 80

CHAPITRE VI. DE LA SOUMISSION QU’IL EUT A RECEVOIR DES INSTRUCTIONS D’UN BON FRERE LAY, [NOMME FRERE MACE], ET L’AVANTAGE QU’IL TIRA DE LA CONVERSATION QU’IL EUT PUIS APRES AVEC LE VENERABLE FR. JAN DE SAINT SAMSON. 87

CHAPITRE VII. SA CONVERSATION INTÉRIEURE AVEC NOSTRE SEIGNEUR SUR LES SUJETS DE SA PASSION. 95

La doctrine (E. Tonna) 119

I.EXPOSITION DE SA DOCTRINE 119

II. PRÉPARATION À LA VIE MYSTIQUE 129

III LA VIE MYSTIQUE ELLE-MEME 139

IV. L’INEFFABLE DE L’UNION MYSTIQUE 147

V.L’ACTIVITE INTERIEURE LORS DE L’UNION MYSTIQUE 149

VI. L’ACTIVITÉ EXTÉRIEURE DANS L’UNION MYSTIQUE 152

VII. LA SOUFFRANCE DANS LA VIE MYSTIQUE 154

VIII LES DEGRÉS DE L’UNION 161

CONCLUSION 163

Traité trÈs exquis et mistique (ms. d’Avignon) 165

Présentation du traité (Eugène Tonna) 165

]Chapitre I LA PLUS IMPORTANTE DES ACTIVITÉS DU CHRÉTIEN EST L’ORAISON 167

Chapitre I LA PLUS IMPORTANTE DES ACTIVITÉS DU CHRÉTIEN EST L’ORAISON 168

CHAPITRE II DES MOYENS À UTILISER POUR PROGRESSER DANS L’ORAISON D’UNION 171

CHAPITRE III LUMIÈRES ET TÉNÈBRES 178

CHAPITRE IV DE L’EXCELLENCE DE LA VIE INTÉRIEURE 180

CHAPITRE V LA VIE SPIRITUELLE ET CONTEMPLATIVE 182

CHAPITRE VI DES VERTUS 188

CHAPITRE VII DES TENTATIONS QUI SURVIENNENT DANS CETTE SITUATION 190

CHAPITRE VIII L’ÉTAT DE SÉCHERESSE ET DE PRIVATION REND LES PERSONNES TRÈS CONFORMES A JÉSUS CRUCIFIE 194

CHAPITRE IX L’ÉCRITURE SAINTE ET LA CONTEMPLATION PASSIVE 198

Traité trÈs exquis et mistique (ms. de Tours) 205

Second degré d’oraison. 208

Traité sur la ThÉologie mystique (composition J. Brenninger) 241

Excellent Traité de l’oraison infuse et des dispositions nÉcessaires de l’Âme 263

Chapitre 1 L’occupation la plus importante pour un chrétien, c’est de faire oraison 263

Chapitre 2. Des moyens à utiliser pour progresser dans l’oraison d’union. 269

Chapitre 3 De deux dispositions différentes où se trouve la personne qui est dans cette situation faite de lumière et de ténèbres, et la manière dont elle doit se comporter. 281

Chapitre 4 De l’excellence de la vie intérieure. 285

Chapitre 5. En quoi consiste la vraie contemplation dans cette vie ? 287

Chapitre 6 De la pratique des vertus dans cet état d’union. 297

Chapitre 7 Des tentations qui arrivent dans cet état. 302

Chapitre 8 L’état de sécheresse et de privation nous rend très semblables à Jésus crucifié. 307

Chapitre 9 Comment l’âme peut excellemment utiliser, dans toutes ces voies mystiques et dans tous ces états perdus, plusieurs passages de l’Écriture Sainte. Conclusion sur la vérité et la solidité de l’état de contemplation passive. 314

Exercice spirituel 323

Notes d’édition 323

EXERCICE SPIRITUEL DES FRÈRES TANT NOVICES QUE PROFÈS VIVANT DANS LE NOVICIAT DE NOTRE CARMEL DE REDON 325

PROLOGUE 325

Chapitre I. Du fondement de leur vocation 325

CHAPITRE 2. Moyens pour se tenir sans cesse en présence de Dieu 327

CHAPITRE 3. Comment initier les novices à la méditation et à l’oraison 331